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L’otarie de Steller (Eumetopias jubatus)

Mise à jour
Rapport de situation du COSEPAC
sur
l’otarie de Steller
Eumetopias jubatus
au Canada
2003

Information sur l'espèce

Nom et classification

L’otarie de Steller (Eumetopias jubatus Schreber 1776) est le plus gros membre de la famille des Otariidés (ordre des Carnivores, sous-ordre des Caniformes, Kenyon et Scheffer, 1955; Jefferson et al., 1994; Rice, 1998). Elle porte le nom du naturaliste allemand Georg Wilhelm Steller, qui décrivit l’espèce en 1742 (Miller et Miller, 1848). Elle porte aussi d’autres noms communs : lion de mer de Steller, Steller’s sea lion ou northern sea lion (anglais), sivuch (russe), todo (japonais), lobo marino de Steller (espagnol), qawax (prononcé ka-wa par les Aléoutes) et wiinaq (alutiiq). Son nom scientifique se rapporte au front large et bien développé (Eumetopias en grec) et à la présence d’une crinière (jubatus en latin).


Description

L’otarie de Steller présente un important dimorphisme sexuel (Fiscus, 1961; Mathisen et al., 1962; Thorsteinson et Lensink, 1962; Orr et Poulter, 1967; Calkins et Pitcher, 1982; Loughlin et Nelson, 1986; Calkins et al., 1998; Winship et al., 2001). Les femelles adultes ont une longueur moyenne de 2,1 à 2,4 m et pèsent de 200 à 300 kg. Les mâles adultes sont nettement plus gros, atteignant une longueur de 2,7 à 3,1 m et une masse de 400 à 800 kg, bien que les plus gros puissent dépasser les 1 100 kg quand ils engraissent avant le début de la période de reproduction. Une « crinière » bien visible de poils rudes se développe sur le cou et la poitrine massifs et musclés des mâles adultes, d’où le nom de « lion de mer » qu’on donne parfois à l’espèce. Les mâles ont tendance à avoir une tête de forme plus robuste et un museau plus aplati que les femelles.

Les petits, qui naissent entre la fin de mai et le début de juillet, pèsent de 16 à 23 kg à la naissance, les mâles étant en moyenne plus lourds que les femelles. À la naissance, les petits portent un lanugo épais d’un brun noirâtre jusqu’à la mue, qui se produit vers l’âge de 3 à 6 mois (Scheffer, 1964; Vania, 1972).

Les juvéniles et les adultes secs ont une coloration variant du jaune pâle à l’ocre clair, plus sombre (chocolat) sur la face ventrale et près des nageoires (ou palettes natatoires, noires et sans pelage). Mouillée, l’otarie de Steller est d’un blanc grisâtre. Le pelage des deux sexes est fait de poils rudes et courts(Scheffer, 1964). L’otarie de Steller subit une mue annuelle pendant laquelle elle perd tout son pelage, mais pas son épiderme. Les femelles non reproductrices semblent muer les premières, parfois dès la fin juin; dans les autres groupes d’âge, la mue s’étend jusqu’au début décembre (Vania, 1972; Calkins et Pitcher, 1982).

Les vocalisations des adultes dans l’air consistent en des beuglements et des rugissements à pleine gorge. Les mâles qui défendent un territoire manifestent leur attitude menaçante par une respiration sifflante (Orr et Poulter, 1967; Gentry, 1970)et produisent un son guttural bruyant tant à l’air libre que sous l’eau (Schusterman et al., 1970). Les nouveau-nés ont tendance à bêler comme des moutons.

L’otarie de Steller est capable de se soulever sur ses nageoires avant et de tourner ses nageoires arrière vers l’avant, ce qui lui donne une agilité remarquable sur le sol. Elle peut escalader des rochers à pic et grimpe souvent à plusieurs mètres au-dessus du niveau de la mer. Les animaux tendent à être très grégaires à terre et forment généralement des groupes compacts, pratiquement sans espace entre les individus.