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Programme de rétablissement de la lamproie du ruisseau Morrison

2. Description des besoins de l’espèce

2.1 Le rôle écologique et les facteurs limitatifs

Le rôle écologique

Après sa métamorphose, L. richardsoni var. marifuga est supposée prendre la forme de parasite externe, s’attachant à d’autres espèces de poissons, bien qu’on n’ait pas encore observé le phénomène en pleine nature. Si cela s’avère véridique, la lamproie du ruisseau de Morrison exerce une influence limitative sur l’abondance des espèces qu’elles habitent. De toute évidence, de nouvelles études sont nécessaires pour évaluer les répercussions sur l’abondance des proies et leur répartition. Il est également possible que la lamproie se nourrisse des carcasses de saumons. (R. Beamish, pers. comm.).  Les lamproies sont elles-mêmes la proie de poissons et d’autres espèces aquatiques et, par conséquent, ont une place dans la chaîne alimentaire de ces espèces. Les ammocètes sont les plus vulnérables face à leurs prédateurs, surtout lorsqu’ils émergent des lits des ruisseaux (Close et al. 2002). Les adultes vivants et les charognards de la lamproie du Pacifique adultes forment une composante importante de la diète de certains poissons et certaines espèces aquatiques (Close et al. 2002), quoiqu’on ne connaisse pas dans quelle mesure la lamproie du ruisseau de Morrison est importante pour ces prédateurs.

2.2 Les facteurs limitatifs.

On n’a pas bien étudié les facteurs environnementaux qui limitent la lamproie du ruisseau de Morrison.  Nous présumons que les populations sont touchées par la compétition entre espèces, la prédation, la quantité et la qualité des habitats et la disponibilité de la nourriture bien que la conséquence relative de chaque vecteur ne soit pas connue. Il est évident que pour perdurer, toutes les espèces requièrent un alevinage suffisant, un habitat de frai et une base alimentaire saine.

2.3 Les besoins en habitat

L. richardsoni var. marifuga ne se retrouve que dans le ruisseau Morrison, un affluent de la rivière Puntledge, sur l’île de Vancouver (Figure 4).  Le bassin hydrologique du ruisseau de Morrison se situe dans la zone côtière biogéoclimatique du sapin de Douglas. Ce microclimat est généralement chaud et sec l’été, et doux et humide l’hiver. Une variété d’espèces de poissons vivent dans le ruisseau Morrison (Freshwater Fisheries Society of BC 2005) notamment le saumon rose (Oncorhynchus gorbuscha) le saumon coho (O. kisutch), le saumon quinnat (O. tsawytscha) et le saumon kéta (O. keta) l’habitent ainsi que la truite fardée anadrome (O. clarki), la truite arc-en-ciel (O. mykiss), le dolly varden (Salvelinus malma), trois types de lamproies (la lamproie du Pacifique, Lampetra tridentata; la lamproie de l'ouest, L. richardsoni; et la lamproie du ruisseau de Morrison, L. richardsoni var. marifuga).

Le bassin hydrologique du ruisseau Morrison est d’une superficie de 890 acres (Ellefson 2003) et fournit à longueur d’année des habitats pour les poissons. Le ruisseau est caractérisé par des courants frais, clairs qui proviennent de sources printanières des cours supérieurs. (Ellefson 2003).  Dans le bassin hydrologique supérieur, on compte de multiples marécages, qui vraisemblablement atténuent le flux et les fluctuations de température tout au long de l’année. Le bassin hydrologique le plus élevé couvre une superficie de quelque 543 acres, dont plus de 96 forment des marécages (Ellefson 2003).  Les cours supérieurs sont définis à leurs limites supérieures par environ 30 m de restes composés d’argile à blocaux (en grande partie des gravillons et du sable) avec une série de marécages formés au printemps et de ruisseaux à la base de l’escarpement. Une différence notable entre le ruisseau Morrison et les autres ruisseaux de la côte est de l’île de Vancouver reste le volume d’eau retenu dans les cours supérieurs. Cette zone est formé d’un réseau complexe de barrages de castors et de bermes  naturels qui retiennent l’eau et la laissent échapper lentement pendant les mois secs de l’été. La production relativement élevée de poissons du ruisseau Morrison serait reliée à son eau froide présente à longueur d’année, disponible en volume assez imposant. On ne sait pas si les conditions spécifiques au ruisseau Morrison Creek ont permis à la L. richardsoni var. marifuga d’évoluer et de demeurer seulement à cet endroit.

On ne connaît pas en détail les exigences de l’habitat de frai de la lamproie du ruisseau Morrison.  D’autres espèces de lamproies exigent des gravillons propres avec un léger débit d’eau pour le frai et l’incubation, donc nous présumons que les lamproies du ruisseau Morrison ne doivent pas faire exception. Puisque nous n’avons pas observé le frai dans la nature, nous ne pouvons fournir de plus amples informations aux présentes.

Après l’éclosion, les ammocètes de la lamproie dérivent sur une courte distance du nid et s’enfouissent dans des sédiments mous ou dans le sable (Scott and Crossman 1971).  On ne peut pas faire la distinction entre les ammocètes de la L. richardsoni var. marifuga des lamproies « normales » L. richardsoni, mais nous présumons pour l’instant que leurs besoins en habitat sont identiques pour les deux formes. L’habitat larvaire est ainsi défini en général comme des zones de sédiments fins se situant tout près des lieux de frai.

Les exigences de l’habitat des autres étapes du cycle biologique ne sont pas connues.

Figure 4.  Topographie terrestre et aquatique du bassin hydrologique du ruisseau Morrison à partir d’une photo aérienne prise en 2002.  Cette carte a été créée par Comox Valley Project Watershed Society (fournie par Ellefson 2003).

Figure 4.  Topographie terrestre et aquatique du bassin hydrologique du ruisseau Morrison à partir d’une photo aérienne prise en 2002.  Cette carte a été créée par Comox Valley Project Watershed Society (fournie par Ellefson 2003).