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Guide de Consulation sur le chevalier de rivière et le chabot de profondeur

PARTIE 2 – Renseignements sur les espèces

Partie 2 – Renseignements sur les espèces 

Chevalier de rivière

Statut : espèce préoccupante

Dernière évaluation du COSEPAC : avril 2006

Biologie

Le chevalier de rivière est un gros poisson présentant une large tête plate, un long museau et une bouche subterminale. Généralement, les adultes atteignent plus de 500 mm de longueur. Au Canada, l’âge maximal enregistré pour un chevalier de rivière est de 28 ans.

Le chevalier de rivière est une espèce à maturation tardive qui vit longtemps et qui requiert un vaste habitat constitué de cours d’eau interreliés pour subvenir aux besoins de son cycle biologique. Il se reproduit à la fin du printemps, dans des zones de courants rapides où le fond est composé de gravier ou de galets.

Le chevalier de rivière se nourrit principalement de moules, de larves d’insectes et d’écrevisses.

Où trouve-t-on ce poisson?

Au Canada, des chevaliers de rivière ont été capturés dans des cours d’eau et des lacs. Cependant, leur survie dépend de l’accès à des habitats fluviaux propices à la reproduction (courants allant de modérés à rapides, bancs et substrats grossiers et propres). En dehors de la période de frai, ils fréquentent des fosses et des passages plus profonds. Dans la rivière Richelieu, on trouve des jeunes de l’année dans des zones riveraines couvertes de végétation dont la profondeur moyenne est de 1,5 m (au plus ≤ 3,0 m) et qui se caractérisent par leurs berges peu inclinées (≤ 20º) et leurs substrats fins (limon, argile et sable).

En Ontario, on trouve le chevalier de rivière dans les rivières Mississippi, des Outaouais, Grand, Thames et Trent ainsi que dans la baie de Quinte. Au Québec, on a rapporté sa présence dans les bassins des rivières Châteauguay, Richelieu, Yamaska et Saint-François ainsi que dans la rivière des Outaouais et le fleuve Saint-Laurent. De plus, on a récemment pris des individus prêts à se reproduire dans la rivière Gatineau.

Combien y a-t-il de poissons?

La taille des populations demeure inconnue. Cependant, on a observé un grand nombre d’adultes frayant (50 et plus) dans les rivières Grand et Trent (Ontario) ainsi que dans les rivières Richelieu et Gatineau (Québec).

Menaces pesant sur la population

Le chevalier de rivière a des préférences particulières en matière d’habitat. L’espèce occupe des cours d’eau de moyenne à grande taille et ne tolère pas les niveaux élevés de turbidité, d’envasement et de pollution. Les cours d’eau qu’il fréquente sont généralement fragmentés par des barrages hydroélectriques, des écluses et des barrages de régularisation des crues. Les barrages peuvent nuire aux populations du fait qu’ils altèrent les habitats en amont et en aval, restreignent les déplacements des poissons et limitent la variabilité génétique entre les populations en faisant obstacle aux déplacements des poissons durant la période de frai. Le chevalier de rivière est également vulnérable aux changements de débit et à l’envasement des frayères.

Justification de la désignation par le COSEPAC

Cette espèce de poisson d’eau douce occupe les eaux de l’Ontario et du Québec, et bien qu’elle ait été prise à de nouveaux emplacements dans les deux provinces, quelquefois en grands nombres, on croit que ce résultat est attribuable à l’usage de techniques d’échantillonnage plus efficaces comme la pêche à l’électricité en bateau. L’espèce semble avoir disparu des rivières Ausable, Châteauguay et Yamaska puisque aucun individu n’y a été pris dans le cadre de la pêche à l’électricité en bateau. Parmi les menaces pesant sur l’espèce, mentionnons la dégradation de l’habitat (pollution et envasement), la régulation des cours d’eau qui influe sur le débit (barrages) et la fragmentation de l’habitat (barrages). Son aire de répartition au Canada est très fragmentée, et l’immigration de source externe est improbable en raison de sa situation précaire dans les États américains voisins.

Qu’arrivera-t-il si ce poisson est ajouté à la liste de la LEP?

Un plan de gestion devra être élaboré dans les trois ans qui suivent l’ajout du chevalier de rivière à la liste de la LEP.

Le chevalier de rivière est inclus dans le programme de rétablissement proposé de la rivière Grand dont font partie les mesures suivantes (mesures en cours ou terminées).

  • Entre 2002 et 2004, on a mené des recherches sur la répartition du chevalier de rivière dans le cadre du programme de recherche des cycles supérieurs de l’Université Trent. Les résultats ont fait état de nouveaux emplacements pour l’espèce dans la rivière Grand.
  • On a mis au point un outil diagnostique génétique servant à vérifier l’identification sur le terrain de six espèces de chevaliers, dont le chevalier de rivière.
  • De 2002 à 2004, on a mené d’autres recherches sur les différentes utilisations des ressources par les chevaliers dans la rivière Grand dans le cadre du programme de recherche des cycles supérieurs de l’université de Guelph.
  • Pêches et Océans Canada et la Baitfish Association of Ontario ont mis au point une brochure sur les poissons-appât qui aidera les pêcheurs de poissons-appât à identifier les espèces en péril telles que le chevalier de rivière, et ce, afin de réduire le nombre de prises accidentelles d’individus de ces espèces.
  • En 2003, le comité de mise en œuvre du plan de gestion des pêches de la rivière Grand, lequel approuve le programme de rétablissement de la rivière Grand, a inclus de l’information sur le projet dans quatre présentations destinées aux public de l’ensemble du bassin hydrographique. En outre, le comité a inclus un article portant sur le projet de rétablissement dans sa mise à jour du bulletin de 2004. Une brochure, dans laquelle on traite des six espèces en péril occupant le bassin hydrographique, a été également produite et distribuée au public.

Chabot de profondeur (populations des Grands Lacs et de l’ouest du Saint-Laurent)

Statut : espèce préoccupante

Dernière évaluation du COSEPAC : avril 2006

Biologie

Le chabot de profondeur est une espèce lacustre au corps allongé qui atteint une longueur moyenne de 51 à 76 mm et une longueur maximale de 235 mm.

On connait peu de choses sur sa biologie. On lui attribue un âge maximal de sept ans. Les femelles atteignent la maturité à trois ans et les mâles, à deux ans. Le chabot de profondeur se nourrit principalement d’insectes aquatiques. Il représente un important composant du régime alimentaire de certains poissons, tels que le touladi et la lotte.

Où trouve-t-on ce poisson?

Le chabot de profondeur est une espèce des grandes profondeurs que l’on trouve seulement dans des lacs froids et fortement oxygénés. Dans les Grands Lacs, on observe habituellement les adultes à des profondeurs variant entre 60 et 150 m; ils préfèrent une température de l’eau inférieure à 5 °C.

En Ontario, on trouve cette population dans les lacs Supérieur, Huron, Ontario, Nipigon, et Fairbank. Au Québec, on le trouve dans les lacs des Ïles, Heney, Roddick et des Trente-et-un milles.

Combien y a-t-il de poissons?

Les estimations de la taille des populations ne sont pas disponibles puisque la plupart des emplacements où l’on trouve le chabot de profondeur n’ont pas été échantillonnés intensivement. En conséquence, les données sur les populations se limitent surtout à leur présence ou à leur absence. Toutefois, dans les Grands Lacs, des programmes assez intensifs de pêche indicatrice à long terme donnent une bonne idée de leur abondance relative.

Dans le lac Supérieur, le chabot de profondeur est assez largement réparti et est régulièrement pêché, bien qu’en très faible densité.

Le chabot de profondeur a déjà été relativement répandu dans le lac Huron, mais ces dernières années (depuis 1999), le nombre de prises de cette espèce ainsi que son abondance semblent avoir diminué; l’équipe d’évaluation des pêches du lac Huron n’a relevé aucun chabot de profondeur dans le cadre de son programme d’évaluation depuis 1998.

Les signalements de chabots de profondeur dans le lac Érié ont été rares et concernaient toujours des larves (jeunes de l’année). La situation de la reproduction des populations dans le lac Érié n’est pas claire étant donné qu’aucun adulte n’y a été observé.

Le chabot de profondeur a déjà été très abondant dans les eaux profondes du bassin principal du lac Ontario. Dans les années 1950, 1960, 1970 et au début des années 1990, il s’est fait rare et a été considéré comme étant en voie de disparition. Depuis 1996, on a pris des individus de tous les âges, ce qui laisse supposer que sa présence actuelle est attribuable au succès accru de la reproduction chez une population relique. Bien qu’une colonisation continue ne puisse pas être complètement écartée, l’apparition de femelles gravides et de jeunes individus de petite taille ainsi que la présence accrue de classes d’âge récentes constituent de fortes preuves indirectes de l’augmentation de l’abondance et de la réussite de la reproduction.

Au Québec, on trouve le chabot de profondeur dans les lacs des Ïles, Roddick, des Trente-et-un milles et Heney.

Menaces pesant sur la population

Parmi les menaces pesant sur l’espèce, mentionnons la prédation exercée par des espèces exotiques telles que le gaspareau et l’éperlan arc-en-ciel, la concurrence pour la nourriture avec les moules zébrées, la pollution et l’eutrophisation des lacs.

Justification de la désignation par le COSEPAC

L’espèce occupe les plus profondes parties de dix lacs d’eaux froides, dont les lacs Supérieur, Huron et Ontario, en Ontario et au Québec. On la croyait disparue du lac Ontario, mais elle semble s’y être rétablie, bien que ce soit en petits nombres. La disparition des populations de deux lacs au Québec est attribuable à l’eutrophisation, tandis que des populations du lac Huron pourraient connaître un déclin attribuable vraisemblablement à l’introduction de la moule zébrée.

Qu’arrivera-t-il si ce poisson est ajouté à la liste de la LEP?

Un plan de gestion devra être élaboré dans les trois ans qui suivent l’ajout du chabot de profondeur à la liste de la LEP.