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Mise à jour - Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le Lupin des ruisseaux (Lupinus rivularis) au Canada

Taille et tendances des populations

Au Canada, le lupin des ruisseaux n’a fait l’objet d’aucun relevé avant 2001, et il existe peu de données sur le nombre de populations actuelles et l’effectif de chacune (tableau 1). Il est donc impossible de savoir si l’effectif est en croissance ou en déclin ou de se prononcer sur l’état de santé ou la vigueur des populations. Cependant, on peut affirmer que plusieurs des sites actuels connaissent une certaine stabilité, puisque des spécimens y sont récoltés depuis au moins dix ans.

Sites actuels 

1 Sooke

Un seul individu, âgé d’environ trois ou quatre ans et en fleurs, a été trouvé dans cette localité. Il est probable que le spécimen récolté par Anderson en 1926 provienne d’un lieu voisin, sinon de la même localité. Ce site est exposé à l’action des crues printanières, perturbation à laquelle l’espèce semble adaptée et qui peut même lui être favorable, puisque les eaux courantes peuvent déterrer des graines et leur permettre de germer. Il est possible que cette localité soit située à l’intérieur d’un parc provincial. La plante a été trouvée dans les roches, derrière une petite crête de gravier longeant un cours d’eau, où elle n’était pas accompagnée d’autres espèces. (récolte, 2001, Klinkenberg, UBC).

2 Delta (River Road)

Situation en 2001 : Cette population s’étale le long des voies ferrées des compagnies Canadien National et Burlington Northern Railway et dans la plaine inondable en contrebas de celles-ci, le long d’un chemin municipal et d’un ruisseau se jetant directement dans le Fraser. Quarante-cinq individus adultes et plus d’une centaine de semis ont été recensés. On pense que les individus poussant dans la plaine inondable constituent la population d’origine, qui aurait progressivement gagné l’emprise des voies ferrées, où la compétition est faible et le substrat, convenable. Durant l’été 2001, l’application d’herbicide a fait mourir tous les individus adultes. Cependant, au mois de septembre de la même année, les semis étaient nombreux et bien portants. Cette population pousse en partie sur le gravier nu (ballast des voies ferrées) et en partie sur un sol limoneux (plaine inondable). Elle a été signalée pour la première fois en 1986 par Lomer, qui en garde le souvenir d’une population importante (Lomer, 2001, comm. pers.). (récolte, 2001, Klinkenberg, UBC).

Situation en 2002 : Depuis la dernière visite de ce site, à la fin de l’été 2001, des travaux majeurs de réfection de la plate-forme ferroviaire ont été réalisés, et tous les semis qui avaient survécu à l’application d’herbicide à l’été 2001 ont péri. Du gravier neuf a été entassé le long des rails, en plein sur le site de lupins, et une grande partie du gravier en place a été repoussé sur les côtés.

Il ne reste plus de ce site qu’une douzaine d’individus reproducteurs de différents âges poussant dans la plaine inondable, ainsi que deux douzaines de nouveaux semis établis à la limite du gravier neuf et meuble, ces derniers ayant peu de chances de survivre si les travaux de réfection se poursuivent.

Des photographies du site avant et après les travaux ont été déposées auprès du COSEPAC et peuvent être consultées. On peut aussi voir ces photos sur le Web, à l’adresse suivante : http://www.geog.ubc.ca/~brian/lupinusrivularis.htm

3 Limite entre Delta et Surrey

Cette population est située dans la plaine inondable, en bordure d’un chemin municipal traversant un secteur industriel. Cinquante individus adultes et au moins une centaine de semis ont été recensés. Les pieds s’échelonnent le long du chemin et poussent à découvert ou sous le couvert clairsemé d’arbres de faible hauteur, ainsi qu’autour de poteaux de téléphone. Le terrain paraît être fauché périodiquement, et la population pourrait souffrir de ces interventions comme de l’épandage éventuel d’herbicide. Lomer a signalé une petite sous-population dans le voisinage, mais il n’existe aucun spécimen d’herbier attestant son existence (Lomer, 2001, comm. pers.). La municipalité détient un bail de l’Administration portuaire du fleuve Fraser pour l’emprise du chemin. On ne sait pas à qui exactement appartient le terrain (Administration portuaire du fleuve Fraser, 2002, comm. pers.) (récolte, 2001, Klinkenberg, UBC).

4 Surrey (complexe portuaire Fraser Surrey Docks)

Ce site est le prolongement de celui décrit ci-dessus (limite entre Delta et Surrey), dont il est éloigné de presque deux kilomètres. IL regroupe trois sous-populations connues (tableau 1), et il y en a peut-être d’autres disséminées parmi les terminaux de marchandises. Trente-deux individus adultes et au moins 30 semis ont été recensés. Il s’agit probablement, comme pour la population précédente, des derniers individus qui ont survécu à la construction d’installations industrielles et de terminaux de marchandises dans la plaine inondable. Deux des sous-populations avaient déjà été signalées par Lomer [‘a’ (1 individu) et ‘c’ (individus plus nombreux qu’en 2001)], et un spécimen avait été récolté dans l’une d’elles en 1990 (Lomer, 2001, comm. pers.). Comme ces trois sous-populations sont très rapprochées, nous avons récolté des spécimens dans une seule d’entre elles. Par contre, nous les avons toutes photographiées. Plusieurs voies ferrées appartenant en propre ou conjointement à diverses compagnies ferroviaires, dont le Canadien National et la Burlington Northern Railway, et à l’Administration portuaire du fleuve Fraser passent tout près de ces sous-populations (Administration portuaire du fleuve Fraser, 2002, comm. pers.). Il faudra faire des recherches et examiner les titres de propriété, les servitudes et les conventions de gestion pour déterminer à qui appartient le terrain où se trouvent les sous-populations de lupin des ruisseaux (récolte, 2001, Klinkenberg, UBC).

5 Port Coquitlam (digue de la rivière Pitt)

Cette population pousse en partie sur la digue, qui appartient à la municipalité, et en partie sur un terrain privé, de l’autre côté de la clôture séparant la digue du secteur industriel aménagé dans la plaine inondable. Il s’agit probablement d’une population résiduelle ayant envahi la digue de façon opportuniste. Vingt individus adultes et plus de 50 semis ont été recensés. Lomer se souvient d’avoir observé en 1993 deux touffes de l’espèce à peu près à cet endroit, mais les individus étaient alors moins nombreux qu’aujourd’hui (Lomer, 2001, comm. pers.) (récolte, 2001, Klinkenberg, UBC).

6 Port Coquitlam (rivière Coquitlam)

Cette population pousse en partie sur le ballast de la voie ferrée du Canadien Pacifique, à proximité de la rivière, et en partie sur l’accotement de la chaussée située juste à côté. Il s’agit probablement d’une population résiduelle s’étant progressivement déplacée vers la voie ferrée, où la compétition est faible. Les mesures d’entretien de l’emprise du chemin de fer (débroussaillage, peut-être aussi épandage d’herbicide) ont maintenu le milieu dégagé et ont éliminé la compétition d’autres espèces. Cette population, qui compte au moins 100 individus adultes et plus de 200 semis, est la plus grande de l’espèce au Canada. Les individus poussant sur l’accotement de la chaussée, bien qu’ils soient périodiquement fauchés, résistent et produisent même des graines. Ceux qui poussent le long de la voie ferrée sont en excellent état. Le site est situé en partie sur le territoire de la compagnie ferroviaire et en partie sur celui de la municipalité (accotement de la chaussée et tronçon de la voie ferrée traversent un parc municipal). En 1998, Lomer a recensé dans ce site un grand nombre d’individus. (récolte, 2001, Klinkenberg, UBC).

Tableau 1. Populations naturelles du Lupinus rivularis en 2001
#LocalitéSous-populationsPlantes matures adultesSemis1
1Sooke--
1
0
2Delta (River Road)--
45
100+
3Limite Delta-Surrey2--
50
100+
4Surrey (complexe Fraser Surrey Docks)a) emprise ferroviaire 1
1
0
4Surrey (complexe Fraser Surrey Docks)b) emprise ferroviaire 2
11
30+
4Surrey (complexe Fraser Surrey Docks)c) bord de route
20
0
5Port Coquitlam (digue de la rivière Pitt)--
20
100+
6Port Coquitlam (rivière Coquitlam)--
100
200+

1 Comme il s’agit d’une espèce vivace fleurissant entre mai et septembre et libérant des graines à partir de juin, le nombre de semis présents dans chaque localité varie tout au long de l’été. Ce tableau donne le nombre de semis observés le 22 mai 2001.

2 En 1990, Lomer a observé une autre sous-population, de 11 individus, près de cette localité, mais cette sous-population n’a pas été retrouvée en 2001.