Sauter l'index du livret et aller au contenu de la page

Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur l’aster divariqué au Canada – Mise à jour

TAILLE ET TENDANCES DES POPULATIONS

Tendances

Dans le premier rapport de situation du COSEPAC sur l’aster divariqué, Sharp et al. (1995) mentionnaient huit populations de l’espèce au Canada, dont trois en Ontario et cinq au Québec. Sept des 22 sites ontariens connus (32 p. 100) sont présumés disparus (CIPN, 2002). Le nombre et la taille (nombre de tiges) des populations d’Ontario ont augmenté depuis 1995, ce qui s’explique peut‑être par des conditions abiotiques favorables à l’espèce ou par une intensification de l’effort de recherche.

Au Québec, neuf populations sont répertoriées au Centre de données sur le patrimoine naturel (Gouvernement du Québec, 2001). Le rapport de situation de 1995 en mentionnait une autre, qui n’est pas répertoriée au CDPN. Il pourrait donc y avoir en tout 10 populations de l’espèce au Québec, ce qui signifie que le nombre de populations signalées aurait doublé depuis 1995. Il n’y a pas eu de suivi démographique de l’espèce, mais on pense que le nombre de populations viables est faible et peut‑être même en déclin.

L’effectif comprend le nombre de tiges végétatives et de tiges florifères. Il est difficile dans certains cas de déterminer le nombre d’individus distincts sans endommager les plantes. Le terme « sous‑population » est utilisé pour désigner des groupes distinctssitués dans une même localité.

Nota : Par suite de l'achèvement de la mise à jour provisoire du rapport pour cette espèce, on a accédé à de nouveaux renseignements qui indiquent qu'en Ontario un site historique avait été redécouvert et que des sites supplémentaires avaient été repérés. Ces nouveaux renseignements portent à 22 le nombre total d'enregistrements pour la province, 15 parmi ceux-ci étant existants. Les nouvelles données sur les populations ont été fournies au membres du COSEPAC au moment des discussions et de l'évaluation de cette espèce en novembre 2002 et ont été incorporées dans la version définitive du rapport.

 

 

Année

 

 

Localité

 

1988

 

1991

 

1993

 

1995

 

1999

 

2000

 

2002

Bois de Crescent Estates      100
Bois de Culp 1000’s ? 400400
Île Dufferin      20
AINS de Fonthill-Sandhill Valley  ?  1000’s1000’s
Bois du Marcy    200200200
Bois marécageux de Miller Creek      100
Carrières de Nelson    ???
AINS de North Pelham Valley     030
Forêt d’Oakhill – 1      10-20
Forêt d’Oakhill  – 2      6
P. p. Short Hills – Bois de Cataract>100  3603351300-14003800
P. p. Short Hills – AINS du ruisseau Twelve Mile>100  ?350-400 1555
South Fort Erie      20-30
South Fort Erie 2      3
A.C. de St. John     183
Bois de la rue Summer      20
AINS des ruisseaux Two Mile et Four Mile – Terrain du MDN 63 100-150 165?
AINS des ruisseaux Two Mile et Four Mile – Rives du Niagara   20825165
         

Tableau 1. Sommaire des populations ontariennes d’Eurybia divaricata 

Sommaire des populations actuelles d’Ontario

Il fut un temps où on pouvait trouver l’Eurybia divaricata dans 16 localités d’Ontario. Le premier rapport de situation du COSEPAC (Sharp et al., 1995) mentionnait trois sites de l’espèce en Ontario. En 2000, on en comptait huit.
Les recherches de 2002 ont mené à la découverte de sept autres sites, pour un
total de 15.

Bois de Crescent Estates 

Ce bois est situé en bordure d’un ruisseau et jouxte un pré en régénération et un secteur d’habitation. Le ruisseau a été canalisé en prévision de l’expansion urbaine (Brady, 1980). Les espèces forestières présentes sont principalement des feuillus, notamment l’aubépine, l’orme d’Amérique, le chêne noir, le frêne blanc, le chêne rouge et le caryer ovale (Santarella, 1986). En 2002, Ken Ursic a compté dans ce secteur 100 tiges d’aster divariqué, dans un bois décidu marécageux dominé par le chêne des marais et dans un bois décidu marécageux minérotrophe dominé par l’érable rouge. On pouvait constater les signes d’une récolte ou d’excavations peu profondes pouvant correspondre à une récolte (Ken Ursic, comm. pers.). Ce boisé fait partie d’une propriété privée.

Bois de Culp 

Le bois de Culp est un résidu de forêt de hêtre à grandes feuilles, d’érable à sucre et de frêne blanc, de mésique à sèche-mésique, à sol argilo-loameux (Sharp et al., 1995). En 1991, cette forêt abritait des milliers de tiges d’aster divariqué. Il en reste environ 400. La population a commencé à baisser lorsque certaines parties de la forêt ont été coupées pour faire place à un verger de pêchers.

Île Dufferin 

L’île Dufferin est peuplée principalement d’érables à sucre, de frênes blanc et d’ormes d’Amérique, associés à des saules et au sumac vinaigrier. En 2002, Helen Macdonald y a trouvé de 15 à 20 tiges d’aster divariqué poussant au pied d’un chêne, en bordure d’un sentier. L’île appartient à la Commission des parcs du Niagara.

Aire d’intérêt naturel et scientifique de Fonthill-SandhillValley 

Dans l’aire d’intérêt naturel et scientifique de Fonthill-Sandhill Valley, l’aster divariqué pousse en terrain élevé (crêtes, coteaux, plateaux), dans une forêt de mouilleuse-mésique à sèche, à sol de sableux à argileux (Kaiser, 1986). L’espèce semble répandue à la grandeur de l’AINS, mais plus abondante sur les crêtes sèches. Cette population est estimée à plusieurs milliers de tiges. Elle est probablement la plus grande et la plus stable de toutes celles d’Ontario, de par son abondance et sa dispersion. 

Bois du Marcy (AINS de la péninsule de Point Abino)

Cette forêt située en terrain élevé est dominée par l’érable à sucre et le chêne rouge, qu’on trouve principalement sur les crêtes dunaires (Oldham, 2000). En 2001, j’y ai relevé environ 200 tiges d’aster divariqué. 

Bois marécageux de Miller Creek

En 2002, Ken Ursic a compté dans ce bois décidu marécageux 100 tiges d’aster divariqué, qui poussaient dans un secteur élevé et frais-humide dominé par l’érable à sucre. Ce bois est situé sur un terrain privé.

Carrières de Nelson 

Selon un inventaire biophysique réalisé par Dougan and Associates en 1999, l’Eurybia divaricata a été observé et récolté à proximité d’un terrain appartenant à la Nelson Aggregates (Dougan and Associates, 1999), en terrain élevé, dans une forêt décidue de sèche à fraîche dominée par l’érable à sucre et le chêne. J’ai parcouru cette forêt et n’ai retrouvé aucune tige d’aster divariqué, ce qui ne signifie pas toutefois que l’espèce ne s’y trouve plus. (Il suffirait peut-être de pousser la recherche pour la retrouver.) Toutefois, si cette population existe toujours, son sort n’est pas assuré, car son habitat est entouré de carrières. En outre, plusieurs chemins forestiers traversent la forêt, et on ne sait pas si celle‑ci est toujours en exploitation.

Parc provincial ShortHills 

Au parc provincial Short Hills, l’Eurybia divaricata pousse en terrain élevé dans des érablières à sucre de sèches-mésiques à mésiques à sol argilo-limoneux (Sharp et al., 1995). En 2002, une recherche poussée a permis de porter à 5 350 le nombre de tiges récensées.

Bois de Cataract 

En 1988, moins de 100 tiges avaient été recensées dans cette localité. En 1995 et en 1999, il y en avait entre 300 et 400. En 2000, on en comptait de 1 300 à 1 400, en 2002, 3 800.

AINS du ruisseau Twelve-Mile 

La majorité de la population d’aster divariqué du parc semble en santé. Cependant, dans certains secteurs, l’espèce semble éprouver de la difficulté. En 2000, la plupart des quelque 350 à 400 tiges se trouvant dans le secteur du ruisseau Twelve Mile avaient moins de 15 cm de hauteur et ne fleurissaient pas. Cela s’explique peut‑être par une augmentation de la densité du couvert forestier. À certains endroits, les tiges avaient été broutées, peut‑être par des cerfs, apparemment nombreux dans ce secteur du parc. En 2002, le nombre de tiges de cette sous‑population était tombé à 25. On constate une augmentation de l’effectif de l’espèce dans l’ensemble de l’AINS, qu’on attribue à une intensification de la recherche. Il y aurait environ 1 555 tiges d’aster divariqué dispersées dans l’AINS. 

South Fort Erie 

La population d’aster divariqué se trouve dans une forêt décidue fraîche-humide dominée par le chêne et l’érable. En 2002, Ken Ursic y a trouvé entre 20 et 30 tiges de l’espèce. Ce terrain privé est désigné dans un avant-projet de lotissement approuvé. 

South Fort Erie 2 

Ce site se trouve en bordure d’un chemin, sur un terrain privé. En 2002, Ken Ursic a trouvé trois tiges poussant dans la forêt décidue sèche-fraîche d’érable à sucre et de chêne.

Aire de conservation de St. John 

L’Eurybia divaricata pousse dans une forêt de hêtre à grandes feuilles (Fagus grandifolia) où sont aussi présents le chêne blanc (Quercus alba), l’érable à sucre (Acer saccharum) et les espèces caroliniennes associées. En 2000, cette population comptait 18 tiges. Bien qu’elles aient été piétinées, un bon nombre étaient en fleurs. Au recensement de 2002, il ne restait plus que trois tiges très piétinées. L’Office de protection de la nature de la péninsule du Niagara connaît la situation précaire de cette population et a pris des mesures pour assurer sa protection.

Bois de la rue Summer 

En 2002, Ken Ursic a trouvé 20 tiges d’aster divariqué dans cette forêt décidue fraîche-humide dominée par l’érable à sucre. Les espèces forestières côtoyant l’érable à sucre sont nombreuses : érable noir, érable rouge, érable argenté, hêtre à grandes feuilles, chêne rouge, chêne blanc, chêne des marais, chêne bicolore, tilleul d’Amérique, frêne rouge, frêne blanc, orme d’Amérique, caryer ovale et cerisier tardif. Le terrain est plat, modérément bien drainé, moins mouillé que les terrains avoisinants. Cette forêt privée est entourée de champs cultivés et de prés en régénération (Brady, 1980).

AINS des ruisseaux Two Mile et Four Mile 

Aire de conservation des rives du Niagara

Dans l’aire de conservation des rives du Niagara, l’Eurybia divaricata se trouve sur le cordon littoral boisé situé entre le lac Ontario et le ruisseau Four Mile. Deux sous‑populations ont été observées sur une crête bien drainée où le sol varie d’un loam limoneux à un loam ou un loam sableux fin (Sharp et al., 1995). En 2000, j’y ai trouvé en tout 25 tiges de l’espèce. En 2002, l’effectif avait augmenté à 165 tiges.

Ministère de la Défense nationale

Une population d’Eurybia divaricata a été retrouvée sur le terrain du ministère de la Défense nationale. Elle compte 165 tiges réparties en 3 sous‑populations, toutes comprises sur une superficie de 1 km2. Une deuxième colonie signalée pour cette localité n’a pas été retrouvée depuis 1991.

On trouve un relevé plus détaillé des populations ontariennes de l’Eurybia divaricata dans le rapport de situation du Comité de détermination du statut des espèces en péril de l’Ontario (COSSARO) (Thompson, 2000).

Sommaire des populations actuelles du Québec

Le rapport de 1995 sur la situation de l’Eurybia divaricata mentionnait cinq sites pour le Québec. Neuf sites sont répertoriés dans la base de données du Centre de données sur le patrimoine naturel du Québec. Ces deux sources combinées réunissent 10 mentions différentes pour le Québec. Comme beaucoup de ces sites n’ont pas fait l’objet d’un suivi ou n’ont pas été confirmées depuis plusieurs années, il est difficile de se prononcer sur le nombre de sites qui existent aujourd’hui.

 

 Année
Location19801985198719921994199619971998
Venise-en-Québec10002-3 colonies      
Philipsburg 1  1 colonie     
Philipsburg 2  1 colonie     
Mont St-Grégoire  15     
Coline Spruce   1 colonie    
Mont Pinacle   18    
Mont Rougemont       1000
Saint-Armand     2 colonies  
Frelighsburg – Petit Pinacle    800   
Frelighsburg – Saint-Armand Centre      100 
St-Blaise      1 clone 

Tableau2. Sommaire des populations québécoises d’Eurybia divaricata

Venise-en-Québec 

À Venise‑en‑Québec, une population comportant deux ou trois colonies a été observée sous un couvert de pin blanc (Pinus strobus), de caryers (Carya spp.), de chêne rouge (Quercus rubra) et de sapin baumier (Abies balsamifera). Une autre colonie a été trouvée dans le même secteur à l’ombre de pruches du Canada (Tsuga canadensis) et de bouleaux jaunes (Betula alleghaniensis) (Sharp et al., 1995). L’espèce se trouve sur un terrain privé aménagé pour le golf. Un groupe de ramets a été observé le long du fossé près du terrain de golf. Cette population n’a pas été confirmée depuis 1985 (Gouvernement du Québec, 2001).

Sanctuaire d’oiseaux migrateurs de Philipsburg

En 1987, deux colonies d’Eurybia divaricata ont été signalées pour cette localité. L’une d’elles poussait sur le versant d’une petite colline, à l’ombre de pruches du Canada. L’autre se trouvait sous un couvert d’érables à sucre (Sharp et al., 1995). Cette population n’est pas répertoriée dans la base de données du Centre de données sur le patrimoine naturel du Québec, et sa situation n’est pas connue.

Mont Saint-Grégoire 

Le site d’aster divariqué du mont Saint‑Grégoire se trouve dans un grand boisé à sous‑étage dominé par le hêtre à grandes feuilles. On y a observé un seul individu comportant 15 tiges et, tout près, des sujets de ginseng à cinq folioles (Panax quinquefolius) et d’aplectrum d’hiver (Aplectrum hyemale). En 1987, dernière année où ce site a été confirmé, le propriétaire exploitait le terrain comme décharge contrôlée. On ne sait pas si ce site existe encore (Gouvernement du Québec, 2001). 

Colline Spruce

 L’Eurybia divaricata a été observé dans une forêt rocheuse d’érable à sucre et de hêtre (âgée d’environ 50 ans) soumise à une coupe partielle, sur une petite colline, en présence de la viorne bois‑d’orignal (Viburnum lantanoides), de la violette à feuilles rondes (Viola rotundifolia), de l’aralie à tige nue (Aralia nudicaulis), du cornouiller à feuilles alternes (Cornus alternifolia), de l’érable à épis (Acer spicatum), de l’athyrie fausse‑thélyptère (Deparia acrostichoides), de la thélyptère de New York (Thelypteris noveboracensis) et de l’épervière paniculée (Hieracium paniculatum). Une seule tige florifère a été observée (troisième semaine de septembre 1992) dans une aire de 150 sur 300 m. L’herborisateur ne mentionne pas la présence de tiges végétatives (Gouvernement du Québec, 2001).

Mont Pinacle

L’Eurybia divaricata a été observé dans une forêt rocheuse d’érable à sucre et de frêne (âgée d’environ 50 ans) soumise à une coupe partielle. Cinq ou six individus florifères (quatre à sept fleurs par individu, première semaine de septembre, 1992) et une douzaine de rosettes végétatives, tous d’une taille inférieure à 40 cm, ont été recensés dans une aire de 20 sur 50 m située en majeure partie sur le troisième palier de l’escarpement (Gouvernement du Québec, 2001).

Mont Rougemont 

L’Eurybia divaricata a été observé sur un coteau rocheux et sec dans une forêt d’érable à sucre et de hêtre. Deux colonies s’y trouvaient, comptant en tout un millier d’individus. En 1998, la moitié des individus étaient en fleurs la première semaine de septembre (Gouvernement du Québec, 2001). 

Saint-Armand

 

            L’Eurybia divaricata pousse dans une forêt à sous‑étage d’érable à sucre et de pruche, en présence de la cystoptère bulbifère (Cystopteris bulbifera) et de l’eupatoire rugueuse (Eupatorium rugosum). En 1996, deux individus isolés, en fleurs, ont été observés dans cette localité, un la quatrième semaine d’août et l’autre la quatrième semaine de septembre (Gouvernement du Québec, 2001). L’herborisateur n’a donné aucune estimation de l’effectif.

Frelighsburg

Petit Pinacle

L’Eurybia divaricata pousse au bas d’une colline rocheuse, en bordure d’un cours d’eau intermittent. Les arbres dominants sont l’érable à sucre, le bouleau jaune, l’ostryer de Virginie (Ostrya virginiana) et la pruche du Canada. Environ 800 tiges formant deux sous‑populations, l’une de 700 tiges, l’autre de 100 tiges, ont été recensées sur une superficie d’environ 30 mètres carrés. Les troisième et quatrième semaines de septembre 1994, les tiges étaient en pleine floraison et la fructification avait commencé (Gouvernement du Quebec, 2001).

Saint-Armand Centre

L’Eurybia divaricata a été observé sur deux collines où il pousse le long d’un talus rocheux, sous un couvert d’érable à sucre, de caryer cordiforme (Carya cordiformis), de bouleau jaune et d’ostryer de Virginie, en présence de l’eupatoire rugueuse. En 1997, ce site comprenait une centaine de tiges réparties en deux colonies occupant une superficie de 25 mètres carrés (Gouvernement du Québec, 2001).

Saint‑Blaise

Un seul individu de l’espèce a été observé, dans une aire d’environ 3 mètres carrés, au sommet d’une petite colline située au sein d’une érablière à caryer cordiforme, à noyer cendré (Juglans cinerea) et à peuplier à grandes dents (Populus grandidentata), dont le sous‑étage est dominé par la verge d’or à tige zigzaguante (Solidago flexicaulis). Cette population n’a pas été revue depuis septembre 1997 (Gouvernement du Québec, 2001).