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L’otarie de Steller (Eumetopias jubatus)

Répartition

Répartition mondiale

L’otarie de Steller vit dans le Pacifique Nord dans les eaux côtières fraîches tempérées et subarctiques depuis les îles Channel, au large du sud de la côte californienne, jusqu’au détroit de Béring, puis vers l’ouest et le sud-ouest le long de la côte asiatique jusqu’à l’île de Hokkaido, au Japon (figure 1; Kenyon et Rice, 1961; Loughlin et al., 1984; Loughlin et al., 1992). Les femelles mettent bas dans 55 à 60 roqueries et les animaux se prélassent à plus de 300 échoueries. L’otarie de Steller ne migre pas, mais les individus peuvent se disperser jusqu’à une distance considérable des sites de reproduction (Rowley, 1929; Fisher, 1981; Calkins et Pitcher, 1982; Loughlin, 1997; Raum-Suryan et al., 2002). Les animaux vont régulièrement à terre pendant toute l’année.

À l’échelle mondiale, on distingue deux populations d’otaries de Steller sur la base de la différenciation génétique de l’ADN mitochondrial (qui reflète la lignée maternelle) : la population de l’Est (de la Californie au sud-est de l’Alaska) et la population de l’Ouest (golfe d’Alaska, mer de Béring, îles Aléoutiennes et Russie) (Bickham et al., 1996). Selon des analyses génétiques plus récentes, il faudrait distinguer deux populations distinctes dans le groupe de l’Ouest : Asie et Aléoutiennes – golfe d’Alaska (Bickham, données inédites). Une analyse phylogéographique qui tient compte de paramètres auxiliaires comme les tendances démographiques, la répartition, les déplacements et la morphologie va dans le sens d’une séparation entre les deux populations en Amérique du Nord (York et al., 1996; Loughlin, 1997).


Figure 1 : Aire de répartition mondiale de l’otarie de Steller

Figure 1 : Aire de répartition mondiale de l’otarie de Steller.

Les flèches indiquent des roqueries de reproduction et les zones ombrées, la répartition approximative pendant la période internuptiale. La ligne pointillée indique la démarcation entre les populations de l’Est et de l’Ouest (modifié de Loughlin, 1997 et Sease et al., 1999).


Répartition canadienne

Les otaries de Steller qui vivent au Canada font partie de la population de l’Est (Bickham, 2000). L’espèce n’est présente qu’en Colombie-Britannique (figure 1), où se trouvent trois aires de reproduction principales : 1) îles Scott, au large de la pointe nord-ouest de l’île de Vancouver (roqueries sur les îles Triangle, Beresford et Maggot); 2) cap St. James, à l’extrémité sud des Îles de la Reine-Charlotte (roqueries sur les îles Kerouard); 3) au large de l’île Banks, dans la portion nord de la côte du continent (roqueries sur les rochers North Danger). Une quatrième aire de reproduction se trouvait jadis au large de la portion centrale de la côte, sur le groupe Sea Otter (roqueries sur les rochers Virgin, Pearl et, peut-être, Watch), mais ce rassemblement de reproducteurs a disparu en raison des programmes intensifs de lutte contre les prédateurs mis en application au cours des années 1920 et 1930 (Bigg, 1985). Outre ces sites de reproduction, on compte environ 21 échoueries, réparties principalement sur le front océanique des côtes, qui sont utilisées continuellement, toute l’année, ainsi que de nombreux sites hivernaux où les animaux vont à terre de façon saisonnière ou irrégulière.

La répartition des otaries de Steller au large est mal définie. En général, la plupart des otaries de Steller semblent se nourrir à moins d’environ 60 km du rivage en été et peuvent s’éloigner jusqu’à 200 km du rivage en hiver (Kenyon et Rice, 1961; Merrick et Loughlin, 1997). L’espèce semble se nourrir au-dessus de la plate-forme continentale et le long du rebord de celle-ci (Kajimura et Loughlin, 1988).