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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la verge d’or de Houghton (solidago houghtonii) au Canada

Habitat

Besoins en matière d’habitat

La verge d’or de Houghton est étroitement associée au littoral des Grands Lacs, en particulier aux lacs Huron et Michigan. Le lac Huron modère le climat continental de la région. L’île Manitoulin et la péninsule de Bruce ont des hivers plus doux et des étés plus frais que ceux des zones ontariennes de latitude similaire. La température moyenne de janvier est de – 10 °C et celle de juillet, de 19,1 °C. La région reçoit 808,9 mm de précipitations par année (données climatiques d’Environnement Canada pour Gore Bay).

La verge d’or de Houghton pousse sur des plages de sable calcaires, dans des terres humides interdunaires ou sur des pavages calcaires saisonnièrement humides (Morton, 1979). Ce dernier type de milieu, connu également sous le nom d’alvar, constitue l’habitat le plus fréquent de la verge d’or de Houghton en Ontario. En effet, plus de 86 p.100 des populations ontariennes connues de cette espèce s’y trouvent (Catling, 1995). Au contraire, au Michigan, l’espèce est surtout associée aux milieux dunaires (Morton, comm. pers.), mais peut-être de façon plus particulière aux prés humides interdunaires (Penskar, 1997).

Les alvars sont des écosystèmes distincts caractérisés par des sols peu profonds sur substratum calcaire horizontal, par une communauté végétale clairsemée, mais unique composée d’arbustes et d’herbes ainsi que par l’absence d’arbres (Catling et Brownell, 1995). Le faible écoulement des eaux sur le substratum calcaire horizontal entraîne des inondations printanières imputables à la fonte des neiges ou des inondations périodiques dans le cas des alvars littoraux; cependant, l’eau immobile s’évapore rapidement des sols minces, et la sécheresse est fréquente en été. Ces conditions de croissance donnent naissance à une communauté végétale et animale inhabituelle, adaptée à la sécheresse et aux sols alcalins, que la compétition exclurait dans d’autres milieux (figure 4).

On possède peu de données sur les besoins microclimatiques de l’espèce, mais la persistance de la verge d’or de Houghton dans les alvars indique qu’elle est probablement résistante à la sécheresse (Penskar, 1997). En outre, elle est limitée aux zones calcaires, ce qui donne à penser que l’espèce a d’importants besoins en calcium.

Figure 4. Habitat de la verge d’or de Houghton (Solidago houghtonii) au cap Cabot.

Figure 4. Habitat de la verge d’or de Houghton (Solidago houghtonii) au cap Cabot.

Tendances en matière d’habitat

On estime que les alvars initiaux ont déjà occupé 50 km² dans la péninsule de Bruce et 400 km² dans l’île Manitoulin (Catling et Brownell, 1995). Une grande partie de ces alvars existent toujours, mais ils pourraient avoir été dégradés à certains endroits en raison du pâturage. Actuellement, on évalue qu’il existe 25 alvars dans la péninsule de Bruce et de 75 à 100 alvars dans l’île Manitoulin; toutefois, il semble que la verge d’or de Houghton ne soit présente que dans une petite proportion de ceux-ci.

Protection et propriété

La plupart des occurrences de la verge d’or de Houghton enregistrées au Centre d’information sur le patrimoine naturel de l’Ontario se trouvent sur des terrains privés ou dans des terres autochtones. La majeure partie du milieu de type alvar des îles La Cloche appartient à une seule famille. La Garde côtière canadienne est propriétaire du site de l’île Strawberry, et celui du cap Cabot fait partie de la Réserve naturelle provinciale du Cap Cabot. Le site du cap Cabot est donc le seul se trouvant dans une aire protégée.

Aux États-Unis, environ 19 populations du Michigan poussent dans des aires protégées par l’État, le gouvernement fédéral ou des propriétaires privés, y compris les quatre populations considérées comme les plus importantes (Michigan Natural Features Inventory, 1996).