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Mise à jour - Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur l’abronie rose (Abronia umbellata) au Canada

Biologie

Généralités

L’abronie rose est une vivace des milieux éphémères caractérisant les plages de sable. L’espèce ne se reproduit que par voie sexuée, les graines subissant forcément une période de dormance, puisqu’elles ne peuvent germer avant que le péricarpe résistant de l’akène ne soit usé par abrasion. Des expériences mettant en œuvre divers procédés de stratification ont donné des taux de germination élevés. Par contre, dans la nature, le taux de germination semble faible. À court comme à long terme, la survie des populations semble précaire, étant donné leur habitat éphémère et fluctuant ainsi que leur effectif, qui tend à être peu élevé et à varier beaucoup d’une année à l’autre.

Reproduction

L’abronie rose se reproduit uniquement par voie sexuée. Une proportion élevée des graines récoltées par Kaye (1999) en 1991 et 1992 étaient viables. Kaye (1999) les a soumises à différents essais de germination : il a placé des akènes entiers sur du sable humide et des graines sèches sur du papier mouillé, du sable mouillé et du papier imbibé de KNO3. Il a soumis des graines stratifiées aux mêmes traitements. Le taux de germination obtenu pour les essais avec des akènes entiers était inférieur à 1 p. 100, ce qui donne à penser qu’en milieu naturel, le péricarpe des akènes doit être usé par le frottement des grains de sable pour que les graines puissent germer. Le taux de germination obtenu pour les graines stratifiées se situait entre 52 p. 100 et 74 p. 100. Des essais avec des graines récoltées au même endroit en 1996 ont montré que la stratification augmentait sensiblement le taux de germination, faisant passer la moyenne de 32 p. 100 à 81 p. 100 (ndl=10, t=2,23, P<0,0001).

Chez les populations naturelles de Colombie-Britannique, la production de graines est bonne : presque tous les akènes récoltés en 2000 renfermaient une graine viable. Les deux sujets observés à Clo-oose Bay portaient en tout environ 300 inflorescences comportant chacune 15 à 20 akènes, pour un total d’environ 5 200 graines (Douglas, 2001).

Survie

La survie à court terme de l’abronie rose est précaire en raison du caractère éphémère de l’habitat de l’espèce, qui se limite à la partie haute des plages de sable, soumises à l’action des plus fortes marées. Ses chances de survie à long terme sont légèrement meilleures grâce à l’enveloppe très dure des fruits. Des expériences ont montré que le taux de germination est faible lorsque le péricarpe des akènes n’a pas subi une abrasion exposant la graine (Kaye, 1999). Par ailleurs, des chercheurs ont montré qu’en milieu naturel, le taux de germination est faible même si les graines sont exposées (Kaye et al., 1998). Ces auteurs ont répandu des graines non traitées sur des plages naturelles et ont observé un taux de germination de un pour mille.

La survie à long terme de l’espèce est très variable. La population d’Otter Point, en Oregon, a compté de 9 à 15 individus entre 1993 et 1996, a atteint 136 à 177 individus entre 1997 et 1999, est disparue complètement en 2000, puis trois individus ont ressurgi en 2001 (Kaye et al., 1998; Kaye, 2002). L’apparition sporadique de l’espèce en Colombie-Britannique, parfois à intervalles éloignés, signifie soit que les graines demeurent longtemps viables dans le milieu, soit qu’elles proviennent d’Oregon et ont conservé leur pouvoir germinatif pendant leur transport par les courants marins.

Physiologie

Aucune donnée.

Génétique

Comme la plupart des populations d’abronie rose comptent un très petit nombre d’individus, on peut penser qu’elles sont vulnérables aux fluctuations démographiques, aux variations des conditions du milieu et à la perte de variabilité génétique. Dans certaines circonstances, les petites populations peuvent subir une dépression de consanguinité, une dérive génique et une perte de valeur d’adaptation (Primack, 1998).

En Oregon, McGlaughlin et al. (2002) ont mesuré la variation génétique chez quatre populations réintroduites d’Abronia umbellata ssp. breviflora comptant entre 18 et 4 111 individus. Ils ont également mesuré la variation génétique au sein de la population naturelle d’où provenaient les graines. Deux des populations réintroduites avaient conservé environ 90 p. 100 de la variation génétique de la population source. Ces résultats donnent à croire qu’une population réintroduite comptant au moins 1 000 individus devrait conserver 90 p. 100 de la variation génétique de la population source.

Déplacement et dispersion

L’abronie rose ne se multiplie pas par voie végétative à partir de fragments de la plante (Kaye, 1998); la dispersion de l’espèce est assurée uniquement par les graines. La dissémination locale des graines est probablement favorisée par les vents, qui charrient les fruits ailés à l’intérieur et à l’extérieur de la zone de dépôt des débris flottants. Comme il a été mentionné, grâce à ses fruits durs, l’abronie rose peut persister longtemps dans le réservoir de graines et même se déplacer avec les courants marins.

Nutrition et relations interspécifiques

Les sables des dunes et des plages sont pauvres en éléments nutritifs. En fait, comme ils n’accumulent pas de matière organique, leurs teneurs en éléments nutritifs sont si faibles qu’il est difficile de les mesurer (Wiedemann, 1984). En raison de la quantité élevée de pluie qui tombe dans la région et de la rapidité avec laquelle les sables sont drainés, la salinité ne constitue aucun problème pour l’abronie rose (Wiedemann, 1984).

Comportement et adaptabilité

Aucune donnée.