Sauter l'index du livret et aller au contenu de la page

Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur l’escargot du Puget (Cryptomastix devia) au Canada - 2002

Importance de l'espèce

Le C. devia vit à l’état endémique sur la côte ouest de l’Amérique du Nord, et pas seulement au Canada. Son aire dépasse à peine la frontière du côté canadien, et s’il en existe encore des populations, il peut s’agir de reliques d’une période antérieure où les conditions étaient plus favorables.

Parmi les espèces apparentées (sous-genre Cryptomastix), seul le C. magnidentata (« Mission Creek Oregonian ») est inscrit sur la Liste rouge de l’UICN (VUD2) (UICN, 2000).

On ne sait pas si les populations britanno-colombiennes de C. mullani sont en péril; cette espèce présente plusieurs morphotypes qui restent à étudier et qui pourraient constituer des taxons distincts. Aux États-Unis, Frest et Johannes (1995) ont recommandé d’attribuer un statut à un certain nombre d’espèces et de sous-espèces de Cryptomastix, principalement en Idaho. Le C. germana (« Pygmy Oregonian »), qui est un parent plus lointain (sous-genre Micranepsia), est répandu dans les régions côtières de la Colombie-Britannique (Forsyth, 2000) et ne semble pas en péril.

Les escargots des milieux forestiers jouent un important rôle écologique car ils consomment la végétation vivante ou pourrissante, font un travail de décomposeurs et sont la proie de divers prédateurs vertébrés et invertébrés. L’importance du C. devia dans son aire canadienne semble limitée par son apparente rareté.

La présence du C. devia au Canada aurait un intérêt à la fois pour la science et pour la conservation, car les populations qui vivent à la limite septentrionale de leur aire peuvent posséder des caractéristiques d’adaptation tout à fait particulières (Scudder, 1989). L’existence de telles adaptations enrichirait la diversité génétique et pourrait améliorer la capacité de l’espèce à réagir favorablement au changement climatique ou à d’autres perturbations de grande ampleur. Il existe relativement peu de gros escargots terrestres indigènes dans les forêts côtières de la Colombie-Britannique, et la présence du C. devia constituerait une contribution importante à la biodiversité faunique du tapis forestier, le C. devia étant la seule espèce de son sous-genre sur le littoral.

Nous n’avons pu trouver aucune indication d’une utilisation des escargots terrestres à des fins alimentaires ou autres chez les Autochtones du Sud-Ouest de la Colombie-Britannique (N. Turner, comm. pers.).