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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le rorqual bleu au Canada – Mise à jour

Résumé

 

Rorqual bleu

Balaenoptera musculus

 

Information sur l’espèce

Le rorqual bleu, Balaenoptera musculus (Linné, 1758), est le plus gros animal qui ait jamais vécu sur Terre. Le plus grand spécimen connu mesurait 33,6 m (110 pi), mais le plus grand dont la longueur a été scientifiquement validée mesurait 29,9 m (98 pi). Trois sous-espèces ont été identifiées : la plus grande, le B. m. intermedia, fréquente les eaux de l'Antarctique, tandis que le B. m. musculus se retrouve dans l'hémisphère Nord, et le B. m. brevicauda, dans la zone subantarctique, dans le Sud de l'océan Indien et le Sud-Ouest de l'océan Pacifique. Deux populations géographiquement séparées fréquentent les eaux canadiennes, l'une dans l'Ouest de l'Atlantique Nord, au large de la côte Est du Canada, et l'autre dans le Pacifique Nord, au large de la côte Ouest.

Répartition

Le rorqual bleu fréquente la plupart des océans du monde, mais c'est dans les océans de l'hémisphère austral qu'il était historiquement le plus abondant. Dans l'Est du Pacifique Nord, on le retrouve surtout entre la Californie et l'Amérique centrale. Il fréquente les eaux du large de la côte Ouest du Canada, où il était commun à l'époque de la chasse commerciale à la baleine, au XXe siècle, mais où on ne le voit plus que rarement aujourd'hui. Dans l'Atlantique Nord, on l'observe le plus souvent dans les eaux islandaises et dans celles de l'Est du Canada. On l'observe régulièrement dans le golfe et l'estuaire du Saint-Laurent entre les mois d'avril
et de décembre, mais on le voit peu au large de la côte Ouest du Canada.

Habitat

Le rorqual bleu fréquente autant les eaux littorales que les eaux pélagiques. On en voit souvent qui se nourrissent en groupe au bord de la plate-forme continentale, où la remontée d'eau froide favorise la concentration du krill.

Biologie

Dans l'hémisphère Nord, le rorqual bleu s'accouple et met bas entre la fin de l'automne et le milieu de l'hiver, et donne naissance à un seul petit tous les 2 ou 3 ans, après 10 à 11 mois de gestation. On sait qu'il se nourrit presque exclusivement d'euphausiacés, partout dans le monde. Pour se nourrir, il ingurgite d'énormes quantités d'eau et de proies, qu'il filtre ensuite entre ses fanons en se servant des muscles de sa poche ventrale et de sa langue pour chasser l'eau. Après avoir pris de 6 à 20 respirations à la surface pendant de 1 à 5 minutes, il plonge généralement pour 5 à 15 minutes, parfois 20; on a déjà observé des plongées atteignant 36 minutes dans le Saint-Laurent. Le rorqual bleu émet un son prolongé intense qui semble avoir une puissance acoustique supérieure à tous les autres cris d'animaux, et qui varie selon les populations dans le Pacifique Nord et dans le monde.

Taille et tendances des populations

Selon les estimations, la population mondiale de rorquals bleus varierait de 5 000 à 12 000 individus. On ne dispose toutefois d'aucune estimation récente fiable. On a estimé la population de l'Ouest de l'Atlantique Nord à quelques centaines. Un total de 372 rorquals bleus ont été photo-identifiés (jusqu'à 105 en une même année) en 21 ans de recherches concentrées principalement dans le golfe du Saint-Laurent. Il s'est cependant avéré problématique d'utiliser ces données pour obtenir une estimation de l'abondance de l'espèce. La population de rorquals bleus autour de l'Islande (probablement une population distincte) compterait par ailleurs entre 500 et plus de 1000 individus, et s'accroîtrait à un rythme d'environ 5 p. 100 par année, bien que la fiabilité de ce taux ait été mis en doute.

Le stock le plus en santé semble être celui du Nord-Est du Pacifique, qui compterait de 1 500 à 3 000 individus au large du Mexique et de la Californie. D'après certaines données, leur occurrence dans les eaux californiennes est en hausse; on ignore toutefois si cela est le signe d'une augmentation de la population ou d'un changement dans la répartition de l'espèce. On ne possède aucune estimation des rorquals bleus au large de la côte Ouest canadienne, où ils abondaient autrefois. On y entend encore leurs vocalisations, mais la rareté des mentions récentes porte à croire que leur nombre est actuellement très faible.

Facteurs limitatifs et menaces

Le principal facteur responsable de la faiblesse des effectifs du rorqual bleu au large des côtes Est et Ouest du Canada est la chasse à la baleine, qui a décimé les populations. Environ 1 500 rorquals bleus ont en effet été capturés sur la côte Est entre 1898 et 1951, sur des prises d'au moins 11 000 rorquals dans l'Atlantique Nord jusque dans les années 1960. Dans le Pacifique Nord, entre 1910 et 1965, les baleiniers ont capturé au moins 9 500 rorquals bleus, dont certains depuis des stations côtières de Colombie-Britannique entre le début des années 1900 et 1965. Parmi les menaces d'origine anthropique qui pèsent sur le rorqual depuis la fin de la chasse commerciale, mentionnons les collisions avec des navires, les perturbations causées par les activités d'observation des baleines, en pleine expansion, les contacts avec des engins de pêche et la pollution. Le rorqual est aussi sensible aux changements climatiques à long terme, qui pourraient déjà avoir influé sur la disponibilité des proies au large de la Californie.

Importance de l'espèce

Plus gros animal connu de la planète, le rorqual bleu est aujourd'hui extrêmement rare en raison de la chasse incontrôlée dont il a fait l'objet à l'échelle mondiale. Certaines populations pourraient être menacées de disparition avant que nous en ayons appris assez au sujet de l'histoire naturelle de l'espèce.

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MANDAT DU COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) détermine le statut, au niveau national, des espèces, des sous-espèces, des variétés et des populations sauvages  canadiennes importantes qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées à toutes les espèces indigènes des groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, lépidoptères, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

COMPOSITION DU COSEPAC

Le COSEPAC est composé de membres de chacun des organismes fauniques des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (Service canadien de la faune, Agence Parcs Canada, ministère des Pêches et des Océans, et le Partenariat fédéral sur la biosystématique, présidé par le Musée canadien de la nature), de trois membres ne relevant pas de compétence, ainsi que des coprésident(e)s des sous-comités de spécialistes des espèces et des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit pour étudier les rapports de situation des espèces candidates.

DÉFINITIONS

 Espèce : Toute espèce, sous-espèce, variété ou population indigène de faune ou de flore sauvage géographiquement définie.

Espèce disparue (D) : Toute espèce qui n’existe plus.

Espèce disparue du Canada (DC) : Toute espèce qui n’est plus présente au Canada à l'état sauvage, mais qui est présente ailleurs.

Espèce en voie de disparition (VD)* : Toute espèce exposée à une disparition ou à une extinction imminente.

Espèce menacée (M) : Toute espèce susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitatifs auxquels elle est exposée ne sont pas renversés.

Espèce préoccupante (P)** : Toute espèce qui est préoccupante à cause de caractéristiques qui la rendent particulièrement sensible aux activités humaines ou à certains phénomènes naturels.

Espèce non en péril (NEP)*** : Toute espèce qui, après évaluation, est jugée non en péril.

Données insuffisantes (DI)**** : Toute espèce dont le statut ne peut être précisé à cause d’un manque de données scientifiques.

 

* : Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu’en 2000.

** : Appelée « espèce rare » jusqu’en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.

*** : Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».

**** : Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu’en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999.

 

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le comité avait pour mandat de réunir les espèces sauvages en péril sur une seule liste nationale officielle, selon des critères scientifiques. En 1978, le COSEPAC (alors appelé CSEMDC) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. Les espèces qui se voient attribuer une désignation lors des réunions du comité plénier sont ajoutées à la liste.

 

Environment Canada         Environnement Canada

Canadian Wildlife Service          Service canadien de la faune

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.