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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le rorqual bleu au Canada – Mise à jour

Biologie

 

Reproduction

Le rorqual bleu s'accouple et met bas entre la fin de l'automne et le milieu de l'hiver dans l'hémisphère Nord, tandis que dans l'hémisphère Sud, le pic de reproduction a lieu en juillet (Yochem et Leatherwood, 1985). Dans les deux hémisphères, les mâles et les femelles atteignent la maturité sexuelle entre 5 et 15 ans, les femelles à une longueur de 21 à 23 m et les mâles à une longueur de 20 à 21 m dans l'hémisphère Nord, et les femelles à une longueur de 23 à 24 m et les mâles à une longueur de 22 m dans l'hémisphère Sud. Les femelles donnent naissance à un unique petit de 6 à 7 m tous les 2 à 3 ans, après une période de gestation de 10 à 11 mois. Les baleineaux sont sevrés après 7 à 9 mois (Yochem et Leatherwood, 1985). L'aire de répartition hivernale de l’espèce est en général moins connue, mais on aperçoit régulièrement des rorquals en hiver dans la mer de Cortez et au large de la côte pacifique de la Basse-Californie, ainsi qu'au-dessus du dôme costaricien (Rice, 1966; Sears, 1987; Reilly et Thayer, 1990). 

Survie

Le rorqual bleu vivrait au moins 70 à 80 ans (Yochem et Leatherwood, 1985), voire plus longtemps. Les causes de mortalité d’origine anthropique sont abordées à la section « Facteurs limitatifs et menaces ».

Alimentation

On sait que le rorqual bleu se nourrit presque exclusivement d'euphausiacés, partout dans le monde (Yochem et Leatherwood, 1985). Dans l'Atlantique Nord, ses principales proies sont le Thysanoessa inermis, le T. raschii, le T. longicaudata et le Meganyctiphanes norvegica. Dans le Pacifique Nord, ce sont l'Euphausia pacifica, le T. spinifera, le T. inermis, le T. longipes, le T. raschii et le Nematoscelis megalops, de même que les copépodes du genre Calanus et la galathée Pleuroncodes planipes (Fiedler et al., 1998; Schoenherr, 1991;Kieckhefer et al., 1995; Yochem et Leatherwood, 1985; Rice, 1977). Dans l'hémisphère Sud, il se nourrit surtout de E. superba (Yochem et Leatherwood, 1985; Perry et al., 1999). Dans la mer de Cortez, il se nourrit de Nyctiphanes simplex (Sears, 1990; Gendron et Sears, 1993).

Du printemps au début de l'hiver, le rorqual bleu s’alimente le long des remontées d'eau froide productives dans les eaux tempérées à polaires. Bien que certains auteurs croient qu’il jeûne après avoir quitté les aires d'alimentation (Yochem et Leatherwood, 1985), il semble quand même se nourrir sous des latitudes inférieures, comme on l'a vu le faire dans la mer de Cortez (Sears, 1987), en hiver et au printemps (Sears, 1990; Gendron et Sears, 1993). On estime qu'il consomme de 2 à 4 tonnes (1 800 à 3 600 kg) de nourriture par jour (Yochem et Leatherwood, 1985).

Pour se nourrir, le rorqual bleu ingurgite d'énormes quantités d'eau et de proies, qu'il filtre ensuite entre ses fanons en se servant des muscles de sa poche ventrale et de sa langue pour chasser l'eau. Une fois l'eau expulsée, il avale les proies qui sont restées piégées dans le feutre que forment les fibres de la paroi interne de ses fanons. Lorsqu'il s’alimente en surface ou juste en dessous, on peut le voir fendre l'eau, soit en roulant d'un côté à l'autre, soit la mâchoire inférieure à la verticale, pour se retourner ensuite sur le ventre pour respirer, pendant qu’il vide sa poche ventrale. En général, on voit la poche ventrale et les sillons gulaires fendre la surface de l'eau au moment où la baleine fait surface juste après avoir ingurgité une « bouchée ».

Comportement

Bien qu'il puisse atteindre des vitesses de 32 à 36 km/h, le rorqual bleu se déplace le plus souvent à une vitesse de 2 à 8 km/h tout en se nourrissant. Par contre, lorsqu’il est poursuivi par un prédateur, comme l'épaulard, ou par une embarcation, ou lorsqu’il interagit avec des congénères, il peut atteindre des vitesses beaucoup plus grandes (Yochem et Leatherwood, 1985; R. Sears, données inédites).

Après avoir pris de 6 à 20 respirations à la surface pendant 1 à 5 minutes, le rorqual bleu plonge en général pour 5 à 15 minutes, parfois 20; on a déjà observé des plongées allant jusqu'à 36 minutes dans le Saint-Laurent. Au large de la Californie et dans la mer de Cortez, sept rorquals étiquetés ont fait 231 plongeons d’une durée maximale de 14,7 minutes et d’une profondeur maximale de 204 m (Croll et al., 2001); on a toutefois enregistré dernièrement des plongeons atteignant presque 300 m dans les eaux du Sud de la Californie (Calambokidis et al., en préparation). Comme certains autres mammifères marins plongeurs, le rorqual bleu peut prolonger la durée de ses plongées aérobies en planant et en tirant partie de la flottabilité négative aux grandes profondeurs (Williams et al. 2000). Les plongées maximales consignées demeurent cependant bien en deçà de sa limite théorique de plongée aérobie (Croll et al., 2001). Dans le Saint-Laurent et la mer de Cortez,
15 p. 100 des rorquals bleus observés dressent la nageoire caudale haut dans les airs lors de la dernière plongée. Par contre, s’ils sont harcelés, ils dressent beaucoup moins la queue, sinon pas du tout, pressés de plonger pour éviter la poursuite.

Le rorqual bleu lance des appels intenses et prolongés dont la puissance acoustique semble supérieure à celle des cris de tout autre animal (Aroyan, 2000); les niveaux sonores mesurés à la source dans le secteur est du Pacifique Nord atteignaient 186 dB (McDonald et al., 2001). Ces appels, qui varient selon les populations et selon les régions dans le Pacifique Nord et à l'échelle de la planète, ont été décrits de façon assez détaillée (Rivers, 1997; Stafford et al., 2001; McDonald et al., 2001). Bien qu'on ignore toujours à quoi servent ces appels, plusieurs hypothèses ont été émises à ce sujet, notamment qu'ils serviraient à sonder l'environnement, à détecter les proies ou à communiquer, ou comme signal de la part des mâles (McDonald et al., 2001). D'après certaines données préliminaires, il se pourrait que ces appels prolongés ne soient lancés que par les mâles (McDonald et al., 2001).