Sauter l'index du livret et aller au contenu de la page

Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le bouche coupante au Canada – Mise à jour

Mise à jour
Rapport de situation du COSEPAC
sur le
Bouche coupante
Acrocheilus alutaceus
au Canada
2003

Information sur l'espèce

Nom et classification

L’Acrocheilus alutaceus (Agassiz et Pickering) est le seul membre actuel du genre. La faune des Cyprinidés de l’ouest des Rocheuses est relativement appauvrie au Canada, et le bouche coupante fait partie d’un petit groupe de quatre espèces étroitement apparentées et répandues à la grandeur des bassins hydrographiques des fleuves Fraser et Columbia, les trois autres espèces étant la sauvagesse du nord (Ptychocheilus oregonensis), le méné deux-barres (Mylocheilus caurinus) et le méné rose (Richardsonius balteatus). Bien que ces espèces soient bien différenciées sur le plan écologique -- le bouche coupante est un algivore, la sauvagesse du nord est un piscivore tandis que le méné deux-barres et le méné rose sont planctonivores -- on a observé que le bouche coupante peut s’hydrider avec la sauvagesse du nord et avec le méné deux‑barres (Patten, 1960; Stewart, 1966).


Description

Le bouche coupante (figure 1) est un Cyprinidé relativement grand, qui atteint une taille maximale de 30 cm et dont le record de longévité est de 6 ans au Canada (Moodie, 1966) et de 22 ans en Oregon (Lassuy, 1990). Le bouche coupante possède une adaptation unique à un régime herbivore grâce à sa mâchoire inférieure ressemblant à un ciseau qu’il utilise pour racler les algues croissant sur des substrats durs (rochers, cailloux, bois submergé). En plus de sa mâchoire inférieure caractéristique, le bouche coupante possède un pédoncule caudal particulièrement mince et une nageoire caudale large et profondément fourchue, ce qui correspond à une adaptation à des vitesses de courant élevées, compatible avec l’utilisation de l’habitat observée chez les adultes en milieu fluvial.

Le bouche coupante adulte est facile à distinguer des autres Cyprinidés adultes, mais les jeunes sont difficiles à distinguer des jeunes ménés roses, ménés deux-barres et sauvagesses du nord avec lesquels ils se rassemblent en bancs. Scott et Crossman (1974) fournissent une description plus détaillée de la morphologie du bouche coupante ainsi qu’une clé d’identification des adultes; McPhail et Carveth (1993) ainsi que Rosenfeld et al. (2001) fournissent une clé permettant de distinguer les jeunes bouches coupantes de ceux des autres espèces, le méné rose, le méné deux-barres et la sauvagesse du nord.


Figure 1 : Bouche coupante (Acrocheilus alutaceus)

Figure 1. Bouche coupante (Acrocheilus alutaceus).

Mâle, 663 mm, Colombie-Britannique, lac Missizoula, 24-25 juillet 1959; B.C. 60-221.  [Dessin d’Anker Odum, tiré de Scott et Crossman (1974) avec l’autorisation des auteurs.]