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Rapport de situation du COSEPAC sur le meunier de Salish au Canada 2002

Meunier de Salish

Catostomus sp.

Information sur l’espèce

Le meunier de Salish (Catostomus sp.) n’a pas encore reçu de nom spécifique. D’après les données génétiques et morphologiques, il se distingue du meunier rouge (Catostomus catostomus), espèce dont il s’est séparé, sur le plan évolutionniste, dans le refuge de Chehalis, durant la glaciation du Pléistocène. Le meunier rouge est parfois présent dans la vallée du Fraser, mais la portée de ses interactions et sa proximité géographique avec le meunier de Salish restent à clarifier, notamment depuis la découverte récente d’une population près du lac Harrison (première occurrence connue au nord du Fraser). McPhail (1986, 1987) a décrit sommairement la situation du meunier de Salish; le COSEPAC considère ce poisson comme une espèce en voie de disparition compte tenu de la réduction de son effectif attribuable à l’étalement urbain et agricole. En comparant ses estimations des populations, établies au moyen de grosses nasses (Geetraps), à celles des études antérieures, qui faisaient appel à d’autres méthodes, Pearson (1998a,b,c,) a constaté que ces dernières sous-estimaient la taille des populations. Il faudra toutefois attendre que Pearson ait terminé sa thèse, en 2002 ou en 2003, pour avoir une évaluation finale de l’effectif des populations.

Répartition

Dans le monde

Le meunier de Salish fréquente trois lacs et un marécage se déversant dans le Puget Sound et les bassins des rivières Skagit, Nooksack et Green dans l’État de Washington, et les bassins de la vallée du bas Fraser au Canada.

Au Canada 

Le meunier de Salish fréquente actuellement (2002) les bassins du bas Fraser et de la Nooksack en Colombie-Britannique. Ces bassins englobent la rivière Salmon et tout un réseau de ruisseaux (Atchelitz, Bertrand, Fishtrap, Miami, Salwein et Semmihault), de même que quelques-uns de leurs tributaires. La population de la rivière Campbell a disparu. 

Habitat

Le meunier de Salish habite les ruisseaux du littoral et les petites rivières. D’après les captures récentes, il semble qu’il soit plus abondant dans les eaux d’amont profondes et marécageuses des cours d’eau à couvert fourni. 

Biologie 

Le meunier de Salish fraye entre avril et juillet, et ses œufs adhèrent aux rochers. Sa fécondité n’est pas connue. Il vit jusqu’à cinq ans, et son cycle biologique ressemble à celui du meunier rouge. Il est toutefois plus petit que ce dernier; le plus grand spécimen connu mesure 244 mm (longueur à la fourche).

Taille et tendances des populations 

Aux environs de 1998, on a constaté que les populations des bassins de la Nooksack et de la Salmon étaient plus importantes qu’on ne le croyait auparavant, et comptaient peut-être quelques milliers d’individus. Une thèse de doctorat, qui devrait être prête en 2002 ou en 2003, fera le point sur la situation (Pearson, 2001, comm. pers.). Les projets d’amélioration de l’habitat du meunier mis en œuvre dernièrement dans les ruisseaux Bertrand et Fishtrap doivent faire l’objet d’une évaluation. D’autres cours d’eau abritant des meuniers de Salish sont gravement perturbés par les activités humaines. L’espèce a disparu de la rivière Campbell. Bien qu’on ne l’ait jamais rencontrée dans la Sumas, sa présence a de nouveau été confirmée en 2002 dans le ruisseau Salwein, un tributaire du bassin Vedder-Sumas. L’espèce pourrait avoir fréquenté les secteurs situés entre les rivières Nooksack, Salmon et Sumas. 

Facteurs limitatifs et menaces

L’agriculture, les activités industrielles et l’urbanisation ont un lourd impact sur le meunier de Salish. Divers projets réalisés en collaboration par des groupes communautaires, des administrations locales et des organismes provinciaux ont permis d’améliorer l’habitat estival dans les ruisseaux Pepin et Bertrand, de même que dans la rivière Salmon mais, comme ils ne visent pas expressément le meunier de Salish, on en ignore les répercussions sur l’effectif des populations.

Importance de l'espèce 

Avec le naseux de Nooksack (Rhinichthys sp.), espèce sympatrique, le meunier de Salish est l’un des rares éléments de la faune de la Colombie-Britannique à être issu du refuge de Chehalis, dans le Washington, au moment de la glaciation du Pléistocène. L’espèce est génétiquement et morphologiquement distincte du meunier rouge. On ne s’accorde toujours pas quant à savoir si le meunier de Salish constitue une espèce distincte.

Protection actuelle

Les réglementations provinciales et fédérales s’appliquent bien sûr à ce poisson, mais la meilleure protection dont il peut jouir n’en tient pas moins à la bonne volonté, à la générosité et à la collaboration du milieu scolaire et universitaire, des organismes environnementaux et de l’industrie locale. Un groupe de gardiens des cours d’eau, le Pepin Brook Streamkeepers, s’efforce d’améliorer l’habitat de ce meunier. Une dynamique campagne de communication a été organisée à l’échelle locale, et les résidents sont étonnamment bien informés de la situation du meunier de Salish et du naseux de Nooksack.

Sommaire des désignations

Le meunier de Salish était déjà considéré comme en voie de disparition en 1986 (COSEPAC, 2002). Des informations récentes et les nouvelles méthodes de capture utilisées par les chercheurs de l'Université de Colombie-Britannique (UBC) ont toutefois permis de déterminer qu'il était plus largement réparti qu'on ne le croyait dans la vallée du bas Fraser. Par contre, son habitat continue de se dégrader (une population a disparu et les autres sont sérieusement en déclin). Parrainés et guidés par les autorités municipales et provinciales et par les chercheurs de l'UBC, les résidents des régions fréquentées par l'espèce ont fait preuve d’une grande générosité et d’un bel esprit de collaboration, et ont aidé à la remise en état de l'habitat dans les secteurs des rivières Langley et Salmon. Quelques industries locales dont les activités avaient un impact sur les bassins hydrographiques ont également participé aux projets. On ignore toutefois encore si ces initiatives ont eu un effet positif sur l'habitat du meunier de Salish. Malgré ces efforts visant à améliorer l'habitat de l'espèce, les meuniers du ruisseau Semmihault (orthographié Semiault par Pearson, 1998c) sont gravement menacés, et ceux de la rivière Campbell ont disparu. On ignore par ailleurs s'il y a déjà eu des meuniers de Salish dans la rivière Sumas; ce cours d'eau pourrait cependant avoir été une importante voie de dispersion entre les États-Unis et le Canada, ainsi qu'entre les ruisseaux canadiens, après le Pléistocène. Compte tenu de leur occurrence dans des ruisseaux isolés reliés au bas Fraser (rivières Salmon et Vedder, ruisseaux Chilliwack et Miami), les meuniers de Salish ont dû historiquement fréquenter les cours d'eau intermédiaires comme le Fraser, leurs habitats actuels évoquant l’existence de refuges reliques.


MANDAT DU COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) détermine le statut, au niveau national, des espèces, des sous-espèces, des variétés et des populations sauvages canadiennes importantes qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées à toutes les espèces indigènes des groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, lépidoptères, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

COMPOSITION DU COSEPAC

Le COSEPAC est composé de membres de chacun des organismes fauniques des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (Service canadien de la faune, Agence Parcs Canada, ministère des Pêches et des Océans, et le Partenariat fédéral sur la biosystématique, présidé par le Musée canadien de la nature), de trois membres ne relevant pas de compétence, ainsi que des coprésident(e)s des sous-comités de spécialistes des espèces et des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit pour étudier les rapports de situation des espèces candidates.

DÉFINITIONS

 

EspèceToute espèce, sous‑espèce, variété ou population indigène de faune ou de flore sauvage géographiquement définie.
Espèce disparue (D)Toute espèce qui n’existe plus.
Espèce disparue du Canada (DC)Toute espèce qui n’est plus présente au Canada à l'état sauvage, mais qui est présente ailleurs.
Espèce en voie de disparition (VD)*Toute espèce exposée à une disparition ou à une extinction imminente.
Espèce menacée (M)Toute espèce susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitatifs auxquels elle est exposée ne sont pas renversés.
Espèce préoccupante (P)**Toute espèce qui est préoccupante à cause de caractéristiques qui la rendent particulièrement sensible aux activités humaines ou à certains phénomènes naturels.
Espèce non en péril (NEP)***Toute espèce qui, après évaluation, est jugée non en péril.
Données insuffisantes (DI)****Toute espèce dont le statut ne peut être précisé à cause d’un manque de données scientifiques.
  
*Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu’en 2000.
**Appelée « espèce rare » jusqu’en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.
***Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».
****Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu’en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999.
   

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le comité avait pour mandat de réunir les espèces sauvages en péril sur une seule liste nationale officielle, selon des critères scientifiques. En 1978, le COSEPAC (alors appelé CSEMDC) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. Les espèces qui se voient attribuer une désignation lors des réunions du comité plénier sont ajoutées à la liste.

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