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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le terrassier à six lignes (Acantholumpenus mackayi) au Canada - Mise à jour

COSEPAC Résumé

Terrassier à six lignes
Acantholumpenus mackayi

Houston (1988) a préparé le premier rapport de situation sur le terrassier à six lignes (Acantholumpenus mackayi) pour le COSEPAC. En avril 1989, le COSEPAC a désigné le terrassier à six lignes espèce préoccupante. Le présent rapport de situation est une mise à jour qui inclut les observations de Bond, Hopky, Lacho, Ratynski et d’autres auteurs (voir les ouvrages cités) ainsi que celles de l’auteur.

Information sur l’espèce

Ce poisson marin appartient à la famille des Stichaeidae. Il possède un corps mince, anguilliforme, pourvu d’une nageoire dorsale à nombreux rayons, qui s’étend sur toute la longueur du dos. Il se distingue des autres membres de sa famille par ses lèvres épaisses ainsi que par sa grosse tête et ses yeux proportionnellement plus petits. Bien que le nom commun anglais de l’espèce soit « pighead prickleback » (American Fisheries Society), on l’appelle parfois « blackline prickleback ».

Répartition

La présence du terrassier à six lignes est connue dans trois régions : 1) mer d’Okhotsk et mer du Japon; 2) mer de Béring; 3) partie canadienne de la mer de Beaufort. La population de la mer de Beaufort est peut-être répandue depuis la baie Phillips, au Yukon, jusqu’au port de Tuktoyaktuk et à la baie Liverpool, dans les Territoires du Nord-Ouest.

Habitat

Les larves sont planctoniques et se dispersent dans les courants océaniques. Les juvéniles et les adultes occupent les fonds de sable, de limon ou de boue. Ils vivent principalement dans les secteurs salins peu profonds, dans l’halocline ou les couches en dessous, bien que les adultes et les larves soient capables de tolérer l’eau de mer diluée au-dessus de l’halocline. Ils fréquentent aussi les eaux saumâtres des lacs et de l’embouchure des rivières ainsi que des eaux plus salées. On peut les observer jusqu’à une profondeur de 56 m dans la baie Bristol (mer de Béring) et de 26 m dans le port de Tuktoyaktuk. Leur répartition varie probablement en fonction des changements saisonniers et quotidiens dans la thermocline et l’halocline.

Biologie

Les terrassiers à six lignes se nourrissent d’invertébrés benthiques. À Tuktoyaktuk, l’âge maximal observé est de 16 ans, et les adultes atteignent la maturité à l’âge de 4 à 5 ans. En général, les mâles sont plus gros que les femelles, atteignant presque 50 mm de longueur comparativement à 47 mm chez les femelles. Bien que l’on possède très peu d’information sur la physiologie de cette espèce, on sait qu’elle peut survivre pendant de longues périodes sous la glace et dans l’obscurité.

Taille et tendances des populations

L’abondance du terrassier à six lignes au Canada est peu connue. Une seule estimation de la population, effectuée dans le port de Tuktoyaktuk, a permis d’évaluer les effectifs à 2 100 individus, dont 1 600 seraient des poissons matures. Il est probable que certaines classes d’âge sont dominantes dans la population. On ne possède pas de données sur les tendances.

Facteurs limitatifs et menaces

On sait peu de choses sur les facteurs limitatifs et les menaces pour cette espèce. Il est possible qu’il y ait des lacunes dans l’importance du recrutement et qu’il soit nécessaire d’avoir des classes d’âge fortes pour compenser les périodes de faible survie de certaines classes d’âge. L’espèce est peut-être répartie en agrégats et, de ce fait, elle est vulnérable aux perturbations locales, notamment aux effets potentiels à long terme du réchauffement planétaire et à l’augmentation de l’apport d’eau douce dans son habitat salin. L’industrie pétrolière peut avoir une incidence sur cette espèce parce que les produits libérés lors des fuites coulent dans les eaux salées du fond.

Importance de l’espèce 

La population canadienne de terrassiers à six lignes est unique en ce sens qu’elle représente la population la plus orientale de cette espèce. Elle semble également isolée des populations de la mer de Béring. L’espèce n’a pas d’importance économique comme telle, mais elle joue un rôle écologique en tant que consommatrice d’organismes benthiques et probablement comme proie pour les oiseaux de mer, les baleines, les phoques et les poissons prédateurs.

Protection actuelle

Des lois canadiennes et territoriales régissent les normes relatives à l’habitat et à l’environnement dans les régions occupées par cette espèce. La désignation « espèce préoccupante » attribuée à cette espèce par le COSEPAC en 1989 a attiré l’attention sur l’espèce dans les évaluations de l’habitat et de l’environnement. Les lois fédérales sur les pêches atténuent certaines menaces, en particulier celle des polluants dans des ports comme Tuktoyaktuk, où les autorités peuvent intervenir en cas de déversement de contaminants au fond de l’océan. Le gouvernement des Territoires du Nord-Ouest n’a pas exprimé de préoccupation directe à l’égard du terrassier à six lignes (2002).

Historique du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le Comité a été créé  pour satisfaire au besoin d’une classification nationale des espèces sauvages en péril qui soit unique et officielle et qui repose sur un fondement scientifique solide. En 1978, le COSEPAC (alors appelé Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) promulguée le 5 juin 2003, le COSEPAC est un comité consultatif qui doit faire en sorte que les espèces continuent d’être évaluées selon un processus scientifique rigoureux et indépendant.

Mandat du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) évalue la situation, à l’échelle nationale, des espèces, sous-espèces, variétés ou autres unités désignables qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées aux espèces indigènes et incluant les groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, arthropodes, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

Composition du COSEPAC

Le COSEPAC est formé de membres de chacun des organismes provinciaux et territoriaux responsables des espèces sauvages, de quatre organismes fédéraux (Service canadien de la faune, Agence Parcs Canada, ministère des Pêches et des Océans et Partenariat fédéral en biosystématique, présidé par le Musée canadien de la nature) et de trois membres ne relevant pas de compétence, ainsi que des coprésidents des sous-comités de spécialistes des espèces et du sous-comité de connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit pour examiner les rapports de situation sur les espèces candidates.

Définitions (depuis mai 2003)

Espèce
Toute espèce, sous-espèce, variété ou population indigène de faune ou de flore sauvage géographiquement définie.

Espèce disparue (D)
Toute espèce qui n’existe plus.

Espèce disparue du Canada (DC)
Toute espèce qui n’est plus présente au Canada à l'état sauvage, mais qui est présente ailleurs.

Espèce en voie de disparition (VD)Note de bas de page1
Toute espèce exposée à une disparition ou à une extinction imminente.

Espèce menacée (M)
Toute espèce susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitatifs auxquels elle est exposée ne sont pas renversés.

Espèce préoccupante (P)Note de bas de page2
Toute espèce qui est préoccupante à cause de caractéristiques qui la rendent particulièrement sensible aux activités humaines ou à certains phénomènes naturels.

Espèce non en péril (NEP)Note de bas de page3
Toute espèce qui, après évaluation, est jugée non en péril.

Données insuffisantes (DI)Note de bas de page4
Toute espèce dont le statut ne peut être précisé à cause d’un manque de données scientifiques.

 

Service canadien de la faune

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.

 

Notes de bas de page

Note de bas de page 1

Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu’en 2000.

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Note de bas de page 2

Appelée « espèce rare » jusqu’en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.

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Note de bas de page 3

Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».

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Note de bas de page 4

Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu’en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999.

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