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Rapport de situation du COSEPAC sur le meunier de Salish au Canada 2002

Comme le meunier de Salish n'est signalé que dans trois localités de l'État de Washington, mais qu'on le trouve dans quatre bassins de ruisseau (9 populations) en Colombie-Britannique, c'est donc le Canada qui compte le plus grand nombre de populations connues. Dans un contexte d'expansion urbaine, agricole et industrielle, l'espèce constitue un bon indicateur biologique de la qualité de l'habitat. Le meunier de Salish constitue une unité évolutionnaire significative (Waples, 1995) en raison des considérations suivantes :

·       isolement prononcé sur le plan de la reproduction, vu la séparation géographique qui empêche efficacement tout contact avec le meunier rouge (les bassins hydrographiques sont suffisamment continus entre les populations pour avoir permis une dispersion et des contacts depuis le Pléistocène, mais les facteurs empêchant les contacts n'ont pas encore été entièrement étudiés);

·       cycle évolutionnaire indépendant évoquant une adaptation aux habitats de la côte Ouest dans les secteurs canadiens de la vallée du bas Fraser et du bassin de la Nooksack. L'habitat du meunier rouge se trouve quant à lui plus loin au nord et à l'est;

·       différences génétiques et morphologiques évoquant des adaptations à l'habitat et à l'environnement :

Traits génétiques

-         différence à l'haplotype (no 7) du cytochrome b, et deux haplotypes particuliers du ND2 de l’ADNmt (nos 13 et 14 – observés uniquement dans la population du ruisseau Pepin), dont l'importance reste encore à démontrer.

Traits phénotypiques

-         longueur et largeur des lèvres peut-être liées à des différences dans l'alimentation; des différences dans la longueur post-pelvienne et la profondeur du pédoncule caudal pourraient évoquer des adaptations à la nage et à la mobilité des poissons dans leurs habitats respectifs; ces différences pourraient aussi être des adaptations au courant ou à l'habitat, mais leur importance doit encore faire l'objet d'une étude. 

Espèce démersale, le meunier est un important consommateur d'organismes benthiques et est lui-même la proie de piscivores aquatiques et terrestres. Le meunier de Salish et le naseux de Nooksack corroborent également les théories de la dispersion postglaciaire des poissons depuis le refuge de Chehalis après la glaciation du Pléistocène. 

La plupart des habitants de la Colombie-Britannique ne connaissent pas le meunier de Salish ou sont incapables de le différencier du meunier rouge; par contre, dans les collectivités où l'on trouve l'espèce, les gens s’intéressent beaucoup au sort de ce meunier. La presse locale a accordé énormément d'attention à la question, tout comme de nombreuses institutions municipales, provinciales et universitaires. À l'échelle locale, les petites collectivités sont donc bien informées. Pearson (1998a) fait état de sondages menés auprès de propriétaires fonciers qui révèlent que 40 p. 100 des répondants savaient que les ruisseaux abritaient des espèces de poissons en voie de disparition; la moitié de ces répondants étaient même capables de nommer soit le meunier de Salish, soit le naseux de Nooksack, alors qu'à l'extérieur de la région du bas Fraser, les citoyens de la Colombie-Britannique ne connaissent sans doute pas ces espèces.