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Escargot du Puget (Cryptomastix devia)

Répartition

Répartition mondiale

Le Cryptomastix devia occupe l’Ouest de la chaîne des monts Cascades et la zone du Puget Trough, et son aire s’étend du Sud-Ouest de la Colombie-Britannique aux gorges du Columbia (du côté de l’Oregon) en passant par l’Ouest de l’État de Washington (Pilsbry, 1940; Vagvolgyi, 1968; Kelley et al., 1999; figure 3). L’aire de répartition du C. devia est séparée de celle du groupe C. mullani par la chaîne des Cascades, sauf à l’endroit où le Columbia coupe les montagnes et où les deux espèces se trouvent en contact (Vagvolgyi, 1968). L’occurrence du C. devia est nettement clairsemée dans l’ensemble de son aire, et, dans les régions où il est présent, on observe généralement cet escargot dans des localités éparses. Aux États-Unis, cette espèce a été signalée dans 29 localités situées dans 10 zones de grande taille, incluant des parties de l’Ouest de la chaîne des Cascades, la péninsule Olympic et la vallée de la Willamette (Burke, 1999). Depuis 1994, année où cet escargot a été désigné comme une espèce à surveiller et à gérer (dans le Northwest Forest Plan, qui régit l’administration des terres boisées fédérales depuis l’État de Washington jusqu’au nord de la Californie), on connaît beaucoup mieux sa répartition aux États-Unis.

Répartition canadienne

On ne possède que trois mentions (datant toutes d’avant 1905) de la présence du C. devia au Canada (tableau 1; figure 4). Le synonyme plus récent Helix baskervillei Pfeiffer, 1850 a été décrit comme provenant de l’île de Vancouver, sans plus de détail sur la localité, d’après le matériel de la collection de Hugh Cuming, qui se trouve maintenant au Muséum d’histoire naturelle de Londres (Pfeiffer, 1850; Peter Mordan, comm. pers.). Il importe de noter que, dans bien des cas, les données concernant les spécimens de la collection Cuming sont insuffisantes ou présumées être erronées (Clench, 1945).

Figure 3.  Répartition nord-américaine du Cryptomastix devia (zone grisée), d’après Vagvolgyi

Figure 3.  Répartition nord-américaine du Cryptomastix devia (zone grisée), d’après Vagvolgyi (1968:225, figure 24).


Figure 4.    Répartition canadienne du Cryptomastix devia, d’après les mentions historiques

Figure 4.    Répartition canadienne du Cryptomastix devia, d’après les mentions historiques (voir le tableau 1). Deux mentions apparaissent comme des cercles pleins; la localité générale de Pfeiffer [1850] est ignorée.


Tableau 1. Mentions historiques de l’escargot du Puget (Cryptomastix devia) en Colombie-Britannique.
Nom utilisé dans la mentionLocalitéRéférenceNotes
Helix baskervilleiÎle de Vancouver1Pfeiffer, 1849:130Décrit à partir du matériel de la collection H. Cuming (Natural History Museum, Londres)
Mesodon deviusEsquimalt2Taylor, 1889:85, 91 
Mesodon deviusÎle de VancouverTaylor, 1891a:92D’après Taylor, 1889
Polygyra deviaEsquimaltDall, 1905:24D’après Taylor, 1889
Polygyra deviaSumas Prairie3Dall 1905:24 
Triodopsis deviaÎle de VancouverPilsbry, 1940:857D’après des mentions antérieures
Triodopsis deviaColombie-BritanniqueLa Rocque, 1953:307D’après des mentions antérieures

1 Pas de détail sur la localité.

2 Près de Victoria, île de Vancouver, Colombie-Britannique.

3 Région appelée maintenant Abbotsford/Chilliwack, vallée du Fraser, Colombie-Britannique.

 

La deuxième mention, qui provient aussi de l’île de Vancouver, est plus fiable. Taylor (1889) signale la collecte d’un spécimen à Esquimalt (Colombie-Britannique), qui fait maintenant partie de l’agglomération de Victoria. Le spécimen a été envoyé à l’éminent malacologiste américain William G. Binney, qui a confirmé l’identification. Voici en substance ce qu’écrit Taylor (1889:91) :

Mesodon devius, Gould, sp. [synonyme de C. devia]

Helix devia, Gould, Proc. Bost. Soc. N. H., II, 165 (1846)

J’ai vu seulement un spécimen de l’espèce qui provenait de l’île de Vancouver, et il avait été recueilli à Esquimalt, près de Victoria. Le spécimen a été envoyé à M. W. G. Binney, qui a confirmé l’identification. Cet escargot n’étant pas rare en Oregon, on pouvait s’attendre à le trouver dans l’île de Vancouver.

Dans la partie continentale de la Colombie-Britannique, le C. devia a été signalé une fois seulement. Dall (1905) rapporte que l’escargot provenait de « Sumas Prairie » (ce qui correspond aujourd’hui à Abbotsford/Chilliwack), mais la source de cette mention n’est pas claire, et Dall ne précise pas qu’il a vu lui-même un spécimen.

D’autres auteurs ont, de seconde main, signalé la présence de l’espèce en Colombie-Britannique en citant ces mentions anciennes : Esquimalt (Dall 1905); île de Vancouver (Taylor, 1891; Pilsbry, 1940). Nous n’avons pas été en mesure de vérifier s’il existe encore dans les musées les spécimens correspondant aux mentions de Taylor ou de Dall. La plus grande partie de la collection de Taylor semble avoir été détruite (Drake, 1963). L’holotype du Helix baskervillei se trouve encore au Natural History Museum de Londres, mais on ne dispose d’aucune information sur la localité autre que celle de la description originale.

On ne connaît aucune mention récente du C. devia au Canada. Depuis 1990, l’un de nous (R. Forsyth) cherche les gastéropodes terrestres dans une bonne partie du territoire de la Colombie-Britannique, notamment sur la côte sud, sans réussir à localiser cette espèce (environ 450 localités ont été fouillées dans la vallée du bas Fraser et le Sud de l’île de Vancouver). De même, Cameron (1986), qui a examiné 38 localités boisées sur l’île de Vancouver et dans la vallée du bas Fraser, n’a découvert aucun spécimen de l’espèce, pas plus qu’Ovaska et al. (2001), qui ont fouillé 142 localités des mêmes régions à la recherche du C. devia et d’autres espèces de gastéropodes terrestres considérées comme rares ou potentiellement en péril. Parmi les localités examinées par Ovaska et al. (2001), 44 contenaient de l’habitat considéré comme favorable au C. devia (forêts anciennes à érable grandifolié, Acer macrophyllum). Au total, 70 heures-personnes ont été consacrées à la recherche dans ces régions. Au printemps 2002, Ovaska et Sopuck (2002) ont examiné divers milieux dans trois terrains appartenant à la BFC Esquimalt situés près de Victoria, dans le Sud de l’île de Vancouver, pour y rechercher des gastéropodes terrestres (39,6 heures-personnes). Deux de ces terrains (Rocky Point et Mary Hill) se trouvent dans la région d’Esquimalt, qui correspond à la localité de la mention de Taylor (1889). Il est vraisemblable que l’espèce a disparu du Canada, mais on peut imaginer que des petites populations pourraient survivre.