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Chien de prairie (Cynomys ludovicianus)

Résumé du Rapport de situation de 1999

Chien de prairie

Cynomys ludovicianus

 Le chien de prairie (Sciuridae : Cynomys ludovicianus) est un mammifère de la famille des écureuils qui habite la prairie à graminées courtes et la prairie mixte des Grandes Plaines de l’Amérique du Nord. Le COSEPAC lui a attribué le statut d’espèce vulnérable en 1978 en raison de sa répartition limitée au Canada, et ce statut a été confirmé après réexamen de la situation de l’espèce en 1988. L’objet de ce rapport est d’examiner de nouveau la situation du chien de prairie au Canada et d’établir s’il convient de maintenir la désignation « espèce vulnérable »ou de la modifier.

Au Canada, cet animal ne se trouve que dans l’extrême sud de la Saskatchewan, dans la vallée de la rivière Frenchman et les environs, et la majorité de la population se trouve à l’intérieur des limites proposées du secteur ouest du parc national des Prairies (PNP). La colonie voisine la plus proche se trouve à 20 km au sud, dans le Montana, et on ne connaît que deux colonies dans le Montana qui sont établies à moins de 50 km des colonies canadiennes. En 1995 et en 1996, on a dénombré au Canada 22 colonies, occupant au total une superficie de 931,7 ha. D’après les estimations antérieures des superficies occupées par les colonies, la superficie totale de prairie où la présence du chien de prairie est visible aurait connu une augmentation de 36 p. 100 depuis 1985 (où elle était estimée à 686,5 ha). D’après des relevés récents effectués par le personnel du PNP, la densité démographique serait en moyenne de 3,6 adultes et de 12,6 jeunes par hectare.

Les chiens de prairie s’établissent en grandes colonies dans les vallées fluviales plates sur des terrains élevés, où dominent souvent l’armoise (Artemisia) et l’agropyre (Agropyron). Ils affectionnent particulièrement les couches épaisses de colluvions et d’alluvions argileuses, où ils peuvent facilement creuser des réseaux étendus de terriers et édifier de gros monticules. À ce jour, peu de données ont été publiées sur la biologie et l’écologie de la population canadienne. On sait par contre que chez des populations situées plus au sud, la reproduction a lieu une fois l’an, l’accouplement se produisant dans les terriers au début du printemps. La gestation dure environ 35 jours. Les petits, au nombre de trois par portée en moyenne, sortent pour la première fois du terrier natal à environ 41 jours. En règle générale, les chiens de prairie ne se reproduisent pas avant le deuxième printemps suivant leur naissance (c.‑à‑d. lorsqu’ils sont âgés de 21 mois). La longévité peut atteindre 8 ans chez les femelles, mais ne semble pas dépasser 5 ans chez les mâles. L’espèce est polygyne, les familles étant constituées de plusieurs femelles regroupées autour d’un mâle. Au sein de la colonie, chacune de ces familles occupe son territoire et a une vie sociale complexe. Bien que l’espèce ne soit pas considérée comme hibernante, il est fort possible que les individus de la population canadienne entrent en état d’hibernation pour échapper aux rigueurs de l’hiver. Conséquence probable de la vie en colonie, le chien de prairie est très souvent l’hôte d’ectoparasites et se trouve très exposé à la peste sylvatique (Yersinia pestis), maladie transmise par les puces.

Le chien de prairie constitue la proie principale ou façonne l’habitat d’un grand nombre d’espèces rares ou en voie de disparition, notamment le renard véloce (Vulpes velox), le phrynosome de Douglas de l’Est (Phrynosoma douglassii brevirostre), le crotale des prairies (Crotalus viridis), la Chevêche des terriers (Speotyto cunicularia), la Buse rouilleuse (Buteo regalis), l’Aigle royal (Aquila chrysaetos), le Pluvier montagnard (Charadrius montanus), le Faucon des prairies (Falco mexicanus) et la Buse de Swainson (B. swainsoni). L’effectif de l’espèce est par ailleurs essentiel pour l’éventuel retour au Canada du putois d’Amérique (Mustela nigripes). Il faut aussi souligner qu’en raison de sa taille relativement importante, de ses mœurs diurnes et sympathiques et de l’accessibilité de ses colonies dans le PNP, cette espèce est toute désignée pour sensibiliser la population canadienne à la situation précaire de l’écosystème des prairies et des espèces en péril.

Il serait important de procéder à des relevés normalisés et systématiques pour être en mesure d’évaluer plus exactement l’effectif des colonies et l’étendue du territoire qu’elles occupent. L’extension proposée du PNP protégerait la majorité des colonies de chiens de prairie connues au Canada, soit 96 p. 100 de leur territoire, dont 56 p. 100 seulement se trouve à l’intérieur des limites actuelles du parc.

Le chien de prairie ne se trouve que dans une très petite région du Canada, à la limite septentrionale de son aire de répartition, et il s’y trouve séparé géographiquement de ses congénères du Sud par une distance supérieure à la distance normale de dispersion de l’espèce. La population canadienne est donc particulièrement sensible aux activités humaines et à certains phénomènes naturels.

COSEPAC logo

 
 MANDAT DU
COSEPAC

 Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) détermine le statut, au niveau national, des espèces, des sous-espèces, des variétés et des populations sauvages  canadiennes importantes qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées à toutes les espèces indigènes des groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, lépidoptères, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

COMPOSITION DU COSEPAC

Le COSEPAC est composé de membres de chacun des organismes fauniques des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (Service canadien de la faune, Agence Parcs Canada, ministère des Pêches et des Océans, et le Partenariat fédéral sur la biosystématique, présidé par le Musée canadien de la nature), de trois membres ne relevant pas de compétence, ainsi que des coprésident(e)s des sous-comités de spécialistes des espèces et des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit pour étudier les rapports de situation des espèces candidates.

DÉFINITIONS

Espèce : Toute espèce, sous-espèce, variété ou population indigène de faune ou de flore sauvage géographiquement définie.

Espèce disparue (D) : Toute espèce qui n’existe plus.

Espèce disparue du Canada (DC) : Toute espèce qui n’est plus présente au Canada à l'état sauvage, mais qui est présente ailleurs.

Espèce en voie de disparition (VD)* : Toute espèce exposée à une disparition ou à une extinction imminente.

Espèce menacée (M) : Toute espèce susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitatifs auxquels elle est exposée ne sont pas renversés.

Espèce préoccupante (P)** : Toute espèce qui est préoccupante à cause de caractéristiques qui la rendent particulièrement sensible aux activités humaines ou à certains phénomènes naturels.

Espèce non en péril (NEP)*** : Toute espèce qui, après évaluation, est jugée non en péril.

Données insuffisantes (DI)**** : Toute espèce dont le statut ne peut être précisé à cause d’un manque de données scientifiques.

 

* : Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu’en 2000.

** : Appelée « espèce rare » jusqu’en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.

*** : Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».

**** : Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu’en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999.

 

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le comité avait pour mandat de réunir les espèces sauvages en péril sur une seule liste nationale officielle, selon des critères scientifiques. En 1978, le COSEPAC (alors appelé CSEMDC) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. Les espèces qui se voient attribuer une désignation lors des réunions du comité plénier sont ajoutées à la liste.

 

Environment Canada         Environnement Canada

Canadian Wildlife Service          Service canadien de la faune

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.