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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la situation de l’aristide à rameaux basilaires (Aristida basiramea) au Canada

COSEPAC Résumé

Aristide à rameaux basilaires
Aristida basiramea

Information sur l’espèce

L’Aristida basiramea est une graminée annuelle très ramifiée à la base mais peu ramifiée dans sa partie supérieure, qui atteint de 30 à 50 cm de hauteur. Ses tiges, minces et flexibles, sont dressées. Ses feuilles sont très étroites (1 mm), et son inflorescence est une panicule terminale longue de 5 à 10 cm. Les glumes (paire inférieure de bractées de l’épillet) sont uninervées et inégales, la supérieure étant plus longue que l’inférieure. La glumelle inférieure se termine par trois arêtes longues et raides.

Répartition

L’A. basiramea est une espèce endémique d’Amérique du Nord, qui se rencontre principalement dans le Midwest des États-Unis, avec des populations isolées jusqu’au Colorado, au Texas, au Maine et à la péninsule nord du Michigan. Au Canada, il n’y a que cinq stations naturelles de l’espèce, réparties entre le Sud de l’Ontario et le Sud du Québec. Une station adventice a été découverte dans le Nord-Ouest de l’Ontario, près de Fort Frances, dans le district de Rainy River.

Habitat

Aux États-Unis, l’A. basiramea se rencontre dans des milieux rares, par exemple des pinèdes claires, mais se trouve également sur des terrains envahis par les mauvaises herbes, notamment les bords de routes, les pâturages et les terres improductives. Au Canada, les populations naturelles de l’espèce semblent confinées aux terrains sablonneux acides et secs à végétation clairsemée, mais l’espèce exploite également d’autres terrains présentant les mêmes caractères et envahis par les mauvaises herbes, notamment les fossés en bordure de route et les champs abandonnés. Les cinq populations canadiennes naturelles poussent sur les crêtes de sable et les dunes basses des rivages post-glaciaires des lacs Algonquin et Nipissing (12 000 et 5 000 ans avant le présent, respectivement).

Biologie

Le genre Aristida comprend plus de 300 espèces réparties principalement dans les régions subtropicales et tempérées chaudes des deux hémisphères, où elles poussent de préférence sur des sols secs et pauvres ou sableux. En Amérique du Nord, les espèces d’Aristida se trouvent surtout dans les régions arides. Bien que l’A. basiramea semble être l’espèce la plus rustique du genre Aristida, on peut penser que sa répartition au Canada est limitée par ses exigences écologiques, puisque les types de milieux et de sols où il pousse en Ontario et au Québec sont restreints et peu communs autour de la baie Georgienne au nord des localités où sa présence est confirmée. À ce jour, aucune station naturelle d’A. basiramea n’a été signalée au nord de la péninsule nord du Michigan (environ 48 degrés de latitude).

Taille et tendances des populations

Il semble que l’A. basiramea a toujours été extrêmement rare au Canada. Depuis le début des années d’herborisation, les botanistes n’ont découvert que cinq stations naturelles de l’espèce, toutes situées dans deux des régions du Canada les plus explorées, à savoir le Sud de l’Ontario et le Sud du Québec. Il reste peut-être d’autres populations à découvrir. L’espèce passe facilement inaperçue en raison de l’aspect peu frappant de son appareil végétatif, de sa floraison et sa fructification très tardives et du fait que les types de milieu et de sol qu’elle affectionne peuvent se trouver en faibles étendues en dehors des sentiers battus, où ils peuvent facilement échapper à la vue.

Il n’est pas possible de dégager des tendances démographiques pour les populations naturelles de l’espèce au Canada, puisque trois des stations connues n’ont été découvertes qu’en 2001, que la station de Christian Island n’était connue jusqu’en 2001 que pour une sous-population observée pour la dernière fois en 1981, et que la population du lac Macey a connu une explosion démographique au cours des six dernières années pour avoir pu colonisé de nouveaux milieux. De plus, aucune station historique n’est répertoriée qui pourrait indiquer si l’effectif est en déclin.

L’effectif canadien de l’espèce dépasse les 20 000 individus, répartis principalement entre deux stations. L’aire occupée par l’ensemble des cinq stations (zone d’occupation) est inférieure à 3 km². La zone d’occurrence de l’espèce est de 502 km², et le type de milieu qui la caractérise est très restreint et continue de se rétrécir au profit de diverses utilisations et par l’effet de la succession écologique.

L’Aristida basiramea est classé comme espèce rare dans trois États des États-Unis. On ne sait pas dans combien d’États l’espèce est manifestement non en péril puisqu’aucun État ne lui a attribué la cote S4 ou S5.

Facteurs limitatifs et menaces

Plusieurs facteurs limitent la répartition de l’A. basiramea au Canada, notamment le fait que les milieux de prédilection de l’espèce sont très restreints, fragmentés et en déclin. Le peu qu’il reste disparaît rapidement par l’effet de la succession qui s’opère en l’absence des régimes naturels de perturbation, dont le feu, qui maintenaient des conditions propices à l’espèce.

Importance de l’espèce

L’A. basiramea ne possède aucun attribut qui frappe l’attention ou qui puisse susciter l’intérêt du public. On ne lui connaît aucune importance particulière.

Mandat du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) détermine le statut, au niveau national, des espèces, des sous-espèces, des variétés et des populations sauvages  canadiennes importantes qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées à toutes les espèces indigènes des groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, lépidoptères, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

Composition du COSEPAC

Le COSEPAC est composé de membres de chacun des organismes fauniques des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (Service canadien de la faune, Agence Parcs Canada, ministère des Pêches et des Océans, et le Partenariat fédéral sur la biosystématique, présidé par le Musée canadien de la nature), de trois membres ne relevant pas de compétence, ainsi que des coprésident(e)s des sous-comités de spécialistes des espèces et des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit pour étudier les rapports de situation des espèces candidates. 

Définitions

Espèce
Toute espèce, sous-espèce, variété ou population indigène de faune ou de flore sauvage géographiquement définie.

Espèce disparue (D)
Toute espèce qui n’existe plus.

Espèce disparue du Canada (DC)
Toute espèce qui n’est plus présente au Canada à l'état sauvage, mais qui est présente ailleurs.

Espèce en voie de disparition (VD)Note de bas de pagea
Toute espèce exposée à une disparition ou à une extinction imminente.

Espèce menacée (M)
Toute espèce susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitatifs auxquels elle est exposée ne sont pas renversés.

Espèce préoccupante (P)Note de bas de pageb
Toute espèce qui est préoccupante à cause de caractéristiques qui la rendent particulièrement sensible aux activités humaines ou à certains phénomènes naturels.

Espèce non en péril (NEP)Note de bas de pagec
Toute espèce qui, après évaluation, est jugée non en péril.

Données insuffisantes (DI)Note de bas de paged
Toute espèce dont le statut ne peut être précisé à cause d’un manque de données scientifiques.

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le comité avait pour mandat de réunir les espèces sauvages en péril sur une seule liste nationale officielle, selon des critères scientifiques. En 1978, le COSEPAC (alors appelé CSEMDC) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. Les espèces qui se voient attribuer une désignation lors des réunions du comité plénier sont ajoutées à la liste.

 

Service canadien de la faune

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.

 

Note de bas de page a

Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu’en 2000.

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Note de bas de page b

Appelée « espèce rare » jusqu’en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.

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Note de bas de page c

Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».

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Note de bas de page d

Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu’en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999.

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