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Escargot du Puget (Cryptomastix devia)

Biologie

Généralités

On sait peu de choses de l’écologie et du cycle biologique du C. devia, et on ne dispose d’aucune information particulière sur l’espèce au Canada.

Le C. devia est hermaphrodite et ovipare (Burke, 1999). Il semble que les membres de l’espèce aient une maturation lente et une grande longévité. La capacité de dispersion de l’espèce est probablement faible, étant donné sa répartition clairsemée dans l’ensemble de son aire. Les populations canadiennes, s’il en reste, peuvent être menacées par divers facteurs anthropiques, notamment la perte et la fragmentation de l’habitat ainsi que la compétition des espèces introduites, et seraient donc vulnérables à des événements stochastiques qui peuvent aboutir à la disparition des populations isolées.

Reproduction

Comme la plupart des gastéropodes terrestres, le C. devia est un hermaphrodite simultané. Chez la plupart de ces escargots, la fécondation croisée semble être la norme, mais l’autofécondation peut se produire chez au moins quelques espèces en l’absence de partenaires potentiels (Runham et Hunter, 1970; Duncan, 1975). Chez le C. devia, on ne relève aucune preuve d’autofécondation, qui semblerait pouvoir améliorer la capacité de colonisation. L’âge à la première reproduction est très variable chez les escargots terrestres, mais les espèces de grande taille semblent avoir une maturation relativement lente, puisque la maturité n’est parfois pas atteinte avant l’âge de 5 ans, ou même plus tard (p. ex. chez le Monadenia fidelis beryllica (« Pacific Sideband ») en captivité, Roth et Pressley, 1986).

Tout comme les autres escargots sylvicoles, le C. devia a vraisemblablement besoin d’endroits protégés et humides pour pondre. Selon Burke (1999), le maintien des caractéristiques structurales adéquates des forêts matures, comme les troncs en décomposition, divers autres débris ligneux et une couche de feuilles mortes et d’humus, assurerait aux escargots des milieux favorables à la ponte.

Survie

Le mode d’utilisation de l’habitat par le C. devia permet de penser que ce gastéropode peut ne pas tolérer l’aridité et les températures élevées associées aux coupes à blanc et aux jeunes peuplements.

Les escargots sont la proie d’un grande variété de mammifères, d’oiseaux, d’amphibiens, de reptiles et d’invertébrés. La prédation est vraisemblablement une source importante de mortalité du C. devia dans les petites parcelles d’habitat de qualité médiocre qui manquent de couvert et d’abri (Burke, 1999). Les escargots carnivores et les carabes (Coléoptères; Carabidés) sont communs dans les habitats du C. devia aux États-Unis, et sont vraisemblablement des prédateurs de tous les stades biologiques (Burke, 1999). Les Carabidés de la tribu des Cychrini, représentés dans le Sud-Ouest de la Colombie-Britannique par le Cychrus tuberculatus et plusieurs espèces de Scaphinotus, sont des prédateurs des gastéropodes terrestres (Thiele, 1977; Digweed, 1993). Les escargots carnivores sont représentés ici par plusieurs espèces sylvicoles indigènes, répandues et abondantes (Haplotrema vancouverense, Ancotrema sportella et A. hybridum). De nombreuses espèces exotiques pourraient aussi poser un problème (à cause de la prédation ou de la concurrence pour les ressources), s’il arrivait qu’on découvre une population de C. devia dans une zone exploitée ou aux environs (Cameron, 1986; Forsyth, 1999, 2001).

Déplacements et dispersion

L’espèce est probablement assez sédentaire et a peu de capacité de dispersion, comme le montre sa répartition clairsemée dans l’ensemble de son aire. La fragmentation de l’habitat due aux activités humaines et à l’urbanisation peut certainement créer des obstacles à la dispersion. Les escargots peuvent occuper différentes profondeurs du tapis forestier selon la saison (Burke, 1999), mais on ne connaît pas l’ampleur de leur déplacement vertical et horizontal par rapport aux sites d’hibernation et d’estivage.

Nutrition

On ne connaît pas le mode d’alimentation du C. devia, mais c’est probablement un fongivore/herbivore. Burke (1999) pense que les adultes se nourrissent principalement de mycélium de champignons, comme d’autres membres de la famille des Polygyridés, selon Pilsbry (1940). Cet auteur indique aussi que, d’après ses observations d’escargots en captivité, les juvéniles peuvent se nourrir de matière végétale verte en plus des champignons.

Comportement et adaptabilité

Le C. devia habite les forêts anciennes et a besoin des attributs de ces forêts pour survivre, ce qui peut indiquer un seuil de tolérance relativement faible aux changements des conditions thermiques et hygrométriques, et à l’altération de la structure du tapis forestier. Étant donné leur répartition clairsemée, les populations des États-Unis sont très vulnérables à une disparition qui serait due à des événements stochastiques (Burke, 1999). Les parcelles isolées d’habitat d’où peuvent disparaître les escargots sont peu susceptibles d’être repeuplées par immigration.

Certaines catastrophes naturelles peuvent nuire aux escargots terrestres, notamment les événements météorologiques graves comme la sécheresse et les incendies de forêts. Les escargots se retirent dans leur coquille quand le temps est défavorable et peuvent en sceller l’ouverture avec du mucus durci pour conserver leur humidité. En recherchant des microhabitats humides et protégés, ils peuvent résister aux périodes de sécheresse de l’été et aux périodes de froid de l’hiver, et la présence de bon couvert servant d’abri est indispensable pour atténuer les fluctuations de la température et de l’humidité ambiantes. Les populations de gastéropodes terrestres semblent particulièrement vulnérables aux feux intenses qui dévastent le tapis forestier (Burke, 1999). Burke note aussi que, dans l’État de Washington, le C. devia était absent des zones qui avaient été brûlées dans le cadre des opérations forestières.

Le C. devia tolère un certain degré de perturbation due aux activités humaines, comme le montre le maintien de certaines populations dans de petites parcelles boisées de la région métropolitaine de Seattle (Burke, 1999). Toutefois, la survie de ces populations est incertaine, et la dégradation des habitats restants est préoccupante. L’invasion d’espèces exotiques et la rareté de couvert de qualité pouvant servir d’abri, particulièrement de troncs de fort diamètre en décomposition, contribuent à cette dégradation. Les petites parcelles d’habitat connaissent aussi de plus grandes fluctuations des conditions thermiques et hygrométriques à cause de l’effet d’écotone, ce qui réduit leur potentiel écologique pour le C. devia. Des considérations semblables s’appliquent aux habitats favorables dans les environs des localités historiques connues de l’espèce en Colombie-Britannique.

D’après les données dont nous disposons, le C. devia n’a jamais été élevé en captivité. Toutefois, comme de nombreux autres gastéropodes terrestres, cela devrait pouvoir se faire sans grande difficulté. Si on découvrait une population au Canada, un programme d’élevage en captivité ou de démarrage (dans lequel on garde les juvéniles jusqu’après les premiers stades biologiques vulnérables, puis on les relâche) constituerait une option envisageable pour des activités de rétablissement, option qui serait préférable au recours à des animaux provenant de populations éloignées, aux États-Unis, dont le bagage génétique peut être différent.