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Escargot du Puget (Cryptomastix devia)

Information sur l’espèce

Nom et classification

L’escargot du Puget(Cryptomastix devia) a été décrit par Addison A. Gould (1846:165) sous le nom de Helix devia à partir de matériel recueilli en 1841 pendant l’expédition d’exploration des États-Unis. Un synonyme plus récent, Helix baskervillei Pfeiffer, 1850:130, était fondé sur un spécimen provenant de l’île de Vancouver, en Colombie-Britannique.

Le Cryptomastix devia (Gould, 1846) est un membre de la famille des Polygyridés (Mollusques; Gastéropodes; Pulmonés), grand groupe d’escargots terrestres endémiques de l’Amérique du Nord (Pilsbry, 1940; Emberton, 1994, 1995). On le connaissait autrefois sous le nom de Triodopsis (Cryptomastix) devia (Pilsbry, 1939, 1940), mais Webb (1954) a démontré qu’il existait de profondes dissemblances entre le Triodopsis et le Cryptomastix, escargot de l’Ouest, et a élevé le Cryptomastix au rang de genre. Cette évaluation a par la suite été vérifiée par Emberton (1994, 1995).

Au Canada, le genre Cryptomastix est représenté par trois espèces : C. germana (« Pygmy Oregonian »), C. mullani (« Coeur d’Alene Oregonian »), et C. devia; la forme connue sous le nom de C. mullani pourrait être constituée d’un complexe d’espèces étroitement apparentées. Selon Vagvolgyi (1968), le C. devia serait une espèce monotypique présentant une faible variation qui descend très vraisemblablement du C. mullani.

La classification de niveau supragénérique des Polygyridés (voir ci-dessous) a été révisée par Emberton (1994), mais ne touche pas la validité de l’espèce. On ne reconnaît aucune sous-espèce du C. devia. Voici la classification complète de l’espèce : embranchement Mollusca; classe Gastropoda; sous-classe Pulmonata; ordre Stylommatophora; sous-ordre Sigmurethra; superfamille Polygyroidea; famille Polygyridae; sous-famille Polygyrinae; tribu Allogonini; genre Cryptomastix; sous-genre Cryptomastix; espèce Cryptomastix devia.

Cryptomastix, qui signifie en grec « fouet caché », renvoie à la présence d’un flagellum vestigial à la jonction du vas deferens et de l’épiphallus (Pilsbry, 1940), caractéristique de l’appareil reproducteur qui différencie le genre d’un autre escargot d’apparence semblable, le Triodopsis. Le nom spécifique signifie en latin « écarté » ou « solitaire ».

Description

Le C. devia est le membre le plus gros du genre, sa coquille atteignant un diamètre de 18 à 26 mm chez les adultes. L’espèce est reconnaissable à sa coquille. Chez l’adulte, cette coquille est jaunâtre à brun pâle, de forme globuleuse-héliciforme, et compte 5 ou 6 tours (figures 1 et 2). Le labre est blanchâtre, étalé et recourbé vers l’extérieur. Une petite saillie apparaît du côté basal du péristome, et une structure blanche proéminente semblable à une dent (denticule pariétal) est présente dans l’ouverture. Cet escargot possède un petit ombilic (Pilsbry, 1940; Vagvolgyi, 1968). Le corps est brun clair avec parfois une teinte lilas (Kelley et al., 1999).

Figure 1.    Coquille de Cryptomastix devia (Washington, États-Unis, spécimen)

Figure 1.    Coquille de Cryptomastix devia (Washington, États-Unis, spécimen). Photographie de R. Forsyth.

Figure 2.    Spécimen vivant de Cryptomastix devia (McAllister Springs, Thurston Co., Washington, États-Unis)

Figure 2.    Spécimen vivant de Cryptomastix devia (McAllister Springs, Thurston Co., Washington, États-Unis).
Photographie de W.P. Leonard.

C’est seulement à la maturité que le labre épaissit et se recourbe et que le denticule pariétal se forme, caractéristiques absentes chez les juvéniles, dont le périostracum présente des villosités courtes – qui ne sont toutefois visibles qu’avec un grossissement minimum de 10× et sont souvent absentes chez les spécimens morts (Burke, 1999).

L’anatomie des structures distales du système reproducteur, particulièrement en ce qui concerne le pénis et ses annexes, est caractéristique de nombreuses espèces d’escargots terrestres de l’ordre des Stylommatophores. On trouve dans Pilsbry (1940, figure 496) une illustration de l’appareil génital du C. devia.

Rares sont les espèces de la région côtière de la Colombie-Britannique que l’on peut confondre avec le C. devia, mais trois espèces de Polygyridés possèdent un péristome au labre épaissi, élargi et recourbé : l’Allogona townsendiana (escargot forestier de Townsend), espèce de plus grande taille (diamètre de la coquille de 28 à 35 mm), ne possède pas de denticule pariétal; le C. germana, beaucoup plus petit (diamètre de la coquille £ 8 mm), est recouvert de villosités longues et recourbées; le Vespericola columbianus (« Northwest Hesperian », de taille comparable à celle du C. devia, est densément recouvert d’un périostracum villeux et n’a pas de denticule pariétal. La différenciation des juvéniles peut être difficile et doit se fonder sur le fait que l’enroulement de la spire est plus ou moins serré, et sur la présence, la densité et la taille des villosités du périostracum.

Le C. devia est plus gros que les espèces ou sous-espèces du groupe C. mullani présentes dans le Sud-Est de la Colombie-Britannique. Chez le C. devia, la saillie de la base du péristome se trouve plus près de la columelle que chez le C. mullani (sensu lato) (Vagvolgyi, 1968).