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Mise à jour - Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur l’abronie rose (Abronia umbellata) au Canada

Habitat

Besoins de l’espèce

En Colombie-Britannique, l’abronie rose ne se rencontre que sur les côtes exposées, dans la partie haute de plages de sable, juste en bas de la zone de dépôt de débris flottants. Ces milieux sont balayés par les vagues à marée haute et lors des tempêtes d’hiver, de sorte que peu de plantes survivent d’une saison de végétation à l’autre. Les deux pieds d’abronie rose observés à Clo-oose Bay ont été emportés par les vagues dès la première tempête d’octobre 2000, et la même situation s’est produite en 2001. Peu d’espèces sont adaptées à la vie dans ces milieux éphémères, et seulement quelques pieds épars de Cakile maritima, espèce européenne, ont réussi à s’implanter sur cette partie de la plage.

Les plages de sable et les dunes sont peu communes sur les côtes océaniques de la Colombie-Britannique. Il existe des mentions antérieures de l’abronie rose pour seulement trois plages (Ahousat, Clo-oose Bay et Pachena Bay). Plusieurs autres plages sont susceptibles d’abriter l’espèce, puisqu’elles abritent ou ont déjà abrité l’Abronia latifolia, dont les exigences écologiques sont semblables à celles de l’A. umbellata.

Au cours du dernier siècle, les plages de sable et les dunes de la côte pacifique ont été profondément transformées par suite de l’introduction des graminées stabilisatrices Ammophila arenaria et A. breviligulata (Wiedemann, 1984; Rittenhouse, 1994; Buell et al., 1995; Wiedeman et Pickart, 1996; Pickart et Sawyer, 1998). Ces plantes rhizomateuses à croissance vigoureuse ont envahi les avant-dunes, supplantant la majeure partie de la végétation naturelle. Les avant-dunes sont devenues plus élevées, plus raides et plus stables qu’au temps où elles étaient peuplées par des espèces indigènes. Les Ammophila empiètent également sur la partie haute des plages de sable, habitat naturel de l’Abronia umbellata. 

Tendances

Le type de milieux où vit ou peut vivre l’abronie rose a connu un déclin notable au cours des ans, en particulier aux États-Unis. L’introduction des graminées Ammophila arenaria et, plus récemment, A. breviligulata, a profondément transformé les plages de sable et les dunes en de nombreux endroits de la côte. Les premières mentions de l’A. arenaria pour la région de Tofino remontent au milieu des années 1920. Les avant-dunes de la plus longue plage (plus de 3 km) de la côte ouest de l’île de Vancouver ont été transformées par la présence d’espèces introduites au point où toute possibilité de colonisation par l’abronie rose est exclue. Depuis quelques années, les dunes sont également envahies par l’A. breviligulata, qui semble encore plus vigoureuse sur les nouvelles dunes que l’A. arenaria. Il reste toutefois plusieurs plages où les Ammophila sont peu présentes, notamment celles de Clo-oose Bay et de Pachena Bay.

Protection et propriété des terrains

La plus récente population d’abronie rose de la région de Clo-oose Bay a été découverte dans la réserve de parc national Pacific Rim, protégée en vertu de la Loi sur les parcs nationaux du Canada. La tenure des deux autres sites, aujourd’hui disparus, est introuvable, les indications concernant leur position géographique étant trop imprécises.