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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la Béluga au Canada – Mise à jour

Habitat

Les bélugas changent d’habitat au fil des saisons. Dès la rupture de la banquise côtière à la fin du printemps, ils se rassemblent au bord de la banquise et pénètrent dans les chenaux traversant les secteurs couverts par les glaces (Stirling, 1980). Souvent, les bélugas apparaissent dans leurs estuaires traditionnels, alors libres de glace, plusieurs semaines avant la dislocation complète des grandes étendues de glace de mer entourant ces baies.

En été, après la dislocation ou la disparition complète de la banquise côtière, les bélugas se rassemblent le long du littoral et dans des eaux relativement peu profondes (Sergeant, 1973; Brodie, 1971; Ognetov, 1981; Michaud et al., 1990; Smith et Martin, 1994). C’est pendant cette période qu’ils fréquentent des estuaires (Sergeant, 1973; Smith et Martin, 1994) et des fronts de glacier bien précis (Lydersen et al., 2001).

Les données recueillies à ce jour ne permettent pas de déterminer avec certitude si les bélugas muent (St. Aubin et al., 1990), s’alimentent ou mettent bas (Stewart et Stewart, 1989) dans ces lieux d’estivage. Aucune de ces possibilités n’est exclue, et il se peut également que l’activité des bélugas varie d’un secteur géographique à l’autre.

À partir de la mi-août, les bélugas quittent progressivement leur habitat estuarien. Les bélugas de certaines populations, telles que celle de l’est du haut Arctique et de la baie de Baffin et celle de l’est de la mer de Beaufort, semblent parcourir de longues distances pour gagner des zones d’eau profonde au large des côtes (Smith et Martin, 1994; Richard et al., 2001b). Pendant les quelques semaines où ils y demeurent, ils plongent jusqu’au fond de la mer et se livrent à ce qui semble être une alimentation intensive. Au milieu ou à la fin de septembre, les bélugas commencent à se déplacer vers leur lieu d’hivernage.

Des recensements aériens effectués en mars ont révélé que les bélugas se concentraient alors dans les secteurs de banquise lâche ou dans les polynies et qu’ils préfèrent les secteurs où la concentration de glace varie entre 4/10 et 8/10 (Jonkel, 1969; Finley et Renaud, 1980; Koski et Davis, 1979). En raison du faible taux de rétention des marques télémétriques satellitaires, les chercheurs ne connaissent pas encore leurs lieux d’alimentation spécifiques ni les interactions possibles entre les populations qui partageraient les mêmes lieux d’alimentation en hiver. Il a été possible de décrire un grand nombre des proies du béluga à partir de données de contenu stomacal pour l’été en eaux peu profondes (Vladykov, 1946; Kleinenberg et al., 1964; Watts et Draper, 1986). Cependant, ses stratégies d’alimentation ou les proies disponibles dans l’habitat qu’il fréquente pendant la longue saison hivernale demeurent inconnues.

Barber et al. (2001) ont examiné les relations entre le béluga et son habitat par télémétrie.Ils ont constaté une distribution bimodale pour la profondeur, les animaux préférant soit les eaux peu profondes, soit celles d’environ 500 m de profondeur. Les eaux libres de glace étaient proportionnellement plus fréquentées que celles qui étaient couvertes de glace. Les bélugas évitaient les secteurs présentant une concentration de glace de 10/10.