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Rapport de situation du COSEPAC sur le meunier de Salish au Canada 2002

Nom et classification

Phylum :                                              Chordata

Embranchement :                              Vertébrés

Classe :                                              Osteichthyes

Ordre :                                                Cypriniformes

Famille :                                             Catostomidés

Genre :                                              Catostomus

Espèce :                                            Catostomus sp.

Unité évolutionnaire significative :   Catostomus sp. (bassin de la Nooksack)

Nom commun :                                  Meunier de Salish; Salish Sucker (anglais)

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Le meunier de Salish (Catostomus sp.; figures 1, 2, 3) a été observé pour la première fois aux États-Unis dans l'État de Washington en 1947, et au Canada, à White Rock, en Colombie-Britannique, dans les années 1950 (McPhail, 1983 et 1986). On l'a vu pour la dernière fois dans la rivière Campbell en 1976. Heureusement, on a trouvé d'autres populations ailleurs, notamment dans la rivière Salmon et les tributaires de la rivière Nooksack. Il reste à attribuer à ce poisson un nom spécifique, compte tenu de sa présumée répartition allopatrique par rapport à son plus proche parent, le meunier rouge (McPhail et Taylor, 1999). L’occurrence allopatrique de chaque population complique l’évaluation du statut spécifique des populations (McPhail, 1986; Pearson, 1998a,c). Cannings et Ptolemy (1998) soulignent les commentaires de McPhail selon qui, sur le plan géologique, le meunier de Salish est « une espèce en voie de constitution ». Le COSEPAC considère l'espèce comme en voie de disparition (Campbell, 1990).

Figure 1.  Meunier de Salish de la population disparue de la rivière Campbell (voir annexe 1).

Description

McPhail et Carveth (1994) font état de différences morphologiques entre le meunier de Salish et le meunier rouge, tout comme McPhail et Taylor (1999), qui font l’analyse suivante :

1) - la longueur et la largeur des lèvres, la longueur post-pelvienne et la profondeur du pédoncule caudal diffèrent (tableau 1), mais pas autant que les données moléculaires;

2) - un haplotype (no 7) particulier du cytochrome b, qui le distingue de tous les meuniers rouges du Nord-Ouest;

3) - deux haplotypes particulier du ND2 de l’ADNmt (no 13 et 14) – le no 14 trouvé uniquement dans la population du ruisseau Pepin (bassin de la Nooksack).

Figure 2.  Répartition du meunier de Salish en Amérique du Nord.

Figure 2.  Répartition du meunier de Salish en Amérique du Nord.

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Figure 3.  Répartition du meunier de Salish (l) dans l'État de Washington et en Colombie-Britannique; version modifiée, d'après McPhail (1986), McPhail et Taylor (1999) et Pearson (1998a; voir les tableaux 6 et 7). Le point (l) situé le plus à l'est se trouve en aval du lac Harrison (Pearson, 2001 et 2002; comm. pers.). Les points vides (m) représentent les populations vérifiables les plus proches du meunier rouge. Les endroits consignés par la Fisheries Data Warehouse (2001) du B.C. Ministry of Sustainable Resource Management, qui mentionne la présence de meuniers rouges dans le bas Fraser, le lac Pitt et la rivière Alouette (tableau 3), ne sont pas étayés par des données assez fiables pour être inclus ici.

Tableau 1 : Différences morphologiques entre le meunier de Salish et le meunier rouge (McPhail et Carveth, 1994; McPhail et Taylor, 1999)
CaractèreMeunier de SalishMeunier rouge
Écailles de la ligne latéraleGénéralement moins de 100Généralement plus de 100
Forme du museauCourt et aplatiLong et pointu
Position de la boucheMuseau dépasse à peine la boucheMuseau dépasse nettement la bouche
Forme de la bouchePetiteGrande
Longueur de la boucheÉgale au diamètre de l'œilPlus grande que le diamètre de l'œil

Ces différences laissent croire que le meunier de Salish constitue une « unité évolutionnaire significative » au sein du complexe Catostomus, mais pas nécessairement au niveau de l'espèce. Selon McPhail et Taylor (1999), les populations de meunier de Salish sont séparées de la plus proche population connue de meuniers rouges par 60 km d'eau du Fraser; Blood (1993) évalue cette distance à 45 km. Des données moléculaires inédites provenant du ruisseau Miami (en aval du lac Harrison) confirment aujourd'hui la première occurrence connue du meunier de Salish au nord du Fraser (Pearson, comm. pers., 2001), ce qui rétrécit l'écart géographique de 26 à 30 km (peut-être 40 milles de ruisseaux et de rivières, voir la figure 3) entre les meuniers de Salish et les meuniers rouges. Si ces populations devaient se rencontrer, on peut se demander si chacune 1) - se comporterait comme une espèce biologique; 2) - a historiquement coexisté assez longtemps avec l'autre pour répondre aux critères d’espèce biologique; 3) - est assez distincte pour réduire au minimum l'introgression génétique en sympatrie et surmonter écologiquement la compétition pour les ressources.