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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le pèlerin (population du Pacifique) au Canada

Évaluation et Rapport
de situation du COSEPAC
sur le
Pèlerin
Cetorhinus maximus
population du Pacifique
au Canada

Pèlerin (Cetorhinus maximus)

En voie de disparition
2007



COSEPAC
Comité sur la situation
des espèces en péril
au Canada
logo du COSEPAC


COSEWIC
Committee on the Status
of Endangered Wildlife
in Canada


Les rapports de situation du COSEPAC sont des documents de travail servant à déterminer le statut des espèces sauvages que l’on croit en péril. On peut citer le présent rapport de la façon suivante :

COSEPAC. 2007. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le pèlerin (Cetorhinus maximus) (population du Pacifique) au Canada. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada.Ottawa. viii + 35 p. (Rapports de situation du Registre public des espèces en péril)

Note de production :

Le COSEPAC aimerait remercier Scott Wallace, Steven Campana, Gordon (Sandy) McFarlane and Jacquelynne King qui ont rédigé le rapport de situation sur le pèlerin (Cetorhinus maximus) (population du Pacifique) au Canada en vertu d’un contrat avec Environnement Canada. Mart Gross et Howard Powles, coprésidents du Sous-comité de spécialistes des poissons marins, Jeff Hutchings et Chris Wood, membres du Sous-comité de spécialistes des poissons marins, ont supervisé le présent rapport et en ont fait la révision.

Pour obtenir des exemplaires supplémentaires, s’adresser au :

Secrétariat du COSEPAC
a/s Service canadien de la faune
Environnement Canada
Ottawa (Ontario)
K1A 0H3

Tél. : 819–953–3215
Téléc. : 819–994–3684
Courriel : COSEWIC/COSEPAC@ec.gc.ca
Site Web : http://www.cosepac.gc.ca

Also available in English under the title COSEWIC Assessment and Status Report on the basking shark Cetorhinus maximus (Pacific population) in Canada.

Illustration de la couverture :
Pèrelin -- Source : Compagno, 2001.

© Sa Majesté la Reine du chef du Canada, 2007
No de catalogue : CW69-14/522-2007F-PDF
ISBN : 978-0-662-09325-1

 

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COSEPAC
Sommaire de l’évaluation

Sommaire de l’évaluation -- Avril 2007

Nom commun :
Pèlerin ; Population du Pacifique

Nom scientifique :
Cetorhinus Maximus

Statut :
En voie de disparition

Justification de la désignation :
Cette espèce de requin est la seule espèce existante de la famille des Cétorhinidés. Partout sur le globe, l'espèce occupe les eaux tempérées des plateaux côtiers et existe sous la forme de deux unités désignables géographiquement isolées au Canada, celle de l'Atlantique et celle du Pacifique. L'espèce est vulnérable aux prises accessoires en raison de sa faible productivité intrinsèque. Les femelles ne parviennent à maturité que vers l'âge de 16 à 20 ans, leur période de gestation dure de 2,6 à 3,5 ans (la plus longue gestation connue chez les vertébrés), et elles ne donnent naissance qu'à environ six petits à la fois. L'espèce est particulièrement sujette à s'entremêler dans les engins de pêche ou à entrer en collision avec des bateaux en raison de sa grande taille, de sa tendance à nager près de la surface de l'eau, du fait qu'elle ne craint pas les bateaux et de son aire de répartition qui s'étend le long des côtes et qui chevauche des zones de pêche et de navigation. Avant 1970, les grands regroupements de ce requin étaient communs de manière saisonnière dans les eaux canadiennes du Pacifique, mais seulement six observations ont été confirmées depuis 1996. Cette réduction draconienne de l'abondance est attribuable à la pêche dirigée de l'espèce à des fins d'extraction d'huile de son foie (de 1941 à 1947) et à un programme d'éradication (jusqu'en 1970) dans le cadre duquel des centaines, voire des milliers d'individus ont été tués entre 1945 et 1970. La population historique minimale, reconstituée à partir des captures documentées, comptait au moins 750 individus, alors que la population actuelle est virtuellement nulle, indiquant un déclin de plus de 90 % en moins de deux générations. On pense que l'espèce migre de façon saisonnière entre le Canada et la Californie, où des regroupements régionaux ont été gravement amoindris par la pêche pratiquée par le passé. Une immigration de source externe du Canada est peu probable.

Répartition :
Océan Pacifique

Historique du statut :
Espèce désignée « en voie de disparition » en avril 2007. Évaluation fondée sur un nouveau rapport de situation.

 

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COSEPAC
Résumé

Pèlerin
Cetorhinus maximus
Population du Pacifique

Information sur l’espèce

Le pèlerin doit son nom à son comportement évident de quête (plus précisément d'alimentation) à la surface de l'eau. Le pèlerin se distingue des autres requins par sa grande taille (il vient au deuxième rang, dans le monde, pour ce qui est des très gros poissons), ses fentes branchiales allongées, son museau pointu, sa large bouche à petites dents et sa nageoire caudale en forme de croissant. Le pèlerin est généralement de noirâtre à brun-gris. Les pores branchiaux présentent des branchicténies proéminentes.

Bien qu’aucune recherche n'ait été menée sur la génétique ou la structure de la population de pèlerins, la population du Pacifique est traitée comme une seule unité désignable (UD) en raison de sa séparation biogéographique des pèlerins de la population de l’Atlantique. Il n'y a aucune preuve de mouvements transocéaniques, ni à partir du Pacifique Nord, ni à partir de l'Atlantique Nord.

 

Répartition

Partout dans le monde, les pèlerins occupent les eaux tempérées des plateaux côtiers, mais sont présents de manière localisée. Les enregistrements canadiens dans les eaux de l'Atlantique et du Pacifique montrent que les pèlerins occupent pratiquement toutes les eaux côtières tempérées. Les études par marquage conventionnelles n'ont permis de recapturer aucun pèlerin. Les pèlerins ont été observés, par le passé, le long de la côte du Pacifique en divers endroits au large de la Californie, en hiver et au printemps, et dans des secteurs particuliers, au large de la Colombie-Britannique, en été et en automne, ce qui indique également une migration latitudinale. Il n’existe qu’un nombre très limité de données d’observation sur les prises accessoires de cette espèce dans les eaux du Pacifique, le pèlerin n'ayant été que rarement observé dans les eaux de cet océan au cours des 30 dernières années. Cependant, dans le passé, d'importants regroupements de pèlerins ont été observés dans les eaux littorales de la côte ouest de l'île de Vancouver et à un endroit le long de la côte centrale de la Colombie-Britannique.

 

Habitat

Le pèlerin semble préférer les secteurs où des événements océanographiques ont concentré le zooplancton. Ces secteurs sont généralement des fronts où les masses d'eau se rencontrent ou des caps et des zones de fortes marées autour des îles et dans les baies. Des données plus récentes semblent indiquer que le pèlerin utilise peut-être également des habitats de plus de 1 000 m de profondeur. La qualité de l'habitat d'alimentation varie rapidement dans le temps et dans l'espace, au gré des conditions océanographiques.

 

Biologie

Les premiers stades du cycle vital de cette espèce sont mal connus. Des animaux de moins de 3 m sont rarement observés. À leur naissance, les requins mesurent probablement de1,5 à 2 m. Une seule portée de six animaux d'une même femelle a pu être observée. On pense que les mâles parviennent à maturité à l’âge de 12 à 16 ans et que les femelles l’atteignent à l’âge de 16 à 20 ans. Les données provenant des pêches de surface montrent une ségrégation prononcée des sexes. La période de gestation serait de 2,6 à 3,5 années, soit la plus longue de tous les animaux, et la période entre les portées, de 2 à 4 années. La durée de vie du pèlerin est probablement d'environ 50 ans et la taille maximale rapportée est de 12,2 m de longueur. La productivité annuelle estimée est la plus faible productivité connue de tous les requins. La durée d'une génération est de 22 à 33 ans.

Les pèlerins adultes n'ont pas de prédateurs connus, mais les jeunes sont sans doute vulnérables à d'autres grosses espèces de requins. Les pèlerins sont principalement planctophages et ainsi cherchent des zones où le zooplancton est abondant. Une étude de modélisation donne à penser que l'espèce devrait pouvoir obtenir un gain énergétique net en s'alimentant dans des zones de concentrations modérées de zooplanctons.

 

Taille et tendances des populations

Il n'existe aucune estimation de l'abondance portant sur les populations de pèlerins au Canada dans les eaux du Pacifique. Les connaissances sur la taille et les tendances des populations proviennent principalement des enregistrements historiques.

La population des eaux canadiennes du Pacifique a pratiquement disparu. Les enregistrements historiques laissent croire que cette population était autrefois abondante et répandue. Les prises ciblées historiques (commerciales et récréatives), les prises accessoires et un programme d'éradication ciblée, mené par le ministère des Pêches et des Océans, notamment au moyen d'un bateau équipé d'une lame, sont les principaux facteurs responsables de la disparition du pèlerin. Il n'y a eu que six enregistrements confirmés de pèlerins dans les eaux canadiennes du Pacifique depuis 1996, dont quatre individus capturés dans des chaluts. De manière générale, la population actuelle ne représente qu'une petite fraction de son abondance et de sa répartition historique.

 

Facteurs limitatifs et menaces

La mortalité continue causée par les activités de pêche et les collisions avec les bateaux sont sans doute les facteurs qui menacent le plus les populations de pèlerins. Le pèlerin semble être le requin le plus vulnérable aux répercussions anthropiques. Parmi les caractéristiques qui rendent les pèlerins vulnérables, mentionnons une arrivée tardive à maturité, un faible taux de fécondité, une longue période de gestation (apparemment la plus longue de tous les vertébrés), de longues périodes entre les gestations, une faible productivité, une ségrégation des sexes, des habitats qui chevauchent des secteurs de pêche commerciale, des habitats situés à proximité du littoral, une présence à la surface de l'eau, l’absence de crainte par rapport aux bateaux et des populations naturellement petites.

 

Importance de l’espèce

Le pèlerin est la seule espèce de sa famille. Le plus ancien fossile de pèlerin est vieux de 29 à 35 millions d'années. L'espèce peut être associée à la « mégafaune charismatique » en raison de sa grande taille (deuxième plus gros poisson au monde) et de ses activités évidentes à la surface de l'eau. Sur la côte du Pacifique, les pèlerins sont certainement l'explication la plus plausible aux présumées observations de serpents de mer, de monstres marins et du Cadborosaurus (Caddy). La grande valeur des nageoires de pèlerin a encouragé un commerce lucratif vers les pays asiatiques. L'inscription récente du pèlerin à l'Annexe II de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction (CITES) vise à réglementer ce commerce. Le pèlerin est peut-être plus vulnérable aux répercussions anthropiques que tout autre poisson marin.

 

Protection actuelle

Au Canada, l'espèce est de facto protégée par des réglementations générales qui interdisent le commerce des nageoires de toute espèce de requin. Puisqu'il n'y a pas de marché pour toute autre partie du pèlerin au Canada, l'espèce n'est pas directement exploitée. La capture des pèlerins est interdite dans les pays de l'Union européenne, aux États-Unis et en Nouvelle-Zélande. Divers statuts ont été accordés à l'espèce. Le pèlerin est inscrit à la Liste rouge de l'UICN à titre d'espèce vulnérable (Vulnerable) à l'échelle mondiale, d'espèce en péril (Endangered) dans l'Atlantique Nord-Est et dans le Pacifique Nord, et même d'espèce gravement en péril (Critically Endangered) dans la baie Barkley.

 

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Historique du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le Comité a été créé pour satisfaire au besoin d’une classification nationale des espèces sauvages en péril qui soit unique et officielle et qui repose sur un fondement scientifique solide. En 1978, le COSEPAC (alors appelé Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) promulguée le 5 juin 2003, le COSEPAC est un comité consultatif qui doit faire en sorte que les espèces continuent d’être évaluées selon un processus scientifique rigoureux et indépendant.

Mandat du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) évalue la situation, au niveau national, des espèces, des sous-espèces, des variétés ou d’autres unités désignables qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées aux espèces indigènes comprises dans les groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, arthropodes, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

Composition du COSEPAC

Le COSEPAC est composé de membres de chacun des organismes responsable des espèces sauvages des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (le Service canadien de la faune, l’Agence Parcs Canada, le ministère des Pêches et des Océans et le Partenariat fédéral d’information sur la biodiversité, lequel est présidé par le Musée canadien de la nature), de trois membres scientifiques non gouvernementaux et des coprésidents des sous-comités de spécialistes des espèces et du sous-comité des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit au moins une fois par année pour étudier les rapports de situation des espèces candidates.

Définitions

Espèce sauvage
Espèce, sous-espèce, variété ou population géographiquement ou génétiquement distincte d'animal, de plante ou d'une autre organisme d'origine sauvage (sauf une bactérie ou un virus) qui est soit indigène du Canada ou qui s'est propagée au Canada sans intervention humaine et y est présente depuis au moins cinquante ans.

Disparue (D)
Espèce sauvage qui n'existe plus.

Disparue du pays (DP)
Espèce sauvage qui n'existe plus à l'état sauvage au Canada, mais qui est présente ailleurs.

En voie de disparition (VD)*
Espèce sauvage exposée à une disparition de la planète ou à une disparition du pays imminente.

Menacée (M)
Espèce sauvage susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitants ne sont pas renversés.

Préoccupante (P)**
Espèce sauvage qui peut devenir une espèce menacée ou en voie de disparition en raison de l'effet cumulatif de ses caractéristiques biologiques et des menaces reconnues qui pèsent sur elle.

Non en péril (NEP)***
Espèce sauvage qui a été évaluée et jugée comme ne risquant pas de disparaître étant donné les circonstances actuelles.

Données insuffisantes (DI)****
Une catégorie qui s'applique lorsque l'information disponible est insuffisante (a) pour déterminer l'admissibilité d'une espèce àl'évaluation ou (b) pour permettre une évaluation du risque de disparition de l'espèce.

*
Appelée « espèce disparue du Canada » jusqu’en 2003.

**
Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu’en 2000.

***
Appelée « espèce rare » jusqu’en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.

****
Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».

*****
Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu’en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999. Définition de la catégorie (DI) révisée en 2006.

 

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.

 

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Rapport de situation du COSEPAC
sur le
pèlerin
Cetorhinus maximus
population du Pacifique
au Canada
2007

Information sur l'espèce

Nom et classification

Le pèlerin (Cetorhinus maximus Gunnerus, 1765) est le seul membre de la famille des Cétorhinidés, laquelle appartient à l'ordre des Lamniformes. Ce requin est connu en anglais sous le nom de basking shark. Il est également connu dans cette langue sous les noms sun shark, bone shark et elephant shark. Dans les eaux canadiennes du Pacifique, on méprenait souvent le pèlerin pour le requin bourbeux dans les premiers signalements.


Description morphologique

En mer, cet animal se distingue facilement des autres requins par sa grande taille (taille maximale signalée de 12,2 m), ses fentes branchiales allongées qui se prolongent pratiquement jusqu'à l'axe mi-dorsal de la tête, son museau pointu, sa large bouche subterminale exhibant de petites dents crochues, son pédoncule caudal muni de puissantes quilles latérales et sa nageoire caudale en forme de croissant (Compagno, 2001; figure 1). Le pèlerin est généralement de noirâtre à gris-brun, a le dessus et le dessous du corps et des nageoires gris ou gris-bleu, est parfois plus pâle au niveau des parties inférieures et exhibe souvent des taches cutanées blanches irrégulières sur la partie antérieure de la tête et de l'abdomen (Compagno, 2001). Les pores branchiaux internes présentent des branchicténies proéminentes formées à partir d'écailles placoïdes modifiées.


Figure 1 : Requin pèlerin (Cetorhinus maximus)

Figure 1 : Requin pèlerin (Cetorhinus maximus).

Source : Compagno, 2001.


Description génétique

La structure des populations de pèlerins est mal connue. Aucune étude sur la génétique des populations n'a été réalisée pour cette espèce. Les inférences sur la structure de la population sont fondées sur les observations saisonnières et sur le nombre limité d'enregistrements faits dans le cadre d'études par marquage. Au Canada, les populations de pèlerins de l'Atlantique Nord et du Pacifique Nord sont géographiquement disjointes, et sont considérées comme isolées l'une de l'autre au plan reproductif parce qu’en raison de leur préférence pour les eaux tempérées, elles ne peuvent pas se rejoindre par l'océan Arctique.

Dans le Pacifique Nord, le pèlerin a été observé en divers endroits précis au large de la Californie, en hiver et au printemps, et régulièrement dans des secteurs précis au large de la Colombie-Britannique en été et en automne (Squire, 1967,1990). Cette information, combinée à des données récentes de suivi par satellite relevées dans l'Atlantique Nord (Sims et al., 2003; Skomal et al., 2004; Skomal, 2005), laisse croire en la présence d'une seule population panmictique le long de la côte ouest de l'Amérique du Nord. Par ailleurs, dans toute l'aire de répartition de l'espèce, d'importants regroupements ont été signalés à plusieurs reprises dans des secteurs distincts où les individus sont généralement observés en grand nombre et pendant seulement une partie de l'année (Compagno, 2001). Par conséquent, cette espèce a peut-être une tendance à la philopatrie et une structure génétique plus complexe que prévu.


Unités désignables

Puisque les pèlerins occupent exclusivement les océans tempérés et qu’il n’y a aucun passage par l’Arctique ou plus au sud, la population se trouvant dans les eaux canadiennes du Pacifique est considérée distincte de la population des eaux canadiennes de l’Atlantique et ainsi traitée comme une unité désignable distincte.

 

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Répartition

Aire de répartition mondiale

Les pèlerins occupent partout dans le monde les eaux tempérées des plateaux côtiers, mais de manière localisée (figure 2), et sont présents au large des côtes de 50 pays (Froese et Pauly, 2005). Dans l'Atlantique Nord, les pèlerins sont observés du sud-est au sud-ouest en passant par le nord, depuis le Sénégal et plusieurs pays d’Europe (y compris dans la mer Méditerranée), en passant par la Norvège, la Suède et la Russie, jusqu’à l’Islande, le Canada (Terre-Neuve, Nouvelle-Écosse, Nouveau-Brunswick), la côte est des États-Unis et le golfe du Mexique plus à l’ouest. Dans le Pacifique Nord, les pèlerins sont également observés du sud-ouest au sud-est avec une pointe septentrionale, depuis le Japon, la Chine et les îles Aléoutiennes, jusqu’à l'Alaska, la Colombie-Britannique et la côte ouest des États-Unis et du Mexique (Baja California et nord du golfe de Californie) (Compagno, 2001). Le pèlerin n'a jamais été observé dans les eaux équatoriales.


Figure 2 : Aire de répartition mondiale des pèlerins

Figure 2 : Aire de répartition mondiale des pèlerins.

Les zones en gris foncé représentent les aires de répartition connues du pèlerin; les zones en gris pâle représentent des aires possibles selon les préférences thermiques de l'espèce. Source : Compagno, 2001.


Aire de répartition canadienne

La répartition actuelle du pèlerin dans les eaux canadiennes du Pacifique est très mal connue. Il n'y a eu que six observations fiables le long de la côte du Pacifique depuis 1994 (deux observations confirmées et quatre prises accessoires) (figure 3). Des enregistrements datant de la fin du XVIIIe siècle ont été utilisés pour localiser plusieurs baies et passages espacés les uns des autres où les pèlerins étaient régulièrement observés dans le passé (tableau 1; Wallace et Gisborne, 2006). D'importants regroupements de pèlerins ont été observés à plusieurs reprises dans trois secteurs : (1) le bras de mer Rivers/bassin Queen Charlotte; (2) la baie Clayoquot; (3) la baie Barkley (figure 3). Des groupes plus petits ou non confirmés ont été observés dans le passé à de nombreux autres endroits dans le détroit de Georgie (cap Lazo, île Texada et passage Saanich) et au large des bancs, au sud de l'île de Vancouver (tableau 1).


Figure 3 : Occurrences connues du pèlerin au large de la Colombie-Britannique entre 1996 et 2004 selon les prises au chalut

Figure 3 : Occurrences connues du pèlerin au large de la Colombie-Britannique entre 1996 et 2004 selon les prises au chalut.

(base de données PacHarTrawl, n = 4, les cercles montrent les poids individuels) et des observations visuelles opportunistes à la surface (N = 2; étoiles). Les noms d'emplacement (détroit de la Reine-Charlotte, baie Clayoquot et baie Barkley) font référence aux secteurs qui accueillaient historiquement d'importants regroupements de pèlerins.

Au cours d'une période de trois générations (de 66 à 99 années), les pèlerins ont pratiquement disparu de tous les secteurs où ils étaient autrefois abondants. Cette disparition ne peut pas être attribuée à une réduction des activités de recherche. Les trois secteurs où les pèlerins étaient les plus nombreux dans le passé sont encore fréquentés intensivement par les marins. Par ailleurs, la côte de la Colombie-Britannique sert de plus en plus au tourisme et aux activités récréatives. Vu sa taille importante et sa présence évidente à la surface, le pèlerin aurait été signalé dans d'autres secteurs si son aire de répartition ne s'était que légèrement modifiée. La zone d'occurrence historique, dans les eaux canadiennes du Pacifique, comprend les secteurs de la plate-forme continentale de moins de 200 m de profondeur, ce qui représente 80 000 km2. La zone d'occurrence actuelle est inconnue, mais elle est certainement réduite.

Tableau 1 : Observations historiques de pèlerins en Colombie-Britannique et dans les eaux adjacentes énumérées selon l'ordre alphabétique des noms d'emplacement
EmplacementAnnéeNombre de requins / commentairesSource
Canal Alberni1921Navire arraisonnéPort Alberni News, le 31 août 1921
Astoria, Orégon19431 foie de 2 000 livresThe Fisherman, le 24 août 1943, p. 2
Île Ballenas (phare)1956 Colonist, le 5 juin 1956, p. 13
Baie Barkley (nombreux emplacements)1943-1969Nombreux requinsNombreuses sources (voir l'Annexe 1)
Quai de Beaver Creek, au nord de Nanaimo1893« un autre groupe de requins »Colonist, le 30 juillet 1916
Île Bowen19581Sun, le 29 août 1958, p. 29
Baie Brentwood1952 Times Colonist, le 5 juillet 1952, p. 11;
Baie Brentwood1956 Colonist, le 5 juin 1956, p. 13
Cap LazoFin des années 19901 (non confirmé)Mark Saunders, Station biologique du Pacifique
Baie Clayoquot1973-1992 Résumé dans Darling et Keogh (1994)
Île Cortes (Bliss Landing)19421 foie de 1 600 livres--filet à chiens de merThe Fisherman, le 8 septembre 1942, p. 3
Eagle Crest, île de Vancouver1956 Colonist, le 5 juin 1956, p. 13
Esquimalt Harbour19591 (23 pieds de long)Times, le 17 juillet 1959, p. 27
Détroits Fitzhugh et R.C.1955 Province, le 13 août 1955, p. 20 (Mag. Sec.)
Gibsons (petite île à la pointe sud de l'île Bowen).19581 (27 pi 10 po)Sun, le 11 septembre 1958, p. 21
Bancs La Perouse1935Nombreux requinsMinistère des Pêches, dossier nos 62-3-1, communication écrite en date du 15 avril 1935
Bancs La Perouse1944 Province, le 16 juin 1944, p. 5
Ladysmith1952 Colonist, le 28 juin 1952, p. 13
Île Mistaken1956 Colonist, le 5 juin 1956, p. 13
Namu (voir bras de mer Rivers)1940-1948 Diverses
Baie Neah1868 Swan, James G. 1868. The Indians of Cape Flattery. p. 29.
North Saanich (baie Cole)19591 (non confirmé)Colonist, le 19 juin 1959, p. 21
Baie Oak1958Non confirméTimes, le 5 août 1958, p. 15
Baie Pachena195631 ou 34 (plus importante capture--avril)Vancouver Sun, le 16 mai 1956
Parksville (plage Rathtrevor)19481 (squelette)Vancouver Sun, le 18 décembre 1948, p. 23. (confirmée par J.L. Hart de la SBP)
Parksville (plage Rathtrevor)1956 Colonist, le 5 juin 1956, p. 13
Parksville (pointe Arbutus)19431 (18 pi de long)Rapport d'étape du Conseil de recherches sur les pêcheries du Canada, 56 p. 15 (1943)
Port Alberni19521 (15 pi, 2000 lb)Times Colonist, 9 juillet 1952, p. 9
Prince Rupert (Island Point)1937 / 19381The West Coast Fisherman, octobre 1990, p. 44-45
Qualicum1892~100Colonist, le 30 juillet 1916;
Qualicum1946 Colonist, le 8 novembre 1946, p. 16.
Qualicum19551Colonist, le 31 mai 1955, p. 24
Qualicum19561Colonist, le 5 juin 1956, p. 13
Détroit de la Reine-Charlotte (fort probablement le secteur du bras de mer Rivers)1891abondanceNatural History Society of BC. 1891. The Economic Fishes of British Columbia, vol. 1, no 1, p. 20-33.
Détroit de la Reine-Charlotte (fort probablement le secteur du bras de mer Rivers)1897 Gosnell, R.E. 1897. Annuaire de la C.-B.
Bras de mer Rivers1915Centaines de requins signalésProvince, le 15 juillet 1915, p. 3
Bras de mer Rivers1940-1948 Nombreux journaux et magazines de pêche (voir l'Annexe 1)
Baie Saanich – baie Tod19561 touché, 4 observés 1 (16,5 pi, 2 500 lb)Times, le 20 avril 1956, p. 6
Baie Saanich – baie Tod1956 Colonist, le 9 août 1956, p. 1
Baie Saanich – baie Tod1957 Times, le 28 novembre 1957, p. 23
Île Texada194712Province, le 7 juin 1947, p. 5
Uchucklesit Harbor (baie Barkley)19488Times, le 17 juillet 1948, p. 6
Ucluelet1946 West Coast Advocate, le 18 juillet 1946, p. 14
Ucluelet (4 milles au large)1955 Colonist, le 9 septembre 1955, p. 13

 

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Habitat

Exigences en matière d'habitat

Aucune étude n'a été menée sur les exigences du pèlerin en matière d'habitat dans les eaux canadiennes du Pacifique. Ailleurs, les pèlerins sont souvent associés aux secteurs où les événements océanographiques ont concentré le zooplancton, comme les fronts au large des caps et les zones autour des îles et dans les baies où les marées font beaucoup fluctuer les masses d'eau (Sims et al., 1997; Sims et Quayle, 1998; Wilson, 2004). Même s'il semble préférer les eaux côtières peu profondes, le pèlerin a été observé dans des zones épipélagiques lors de relevés aériens, dans des filets dérivants pélagiques et dans des chaluts de fond dans le fleuve Saint-Laurent, sur le plateau néo-écossais et au large de l'Écosse (Compagno, 2001; présente étude). Les données du Newfoundland Observer Program (NOP) montrent que des pèlerins ont été capturés dans des chaluts de fond jusqu'à 1 370 m de profondeur (15 p. 100 des enregistrements (n = 414) ont été réalisés dans des secteurs de plus de 1 000 m de profondeur).

Seulement 7 individus ont été vus en train de plonger beaucoup plus creux que 200 m et un seul à plus de 750 m (Sims et al., 2003; Skomal et al., 2004; Skomal, 2005). L'utilisation de la colonne d'eau varie considérablement d'un individu à l'autre et dépend probablement de la répartition des proies en fonction de la profondeur, de l'emplacement et de la saison. Skomal (2005) a observé que deux pèlerins capturés à la surface, marqués, puis relâchés au même endroit pendant l'été dans l'Atlantique Nord-Ouest (voir la section Description génétique), avaient atteint des habitats d'hivernage très différents. Un individu a hiverné au large de la Floride et a passé la majorité de son temps à la surface de l'eau alors que l'autre individu a hiverné au large de la Jamaïque et a passé la plus grande partie de son temps à plus de 480 m de profondeur. Le nombre d'individus marqués étant très restreint, il est difficile de décrire les habitudes de plongeon et d'utilisation de la colonne d'eau, sauf pour dire que tous les requins font beaucoup de mouvements verticaux.


Tendances en matière d’habitat

La disponibilité de l'habitat pour cette espèce n'a probablement pas changé. De nouvelles données provenant d'études menées au large de l'Angleterre donnent à penser que les pèlerins ciblent les secteurs de grandes concentrations de zooplanctons associées à des conditions océanographiques de grandes et de petites échelles qui changent rapidement (de quelques heures à quelques jours) (Sims et Quayle, 1998). Les tendances à plus long terme du climat peuvent avoir une incidence sur la disponibilité des proies, mais de récents travaux théoriques laissent entendre que les pèlerins peuvent obtenir un gain énergétique net dans des zones où les proies sont présentes par concentrations modérées (0,48-0,70 g m-3) (Sims, 1999). Dans le cadre du présent rapport, les interactions avec les pêches (c.-à-d. les emmêlements) et les collisions avec les bateaux sont considérées comme des menaces directes (voir plus loin), et non comme des dégradations de l'habitat aquatique.


Protection et propriété

Tout l'habitat du pèlerin est sous l'autorité du gouvernement fédéral et est géré principalement par le ministère des Pêches et des Océans (MPO). À l'heure actuelle, aucune mesure intentionnelle ne protège l'habitat du pèlerin. Dans le Pacifique, on pouvait autrefois observer le pèlerin dans les eaux adjacentes au parc national du Canada Pacific Rim (archipel Broken Group et sentier de la Côte-Ouest). Les interdictions actuelles dans ces eaux n'offrent pas beaucoup de protection contre les menaces perçues (c.-à-d. les collisions avec les bateaux et l’emmêlement dans les engins de pêche et dans les enclos en filet utilisés pour l'aquaculture du saumon).

 

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Biologie

Les données biologiques sont principalement tirées des travaux menés par Compagno (2001) et d'une proposition d'inscription du pèlerin à l'Annexe II de la CITES (Royaume-Uni, 2002). Ces deux rapports dressent un portrait complet de la biologie du pèlerin.


Cycle vital et reproduction

Les caractéristiques du cycle vital et de la reproduction du pèlerin sont mal connues, mais sont sans doute similaires à celles d'autres requins lamniformes. Les comportements de parade nuptiale (cercle du nez à la queue) et les cicatrices laissent croire que les animaux s'accoupleraient au printemps (Matthews, 1950; Sims et al., 2000). Parker et Stott (1965) ont estimé la période de gestation à 3,5 ans. Plus récemment, Pauly (2002) estimait la période de gestation à 2,6 ans, la longueur des requins à la naissance à 1,5 m et le coefficient de croissance (k) selon l'équation de von Bertalanffy à 0,062 par année. Les données sur la fécondité proviennent de l'observation d'un seul requin ayant produit une portée de 6 petits mesurant de 1,5 à 2 m de longueur (Compagno, 2001). Tout comme chez d'autres requins lamniformes, les embryons du pèlerin mangent peut-être les autres œufs afin d'obtenir les éléments nutritifs nécessaires à leur développement (Compagno, 2001). La période entre 2 portées serait de 2 à 3 ans (Compagno, 2001).

On estime que les pèlerins vivent environ 50 ans et qu'ils parviennent à maturité à l’âge de 12 à 16 ans dans le cas des mâles et à l’âge de 16 à 20 ans dans le cas des femelles (Royaume-Uni, 2002). Selon le développement du ptérygopode, on estime que les mâles mesurent environ de 4,6 à 6,1 m à maturité (Bigelow et Schroeder, 1948) et on présume que les femelles sont plus grosses lorsqu'elles arrivent à ce stade, comme c'est le cas chez de nombreuses autres espèces de requin. Les estimations de la productivité annuelle (rmsy), calculées selon la méthodologie de Smith et al. (1998) qui utilise l'âge à maturité, l'âge maximal et la fécondité moyenne, se situent entre 0,013 et 0,023 (proposition du Royaume-Uni à la CITES, 2002). Ces données donnent à penser que le potentiel de rétablissement est plus faible chez le pèlerin que chez n'importe laquelle des 26 autres espèces de requin du Pacifique étudiées par Smith et al. (1998). Pauly (2002) évalue la mortalité naturelle (M) à 0,068. Sur la base de l'âge à maturité de 18 ans des femelles (âge médian est de 16 à 20 ans), la durée d'une génération peut être estimée à 18+1/0,068 = 33 ans. En revanche, la proposition britannique présentée à la CITES (2002) évalue à 22 ans la durée d'une génération.


Herbivores/prédateurs

Puisqu'ils mesurent de 1,5 à 1,7 m de longueur à la naissance, les pèlerins sont assez gros pour échapper à la majorité des prédateurs marins. Il est possible que certains très gros prédateurs, comme le requin blanc et l'épaulard, tuent des pèlerins, mais rien de tel n'a jamais été documenté.


Physiologie

Les pèlerins ont été observés dans des eaux de surface dont la température se situait entre 8 et 24 °C, la majorité des observations ayant été faites entre 8 et 14 °C (Compagno, 2001). Quatre requins, sur lesquels des enregistreurs de données de température ont été fixés dans l'Atlantique Nord-Est, occupaient généralement des eaux dont la température se situait entre 9 et 16 °C (Sims et al., 2003).

Les pèlerins perdent périodiquement leurs branchicténies et on pense actuellement qu'ils cesseraient de s'alimenter pendant qu'ils en régénèrent de nouvelles (de 4 à 5 mois) (Compagno, 2001). Il est possible que pendant cette période, le foie massif de l'animal  serve de réserve métabolique capable de satisfaire à ses besoins énergétiques (Compagno, 2001). De récents marquages ont largement démenti la théorie de longue date selon laquelle les pèlerins hiberneraient en eau profonde pendant l'hiver (Sims et al., 2003).


Dispersion et migration

On sait très peu de choses sur les habitudes de dispersion et de migration des pèlerins. Aucun des 156 individus marqués dans le cadre de la seule étude par marquages conventionnelle à être réalisée dans l'Atlantique Nord n'a été recapturé (Kohler et al., 1998). Les changements saisonniers observés sur le plan de l'abondance, le long des côtes nord-américaines de l'Atlantique et du Pacifique, laissent croire que les migrations saisonnières se feraient entre les eaux profondes et peu profondes, et entre le nord et le sud.

Dans le Pacifique Nord-Est, les pèlerins étaient visiblement plus nombreux au printemps et en été au large de la Colombie-Britannique et de l'État de Washington, et en automne et en hiver au large de la Californie. Ces observations mènent à penser qu’il y a une seule population migratrice dans le Pacifique Nord-Est (Compagno, 2001).

De la même manière, les apparitions saisonnières de pèlerins se déplaçant du sud au nord entre le printemps et l'été laissent également penser à une migration latitudinale. Une récente étude ayant suivi 3 pèlerins dans l'Atlantique Nord-Ouest a montré d'importants mouvements latitudinaux vers le sud entre la fin de l'été et l'hiver (Skomal et al., 2004; Skomal, 2005). Toutefois, 3 requins suivis par satellite dans l'Atlantique Nord-Est (Royaume-Uni) pendant 162, 197 et 198 jours n'ont montré aucun mouvement migratoire saisonnier latitudinal important, mais plutôt des mouvements horizontaux associés à la plate-forme continentale (Sims et al., 2003).

Certaines données portent à croire qu’il y aurait une ségrégation des populations, dans l'espace et selon la saison, en fonction du sexe ou de la maturité. Selon Watkins (1958), la majorité des pèlerins capturés par les pêches de surface écossaises (95 p. 100) et japonaises (de 65 à 70 p. 100) étaient des femelles. Selon Compagno (2001), dans les pêches au large du Royaume-Uni, les pèlerins sont observés plus fréquemment et sont le plus souvent des femelles en été (97,5 p. 100), alors qu’ils sont observés moins fréquemment, mais sont le plus souvent des mâles (pourcentage inconnu) en hiver. Lien et Fawcett (1986) affirment que les mâles étaient plus nombreux que les femelles parmi les individus capturés comme prises accessoires dans les eaux côtières de Terre-Neuve. À l'échelle mondiale, l'absence d'enregistrements de spécimens en gestation indique peut-être une ségrégation spatiale ou bathymétrique des membres reproducteurs et non reproducteurs de la population. Par contre, cette absence de femelles gestantes témoigne peut-être simplement de la faible capacité reproductrice de l'espèce. Dans la baie Clayoquot, Darling et Keogh (1994) ont identifié 2 mâles par la présence de 2 grands ptérygopodes blancs fixés à la région pelvienne. On n'observe que rarement des pèlerins de moins de 3 m de longueur. La seule observation confirmée d'un juvénile (1,7 m) a eu lieu au large des îles Britanniques (Compagno, 2001).


Relations interspécifiques

La présence de l'espèce à la surface des océans dans les zones de grandes concentrations de zooplanctons et les branchicténies spécialisées, qui constituent une adaptation anatomique, donne à penser que le pèlerin est principalement planctophage. Les analyses de contenus d'estomacs ont confirmé que le zooplancton est la proie préférée du pèlerin, mais celles-ci ont surtout été réalisées sur des pèlerins qui étaient actifs à la surface au moment de leur capture par les pêches commerciales. Des crevettes pélagiques d'eau profonde ont été trouvées dans l'estomac d'un pèlerin au Japon, ce qui laisse croire que les sources mésopélagiques de nourriture sont également importantes. Compagno (2001) mentionne une observation anecdotique de pèlerins en train de chasser dans des bancs de petits poissons, comme le capelan. De la même manière, un pêcheur au filet maillant de la Colombie-Britannique a signalé avoir pris un pèlerin de 7,8 m (26 pi) qui, une fois accroché par la queue, s'est révélé rempli de capelans de 20 cm (8 po) (Gisborne, comm. pers., 2004a). Ainsi, le pèlerin  se nourrirait de plusieurs autres proies en plus du zooplancton.

On a observé que les pèlerins cherchaient activement des zones de concentrations importantes de zooplancton (Sims et al., 1997; Sims et Quayle, 1998). Sims (1999) a calculé qu'une densité minimale de proies de 0,55 à 0,74 g·m-3 est nécessaire pour que le pèlerin obtienne un gain énergétique net et a corroboré ses estimations par des observations en mer. Les pèlerins pourraient donc survivre et croître dans des conditions où les concentrations de proies sont plus faibles que ce qui était estimé au départ (Parker et Boeseman, 1954)


Comportement

Les pèlerins sont connus pour leur façon d’apparaître en grands nombres à certains endroits, où ils sont observés par intermittence pendant plusieurs mois avant de disparaître (Darling et Keogh, 1994; Compagno, 2001). En Colombie-Britannique, les données anecdotiques et les articles de journaux montrent également que certaines baies et certains petits passages étaient connus pour les grandes densités de pèlerins qu’on y apercevait régulièrement. Ces grandes densités témoignent peut-être de comportements insoupçonnés de reproduction ou d'alimentation (Harvey-Clark et al., 1999; Sims et al., 2000).

La baie Pachena (côte ouest de l'île de Vancouver) a été décrite spontanément par un journaliste qui prenait place à bord d'un bateau de surveillance des pêches comme « littéralement grouillante de pèlerins. On pouvait apercevoir des nageoires dorsales [pèlerin]partout où l'on posait les yeux » (Vancouver Sun, le 16 mai 1956) [traduction]. Dans le canal Alberni (1921) (baie Barkley, côte ouest de l'île de Vancouver), les pèlerins ont été décrits comme étant présents par milliers par le propriétaire d'une société de pêche à la baleine (Port Alberni News, le 31 août 1921). De la même manière, Gisborne (2004b, comm. pers.) a raconté : « un jour, quelque temps entre 1960 et 1962, je remontais le passage Effingham (baie Barkley, côte ouest de l'île de Vancouver) à bord de mon bateau de 16 pi; une fois parvenu près de la tête du passage, je ne pouvais voir que des nageoires dorsales [pèlerin] »[traduction]. Des signalements anecdotiques de groupes de pèlerins dans la baie Clayoquot sont également mentionnés dans Darling et Keogh (1994).


Adaptabilité

Toutes les caractéristiques connues ou inférées du cycle vital empêchent les populations de pèlerins de se rétablir rapidement à la suite d'une réduction de leur abondance. L'espèce réagit peut-être aux changements environnementaux en déplaçant son aire de répartition vers des secteurs plus favorables. Ni l'aquaculture ni la reproduction artificielle en captivité ne sont des solutions réalisables pour favoriser le rétablissement.

 

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Taille et tendances des populations

Il est important de souligner que les pèlerins n’ont été signalés que lorsqu'ils étaient visibles à la surface, mais que le pourcentage de temps passé à la surface est inconnu. Les activités à la surface dépendent probablement de la répartition des proies (voir la section Habitat), des conditions climatiques et des comportements reproducteurs (p. ex. cercle du nez à la queue). Rien ne permet de spéculer sur les tendances interannuelles dans le temps que passe une population de pèlerins à la surface de l'eau.


Activités de recherche

Actuelles

Bien qu'aucun relevé exhaustif n'ait été mené pour le pèlerin dans les eaux canadiennes du Pacifique, des relevés intensifs des mammifères marins ont été réalisés à bord de bateaux pendant plus de 20 ans dans l'habitat côtier convenant au pèlerin. Depuis 2002, les relevés côtiers ont été complétés par des relevés menés au large le long de la côte ouest de l'île de Vancouver, des côtes ouest et est des îles de la Reine-Charlotte, et de la côte centrale du continent (Ford, comm. pers., 2004). De plus, des vols de surveillance (un observateur spécialisé dans les mammifères marins était à bord de 8 de ces vols) ont été effectués principalement en 2002 et en 2003, et ont couvert toutes les parties de la côte jusqu'à 200 milles nautiques au large (Ford, comm. pers., 2005). Aucun pèlerin n'a été observé lors de ces relevés.

Le Juan de Fuca Express effectue la liaison entre Port Renfrew et Bamfield, sur la côte sud-ouest de l'île de Vancouver. Depuis 1996, au moins 1 900 voyages ont été effectués dans ces eaux pendant les mois d'été, mais aucun pèlerin n'y a été observé (Gisborne, comm. pers., 2006). Le service est assuré par une personne formée en observation des mammifères marins.

Il y a, en Colombie-Britannique, une importante industrie de tourisme marin qui chevauche des zones occupées historiquement par le pèlerin. Un des auteurs a réalisé un relevé sans prétention scientifique par téléphone et par courrier électronique auprès des exploitants d'embarcations (y compris les traversiers, les transporteurs et les entreprises touristiques), des chercheurs et des spécialistes de la sensibilisation. Ce relevé non scientifique n'a permis de retracer que 6 enregistrements faits depuis 1973 (à l'exclusion de la baie Clayoquot) (tableau 2). Le B.C. Cetacean Sightings Network n'a enregistré aucun pèlerin (Pinnell, comm. pers., 2004). Les principaux secteurs où l'on pouvait autrefois observer de grands groupes de pèlerins sont le bras de mer Rivers, la baie Barkley et la baie Clayoquot. Si des pèlerins actifs à la surface fréquentaient encore ces secteurs, ils y seraient certainement remarqués vu la présence d'entreprises touristiques, d'une station biologique, de pêcheurs et de vastes réseaux de transport maritime. Darling et Keogh (1994) dressent une liste exhaustive des observations fiables dans la baie Clayoquot. Cette liste comprend 54 observations de pèlerins faites par un pilote de l'aviation commerciale (1973-1992, observations toutes les années, sauf pour 5 d'entre elles) et 6 autres observations (de 1988 à 1991). Toutes les observations ont été faites dans des passes et des passages.

Tableau 2 : Observations récentes de pèlerins dans les eaux canadiennes du Pacifique selon un relevé mené auprès des exploitants de navires, des chercheurs et des spécialistes de la sensibilisation
DateNom et organismeEmplacementCommentaires
1973Gisborne, B. (Bateau-taxi Juan de Fuca Express)Entrée du passage Bamfield, baie Barkley 
1979Stewart, Anne (BMSC, sensibilisation)Chenal Trevor, baie Barkley 
1982Stewart, Anne (BMSC, sensibilisation)Chenal Trevor, baie Barkley35 pi de long
1984Watson, Jane (Malaspina University College)Chenal Trevor, baie BarkleyPrésent pendant une semaine
1999Mitchell, Jim (MPO, division de la côte sud)48 39 50N, 124 50,8O; côte sud-ouest de l'île de Vancouver (au large de Nitnat)12 pi dans 8 m d'eau
2002Kattler, D. (BC Ferries, deuxième officier)30 milles au sud-ouest de Rose Spit (53 43,1 131 18,95)Juillet
2005Lloyd, Kitty (naturaliste, Bluewater Adventures)Îles de la Reine-Charlotte 

 

Depuis 1996, la pêche au chalut du poisson de fond (à l'extérieur des eaux – Option A) a été intensivement surveillée (couverture totale de tous les voyages). Même si le nombre de chaluts de fond remontés à la surface s'élève à environ 18 000 par année, la base de données ne comprend que 4 signalements fiables de pèlerins (PacHarvTrawl) (tableau 3). Il n'y a aucun autre enregistrement connu dans les données des relevés de pêche, des vols de surveillance et des prises. Si le pèlerin était présent, il serait capturé comme prise accessoire par la pêche commerciale au merlu puisque les 2 espèces préfèrent généralement les eaux riches en zooplancton, mais, malgré la couverture complète des observateurs, cette pêche n'a capturé aucun pèlerin.

Tableau 3 : Occurrence des pèlerins dans les relevés de la pêche au chalut du poisson de fond au large de la Colombie-Britannique entre 1996 et 2004
Année de pêcheLatitudeLongitudePoids estimé (kg)MoisProfondeur de pêche (m)
199651,86130,521 100Mai288
200051,88130,541 100Février353
200051,70130,72900Mars381
2004*Baie Rennell 1350AoûtInconnue

* Données confirmées par des photographies prises à bord, pas encore disponibles dans la base de données.
Source : base de données Pactrawl.

Activités entreprises dans le passé

Des efforts considérables ont été consacrés à l’examen des enregistrements historiques afin de mieux comprendre l'abondance passée (présente étude; Wallace et Gisborne, 2006). Les enregistrements provenaient de sources scientifiques, de journaux, d'enregistrements gouvernementaux concernant le programme d'éradication, des pêches commerciales et de la pêche sportive au pèlerin. Ces enregistrements figurent à l'Annexe 1. Les conclusions du présent rapport ne se fondent pas sur des données anecdotiques ou des articles de journaux, mais ces signalements offrent néanmoins une idée générale assez fiable de l'abondance et de la répartition.

Enregistrements historiques et scientifiques

Les premiers enregistrements historiques et scientifiques pour la population du Pacifique sont limités, mais décrivent tous le pèlerin comme étant une espèce abondante. Dans un article paru en 1862, J.G. Swan raconte que les pèlerins sont « abondants » et que les eaux le long des côtes du détroit Juan de Fuca (près de Port Renfrew) sont « grouillantes » de pèlerins (Annexe 1). Dans un article faisant référence à Neah Bay, dans l'État de Washington, Swan relate que les pèlerins sont « très abondants en été et en automne ». Dans un rapport sur les îles de la Reine-Charlotte publié en 1880, Dawson affirme que « les gros requins sont abondants le long des côtes nord et ouest ». Bien que l'auteur ne précise pas l'espèce de requin, il mentionne que leur foie produit « de grandes quantités d'huile », ce qui laisse croire qu'il fait référence au pèlerin. En 1905, le pèlerin est brièvement mentionné dans le rapport de la British Columbia Fisheries Commission. On y soutient que le requin est commun dans le détroit de la Reine-Charlotte pendant les mois d'été, qu'il est inoffensif et qu'il est possible d'y toucher avec les mains. La première mention scientifique est attribuable à Clemens et Wilby (1935), qui ont décrit le pèlerin comme « commun tout le long de la côte de la Colombie-Britannique ». En avril 1935, Dr. W.A. Clemens communiquait avec le surveillant en chef des pêches, A. Motherwell. Celui-ci affirmait avoir observé, lors d'un relevé visant l'otarie à fourrure, « bon nombre de rorquals à bosse et de pèlerins » à environ 25 milles au sud de Pachena (côte sud-ouest de l'île de Vancouver). Signalons que l'étude de Darling et Keogh (1994) est la seule étude scientifique sur le pèlerin dans les eaux canadiennes du Pacifique.


Abondance et mortalité

L'abondance actuelle du pèlerin dans les eaux canadiennes du Pacifique est inconnue, mais tout porte à croire qu'elle a beaucoup diminué. Les enregistrements historiques montrent une aire de répartition très étendue et plusieurs secteurs accueillant des groupements de centaines, voire de milliers d'individus (Wallace et Gisborne, 2006). À l'heure actuelle, le pèlerin est peu fréquemment observé dans les eaux du Pacifique. Seulement 6 observations ont été confirmées depuis 1996 et seulement 10 depuis 1973 (à l'exclusion de la baie Clayoquot), dont 4 requins qui ont été capturés par des chaluts et qui n'ont probablement pas survécu (tableaux tableau2 et tableau3). Par conséquent, aucune donnée fiable ne permet d'estimer la taille de la population actuelle.


Fluctuations et tendances

Pour évaluer le pèlerin sur 3 générations, il faut remonter au moins 66 années en arrière. Entre 1900 et 1970, le pèlerin était régulièrement observé à de nombreux endroits le long de la côte de la Colombie-Britannique (voir le tableau 1). Pendant cette période, l'espèce a été soumise à la pêche commerciale, à un programme direct d'éradication, aux autres pêches et à la pêche sportive au harpon. Le présent rapport a fait le tour de tous les enregistrements historiques de pèlerins dans les eaux canadiennes du Pacifique et conclut qu'au moins 1 000 requins ont été tués entre 1945 et 1970 (Annexe 1).

Pêche commerciale

La majorité de l'information sur la pêche au pèlerin en vue de faire le commerce de son foie est qualitative et est tirée de journaux. Dans un article paru en 1921, un journaliste raconte que le chef de la Consolidated Whaling Company lui a affirmé que « les bancs de milliers de requins [pèlerins] » étaient si denses dans le canal Alberni en juillet « qu'un de ses navires à vapeur côtiers a été complètement arrêté par ces géants qui s'étaient entassés sur les côtés du bateau et autour de la proue » [traduction] (Port Alberni News, le 31 août 1921). Les statistiques sur les pêches de l'époque ne font pas référence à des débarquements de pèlerins, ceux-ci étant probablement vendus de manière transformée, sous la forme d'huile, de farine et d'engrais.

Les données économiques et les articles de journaux donnent à penser qu’il n’y a probablement eu de pêche au pèlerin en vue de faire le commerce de son foie qu'entre 1941 et 1947. Des articles de journaux publiés en 1946 racontent que « plusieurs bateaux de pêche de la région de Bamfield » avaient recours à des techniques de harponnage pour capturer des pèlerins (Vancouver Sun, 1946). Malheureusement, tous les débarquements de pèlerins ont été regroupés avec ceux d'autres requins, comme le requin-chat brun, le requin bleu, la laimargue du Pacifique et la taupe du Pacifique. Entre 1941 et 1945, 379 t (841 600 livres) de foie provenant de divers requins ont été enregistrées. Selon les journaux, chaque pèlerin pouvait procurer environ 450 kg (1 000 livres) de foie. Si, par exemple, 10 p. 100 des débarquements de foie provenaient de pèlerins, alors environ 80 pèlerins ont été transformés. Aucun fondement raisonnable ne permet cependant de spéculer sur le nombre de requins tués.

Interactions avec les pêches et éradication

Pendant la majeure partie du dernier siècle, les pèlerins étaient considérés comme une nuisance pour les activités de la pêche commerciale au saumon, tant pour la pêche au filet maillant que pour la pêche à la traîne. Comme les pèlerins semblent privilégier des habitats qui sont similaires à ceux du saumon (c.-à-d. les secteurs de denses concentrations de zooplancton), ils entrent en contact avec les engins de cette pêche. Les mortalités ont été causées par les filets, dans lesquels se sont emmêlés les pèlerins, et par un programme ciblé d'éradication visant à réduire cette nuisance. Le signalement de 4 pèlerins emmêlés dans des engins de pêche commerciale au chalut du poisson de fond, depuis 1996, donne à penser qu'un certain nombre de pèlerins ont sans doute été capturés comme prises accessoires tout au long des 70 années d'existence de cette pêche.

Voici quelques brèves descriptions tirées de journaux et d'autres rapports qui contribueront à décrire les interactions et à estimer la mortalité.

Bras de mer Rivers

Une photo prise en 1901 dans le bras de mer Rivers est la première preuve d'une interaction entre un pèlerin et des filets maillants à saumon (BC Archives, 2004). En 1942, « des centaines de gros pèlerins » auraient causé des dommages de « plusieurs milliers de dollars » aux filets maillants dans le district du bras de mer Rivers (Province, 1942). En 1943, B.C. Packers réagissait à ces dommages en concevant une « faucheuse à requins », c'est-à-dire un bateau « muni d'une lame acérée en acier qui tranche les monstres lorsqu'ils se montrent à la surface » (Province, 1943). Cette année-là, les médias rapportent seulement 6 requins tués par ce dispositif. En juin 1994, un journaliste raconte que les « requins géants [pèlerins] causent encore des ennuis aux pêcheurs de saumons à Namu » et qu'ils sont « beaucoup plus gros que par les années passées » (Colonist, 1944). En 1947, on raconte que « de nombreux gros requins » ont causé « d'importants dommages » aux 100 bateaux de pêche dans le bras de mer Rivers (Province, 1947). En juillet 1947, un journaliste affirme que « des milliers de pèlerins ont envahi les eaux le long de la côte continentale au cours des dernières semaines » (Colonist, 1947). On ne sait pas si le bateau à lame a été utilisé après 1943. Depuis 1948, aucun pèlerin n'a été enregistré dans le secteur du bras de mer Rivers. Il est important de noter que, certaines années, jusqu'à 1 200 bateaux étaient actifs dans les secteurs de pêche du bras de mer Rivers. Plusieurs autres articles de journaux faisant référence à ce secteur figurent à l'Annexe 1.

Baie Barkley

Des signalements anecdotiques et des articles de journaux décrivent des endroits dans la région de la baie Barkley où des centaines, voire des milliers de pèlerins pouvaient être observés (Annexe 1). Entre 1945 et 1969, et peut-être même avant, les pèlerins étaient une nuisance bien connue des pêcheurs aux filets maillants de la baie Barkley (Annexe 1; tableau 4). Malgré les demandes répétées des pêcheurs entre 1948 et 1954, ce n'est qu'en 1955 que le ministère des Pêches et des Océans s'est engagé activement dans un programme d'éradication. Entre 1955 et 1969, 413 requins ont été tués au moyen d'une grosse lame fixée à la proue d'un bateau de surveillance (tableau 4). Avant d'installer ce couteau, on avait tenté de tuer les requins en les tirant ou en les harponnant à bord de bateaux de surveillance. Parallèlement au programme d'éradication, les autres bateaux de surveillance patrouillant le long de la côte avaient reçu l'ordre d'éperonner les pèlerins qu'ils rencontraient, ce qui a possiblement entraîné la mort de 200 à 300 pèlerins de plus (Fletcher, comm. pers., 2004).

Tableau 4 : Présence du pèlerin dans la baie Barkley telle que décrite dans les Barkley Sound Area Annual Fisheries Reports (de 1949 à 1969)
AnnéeCommentaires transcrits à partir des rapportsNombre tué
1949Les pèlerins ont fait leur apparition dans la baie Barkley au début de la saison de pêche du saumon rouge et ont causé certains dommages aux filets des pêcheurs. Cette année, cependant, les pèlerins ne sont pas restés aussi longtemps qu'à l'habitude et les dommages ont été beaucoup moins importants qu'ils ne l'ont été au cours des dernières années. 
1950Les pèlerins ont fait leur apparition en grand nombre pendant la saison de pêche au saumon rouge et ont causé beaucoup de dommages aux filets des pêcheurs. 
1952Les pèlerins n'ayant pas été aussi nombreux dans la baie Barkley cette année, ils n'ont pas causé de dommages importants aux filets de pêche au saumon rouge. 
1955Comme à l'habitude, les prédateurs ont été une nuisance pour les poissons et les pêcheurs, le pèlerin étant encore une fois l'espèce ayant causé le plus de dommages. Ces requins ont fait leur apparition dans la baie Barkley à la fin de février et menacent les filets maillants jusqu'en juin. Après cette date, la majorité d'entre eux gagnent le large et nuisent alors à la pêche à la traîne. Après avoir tenté sans succès de réduire leur nombre en les chassant au harpon, le ministère a autorisé l'installation d'une lame à la proue du bateau de surveillance. Après lui avoir apporté quelques modifications de renforcement, ce dispositif s'est révélé très efficace et a permis de tuer 65 requins au cours de l'année, à la plus grande satisfaction de nombreux pêcheurs.
Les pèlerins étaient encore une fois nombreux dans la baie Barkley et ont endommagé considérablement les engins et les filets de la pêche à la traîne. La lame fixée à la proue du Comox Post a été une réussite et a permis de tuer 65 requins.
65
1956Les pèlerins étaient encore une fois nombreux dans la baie Barkley et au large. Grâce à la lame fixée à la proue du Comox Post, 105 requins ont été tués, réduisant de beaucoup le nombre de signalements de filets endommagés.105
1957Les pèlerins étaient encore assez nombreux dans la baie Barkley et au large, mais beaucoup moins que l'année précédente si l'on en juge par les dommages beaucoup moins lourds infligés aux filets. Seulement 7 requins ont été tués grâce à la lame du Comox Post, le bateau étant en réparation au moment où les requins étaient les plus nombreux.7
1958Les pèlerins étaient encore nombreux, mais n'ont pas été observés très souvent à la surface pendant les mois chauds d'été. Lorsque les pèlerins ont fait leur apparition en octobre, le Comox Post était en réparation. Le navire a néanmoins tué 52 requins au cours de la saison. Les requins ont infligé des dommages considérables aux filets en octobre, et pendant la saison de la pêche au saumon rouge en été.52
1959Comme à l'habitude, les pèlerins étaient assez nombreux dans la baie Barkley au cours du printemps, de l'été et de l'automne, et ont été tués dès qu'ils étaient aperçus par la lame du Comox Post. En 1959, 47 individus ont été tués de cette manière. D'importants dommages infligés aux filets maillants à saumon ont été signalés tout au long de la saison, mais principalement en été pendant la pêche au saumon rouge dans le canal Alberni.47
1960Les pèlerins étaient encore une fois très nombreux dans le canal Alberni et dans la baie Barkley, et ont causé des dommages considérables aux filets maillants. Les requins ne se sont toutefois pas montrés très souvent à la surface et seulement onze d'entre eux ont été détruits par la lame du Comox Post.11
1961Les pèlerins étaient, comme c'est leur habitude, très nombreux dans la baie Barkley, mais n'ont pas été souvent observés, sauf en mai et pendant une partie du mois de juin. Ils ont néanmoins infligé d'importants dommages aux filets maillants. Entre le 9 mai et le 10 août, la lame du Comox Post a tué 32 pèlerins, soit le nombre total de pèlerins tués cette année-là.32
1962Les pèlerins étaient nombreux dans la baie Barkley et 20 d'entre eux ont été tués par la lame du Comox Post.20
1963Cette année, 37 pèlerins ont été tués par la lame du Comox Post, comparativement à 21 l'année dernière, à 32 en 1961, à 11 en 1960, à 47 en 1959 et à 52 en 1958.37
1964Les pèlerins étaient assez nombreux dans la baie Barkley au cours de l'été, mais aucun n'a été tué parce que le Comox Post, le seul bateau à pouvoir porter la lame spéciale, était en réparation.0
1965Cette année, la lame du Comox Post a tué seulement 8 pèlerins, comparativement à aucun en 1964, à 37 en 1963, à 20 en 1962 et à 32 en 1961.8
1966Aucun pèlerin n'a été tué cette année dans le sous-district de la baie Barkley. Même si la lame est entreposée à Ecoole afin de pouvoir être rapidement fixée, aucun pèlerin n'a été signalé. Pour une raison inconnue, les pèlerins ne se sont pas montrés à la surface cette année.0
1967

Cette année, 21 pèlerins ont été tués par le personnel du ministère au moyen de la lame fixée à la proue du Comox Post. Trois filets ont été détruits par ces requins en 1967. Un des trois était une perte totale et les deux autres étaient endommagés à 60 %.

Plusieurs filets maillants ont été endommagés par des pèlerins au début de la saison. Le Comox Post a tué 21 requins en deux jours. Aucun dommage aux filets n'a été signalé par la suite et les observations de l'animal ont chuté considérablement.

21
1968Des pêcheurs à la traîne et un pêcheur aux filets maillants ont indiqué que des pèlerins s'étaient pris dans leurs engins de pêche le 17 mai et qu'ils les avaient détruits. La lame a été installée et huit pèlerins ont été tués le 22 mai. Les pèlerins ont ensuite quitté le secteur.8
1969Aucun programme de lutte contre le pèlerin n'a été mené cette année. On a signalé six filets endommagés et deux filets complètement détruits. Un requin a été étranglé par un filet maillant. La lame a été installée à la proue du Comox Post, mais aucun requin n'a été tué.0

L'emmêlement est probablement le principal responsable de la mortalité historique, mais il est impossible de déterminer avec précision le nombre de pèlerins tués de cette manière. Lorsqu'un pèlerin s'emmêle dans un filet maillant, il y meurt ou y est tué par le pêcheur qui tente de protéger ses filets (Peterson, 1999). En novembre 1952, le magazine Western Fisheries racontait qu'un pêcheur au filet maillant avait capturé 7 pèlerins en une seule saison. Un pêcheur de la baie Barkley a soutenu avoir « détruit » 7 ou 8 pèlerins pris dans son filet (années 1950 environ) sur une période de plusieurs années. Le même pêcheur estime qu'environ 150 pêcheurs au filet maillant s'activaient dans la baie Barkley pendant cette période et que de nombreuses mortalités n’ont peut-être pas été enregistrées (Peterson, 1999). Des pèlerins emmêlés dans des engins de pêche à la traîne ont également été signalés (tableau 4). Chaque année, entre 1942 et 1969, plusieurs centaines de pêcheurs aux filets maillants ont travaillé dans ces secteurs névralgiques. Selon les données historiques, les auteurs pensent que plusieurs centaines de requins (400 à 1 500) auraient été tués par emmêlement dans des engins dans le bras de mer Rivers et dans la baie Barkley entre 1942 et 1969.

Baie Clayoquot

À partir d'observations faites entre 1973 et 1992, Darling et Keogh (1994) dressent un portrait détaillé du comportement, de l'abondance et de la répartition du pèlerin dans la baie Clayoquot. Des observations aériennes et d'autres signalements anecdotiques montrent que le pèlerin était présent dans la baie pendant la majeure partie de cette période de 20 ans. Lors d'un projet d'identification par photo mené au cours de l'été 1992, 27 individus ont été identifiés. De nombreux requins portaient des marques d'hélice, ce que corroborent les observations faites de pèlerins semblant attirés par les moteurs des bateaux. L'été suivant, seulement quelques observations sporadiques ont été faites, sans toutefois être enregistrées. Depuis 1994, il n'y a eu aucune observation confirmée dans la baie Clayoquot (Darling, comm. pers., 2003). La disparition du pèlerin coïncide avec l'expansion rapide de la salmoniculture dans la région, mais il n'y a aucune preuve de ce lien (Darling, comm. pers., 2003). Dans la baie Clayoquot, de grands parcs entourés de filets sont dressés perpendiculairement à la côte dans des secteurs où les pèlerins étaient communs pendant des siècles. Selon Darling (comm. pers., 2003), les pèlerins peuvent s'emmêler facilement dans à peu près n'importe quoi, même dans une ligne simple fixée à une trappe à crevettes. Ils sont donc probablement vulnérables aux parcs de salmoniculture. Les salmonicultures disent officiellement n'avoir jamais vu de pèlerins pris dans leurs filets, mais des communications non officielles avec des employés laissent entendre le contraire (Darling, comm. pers., 2005).

Il est possible que la disparition soudaine du pèlerin dans la baie Clayoquot soit attribuable à un glissement de l'aire de répartition, mais les requins n'ont pas été observés ailleurs. Jordan (1887), qui a beaucoup écrit sur la pêche à la baleine, affirmait que les pèlerins étaient parfois absents pendant 20 ans d’affilée dans la baie Monterey.

Pêche sportive

Comme les seuls enregistrements proviennent des journaux, il est impossible d'estimer le nombre de pèlerins tués par la pêche sportive entre les années 1940 et le milieu des années 1960 (tableau 5). Dans les années 1940, la pêche au harpon du pèlerin était suffisamment populaire pour que le Canadien Pacifique en fasse la promotion dans une publicité (Colonist, le 27 septembre 1953). Un article raconte qu'une personne a harponné 10 pèlerins et en a débarqué 5 en une seule journée de juin au large de l'île Texada (Province, le 7 juin 1947). Le nombre de pèlerins tués par la pêche sportive, ou par toute autre forme de capture ou de harcèlement à des fins récréatives, est probablement de l'ordre de plusieurs centaines d’individus (entre 50 et 400).

 

Tableau 5 : Occurrence du pèlerin en pêche sportive telle que relatée par les journaux de la Colombie-Britannique
AnnéeEmplacementNombre signaléMoisSource
1947Île Texada5 pèlerins tués, 5 ratés, 2 inconnusJuinProvince, le 7 juin 1947, p. 5
1952Baie BrentwoodBanc de pèlerinsJuilletTimes Colonist, le 5 juillet 1952, p. 11
1952Côte ouest, île de Vancouver3 tuésJuilletTimes Colonist, le 5 juillet 1952, p. 11
1956Baie Saanich1 tuéAvrilColonist, le 20 avril 1956, p. 1
1957Plage Qualicum« nombre considérable »JuinColonist, le 5 juin 1956, p. 13


Estimation de la mortalité totale et du déclin

Une grande incertitude entoure l'interprétation et la quantification des données historiques. Les rédacteurs du présent rapport estiment le nombre total (entre 1945 et 1970) de pèlerins tués par le programme d'éradication à 413 individus, et entre 200 et 300 individus tués par d'autres méthodes de surveillance et d'éradication, entre 400 et 1 500, par emmêlement et entre 50 à 400, par la pêche sportive. Ces estimations portent le nombre de pèlerins tués entre 1 000 et 2 600, sans compter les pèlerins capturés dans le but de faire le commerce de l'huile de leur foie.

Il est possible de reconstituer une population minimale historique de 750 individus à partir de l'estimation des captures annuelles entre 1945 et 1970 (Nm = 40 individus, c.-à-d. 1 000 en 25 ans) et de l'estimation de la productivité annuelle (r = 0,023, voir la section Cycle vital et reproduction). En d'autres termes, si le taux de mortalité est de 40 animaux par année, il faut 25 années pour amener à zéro une population initiale de 750 individus en supposant un taux de productivité de r = 0,023. Il n'y a cependant aucune donnée fiable sur les tendances de l'abondance qui permettraient de corroborer cette inférence.


Sommaire

Il ne fait aucun doute que les pèlerins ont déjà fréquenté en grand nombre les côtes de la Colombie-Britannique et que leur répartition était beaucoup plus importante qu'elle ne l'est aujourd'hui (Wallace et Gisborne, 2006). La majorité des enregistrements historiques de pèlerins ont été faits par des marins. Dans plusieurs des premières descriptions, l'espèce était décrite comme abondante et commune. La disparition de groupements locaux coïncide avec des activités humaines reconnues pour entraîner des mortalités, ce qui rappelle ce qui s'est produit ailleurs dans le monde. Aux endroits où des populations de pèlerins ont été observées, le nombre annuel d'enregistrements est tout au plus de quelques milliers (Squire, 1967; Compagno, 2001). La petite occurrence localisée de pèlerin dans la baie Clayoquot est le dernier groupement connu en Colombie-Britannique.

Les observations récentes à la surface (c.-à-d. les observations visuelles) ou à la subsurface (données d'observation des chaluts) donnent à penser que les pèlerins sont actuellement rares dans les eaux de la Colombie-Britannique. Il semble que la population de toute la côte soit passée d'un minimum de 750 individus à presque aucun en 60 ans (de 2 à 3 générations).


Effet d'une immigration de source externe

Le centre et le sud de la Californie sont les seuls secteurs où des groupements de pèlerins sont observés dans le Pacifique Nord-Est. Les pèlerins de la Colombie-Britannique et de la Californie appartiennent peut-être à la même population, du moins c'est ce que laissent entendre des données qui montrent que les requins disparaissent des eaux de la Californie entre mai et juillet, au moment où ils apparaissent dans les eaux de la Colombie-Britannique (Squire, 1967, 1990). Dans les eaux de la Californie, deux secteurs étaient connus pour accueillir de grandes concentrations de pèlerins, soit la baie Monterey et la plage Pismo (Squire, 1967). Selon des données exhaustives provenant de relevés aériens, Squire (1990) soutient que les pèlerins étaient beaucoup plus nombreux avant 1970. Les humains, tant ceux du Canada que de la Californie, ont tué un nombre important de pèlerins dans le Pacifique. En Californie, la pêche sportive du pèlerin est apparue aux alentours de 1924. Entre 1924 et 1938, 25 requins ont été capturés en moyenne par année, et presque 100 individus ont été capturés au cours d'une seule année. Dès 1946, les pêcheurs ont commencé à cibler le pèlerin pour faire le commerce de leur foie et 300 individus ont été capturés au cours de la première saison. La surveillance aérienne a permis de rendre cette pêche plus efficace (Phillips, 1948). On estime que 200 pèlerins ont été tués par année en Californie à partir des années 1940 (Roedel et Ripley, 1950). Il est généralement reconnu que les pêches des années 1940 et 1950 ont contribué à un déclin important des populations et que l'espèce ne s'en est jamais remise (proposition du Royaume-Uni à la CITES, 2002, Van Sommeran, comm. pers., 2004). La disparition simultanée des pèlerins dans les eaux de la Californie et de la Colombie-Britannique prouve également la présence d'une seule population.

De manière générale, une immigration de source externe à partir des eaux américaines est peu probable. Premièrement, l'abondance de l'espèce dans les eaux américaines est également réduite. Deuxièmement, aucune immigration de source externe n'a été observée jusqu'à présent, 30 ans après qu'ait pris fin l'éradication. La structure de la population de pèlerins est peut-être beaucoup plus complexe que ce qui est actuellement supposé à partir de la migration saisonnière. Par exemple, un raisonnement similaire à propos de la structure de la population de saumons du Pacifique fondé sur le caractère saisonnier des mouvements individuels serait une grave erreur.

 

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Facteurs limitatifs et menaces

Les pèlerins sont particulièrement vulnérables aux effets anthropiques en raison d'une arrivée tardive à maturité, d'un faible taux de fécondité, d'une longue période de gestation, de longues périodes entre les gestations, d'une faible productivité, d'une ségrégation des sexes, de leur habitat qui chevauche des secteurs de pêche commerciale, d'une absence de crainte des navires et de la petite taille actuelle des populations.

La mortalité anthropique dans les eaux canadiennes du Pacifique est principalement attribuable aux interactions de l'espèce avec les engins de pêche et aux collisions avec les bateaux (quoiqu'il n'y ait que quelques enregistrements anecdotiques de tels cas). Les enregistrements montrent que les pèlerins peuvent se prendre facilement dans les chaluts (de fond, pélagiques et à crevettes) et s'emmêler dans les palangres, les filets maillants et les trappes à crevettes et à morue, et même dans les sennes à hareng.

Les pêches historiques et un programme ciblé d'éradication sont sans doute les causes les plus plausibles de la faible abondance actuelle observée dans les eaux canadiennes du Pacifique. Quelques observations ou prises ont été faites récemment. Seulement 4 pèlerins ont été capturés (et présumés tués) depuis le début de la surveillance totale de la pêche au chalut du poisson de fond en 1996 (tableau 2). Les pèlerins sont également susceptibles d'être capturés par d'autres types d'engins ou de s'y emmêler. Dans la baie Clayoquot, on a signalé 3 pèlerins emmêlés, un dans un engin à crevettes (1988), un dans une senne à hareng (1992) et un dans un filet maillant à saumon (1992) (Darling et Keogh, 1994). Malgré les cas peu nombreux de mortalité signalés récemment, les interactions avec les pêches demeurent préoccupantes en raison du déclin du nombre de pèlerins. En fait, la majorité des observations de pèlerins sont maintenant associées aux prises accessoires.

 

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Importance de l'espèce

Le pèlerin est monotypique dans la famille des Cétorhinidés et il n’existe à l’échelle mondiale que deux autres genres de requins filtreurs. Le plus ancien fossile de pèlerin serait vieux de 29 à 35 millions d'années (Leriche, 1905; Martin, comm. pers., 2005). L’espèce a la plus longue période de gestation de tous les vertébrés (estimée de 2,6 à 3,5 ans), une arrivée très tardive à maturité, une croissance lente et un taux de fécondité probablement faible, autant de caractéristiques du cycle vital qui contribuent à un taux de croissance intrinsèque extrêmement faible. Ces caractéristiques rendent le pèlerin extrêmement vulnérable à l'exploitation (Pauly, 2002).

Le commerce des nageoires de pèlerin vers les pays d'Asie continue d'être une préoccupation internationale. Sur le marché international, les nageoires de pèlerins peuvent rapporter 30 000 $ US la tonne (Fairfax, 1998). En 2000, les nageoires des pèlerins capturés en Norvège étaient évaluées à 2 000 $ par requin. L'inscription récente du pèlerin à l'Annexe II de la CITES vise à réglementer ce commerce. À l'heure actuelle, le quota est de zéro pour les eaux européennes et le Centre mondial de surveillance de la conservation n'a aucun enregistrement récent (Fowler, comm. pers., 2004).

Les pèlerins sont une explication plausible aux observations présumées de serpents de mer, de monstres marins et du Cadborosaurus (Caddy). Il y a eu 181 signalements duCaddy en Colombie-Britannique depuis 1881 (Leblond et Bousfield, 1995). Il a été prouvé que bon nombre des monstres marins échoués entre 1930 et 1960 étaient des pèlerins. Tous les échouages connus (n = 3) ont eu lieu à la fin de l'automne, ce qui reflète peut-être un aspect inconnu du cycle vital de l'espèce.

Le pèlerin appartient à la mégafaune charismatique et a produit à ce titre des retombées socioéconomiques aux endroits où ses populations sont accessibles à l'écotourisme.

 

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Connaissances autochtones

Il n'y a que quelques enregistrements faisant référence à l'utilisation du pèlerin par les Autochtones. George (2003) mentionne qu'il y a un ruisseau dans la baie Clayoquot nommé Shark en raison du lieudit Nuu-Chah-Nulth, mamach-aqtlnit, qui signifie pèlerin. Drucker (1951) raconte que, dans les années 1850, les Nootkas harponnaient de gros « mud sharks » au moyen de harpons conçus pour les phoques et que cette chasse n'était ni difficile ni dangereuse parce que les requins n'étaient pas belliqueux.

Dawson (1880) raconte que : « les gros requins sont craints des Haïdas, qui soutiennent qu'ils attaquent souvent leurs canots et qu'ils mangent les pauvres occupants. Je n'ai aucune preuve de tels événements, mais les Haïdas craignent d'attaquer ces créatures. Toutefois, dès que les Haïdas trouvent un pèlerin échoué ou en mauvais état, ils prennent rapidement avantage de la situation et de l'état de la bête pour extraire de grandes quantités d'huile de son foie ». [Traduction]

Le journal Province publiait en 1944 un article sur le chef baleinier de la bande Huu-ay-aht John Moses (baie Barkley) qui, « dès qu'il faisait soleil et que l'eau était raisonnablement calme », pagayait dans sa pirogue, parfois jusqu'à 10 milles au large, afin de tuer des pèlerins au moyen de « lourds harpons fixés à une corde d'un demi-pouce longue de 600 pieds ». Une fois l'animal harponné, la lutte pouvait parfois durer jusqu'à six heures. Le requin mort était ensuite attaché à l'arrière du bateau et remorqué jusqu'à la rive (jusqu'à 10 milles de distance). Le chasseur recevait 80 $ en échange du foie de l'animal.

 

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Protection actuelle ou autres désignations de statut

Le pèlerin n'est pas protégé explicitement au Canada. L'espèce est protégée de facto par des réglementations générales qui interdisent le commerce des nageoires de toute espèce de requin. Puisqu'il n'y a pas de marché pour toute autre partie du pèlerin au Canada, l'espèce n'est pas directement exploitée. Ailleurs dans son aire de répartition, le pèlerin est protégé par diverses mesures et désignations. Le pèlerin est inscrit à la Liste rouge de l'UICN à titre d'espèce vulnérable à l'échelle mondiale, d'espèce en péril dans l'Atlantique Nord-Est et dans le Pacifique Nord, et d'espèce gravement en péril dans la baie Barkley (Canada) (Fowler, 2000). En 2002, le gouvernement britannique proposait d'inscrire le pèlerin à l'Annexe II de la CITES, ce qui a été accepté et est entré en vigueur en février 2003.

Dans les eaux américaines de l'Atlantique, le pèlerin est protégé par une réglementation du National Marine Fisheries Service, laquelle interdit la pêche commerciale directe, les débarquements et la vente de l'espèce. Le Royaume-Uni est le seul pays à protéger le pèlerin d’une manière stricte. Non seulement l'animal ne peut être tué, mais il est également interdit par la loi de le déranger ou de le harceler. La Fisheries Act de la Nouvelle-Zélande interdit de cibler le pèlerin, mais permet l'utilisation des prises accessoires. Dans la mer Méditerranée, le pèlerin est inscrit à l'Annexe II du Protocole relatif aux aires spécialement protégées et à la diversité biologique de la Convention de Barcelone pour la protection de la mer Méditerranée. À l'heure actuelle, seule Malte a adopté une loi visant la protection des pèlerins. La population de la Méditerranée est également inscrite à l'Annexe 1 de la Convention sur la conservation de la vie sauvage et du milieu naturel de l'Europe.

Le pèlerin dans les eaux du Pacifique n'a pas encore été évalué par le Centre de données sur la conservation de la Colombie-Britannique.

 

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Résumé technique

Cetorhinus maximus

Pèlerin
Population du Pacifique
Basking Shark

Répartition au Canada : Océan Pacifique


Information sur la répartition

Superficie de la zone d’occurrence (km2) au Canada
Pacifique : aucun fondement pour estimer la répartition actuelle
Inconnue





Préciser la tendance (en déclin,
stable, en croissance, inconnue).

Réduction de l’effectif


Y a-t-il des fluctuations extrêmes
dans la zone d’occurrence (ordre de grandeur > 1)?

Peu probable



Superficie de la zone d’occupation (km2)
Pacifique : aucun fondement pour estimer la répartition actuelle

Inconnue





Préciser la tendance (en déclin,
stable, en croissance, inconnue).

Réduction importante de l’effectif


Y a-t-il des fluctuations extrêmes
dans la zone d’occupation (ordre de grandeur > 1)?

Peu probable



Nombre d’emplacements actuels connus ou inférés.

Distribution continue


Préciser la tendance du nombre d’emplacements (en déclin, stable,
en croissance, inconnue).

Sans objet



Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre d’emplacements (ordre de grandeur > 1)?
Quelques indices de variabilité interannuelle

Sans objet





Tendances en matière d’habitat : préciser la tendance de l’aire, de l’étendue ou de la qualité de l’habitat (en déclin, stable, en croissance ou inconnue).

Inconnues
La population du Pacifique ne se trouve plus dans les aires d’importance historique


Information sur la population

Durée d’une génération (âge moyen des parents dans la population : indiquer en années, en mois, en jours, etc.).
Probablement âgée de 22 à 33 ans



Nombre d’individus matures (reproducteurs) au Canada (ou préciser une gamme de valeurs plausibles).

Faible



Tendance de la population quant au nombre d’individus matures en déclin, stable, en croissance ou inconnue.

En déclin



S’il y a déclin, % du déclin au cours des dernières/prochaines dix années ou trois générations, selon la plus élevée des deux valeurs (ou préciser s’il s’agit d’une période plus courte).

 >90% (inféré)





Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre d’individus matures (ordre de grandeur > 1)?

Peu probable



La population totale est-elle très fragmentée (la plupart des individus se trouvent dans de petites populations, relativement isolées [géographiquement ou autrement] entre lesquelles il y a peu d’échanges, c.-à-d. migration réussie de ≤ 1 individu/année)?

Distribution continue







Préciser la tendance du nombre de populations (en déclin, stable, en croissance, inconnue).

Sans objet



Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre de populations (ordre de grandeur > 1)?
Extrêmes possibles, mais aucune réelle population

Sans objet




Énumérer les populations et donner le nombre d’individus matures dans chacune.


Menaces (réelles ou imminentes pour les populations ou les habitats)

Les pêches par le passé et les programmes ciblés d’éradication sont la cause la plus plausible de la faible abondance du pèlerin observée aujourd’hui. Les contacts avec les engins de pêche représentent la seule réelle menace à laquelle est confrontée l’espèce au Canada de nos jours. Les pèlerins sont vulnérables à la prise et à l’emmêlement dans presque toutes les formes d’engins de pêche (sennes, filets maillants, lignes traînantes, trappes, palangres, filets à saumon et chaluts). À l’occasion, la prise accessoire est rapportée sur les côtes du Pacifique. Les collisions avec des bateaux ne sont pas souvent rapportées, mais peuvent également causer leur mort. La biologie et l’historique de la population laissent entendre qu’elle est particulièrement vulnérable à la mortalité causée par l’humain à long terme.


Effet d’une immigration de source externe

Statut ou situation des populations de l’extérieur?
États-Unis : probablement la même population qu’au Canada. Le nombre d’individus a sérieusement décru dans le principal site des États-Unis, en Californie.

Une immigration a-t-elle été constatée ou est‑elle possible?
Oui


Des individus immigrants seraient-ils adaptés pour survivre au Canada?

Probablement


Y a-t-il suffisamment d’habitats disponibles au Canada pour les individus immigrants?

Oui



La possibilité d’une immigration de populations externes existe-t-elle?
L’abondance de l’espèce dans les eaux américaines a semblablement diminué.

Non


Analyse quantitative

[Fourni des détails sur les calculs, les sources de données, les modèles, etc.]
Non amorcée


Statut existant

COSEPAC : en voie de disparition (2007)
Union internationale pour la conservation de la nature (2000) : vulnérable à l’échelle mondiale (Globally-vulnerable); Atlantique Nord-Est, en péril (Endangered); Pacifique Nord, en péril (Endangered)
CITES : Annexe II


Statut et justification de la désignation : Pèlerin – population du Pacifique

Statut : En voie de disparition
Code alphanumérique : A2a; C1

Justification de la désignation : Cette espèce de requin est la seule espèce existante de la famille des Cétorhinidés. Partout sur le globe, l'espèce occupe les eaux tempérées des plateaux côtiers et existe sous la forme de deux unités désignables géographiquement isolées au Canada, celle de l'Atlantique et celle du Pacifique. L'espèce est vulnérable aux prises accessoires en raison de sa faible productivité intrinsèque. Les femelles ne parviennent à maturité que vers l’âge de 16 à 20 ans, leur période de gestation dure de 2,6 à 3,5 ans (la plus longue gestation connue chez les vertébrés), et elles ne donnent naissance qu'à environ six petits à la fois. L’espèce est particulièrement sujette à s'entremêler dans les engins de pêche ou à entrer en collision avec des bateaux en raison de sa grande taille, de sa tendance à nager près de la surface de l'eau, du fait qu'elle ne craint pas les bateaux et de son aire de répartition qui s’étend le long des côtes et qui chevauche des zones de pêche et de navigation. Avant 1970, les grands regroupements de ce requin étaient communs de manière saisonnière dans les eaux canadiennes du Pacifique, mais seulement six observations ont été confirmées depuis 1996. Cette réduction draconienne de l'abondance est attribuable à la pêche dirigée de l'espèce à des fins d'extraction d'huile de son foie (de 1941 à 1947) et à un programme d'éradication (jusqu’en 1970) dans le cadre duquel des centaines, voire des milliers d'individus ont été tués entre 1945 et 1970. La population historique minimale, reconstituée à partir des captures documentées, comptait au moins 750 individus, alors que la population actuelle est virtuellement nulle, indiquant un déclin de plus de 90 % en moins de deux générations. On pense que l'espèce migre de façon saisonnière entre le Canada et la Californie, où des regroupements régionaux ont été gravement amoindris par la pêche pratiquée par le passé. Une immigration de source externe du Canada est peu probable.


Applicabilité des critères

Critère A (Population globale en déclin) :
Correspond au critère de la catégorie « en voie de disparition » A2a (déclin de la population supérieur à 50 % au cours des 3 dernières générations, selon des observations directes. Il est possible que la réduction ou ses causes ne se soient pas arrêtées, qu’elles ne soient  pas comprises ou qu’elles ne soient pas réversibles).

Critère B (Petite aire de répartition, et déclin ou fluctuation) :
Sans objet.

Critère C (Petite population globale et déclin) :
Correspond au critère de la catégorie « en voie de disparition » C1 (nombre d'individus matures inférieur à 2 500 et un déclin continu d'au moins 20 % en 2 générations (44 à 66 ans); seulement 6 observations confirmées depuis 1996, dont 4 pèlerins capturés en prises accessoires qui sont probablement morts).

Critère D (Très petite population ou aire de répartition limitée) :
peut s'appliquer puisque la population restante est estimée à moins de 250 individus, mais les estimations actuelles ne sont pas assez précises pour défendre cette conclusion.

Critère E (Analyse quantitative) :
Sans objet.

 

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Remerciements

La rédaction du présent rapport a nécessité la collaboration de nombreuses personnes. Les données historiques pour la côte du Pacifique ont été assemblées avec diligence et rendues accessibles par Brian Gisborne, qui a consacré bénévolement plusieurs semaines à cette tâche--merci ! La cartographie a été réalisée par Vanessa Hodes et par des membres du personnel de la Station biologique du Pacifique.

Le présent rapport a été encadré pour le COSEPAC par Mart Gross et Howard Powles (coprésidents, Sous-comité des poissons marins), et par Jeff Hutchingcs et Chris Wood (membres du Sous-comité des poissons marins).


Experts contactés

Les experts du gouvernement fédéral (MPO) responsables de la présente espèce sont les corédacteurs du présent rapport. Ni le Centre de données sur la conservation de la Colombie-Britannique ni le Centre de données sur la conservation du Canada Atlantique n'ont étudié le pèlerin. Les trouvailles des organismes internationaux de la conservation figurent dans le rapport (p. ex. l’UICN et la CITES).


Sources d'information

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Sommaire biographique des rédacteurs du rapport

Monsieur Scott Wallace est un scientifique indépendant spécialisé en sciences halieutiques (Ph.D., Fisheries Centre de la UBC) et dirige la société de consultants Blue Planet Research and Education, sur l'île de Vancouver, en Colombie-Britannique. Ses intérêts sont les meilleures pratiques de gestion et la durabilité des pêches dans le Pacifique. Monsieur Steven Campana est un scientifique principal du MPO à l'Institut océanographique de Bedford, Nouvelle-Écosse, où il étudie les requins des eaux canadiennes de l'Atlantique. Monsieur Gordon (Sandy) McFarlane est un scientifique principal du MPO à la Station biologique du Pacifique, Colombie-Britannique, où il étudie la biologie et la répartition des requins et des raies. Madame Jacquelynne King est une scientifique du MPO à la Station biologique du Pacifique, Colombie-Britannique, où elle étudie l'âge et les paramètres de croissance des raies biocellées et des pocheteaux, la méthodologie du vieillissement du requin griset et la répartition et la migration de l'aiguillat commun.

 

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Annexe 1 : Articles faisant référence au pèlerin provenant de sources non scientifiques, parus entre 1858 et aujourd'hui, et portant sur la Colombie-Britannique et les eaux adjacentes

TitreSource
Clayoquat Sound---The Tonquin MassacreVictoria Gazette, le 9 septembre 1858, numéro VII
The Fishes of Puget SoundWashington Standard, le 20 juin 1862
Battle with SharkColonist, le 9 septembre 1905
Shark Killed by Millmen at Cedar CoveProvince, le 5 décembre 1905, p. 1
Fisherman’s Desperate Fight With SharkProvince, le 17 septembre 1906, p. 16
Captured a SharkColonist, le 6 octobre 1906, p. 8
Will Engage in Shark FisheriesInconnue, le 27 décembre 1910
Caught Shark in Salmon Net: Excitement at Rivers Inlet When Sea Tiger was CapturedProvince, le 15 juillet 1915, p. 3
Sees Several Sharks Among Salmon School off Mouth of FraserSun, le 2 août 1915, p. 9
Sharks in Local WatersColonist, le 30 juillet 1916
Says Shark Meat is Very Superior FoodColonist, le 25 juillet 1920, p. 21
Shark Industry to be Developed on Large ScaleTimes, le 25 août 1921, p. 12
Shark Fishing Industry to be Located on Alberni CanalPort Alberni News, le 31 août 1921
Halibut Fishermen Say “Sea Serpent” Is a Gigantic SharkProvince, le 27 septembre 1925 p. 16
Mystery Beast Believed to be Ancient SeacowProvince, le 24 novembre 1934, p. 1
‘Sea Monster’ Basking Shark Declares Fisheries ExpertSun, le 26 novembre 1934, p. 1
A Canadian “Monster”: Sea-cow, Basking Shark, or “Cadborosaurus”?The Illustrated London News, le 14 décembre 1934
Byline: A battle was seen between a twenty foot shark and six sea lions.Western Fisheries, mars 1935, p. 20
Unidentified Sea Monster Found DeadColonist, le 8 octobre 1936, p. 1
Gill Net Fishing Gear in Rivers InletWestern Fisheries, juillet 1937, p. 20
Dogfish and SharksWestern Fisheries, août 1937, p. 13
Fish Meal and Oil Production and MarketsWestern Fisheries, novembre 1937, p. 27
Sharks of the Seven SeasWestern Fisheries, février 1938 p. 10
Sea Monster is Observed Off Oak BayColonist, 16 novembre 1938, p. 5.
Fishing Fleet News: Seattle Seiner Lands 10-ton SharkWestern Fisheries, décembre 1938, p. 14
Narrow EscapeThe Zeballos Miner, le 23 janvier 1939
Report of Gillnet Fishing in Sooke Area During 1938The Fisherman, le 9 mai 1939, p. 1
Sharks in B.C. Waters But HarmlessPacific Coast News, le 27 juillet 1939, p. 1
Tittle TattleThe Fisherman, le 12 septembre 1939, p. 8
Reports from Fishing GroundsThe Fisherman, le 30 juillet 1940, p. 1
Here and There (Smiths Inlet )The Fisherman, le 22 juillet 1941, p. 4
Here and There (Smiths Inlet)The Fisherman, le 29 juillet 1941, p. 4
Fishing Ground ReportsThe Fisherman, le 14 juillet 1942, p. 2
Sharks Take Profit: Fishermen Report Their Nets RuinedProvince, le 14 août 1942, p. 28
Here and There (Bliss Landing)The Fisherman, le 8 septembre 1942, p. 3
War Declared on B.C. SharksProvince, le 3 février 1943, p. 5
War Against Sharks is DeclaredThe Fisherman, le 9 février 1943, p. 4
Riflemen to Hunt SharksSun, le 20 mars 1943, p. 23
Coast Shark Livers Help Bombing Raids on BerlinSun, le 30 mars 1943, p. 13
Fishermen Plan Mutual Aid Against SharksSun, le 8 juillet 1943, p. 19
Six Sharks Killed by Packers BoatProvince, le 12 juillet 1943, p. 25
Fishing Ground Reports (Good Hope Cannery, Rivers Inlet)The Fisherman, le 20 juillet 1943, p. 3
How Insurance for Nets WorksThe Fisherman, le 20 juillet 1943, p. 2
Net Insurance Popular at Margaret BayThe Fisherman, le 17 août 1943, p. 3
Shark Liver Weighs 2000 Lbs. (Astoria, Oregon)The Fisherman, le 24 août 1943, p. 2
Three-ton Shark Yielded 1155 Lbs. of LiverCommercial Fishermen’s Weekly, le 27 août 1943, p. 318
Paddles Out To Sea To Fight SharksProvince, le 10 juin 1944, p. 5
Sharks Tear Salmon Nets Near NamuProvince, le 27 juin 1944, p. 23
Giant Sharks Spoil CatchColonist, le 29 juin 1944
Fishmen Say Giant Sharks Tearing NetsNew Herald, le 29 juin 1944, p. 1
Damage By SharksColonist, le 1er juillet 1944, p. 21
Net Insurance at Margaret BayThe Fisherman, le 18 juillet 1944, p. 3
Giant Shark Loses Liver In Fight With FishermanSun, le 25 mai 1945, p. 17
Catch 29-Ft. Shark; Liver Weighs 1747 Lbs.Province, le 4 juin 1945, p. 22
Fish Shorts (Alberni Canal)The Fisherman, le 5 juin 1945, p. 5
Sharks Destroy NetsWest Coast Advocate, le 28 juin 1945, p. 1
SharksWest Coast Advocate, le 5 juillet 1945, p. 11
Results Follow Shark EditorialWest Coast Advocate, le 12 juillet 1945, p. 1
Basking Sharks Menace Fishing on West CoastProvince, le 16 juillet 1945, p. 21
Removal of Shark Menace to Salmon Fishing is UrgedWest Coast Advocate, le 2 août 1945, p. 11
B.C. Fishermen Battle Shark PerilProvince, le 17 novembre 1945, p. 8 (Mag. Sec.)
Bamfield NewsWest Coast Advocate, le 11 juillet 1946, p. 5
Shark Harpooned, Caught Off NanaimoSun, le 11 juillet 1946, p. 5
Shark’s Liver Brings $66West Coast Advocate, le 11 juillet 1946, p. 10
Coast Fishermen Report Large Shark CatchesWest Coast Advocate, le 18 juillet 1946, p. 14
Harpoon, Rifle “Catch” Sharks off B.C. as Livers Sought for Vitamin OilFisheries News Bulletin, vol. XVII, Nos 203-204
Sleeping Fisherman Nets Big Mud SharkColonist, le 8 novembre 1946 p. 16
Harpoon Favored In Shark FishingSun, le 3 décembre 1946, p. 21
SharkingBritish Columbia Digest, mars 1947, p. 73-74
Sharkhunting Latest Sport Around Texada IslandProvince, le 7 juin 1947, p. 5
Sharks Damage Salmon Nets As Rivers Inlet Run OpensProvince, le 2 juillet 1947, p. 33
Numerous Basking Sharks Menace to Nets Of Salmon Fishermen Along Coast of B.C.Colonist, le 16 juillet 1947, p. 17
Seiners Get Big HaulThe Fisherman, le 8 août 1947, p. 2
Seven-Ton Shark Landed After Epic West Coast FightProvince, le 30 septembre 1947, p. 30
Sharks Long as Street Cars Romp Off B.C. CoastSun, le 11 octobre 1947, p. 5
Scientists Say Monster Not CaddyTimes, le 8 décembre 1947, p. 3
‘Caddy’ Remains May Be Only Basking SharkSun, le 8 décembre 1947, p. 1
Identifies Skeleton of Enormous Basking SharkColonist, le 13 décembre 1947, p. 22
Island Sea Monster Just ‘Basking Shark’News Herald, le 13 décembre 1947, p. 4
Skeleton is of Record Size Basking SharkWest Coast Advocate, le 18 décembre 1947, p. 1
British Columbia’s Basking SharkProvince, le 29 décembre 1947, p. 4
Log of the MistralThe Fisherman, le 9 juillet 1948, p. 6
Bounty on Basking Sharks Wanted by Coast Fishermen.Times, le 17 juillet 1948, p. 6
Log of the MistralThe Fisherman, le 23 juillet 1948, p. 6
Basking Sharks in Puget Sound and Washington Coastal WatersTacoma Natural History Bulletin, vol. 1, no 6
Hunting Sharks Done With Harpoons, RiflesColonist, le 12 décembre 1948, p. 17
Maybe ‘Caddy’ Mystery Now SolvedSun, le 18 décembre 1948, p. 23
War’s Shark Liver ‘Bonanza’ Over As Industry Almost DeadTimes, le 9 mai 1950, p. 2
There Were Ten (poème)Western Fisheries, décembre 1950, p. 25
Basking Mud Sharks Mistaken for ‘Caddy’Sun, le 31 mai 1951, p. 11
Special Gear Tried Against Sharks in Barkley SoundThe Fisherman, le 19 juin 1951, p. 2
Shark’s Fin Bill’s Soup Not SerpentTimes, le 10 septembre 1951, p. 13
Big Shark Observed in Ladysmith HarborColonist, le 28 juin 1952, p. 13
Sharks Numerous: Harpoons New Tackle in Brentwood WatersColonist, le 5 juillet 1952, p. 11
Shark Big, But Basker, Not BiterColonist, le 9 juillet 1952, p. 9
Gill-Netting and Basking SharksWestern Fisheries, novembre 1952, p. 12
Sharks, Seals Bring Misery to FishermenColonist, le 13 juin 1953, p. 13
Sharks, Hair Seals Harry BC FishermenProvince, le 14 juin 1953, p. 5
Basking Sharks, Hair Seals Still Lead West Coast Fish Fleet’s Nuisance ListColonist, le 23 juin 1953, p. 2
Seals, Sharks Raid B.C. Fishers’ NetsSun, le 24 juin 1953, p. 8
Shark in Gillnet Proves Costly to Q.C. FishermanWestern Fisheries, septembre 1953, p. 22
Doubt Raised That Monster Really SharkColonist, le 20 septembre 1953, p. 17
Sharks Return May Revive Thrilling SportColonist, le 27 septembre 1953, p. 5
Clever MarksmanWest Coast Advocate, le 26 mai 1955, p. 1
Cruising Shark Sighted Off Qualicum BeachColonist, le 31 mai 1955, p. 24
B.C. Sharks ‘Cut Up’ By Unique Bow RamColonist, le 22 juin 1955, p. 1
New Weapon Destroys Basking SharksProvince, le 23 juin 1955, p. 7
Ship Fights Sharks Off B.C. CoastSun, le 23 juin 1955
Find New Method of Despatching the Basking SharkWest Coast Advocate, le 23 juin 1955, p. 1
Troublesome Basking Sharks “Speared” by Patrol VesselWestern Fisheries, juillet 1955, p. 19
Sliced Basking Shark Newest Fishery DishThe Fisherman, le 5 juillet 1955
Knife-like Ram On Vessel’s Prow Kills SharksTrade News, août 1955, vol. 8, no 2. p. 5
B.C.’s big basking sharks are giants with no biteProvince, le 13 août 1955, p. 20 (Mag. Sec.)
Giant too strong…Rampaging Sharks Best Sport For Thrill-Seeking City DentistColonist, le 9 septembre 1955, p. 13
Basking Sharks Face New DeviceProvince, le 18 février 1956, p. 2
2-Hour Fight Lands 2500-Pound SharkTimes, le 20 avril 1956, p. 6
Owner Seeks Home For Ton of SharkColonist, le 20 avril 1956, p. 1
Fisheries Patrol Winning War on Basking SharksWest Coast Advocate, le 26 avril, sec. II, p. 4
Boat Kills 31 Sharks in One DayTimes, le 3 mai 1956, p. 1
Fishermen Ready Boats and Gear for Season CatchWest Coast Advocate, le 3 mai 1956, p. 1
Shark HuntTrade News, vol. 8, mai 1956, no 11, p. 13
Shark hunters clean up on west coast pestsProvince, le 4 mai 1956
Basking-Shark Killer Rids Coast of MenaceColonist, le 4 mai 1956, p. 20
Steel Prow Halts Invasions of SharksSun, le 7 mai 1956, p. 11
Basking Shark School Won’t Get to CollegeThe Fisherman, le 8 mai 1956, p. 3
Shark Killer Ship Stabs 34 in a DaySun, le 16 mai 1956
Week-End Holiday--For Some.Colonist, le 27 mai 1956, p. 2
Fewer Basking SharksWest Coast Advocate, le 31 mai 1956, p. 5
Island Shark Fishing to Be RevivedColonist, le 5 juin 1956, p. 13
Shark Shakes BoatersColonist, le 9 août 1956, p. 1
Ship Spears SharkPopular Mechanics, novembre 1956, p. 172
Fishermen Tell Whale of a Tale But Who Likes Shark Shenanigans?Times, le 28 novembre 1957, p. 23
Frisky Fish Blamed As Boat OverturnedTimes, le 5 août 1958, p. 15
18-Foot Shark Caught In Net Off BowenSun, le 29 août 1958, p. 29
2nd Shark CapturedSun, le 11 septembre 1958, p. 21
Fisherman lands 27-foot shark near GibsonsProvince, le 11 septembre 1958
Shark Panics Swimmers Children Dash to ShoreColonist, le 19 juin 1959, p. 21
Relax: Those sharks aren’t man-eaters!Province, le 20 juin 1959, p. 1
Sharks Abound, But No Man-Eaters HereTimes, le 8 juillet 1959, p. 4
23-Foot Shark in HarborTimes, le 17 juillet 1959, p. 27
Big Shark Tours HarborColonist, le 18 juillet 1959, p. 13
Hunting the Giant Basking SharkWestern Fisheries, août 1960, p. 19-20, p. 36-37
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Sun = Vancouver Sun, Colonist = Daily Colonist (Victoria), Times = Victoria Daily Times

 

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