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Mise à jour - Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur l’abronie rose (Abronia umbellata) au Canada

Résumé

Abronie rose
Abronia umbellata

L’abronie rose (Abronia umbellata) appartient à un genre indigène de l’ouest de l’Amérique du Nord qui regroupe 25 espèces, dont deux sont présentes en Colombie-Britannique, et trois, au Canada. L’A. umbellata est représenté au Canada uniquement par la sous-espèce breviflora. La sous-espèce type (ssp. umbellata) ne se trouve qu’en Californie. L’abronie rose est une herbacée vivace à grosse racine pivotante s’enfonçant profondément dans le sol. Au Canada, la plante est dotée d’une tige rampante pouvant atteindre 1,5 m de longueur, à rameaux courts et à feuilles opposées, lancéolées à étroitement ovées, épaisses, charnues et densément glanduleuses. Le pétiole mesure de 2,5 à 7 cm de longueur. Le limbe est long de 2 à 6 cm et large de 0,8 à 3,5 cm. Les inflorescences sont arrondies et portées par un gros pédoncule de 2 à 4 cm de longueur. Elles regroupent un grand nombre de fleurs à périanthe soudé en un tube de 6 à 8 mm de longueur, verdâtre à rosâtre, qui s’évase en 5 lobes roses de 5 à 6 mm de largeur. Le fruit est un akène de 10 à 12 mm de longueur, à 3 ou 4 ailes bien développées. Les ailes sont plus larges que le reste du fruit. Chaque akène renferme une seule graine, brune, longue de 3 mm et large de 1,5 mm environ.

Répartition

Dans le passé, l’abronie rose se rencontrait sporadiquement sur la côte pacifique depuis le sud-ouest de la Colombie-Britannique jusque dans l’État de Washington, à l’Oregon et au nord de la Californie. Au Canada, avant 1927, l’abronie rose était présente à Bamfield (Pachena Bay) et à Tofino (Ahousat), au centre de la côte ouest de l’île de Vancouver. L’espèce a été récoltée en 2000 et observée en 2001 à Clo-oose Bay, au sud de Tofino, mais n’a pas été retrouvée en 2002.

Habitat

En Colombie-Britannique, l’abronie rose ne se rencontre que sur les côtes exposées, dans la partie haute de plages de sable, juste en bas de la zone de dépôt de débris flottants. Ces milieux sont balayés par les vagues à marée haute et lors des tempêtes d’hiver, de sorte que peu de plantes survivent d’une saison de végétation à l’autre. Les deux pieds d’abronie rose observés à Clo-oose Bay ont été emportés par les vagues dès la première tempête d’octobre 2000, et la même situation s’est produite en 2001. Peu d’espèces sont adaptées à la vie dans ces milieux éphémères, et seulement quelques pieds épars de Cakile maritima, espèce européenne, ont réussi à s’implanter dans cette localité. En 2000, deux pieds d’Abronia latifolia ont également été observés sur cette plage. Les plages de sable et les dunes sont relativement peu communes sur les côtes océaniques de Colombie-Britannique, et l’abronie rose est répertoriée pour seulement trois plages (Ahousat, Clo-oose Bay et Pachena Bay). Plusieurs autres plages sont susceptibles d’abriter l’espèce, puisqu’elles abritent ou ont déjà abrité l’Abronia latifolia, dont les exigences écologiques sont semblables à celles de l’A. umbellata.

Biologie

L’abronie rose se reproduit uniquement par voie sexuée, et une proportion élevée des graines sont viables. Des essais avec des akènes entiers ont donné un taux de germination inférieur à 1 p. 100, ce qui donne à penser qu’en milieu naturel, le péricarpe des akènes doit être usé par le frottement des grains de sable pour que les graines puissent germer. Le taux de germination obtenu pour des graines nues stratifiées se situait entre 52 p. 100 et 81 p. 100. La survie à court terme de l’abronie rose est précaire en raison du caractère éphémère de l’habitat, qui se limite à la partie haute des plages de sable, soumises à l’action des plus fortes marées. Ses chances de survie à long terme sont légèrement meilleures, grâce à l’enveloppe très dure des fruits. Cependant, les taux de germination en milieu naturel sont faibles; ainsi, des chercheurs ont obtenu pour des graines non traitées répandues sur des plages naturelles un taux de germination de un pour mille. La survie à long terme de l’espèce est très variable.

Taille et tendances des populations

L’abronie rose a été récoltée dans trois localités de Colombie-Britannique et aété observée pour la dernière fois dans la province en 2001. Les deux sujets recensés à Clo-oose Bay en 2000 et les trois recensés au même endroit en 2001 sont les seules observations ayant fait l’objet de dénombrements. Dans les deux cas, les sujets ont été emportés par les eaux à la fin de la saison de végétation. On pense que le nombre de graines qui germent au cours d’une saison sur cette plage est rarement élevé, en raison des conditions défavorables.

Facteurs limitatifs et menaces

La principale menace pour la survie de l’abronie rose en Colombie-Britannique vient de l’Ammophila arenaria et de l’A. breviligulata, qui risquent d’envahir et de stabiliser les arrière-plages et les avant-dunes de la côte. Sur la plage de Wickaninnish, l’une des plus grandes plages de la côte océanique de la province, située dans le parc national Pacific Rim, les Ammophila ont déjà envahi une grande partie du milieu propice à l’abronie rose.

À cause de son réseau étendu de rhizomes, l’A. arenaria est difficile à extirper. L’espèce est tellement répandue sur la côte ouest des États-Unis qu’il est pratiquement impossible de l’éliminer sauf à échelle très localisée. À ce jour, les tentatives de lutte chimique, mécanique et manuelle contre l’espèce ont donné des résultats plus ou moins heureux.

Les tempêtes d’hiver constituent également une menace importante pour l’abronie rose. Les plages de sable où pousse l’espèce sont souvent balayées par les vagues, à marée haute et lors des tempêtes d’hiver, de sorte que peu de plantes résistent d’une saison de végétation à l’autre. Les tempêtes d’hiver transforment également le modelé des plages et des dunes et, bien qu’il s’agisse de phénomènes naturels, elles doivent être prises en compte dans les plans de gestion de l’espèce, surtout lorsqu’on envisage de réintroduire des populations.

Importance de l’espèce

L’abronie rose vit dans un écosystème peu commun en Colombie-Britannique, à savoir les plages de sable et dunes côtières exposées. L’espèce est éphémère, ne réapparaissant parfois qu’après un long intervalle. L’abronie rose est un des éléments les plus rares de la flore canadienne.

Protection actuelle et autres désignations

En Colombie-Britannique, aucune loi provinciale ne protège les plantes vasculaires en péril. Toutefois, si l’abronie rose réapparaissait dans la réserve de parc national Pacific Rim, la protection prévue par la Loi sur les parcs nationaux du Canada s’appliquerait. En outre, la Loi sur les espèces en péril protège les espèces désignées par le COSEPAC se trouvant sur les terres fédérales.

Historique du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le Comité a été créé  pour satisfaire au besoin d’une classification nationale des espèces sauvages en péril qui soit unique et officielle et qui repose sur un fondement scientifique solide. En 1978, le COSEPAC (alors appelé Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) promulguée le 5 juin 2003, le COSEPAC est un comité consultatif qui doit faire en sorte que les espèces continuent d’être évaluées selon un processus scientifique rigoureux et indépendant.

Mandat du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) évalue la situation, à l’échelle nationale, des espèces, sous-espèces, variétés ou autres unités désignables qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées aux espèces indigènes et incluant les groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, arthropodes, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

Composition du COSEPAC

Le COSEPAC est formé de membres de chacun des organismes provinciaux et territoriaux responsables des espèces sauvages, de quatre organismes fédéraux (Service canadien de la faune, Agence Parcs Canada, ministère des Pêches et des Océans et Partenariat fédéral en biosystématique, présidé par le Musée canadien de la nature) et de trois membres ne relevant pas de compétence, ainsi que des coprésidents des sous-comités de spécialistes des espèces et du sous-comité de connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit pour examiner les rapports de situation sur les espèces candidates.

Définitions (depuis mai 2004)

Espèce
Toute espèce, sous-espèce, variété ou population indigène de faune ou de flore sauvage géographiquement définie.

Espèce disparue (D)
Toute espèce qui n’existe plus.

Espèce disparue du Canada (DC)
Toute espèce qui n’est plus présente au Canada à l'état sauvage, mais qui est présente ailleurs.

Espèce en voie de disparition (VD)Note de bas de page1
Toute espèce exposée à une disparition ou à une extinction imminente.

Espèce menacée (M)
Toute espèce susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitatifs auxquels elle est exposée ne sont pas renversés.

Espèce préoccupante (P)Note de bas de page2
Toute espèce qui est préoccupante à cause de caractéristiques qui la rendent particulièrement sensible aux activités humaines ou à certains phénomènes naturels.

Espèce non en péril (NEP)Note de bas de page3
Toute espèce qui, après évaluation, est jugée non en péril.

Données insuffisantes (DI)Note de bas de page4
Toute espèce dont le statut ne peut être précisé à cause d’un manque de données scientifiques.

 

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le comité avait pour mandat de réunir les espèces sauvages en péril sur une seule liste nationale officielle, selon des critères scientifiques. En 1978, le COSEPAC (alors appelé CSEMDC) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. Les espèces qui se voient attribuer une désignation lors des réunions du comité plénier sont ajoutées à la liste.

 

Service canadien de la faune

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.

 

Notes de bas de page

Note de bas de page 1

Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu’en 2000.

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Note de bas de page 2

Appelée « espèce rare » jusqu’en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.

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Note de bas de page 3

Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».

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Note de bas de page 4

Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu’en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999.

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