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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la tortue molle à épines (Apalone spinifera) au Canada

Taille et tendances des populations

Selon les recherches effectuées depuis la publication du premier rapport de situation (Campbell et Donaldson, 1985), la sous-population du Sud-Ouest de l’Ontario compterait approximativement entre 800 et 1 000 individus (Fletcher, 1999). Précisons toutefois qu’il n’y a eu aucun marquage dans le cadre de cette étude à long terme, de sorte qu’il est impossible d’obtenir une estimation précise ou exacte de l’effectif. De même, il est impossible de déterminer dans quelle mesure l’effectif canadien a diminué, car il n’existe aucune estimation historique de la densité des populations. On peut toutefois soupçonner que la population a fortement diminué lorsqu’on compare une observation faite en 1792 suivant laquelle des centaines de tortues à carapace molle de rivière ont été capturées sur des billots qui flottaient sur la Thames dans la région de Chatham, à la grande joie des personnes qui ont pu les déguster (Gray, 1956), à un relevé de 1997 faisant état de moins de 10 individus dans la même région (Fletcher, 1997).

Du côté du Québec, la sous-population semble stable, bien qu’elle soit nettement moins abondante, avec probablement au plus une centaine d’individus (P. Galois, comm. pers.). Comme dans le cas de la sous-population de l’Ontario, on ne possède aucune estimation historique qui permettrait de déterminer avec exactitude l’ampleur du déclin de la population. Par ailleurs, des études actuellement en cours en Ontario indiquent que certains segments de cette sous-population pourraient diminuer encore plus car, dans la plupart des régions, les effectifs semblent être constitués uniquement d’adultes assez âgés (le recrutement semble pratiquement nul). La perte d’habitat a été importante dans l’ensemble de l’aire de répartition canadienne, de sorte qu’à son rétrécissement s’est ajoutée une fragmentation accrue (L’équipe de rétablissement de la tortue molle à épines, 1997). On ne possède aucune donnée qui permette d’estimer quantitativement la perte d’habitat ou la part d’habitat qui a été altérée d’une façon ou d’une autre le long des rivières (cependant, on peut penser que le pourcentage serait nettement supérieur à 50 p. 100 le long de la Thames). On sait toutefois que la perte d’habitat se poursuit, même si le rythme a ralenti. Patrick Galois et l’auteur sont tous deux d’avis que, même si les effectifs ne diminuent pas, l’accroissement de la population pourrait être impossible dans l’état actuel des choses, vu la pénurie d’habitat approprié.