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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la Béluga au Canada – Mise à jour

Répartition

Aire de répartition mondiale

Les bélugas sont disséminés dans la région circumpolaire et occupent les eaux de l’Alaska, du Canada, du Groenland, de la Norvège et de la Russie. Dans l’Arctique, leur aire de répartition s’étend au nord jusqu’au 82e parallèle; dans la région sub-arctique de l’océan Pacifique, elle descend au sud jusqu’au 60e parallèle, au golfe de  Cook, en Alaska, et, du côté de l’Atlantique, elle s’étend encore plus au sud, jusqu’au 47e parallèle, dans l’estuaire du Saint-Laurent.

Au départ, les chercheurs ont provisoirement différencié 16 populations de bélugas dans la région néarctique à l’échelle mondiale, en employant comme critère principal la répartition géographique des animaux pendant les mois d’été (Donovan, 1992). Plus récemment, à la lumière de nouvelles données sur le comportement du béluga, sur ses caractéristiques génétiques et sur la signature des contaminants, ce chiffre a été augmenté à 22 (Martin et Reeves, 2000).

Bon nombre de ces populations, qui ont des territoires géographiques distincts ou contigus en été, se mélangent pendant la migration du printemps et de l’automne et partagent leurs lieux d’hivernage dans des secteurs peu englacés ou dans des polynies récurrentes.


Aire de répartition canadienne

Ces dernières années, on a recueilli de nombreuses données nouvelles sur l’aire de répartition de plusieurs des sept populations canadiennes désignées antérieurement (figure 2) en posant sur les animaux des émetteurs reliés à un satellite et en effectuant des recensements aériens plus détaillés. En outre, les renseignements recueillis auprès des chasseurs inuits sont venus augmenter le volume d’information dont disposaient les scientifiques sur les déplacements et les migrations de ces populations.


Figure 3 : Fréquence des haplotypes d’ADNmt chez le béluga dans 12 régions de l’Amérique du Nord et dans l’ouest du Groenland

Figure 3 : Fréquence des haplotypes d’ADNmt chez le béluga dans 12 régions de l’Amérique du Nord et dans l’ouest du Groenland. La dimension des diagrammes circulaires est proportionnelle à la taille des échantillons.

La dimension des diagrammes circulaires est proportionnelle à la taille des échantillons (tiré de De March et al., 2002, p. 25, figure 2).


Population de l’estuaire du Saint-Laurent

Cette population est concentrée dans la partie du fleuve qui subit l’influence des eaux du Saguenay. L’aire d’estivage est bien délimitée et a peu changé dans les 20 dernières années (Michaud et al., 1990; Michaud, 1993; Lesage et Kingsley, 1995) (figure 4). De récents recensements aériens ont permis de dénombrer les bélugas dans tout le territoire estival (Kingsley et Hammill, 1991; Kingsley, 1996; Kingsley, 1998; Michaud et Chaderet, 1990; Gosselin et al., 2001). Les bélugas sont presque inexistants en aval de l’île du Bic et en amont de l’île aux Coudres (Reeves et Mitchell, 1984).


Figure 4 : Zone d’occurrence et aire d’estivage principale de la population de bélugas de l’estuaire du Saint-Laurent

Figure 4 : Zone d’occurrence et aire d’estivage principale de la population de bélugas de l’estuaire du Saint‑Laurent.

Des bélugas sont aperçus sporadiquement à l’extérieur de l’aire de répartition principale, notamment du cap Gaspé à la baie de Fundy, mais ils sont considérés comme des animaux errants.

On sait peu de choses sur l’aire d’hivernage des bélugas du Saint-Laurent. Il semble y avoir une légère augmentation du nombre de bêtes qui fréquentent les secteurs situés un peu plus loin en aval pendant les mois d’hiver (Kingsley, 1998).

Les bélugas de l’estuaire du Saint-Laurent n’occupent plus qu’une petite partie de leur ancien territoire, qui s’étendait en aval jusqu’à Pointe-des-Monts et Cap-Chat et en amont bien au-delà de l’île aux Coudres (Vladykov, 1944; Reeves et Mitchell, 1984).  Kingsley (2002) a émis l’hypothèse qu’il y aurait peut-être eu deux populations distinctes de bélugas dans le fleuve Saint-Laurent, l’une concentrée à l’embouchure du Saguenay et l’autre à l’embouchure de la Manicouagan (Kingsley, 2002). Cette dernière population a fait l’objet d’une chasse intensive (Laurin, 1982), et il se peut que le harnachement de la rivière ait entraîné sa disparition.


Population de la baie d’Ungava

Des recensements aériens ont été effectués en 1985 (Smith et Hammill, 1986), en 1993 (Kingsley, 2000) et en 2001 (Gosselin et al., 2002) le long des mêmes lignes de transect couvrant 25 % de la baie d’Ungava (figure 5). Aucun béluga n’a été aperçu sur ces lignes de transect traversant la baie d’est en ouest.


Figure 5 : Zone d’occurrence et aire d’estivage principale de la population de bélugas de la baie d’Ungava

Figure 5 : Zone d’occurrence et aire d’estivage principale de la population de bélugas de la baie d’Ungava.

 


Pendant les mêmes recensements, dans le cadre de vols de reconnaissance effectués au-dessus des estuaires autrefois fréquentés par des troupeaux de bélugas, tels que celui de la rivière Mucalic, les chercheurs n’ont repéré que seulement quelques bélugas. En 1986, un petit groupe de scientifiques installé à l’embouchure de la rivière Mucalic a étudié intensivement la région depuis une tour pendant 18 jours, du 18 juillet au 7 août. Seuls 12 individus ont été aperçus pendant cette période, le groupe le plus nombreux comptant 8 bélugas (T.G. Smith, E.M.C. Eco Marine Corp., observations inédites,1986).

Les chercheurs possèdent peu de données directes sur les déplacements saisonniers des bélugas dans la baie d’Ungava. Des animaux appartenant à plusieurs populations différentes hivernent dans la région du détroit d’Hudson, qui rejoint l’extrémité nord de la baie d’Ungava. Certains bélugas abattus au début du printemps et à la fin de l’automne dans la baie d’Ungava sont probablement issus de cette population mélangée (de March et Postma, 2003).

Les Inuits de la baie d’Ungava signalent la présence de bélugas qui se déplacent vers le nord lorsque la banquise recule au printemps. À l’automne, ils observent des bélugas qui se déplacent vers le sud, mais au large des côtes. On s’entend généralement pour dire que ces bélugas sont aujourd’hui moins nombreux, étant rarement aperçus aux environs des rivières où ils avaient autrefois l’habitude de se rassembler (Lee et al., 2002).


Population de l’est de la baie d’Hudson

Trois grands recensements aériens (Smith et Hammill, 1986; Kingsley, 2000; Gosselin et al., 2002) témoignent du fait que les bélugas fréquentent les zones côtières et extracôtières de l’arc des îles Nastapoka, d’Inukjuak à Kuujjuarapik, pendant les mois d’été (figure 6). On en aperçoit également au large jusqu’aux îles Belcher (Sanikiluaq). Les estuaires de la rivière Nastapoka et de la Petite rivière de la Baleine sont les principaux lieux d’estivage, et ils sont fréquentés par les bélugas de la mi‑juillet à la fin d’août (Caron et Smith, 1990; Doidge, 1994, Doidge et Lesage, 2001).


Figure 6 : Zone d’occurrence et aire d’estivage principale de la population de bélugas de l’est de la baie d’Hudson

Figure 6. Zone d’occurrence et aire d’estivage principale de la population de bélugas de l’est de la baie d’Hudson (données modifiées par rapport à celles du MPO, 2002b).

 

Données modifiées par rapport à celles du MPO, 2002b.

Le pistage satellitaire a fourni un certain volume de données scientifiques directes sur les déplacements saisonniers des bélugas. Quatre animaux marqués en 1993 dans la Petite rivière de la Baleine sont demeurés dans le secteur de Nastapoka jusqu’à la fin de septembre, époque où leurs signaux ont été perdus (Kingsley et al., 2001). Aucun des animaux ne s’est rendu dans la région des îles Belcher. Un individu marqué dans le détroit d’Hudson au début d’octobre 1995 est demeuré en eau profonde et s’est graduellement déplacé vers l’est jusqu’à ce que les chercheurs perdent ses signaux un mois plus tard (Kingsley et al., 2001). De juillet 2002 à janvier 2003, on a pu suivre les déplacements de sept bélugas marqués dans l’est de la baie d’Hudson. La plupart d’entre eux avaient quitté l’est de la baie d’Hudson en octobre et s’étaient rendus jusque dans la baie d’Ungava, pour y rester jusqu’en décembre. En janvier, deux d’entre eux se trouvaient dans la région de Nain, au Labrador (Lewis et al., 2003), leur dernier emplacement connu. Au moins quelques-uns des bélugas observés près de la côte nord du Labrador en hiver et au printemps seraient issus de cette population (Brice-Bennett, 1978).

Les Inuits des collectivités qui bordent le détroit d’Hudson et la côte est de la baie d’Hudson s’accordent pour dire que les bélugas ont déserté un grand nombre des rivières qui leur servaient autrefois d’habitat. La plupart d’entre eux estiment que c’est le bruit qui a poussé les cétacés à quitter la côte pour les zones extracôtières. Deux personnes âgées d’Inukjuak mentionnent qu’un stock de bélugas qui passait les mois d’été au nord de leur village a été décimé (Doidge et al., 2002).


Population de l’ouest de la baie d’Hudson

Les bélugas se rassemblent dans les estuaires du Churchill, du Nelson et de la Seal sur la côte sud-ouest de la baie d’Hudson. Ils y arrivent à la mi-juin et leur nombre augmente jusqu’à la fin de juillet, après quoi ils commencent à se déplacer vers le nord le long de la côte jusqu’à la baie Repulse (Sergeant, 1973) (figure 7). La période exacte de cette migration d’automne et le parcours emprunté demeurent pour l’instant inconnus. De récents travaux de pistage télémétrique satellitaire montrent que les bélugas de l’estuaire du Churchill passent tout l’été dans les eaux peu profondes de la côte. Au début de septembre, ils entament une migration vers l’est pendant laquelle ils effectuent des plongées en eau profonde (Martin et al., 2001). Les quatre émetteurs ont cessé de fonctionner à la fin de septembre et n’ont donc fourni aucune information sur les voies migratoires empruntées à la fin de l’automne. Ce parcours les amène probablement au détroit d’Hudson et peut‑être aussi sur la côte du Labrador (voir Brice-Bennett, 1978).


Figure 7 : Zone d’occurrence et aire d’estivage principale de la population de bélugas de l’ouest de la baie d’Hudson

Figure 7 : Zone d’occurrence et aire d’estivage principale de la population de bélugas de l’ouest de la baie d’Hudson.

Données modifiées par rapport à celles du MPO, 2002b).

Les Inuits de la baie d’Hudson connaissent depuis longtemps la période de migration et les parcours côtiers des bélugas, qui hivernent dans le détroit d’Hudson avant de pénétrer dans la partie est de la baie d’Hudson, la baie James et l’ouest de la baie d’Hudson pour les mois d’été. Les Inuits sont d’avis qu’une ou deux autres populations passent l’hiver dans la partie sud de la baie d’Hudson et la baie James, et peut-être la partie nord-ouest de la baie d’Hudson (Jonkel, 1969; McDonald et al., 2002).


Population de l’est du haut Arctique et de la baie de Baffin

En mars, les recensements aériens ont révélé qu’un petit nombre de bélugas se trouvaient au nord de la baie de Baffin, dans le secteur de la polynie des eaux du Nord (Finley et Renaud, 1980; Stirling, 1980; Richard et al., 1998a). De 1987 à 2000, les études sur les déplacements des bélugas marqués ont montré que la plupart des individus pourvus d’émetteurs en été dans l’archipel du haut Arctique n’ont pas quitté la région du haut Arctique et de la polynie des eaux du Nord, du moins jusqu’à ce que les émetteurs cessent de transmettre des signaux au début de l’hiver (Richard et al., 2001a; figure 8).


Figure 8 : Zone d’occurrence et aire d’estivage principale de la population de bélugas de l’est du haut Arctique et de la baie de Baffin

Figure 8 : Zone d’occurrence et aire d’estivage principale de la population de bélugas de l’est du haut Arctique et de la baie de Baffin.

Données modifiées par rapport à celles du MPO, 2002b.

Les chasseurs de l’île de Baffin constatent le départ graduel des bélugas à mesure que les glaces se forment le long des côtes. Du côté nord-est de l’île, les bélugas semblent se déplacer vers l’est à cette même époque. Les Inuits de Grise Fiord, dans l’île d’Ellesmere, sont le seul groupe de chasseurs qui aperçoivent des bélugas tout au long de l’hiver à la lisière de la banquise du détroit de Jones. Au printemps, dès la rupture des glaces, les bélugas se frayent un passage dans les territoires de chasse le long de la côte est et de la côte nord de l’île de Baffin (Remnant et Thomas, 1992; Stewart et al., 1995; Stewart, 2001).

On sait depuis longtemps que certains bélugas passent l’hiver sur la côte ouest du Groenland (Degerbøl et Nielsen, 1930), et les Inuits de la région en font toujours une chasse de subsistance (Thomsen, 1993). Selon les résultats d’une récente étude de pistage télémétrique dans une importante zone d’estivage (la baie Creswell, dans l’île Somerset), les bélugas de ce secteur feraient partie de la population qui migre sur la côte ouest du Groenland en hiver. Heide-Jørgensen et al. (2003) estiment, à la lumière de cette étude, qu’environ 15 % des bélugas qui estivent dans le haut Arctique se rendent sur la côte ouest du Groenland pour l’hiver.

Pendant l’hiver 1998-1999, des recensements aériens ont été réalisés le long du littoral ouest du Groenland entre Qeqertarsuaq (69º 30’ N) et Paamiut (62º 00’ N), certains jusqu’à 80 km au large des côtes (Heide-Jørgensen et Aquarone, 2002).  D’autres recensements aériens semblables ont été effectués dans ce même secteur en 1981‑1982 et en 1993-1994 (Heide-Jørgensen et Reeves, 1996). Dans tous les recensements réalisés depuis 1981 le long de la côte ouest du Groenland, le profil de répartition hivernale des bélugas est demeuré relativement constant. La plupart des animaux sont aperçus à moins de 50 km de la côte. C’est dans la strate nord que le plus grand nombre d’animaux ont été observés, en particulier à l’extrémité nord du Store Hellfiske Banke, qui marque la limite de la plateforme continentale et de la banquise dense qui couvre la baie Disko (Heide-Jørgensen et Aquarone, 2002). Dans les régions situées plus au sud, entre Maniitsoq et Paamiut (de 65º N à 62º N), le profil de répartition des bélugas semble demeurer inchangé d’un recensement à l’autre (Heide-Jørgensen et Reeves, 1996).

Les bélugas apparaissent sur la côte ouest du Groenland à la fin de l’automne, et ils passent l’hiver dans une vaste étendue de banquise et d’eaux libres entre la baie Disko et Upernavik. La chasse a lieu principalement pendant la migration des bélugas vers le sud, à la fin d’octobre, ou pendant leur retour vers le nord, en mai et en juin (Thomsen, 1993).


Population de la baie Cumberland

Les recensements aériens effectués dans la baie Cumberland et le long de la côte sud-est de l’île de Baffin montrent que la majeure partie des bélugas estivent au fjord Clearwater, où ils occupent l’estuaire de la rivière Ranger de la mi-juillet à la mi‑septembre. Des études antérieures ont amené certains chercheurs à présumer que certains bélugas aperçus dans des régions éloignées comme la baie Frobisher et les environs de Kimmirut pendant les mois d’été venaient de la baie Cumberland; ce groupe portait alors le nom de population du sud-est de l’île de Baffin (Richard et Orr, 1986). Toutefois, des recensements aériens plus récents et des études de pistage télémétrique donnent à penser que les bélugas demeurent dans la baie Cumberland à longueur d’année (P. Richard, MPO, Winnipeg, comm. pers.) (figure 9).


Figure 9 : Zone d’occurrence et aire d’estivage principale de la population de bélugas de la baie Cumberland

Figure 9 : Zone d’occurrence et aire d’estivage principale de la population de bélugas de la baie Cumberland.

Données modifiées par rapport à celles du MPO, 2002b.

Les Inuits de la baie Cumberland signalent que les bélugas passent moins de temps dans le fjord Clearwater qu’auparavant. Ils attribuent ce phénomène aux perturbations accrues causées par les bateaux à moteur. Les Inuits croient aussi que les bélugas quittent le fjord plus tôt dans la saison que par le passé (Kilabuk, 1998).


Population de l’est de la mer de Beaufort

On sait que les bélugas se rassemblent dans l’estuaire du fleuve Mackenzie en juillet, mais qu’ils se disséminent aussi dans les zones extracôtières adjacentes (Fraker et al., 1979; Harwood et al., 1996; Richard et al., 2001b). À la fin de juillet, ils commencent à se disperser vers l’est, principalement dans le golfe d’Amundsen et plus au nord (figure 10). Pendant deux années d’études télémétriques satellitaires, 11 des 14 mâles marqués ont parcouru de longues distances pour se rendre jusqu’au détroit du Vicomte de Melville, et ils ont poursuivi leur route vers l’est jusqu’à l’île Stefansson, dans un secteur où la concentration des glaces était de 9/10 (MPO, 2000). Aucune des neuf femelles marquées n’a effectué ce parcours. En septembre, les bélugas marqués se sont tous déplacés vers l’ouest jusque dans l’ouest de la mer des Tchouktches, et certains ont poursuivi leur migration jusqu’au détroit de Béring. À la fin de novembre, toutes les marques télémétriques avaient cessé d’émettre des signaux.


Figure 10 : Zone d’occurrence et aire d’estivage principale de la population de bélugas de l’est de la mer de Beaufort

Figure 10 : Zone d’occurrence et aire d’estivage principale de la population de bélugas de l’est de la mer de Beaufort.

Données modifiées par rapport à celles du MPO, 2002b.

Les Inuvialuits signalent que, à la fin de l’hiver et au début du printemps, ils aperçoivent souvent les premiers bélugas dans la zone de cisaillement des glaces, au large de la côte ouest de l’île Banks. Selon l’état des glaces, il arrive qu’ils se rendent d’abord près de l’île Herschel à la fin d’avril ou au début de mai. Les bélugas pénètrent dans les eaux peu profondes du delta du Mackenzie en juin ou au début de juillet. Ils passent un certain temps dans le delta, puis se dispersent au large pour réapparaître dans la baie Darnley et dans le golfe d’Amundsen. La migration vers l’ouest commence à la fin d’août ou au début de septembre (Byers et Roberts, 1995).