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Rapport de situation du COSEPAC sur le meunier de Salish au Canada 2002

Généralités

Le cycle de vie du meunier de Salish ressemble vraisemblablement à celui du meunier rouge; le premier est simplement plus petit et vit moins longtemps que le second. En Colombie-Britannique, on peut trouver 5 classes d’âge (Pearson, 1998c). Des individus plus âgés sont observés dans l’État de Washington. Les mâles atteignent la maturité au cours de la deuxième année et les femelles, au cours de la troisième. La taille minimale au moment de la fraye est de 87 mm chez les mâles et de 95 mm chez les femelles. La longueur maximale est de 192 mm à l’âge de 4+ ans; le plus gros spécimen connu, capturé dans le ruisseau Pepin, mesurait cependant 244 mm de longueur à la fourche (Pearson, 1998c). Pearson (comm. pers., 2002) souligne le manque flagrant d’information fiable sur les jeunes.

Reproduction

Le meunier de Salish fraye sur les radiers, au-dessus d’un substrat de gravier fin, dans des courants atteignant 50 cm/s (McPhail et Taylor, 1996 ms), lorsque la température de l’eau atteint 7 ou 8 oC (McPhail, 1987). D’après des études effectuées récemment par Pearson (1998c; comm. pers., 2002), la fraye a lieu entre avril et la mi-juillet, la gamétogenèse commençant à la fin de l’été, en préparation de la fraye du début du printemps; certaines femelles ne sont toutefois en état de se reproduire que plus tard. La période est très étalée, des individus en état de frayer ayant été capturés durant tout l’été, même en août, lorsque la température de l'eau dépassait 20 oC (Inglis et al., 1992; McAdam, 1995ms; McPhail et Taylor, 1996ms). Comme d’autres espèces du genre, les meuniers de Salish expulsent leurs produits sexuels dans la colonne d’eau (broadcast spawning). Ils ne construisent pas de nid, et les œufs adhérents collent au gravier ou aux pierres. Les prédateurs consomment rapidement les œufs exposés au fond, mais le courant enfouit le reste du frai sous le gravier et les cailloux, où il se trouve protégé. Présumant que les habitudes du meunier de Salish sont semblables à celles du meunier rouge, Pearson affirme en outre que les œufs éclosent probablement au bout d’environ 2 semaines (entre 5 et 10 oC), et que les alevins demeurent dans le gravier encore 1 ou 2 semaines avant d’émerger.

Âge et survie 

Pearson (1998c), McPhail (1987) and Inglis et al. (1992) définissent 5 classes d’âge dans les populations de meunier de Salish de la Colombie-Britannique, bien qu’on ait observé des individus plus âgés dans l’État de Washington (McPhail, 1987). Les mâles atteignent la maturité sexuelle au cours de la deuxième année et les femelles, au cours de la troisième; la taille minimale des reproducteurs est de 87 mm pour les mâles et de 95 mm pour les femelles (McPhail et Taylor, 1996 ms). Le plus gros spécimen connu dans les eaux canadiennes (244 mm de longueur à la fourche) a été capturé dans le ruisseau Pepin (Inglis et al., 1992). Les caractéristiques de croissance, de taille et d’âge du meunier de Salish semblent également se situer dans la large fourchette connue pour le meunier rouge, bien que les individus soient plus petits et vivent moins longtemps. Pearson, 1998c et Inglis et al., 1992 ont consigné les longueurs moyennes des meuniers de Salish pendant l’été 1992 (tableau 5).

Tableau 5. Longueurs moyennes des meuniers de Salish
ÂgeLong. moyenne (mm)Écart type
0+------
1+67,71,7
2+118,82,5
3+148,02,8
4+192,04,0

Divers prédateurs, qui ne sont pas tous bien documentés, s’attaquent probablement au meunier de Salish. Pearson (1998c) fait état de la consommation des œufs déposés sur les surfaces exposées par des prédateurs sur les lieux de fraye.

Parmi les prédateurs potentiels figurent la loutre commune (Lutra canadensis), le vison (Mustelavison), le Grand Héron (Ardeaherodias), les martins-pêcheurs ou les harles piscivores (comme les Lophodytes ou les Mergus), en plus de diverses espèces de poissons prédateurs (comme l’Oncorhynchus clarki, le O. mykiss, les Ameiurus, le Lepomis gibbosus et les Micropterus; voir l’annexe 2). 

Déplacements et dispersion 

Selon Rosenfeld (2000), qui a fait rapport des travaux de Pearson, le meunier de Salish serait plus actif la nuit et préférerait se reposer sous un dense couvert le jour. Les déplacements nocturnes étaient importants, certains poissons parcourant quelques centaines de mètres vers l’aval pour revenir ensuite au lieu de repos à l'aube. La dispersion de l'espèce pourrait être entravée par l'expansion agricole, industrielle et urbaine, qui dégrade la qualité de l'habitat. Il reste à vérifier si la présence de populations périphériques, comme celle qui est mentionnée dans le ruisseau Miami, est attribuable à une colonisation historique ou à une immigration récente.

Nutrition et interactions interspécifiques 

Selon Rosenfeld (2000), les seuls renseignements que nous possédions sur le régime alimentaire du meunier de Salish proviennent de l'analyse du contenu intestinal de 10 poissons adultes, qui se composait de détritus ainsi que d'un grand nombre de capsules céphaliques de chironomidés. On ne sait pas par ailleurs de quoi se nourrissent les jeunes (McPhail, 1987).

Adaptabilité 

Confinés aux bassins hydrographiques situés en gros dans le Puget Sound et à l’extrême Sud-Ouest de la Colombie-Britannique, les meuniers de Salish n'ont pas fait preuve d'une grande capacité de se disperser dans d'autres habitats, si ce n'est que par des déplacements passifs dus au captage des eaux d'amont ou aux activités humaines. Ils ont manifestement survécu à l’exploitation urbaine, industrielle et agricole, dans la mesure où la qualité de l'eau et de l'habitat est demeurée en deçà de leurs limites de tolérance. Les meuniers de Salish semblent avoir mal réagi dans les bassins altérés par l'agriculture.