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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le rorqual bleu au Canada – Mise à jour

Taille et tendances des populations

 

Selon les estimations, la population mondiale de rorquals bleus compterait entre 5 000 et 12 000 individus; il n'existe cependant aucune estimation fiable qui soit récente. La situation de la population de l'océan austral est très préoccupante, car c'est là que vivaient les plus grosses populations de rorquals bleus (environ 300 000) avant la chasse à la baleine, et qu’il n'y reste plus aujourd'hui que des populations reliques. En se fondant sur des observations réalisées dans les aires d'alimentation estivales des eaux de l'Antarctique (Butterworth et al., 1993; IWC, 1990, 1996), on estime que celles-ci atteindraient maintenant de 710 à 1 255 animaux.

La population de l'Ouest de l'Atlantique Nord a été estimée pour la dernière fois à quelques centaines par Mitchell (1974a). On y trouve probablement deux stocks : le premier occuperait les eaux de la Nouvelle-Angleterre et de l'Est du Canada, y compris la plate-forme Néo-Écossaise, le Grand Banc, le golfe et l'estuaire du Saint-Laurent, et la mer du Labrador, certains individus s'aventurant au nord jusque dans le détroit de Davis au large de l'Ouest du Groenland, et au sud parfois jusqu’en Floride; le deuxième, que l'on observe surtout dans les eaux de l'Ouest de l'Islande, vivrait au nord, jusqu’à l’île Jan Mayen et au Spitsberg. En combinant les données de photo-identification provenant de l'Est du Canada aux estimations effectuées récemment dans les eaux islandaises et norvégiennes (Sigurjónsson et Gunnlaugsson. 1990; Christensen et al., 1992), on pourrait estimer à 600 à 1 500 le nombre de rorquals bleus dans l'Atlantique Nord. Sigurjónsson et Gunnlaugsson (1990), ainsi que Christensen et al. (1992) avancent des chiffres allant de quelque 500 à plus de 1 000 individus dans les eaux islandaises. Selon Sigurjónsson et Gunnlaugsson (1990), l'effectif augmenterait de 5 p. 100 par année dans les eaux islandaises; une analyse plus poussée s'impose toutefois avant que l’on puisse se fier à de tels chiffres (Holt, 1992).

Vu l’étendue de l'aire de répartition et la dispersion du rorqual bleu,
ainsi que l’incapacité de procéder à un échantillonnage qui représente adéquatement les déplacements de l’espèce, on ne dispose encore que d’estimations incohérentes de la population de l’Atlantique Nord. Dans le golfe du Saint-Laurent, certains rorquals sont observés plusieurs fois, alors que d’autres ne le sont qu’une seule fois ou ne réapparaissent qu’après des intervalles pouvant atteindre 17 ans. À cause de cette hétérogénéité dans la probabilité de capture, les estimations par marquage-recapture ne sont pas fiables. Brown (1954) juge qu’une plus forte proportion de rorquals bleus marqués dans l’océan austral semble se disperser sur une vaste superficie, bien que certains individus reviennent chaque année dans la même région. Pour déterminer ce qui constitue un échantillon représentatif, il faudra intensifier la photo-identification des rorquals dans les secteurs hors du golfe du Saint-Laurent (Hammond et al., 1990). Il se pourrait que les rorquals bleus qui visitent le golfe constituent une composante variable d’une plus grosse population du Nord-Ouest de l’Atlantique ou même de l’Atlantique Nord dans son ensemble. Si cela se confirmait, on risque de ne jamais être en mesure d’obtenir un échantillon représentatif du seul golfe du Saint-Laurent. Il se pourrait que, pour en arriver à une estimation valable des effectifs du rorqual bleu dans l’Atlantique Nord, il faille se fixer comme objectif à long terme de trouver d’autres aires d’alimentation et d’y échantillonner les rorquals partout à l’aide de photographies.

Le stock de rorquals bleus le plus sain semble être celui du Nord-Est du Pacifique, qui compterait de 1 500 à 3 000 individus selon les estimations. (Calambokidis et al., 1990; Calambokidis et Steiger, 1995; Barlow, 1995; Barlow et Calambokidis, 1995; Reeves et al., 1998). Ces estimations, obtenues tant par marquage-recapture avec photo-identification des animaux (Calambokidis and Steiger, 1995) que par relevés sur transects effectués à partir de navires (Barlow, 1995; Barlow et Gerrodette, 1996), concordaient généralement bien avec les estimations se situant autour de 2000 individus (Barlow et Calambokidis, 1995). De récentes estimations par relevés sur transects ont toutefois donné des chiffres un peu plus élevés, approchant les 3000 (Calambokidis et Barlow, en préparation). Ces estimations incluaient des années de recensement supplémentaires, de même que des estimations combinées pour la côte Ouest des États-Unis et du Mexique, ainsi que des ajustements pour les baleines manquées ou non identifiées. On n’a pas tenté d’estimer le nombre limité de rorquals bleus qui fréquentent les eaux du large de l’Ouest du Canada.

Certains indices portent à croire que la population du secteur oriental du Pacifique Nord a augmenté, bien qu’il puisse y avoir confusion à cause de changements dans la répartition ou dans l’habitat. On n’a jamais fait d’estimation de l’abondance sur une période assez longue pour dégager une tendance. La fréquence d’observation de rorquals bleus dans les eaux côtières de la Californie a augmenté entre 1979-1980 et 1991 (Barlow, 1994). Les mentions aux îles Farallon, au large du centre de la Californie, ont aussi énormément augmenté entre 1973 et 1994 (Pyle et Gilbert, 1996), tout comme le long de la côte californienne au cours des années 1980 et 1990 (Calambokidis et al., 1989, Calambokidis et Steiger, 1995). Larkman et Veit (1998) n’ont toutefois pu dégager aucune tendance à la hausse de l’effectif des populations lors de leurs relevés par bateau dans les eaux de la plate-forme californienne méridionale.