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Programme de rétablissement de la tortue luth

2.10 Les facteurs biologiques limitatifs

Il est difficile d'identifier des facteurs biologiques qui pourraient limiter le rétablissement d'une espèce quand on possède si peu de connaissances biologiques de base sur cette dernière. Parce que le cycle biologique et l'âge de la maturité des tortues luths demeurent une inconnue, il est hasardeux de leur affecter un risque spécial à l'une ou l'autre caractéristique. Si, comme le croient certains chercheurs, la tortue luth est d'une grande longévité et qu'elle est lente à venir à maturité, elle est clairement à plus haut risque que les espèces venant rapidement à maturité.  L'écart entre les périodes de nidification peut également jouer contre le rétablissement de l'espèce puisque ces tortues semblent nidifier seulement aux deux ou trois ans. 

Des comportements à risque élevé autres que la reproduction comprennent la préférence des luths pour la nage long distance tout juste sous de la surface de l'eau (risque de collision avec les navires); sa propension à absorber des objets flottants; sa préférence pour les plages sablonneuses qui attirent également l'expansion urbaine; et l'attirance des nouveau-nés vers la lumière, qui peut les désorienter et les éloigner de l'océan. 

2.11 Les menaces

La liste des menaces aux tortues luths est longue et laisse paraître les comportements uniques et la répartition géographique du reptile.  Bien que plusieurs de ces menaces ne soient pas présentes le long des côtes canadiennes du Pacifique et que le rétablissement de la tortue luth nécessitera une concertation internationale signifie que le plan de rétablissement du Canada ne peut pas passer outre aux menaces actuelles à l'extérieur des eaux canadiennes. Dans l'exposé qui suit, les menaces sont classées selon l'endroit où elles surviennent (environnement d'approvisionnement c. environnement de nidification). Les menaces dans l'environnement d'alimentation comprennent celles qui sont bien connues et celles dont l'importance, en particulier en Colombie-Britannique, reste à identifier. Un des principaux objectifs du programme de rétablissement vise à évaluer les menaces décrites précédemment.

Les menaces en Colombie-Britannique surviennent seulement dans l'environnement d'alimentation et sont difficiles à quantifier parce qu'elles se présentent sur une vaste superficie et mettent en présence un petit nombre de luths. Ces deux facteurs rendent l'observation et la consignation au dossier beaucoup plus difficile qu'une plage de nidification. Quoi qu'il en soit, en raison de l'état précaire des populations de tortues luths dans le Pacifique, la disparition de même quelques adultes, peu importe où ils se trouvent dans le monde, y compris dans les eaux côtières de la Colombie-Britannique,  peut être importante pour la pérennité du stock du Pacifique. Les adultes en quête de nourriture dans les eaux canadiennes sont les plus imposants, les plus résistants au froid et les plus féconds des tortues luths et, donc, ils sont plus importants pour la pérennité de l'espèce que leur nombre seul voudrait le suggérer.

2.11.1 Les menaces dans un environnement d'alimentation

Les menaces connues

La pêche accidentelle et les emmêlements

 Les tortues luths sont pêchées accidentellement dans les filets et sur les fils de pêche, en particulier les pêches effectuées dans les secteurs d'alimentation pélagique et côtier et les voies de migration.  Les luths sont particulièrement vulnérables aux emmêlements dans les engins de pêche en raison de leurs nageoires avant massives (James 2001); elles sont vulnérables non seulement aux engins de pêche en service (en particulier les engins non surveillés), mais aussi aux engins abandonnés. Les tortues emmêlées se noieront si elles n'arrivent pas à se dégager mais elles perdront aussi des membres, devenant ainsi plus vulnérables pour les prédateurs.  Les tortues qui se libèrent peuvent traîner avec elles des morceaux d'engins de pêche (NMFS 2001).

Les risques de pêche accidentelle dans les eaux canadiennes du Pacifique sont présentement inconnus en raison du nombre limité d'observations recensées dans cette région. La pêche au crabe et la pêche au casier peuvent représenter une menace d'emmêlement dans les lignes verticales et tant les petits que les grands maillages des filets maillants peuvent piéger la tortue luth. La principale période d'interception de la pêche se situe probablement entre juillet et septembre, lorsque les chaluts pélagiques utilisés pour la pêche au merlu et les filets maillants pour la pêche du saumon et les pêches à la traîne coïncident avec l'arrivée des tortues luths dans les eaux de la   Colombie-Britannique. Cependant, la portée de la menace des pêches accidentelles provenant des eaux de la Colombie-Britannique est vraisemblablement faible en raison de la rareté de l'espèce mais demeure actuellement impossible à quantifier en raison des données limitées sur les observations.

L'information provenant d'autres régions du Pacifique indiquent que plusieurs types de pêche représentent une menace, particulièrement la pêche pélagique à la palangre flottante, les filets maillants et les filets dérivants dominants utilisés dans la pêche en haute mer, maintenant interdits mais certains filets maillants continuent d'être utilisés illégalement. Les tortues luths sont prises dans les palangres flottantes pour la pêche pélagique (McCracken 2000) et peuvent être attirées par les prises ou simplement déchirées. Il existe de grandes palangres pour la pêche pélagique que pratiquent plusieurs nations des deux côtés du Pacifique et dans le sud de la mer de Chine, quoique cela n'existe pas actuellement en Colombie-Britannique. Les palangres pélagiques pour la pêche à l'espadon, au requin et au thon se traduisent en retour par d'importantes prises accessoires de tortues luths adultes bien que le pourcentage de mortalité ne soit pas toujours rapporté (Balazs and Pooley 1994) et peut être reporté après que les tortues aient été relâchées (Witzell 1984).

La réduction des prises accidentelles à la palangre constitue une priorité et de nouvelles approches sont passées rapidement à l'étape de l'élaboration.  Le risque pour les tortues luths semble actuellement être le plus élevé quand les palangres sont jetées à la mer pendant la nuit dans les eaux peu profondes et que la lumière sert à attirer les espèces cibles, plus souvent les espadons et les requins. Bien qu'il y ait des manifestations d'intérêt à pratiquer la pêche au thon avec la palangre pélagique au large des côtes de la  Colombie-Britannique, l'Équipe de rétablissement croit que cette forme de pêche constituerait une menace pour les tortues luths.

Aux États-Unis, la pêche aux crevettes au palangre produit également un nombre important de prises accessoires de tortues luths. Le « Dispositif d'exclusion des tortues (TED) » peut réduire le nombre de tortues luths prises dans les filets à palangre pour la pêche à la crevette en leur donnant une voie d'échappement (US Environmental Protection Agency 1999), et la réglementation américaine TED a été modifiée en 2003 pour accroître la dimension de l'ouverture, un changement qui profitera aux tortues luths (www.mslabs.noaa.gov/teds.html).

L'ingestion de débris

Dans les eaux côtières de la Colombie-Britannique, les débris proviennent de plusieurs sources, incluant le développement côtier et le trafic des navires. Les tortues luths mangeront des objets non comestibles, notamment les sacs en plastique, les ballons et le goudron qui peuvent ressembler aux méduses, leur proie de prédilection (Mrosovsky 1981). Elles mangeront aussi des filets de pêche (Starbird 2000). Fritts (1982) a analysé les conséquences de l'ingestion de sacs de plastique sur la physiologie de la tortue luth, qui peut entraîner la surcharge et la mort.

Les collisions avec les bateaux

Les tortues peuvent être blessées ou tuées lorsqu'elles entrent en collision avec un bateau ou des hélices.  Les tortues luths peuvent être particulièrement vulnérables en raison de leur habitude de nager juste sous la surface de l'océan. En Colombie-Britannique, la plus grande inquiétude se rapporte peut-être aux navettes maritimes.   On ne sait pas si des collisions en pleine mer avec de gros navires surviennent. Cependant, compte tenu de la lenteur des déplacements de la luth et de la haute vitesse des navires, ces types d'impact peuvent provoquer la mort.

Les tortues luths ont été vues dans plusieurs lieux populaires de pêche, de transport maritime et de secteurs de navigation de plaisance en Colombie-Britannique, incluant près des eaux du rivage. En 1999, une tortue luth a été frappée par un bateau de pêche sportive (Lisa Fairley 2003, comm. pers.). Aucun dommage ne semble avoir été causé à l'une ou l'autre des parties; quoiqu'il en soit, l'incident suggère un potentiel important de collisions avec des bateaux dans les eaux de la Colombie-Britannique, en particulier pendant la période achalandée des mois d'été et de la saison de la pêche.  

Les menaces potentielles

En plus des menaces que nous venons d'évoquer, il existe un certain nombre d'autres menaces additionnelles. La gravité des menaces qui suivent peuvent seulement être attribuée après de plus amples recherches. Elles comprennent :

Des maladies et des parasites

On sait très peu de choses sur les maladies et les parasites de la tortue luth, incluant dans les eaux canadiennes. La fibropapillomatose est une maladie néoplastique qui touche surtout les tortues vertes. On n'a  pas encore isolé ou fait le portrait de l'agent étiologique (la cause de la maladie). Les tumeurs de la fibropapillome ont récemment été observées chez des tortues luths au Mexique (Huerta et al. 2002;  Murakawa and Balazs 2002).

La prédation

On a fait état d'attaques de tortues luths par des requins et des épaulards (Sarti et al. 1994; Caldwell et Caldwell 1969).

L'exploration et l'extraction pétrolière

L'extraction pétrolière des fonds marins comporte des risques de déversements, d'explosions et d'accroissement du trafic maritime. L'exploration pétrolière peut également représenter des menaces indirectes à l'habitat d'alimentation, incluant les répercussions du forage, l'ancrage, les explosifs et la pollution.

La contamination de l'environnement

Les tortues luths croissant dans les eaux canadiennes du Pacifique sont exposées aux mêmes polluants que toutes les autres formes de vie marine. En Colombie-Britannique,  elles comprennent les eaux d'égout et les produits chimiques agricoles et industriels. La concentration biologique de polluants chimiques dans les proies des tortues luths n'a pas été étudiée et leur incidence demeure inconnue.  L'accumulation de métaux lourds et de PCB a été démontrée (Davenport et al. 1990).

L'aquaculture

La pisciculture de saumon est concentrée dans le passage intérieur entre l'île de Vancouver et la terre ferme.  Les menaces environnementales que posent les fermes d'élevage du saumon comprennent le bruit émis par les appareils destinés à éloigner les prédateurs, la pollution fécale, les systèmes d'ancrage et la possibilité de transmission de parasites.  Cependant, on ne peut pas évaluer, sans un dossier plus complet des observations, la possibilité pour les tortues luths d'interagir avec les activités des fermes d'élevage du saumon.

2.11.2 Les menaces dans l'environnement de nidification

Les menaces dans l'environnement de nidification sont pertinentes pour les projets internationaux et les conventions dont le Canada est signataire. En dépit de leur éloignement du Canada, les menaces à l'environnement de nidification peuvent dépasser celles des secteurs d'alimentation et, ainsi, peuvent être décisives pour toutes les actions canadiennes de collaboration. La population de tortues luths la plus probable à fréquenter les eaux de la Colombie-Britannique, nidifie dans les tropiques de l'Ouest de l'océan Pacifique. Cependant, il est possible que les tortues luths de la population de l'Est du Pacifique se rendent également dans les eaux de la Colombie-Britannique.

La pêche des adultes et des juvéniles

    La nidification des tortues luths adultes en Malaisie et en Indonésie est la cible de prises accidentelles dans des pêches variées d'un bout à l'autre de leur habitat et, possiblement, de prises directes par les villageois des îles Kai Kecil qui ont par tradition chassé la tortue luth à des fins alimentaires et rituelles (Suarez and Starbird 1996). Cependant, la pêche aux tortues luths adultes et juvéniles est limitée et on ne connaît pas dans quelle mesure les populations peuvent être touchées.

La récolte des œufs

À l'exemple des autres tortues marines, les œufs des tortues luths sont récoltés énergétiquement à des fins de subsistance et pour le commerce. La poursuite de la récolte d'œufs garantit une réduction du repeuplement. Par exemple, en Malaisie, des décennies de collecte excessive d'œufs ont décimé les populations de tortues luths et la récolte d'œufs de luths à Trengganu, l'État le plus productif, est désormais illégale (Liew 2002). Il est possible de contrôler la récolte des œufs grâce à des programmes sociaux et à la protection des plages, comme cela se pratique par exemple au Mexique (Sarti 2002).

La prédation des nids et le parasitisme

Les œufs de tortue sont recherchés par plusieurs prédateurs naturels tels les rats, les mangoustes, les oiseaux, le Varan, les serpents, les crabes et d'autres invertébrés.  D'autres espèces domestiques représentent également une menace : les chats, les chiens et les cochons.  La destruction des nids par des cochons sauvages constitue un des plus graves problèmes des populations de tortues luths dans l'Ouest du Pacifique, en particulier en Papouasie (NMFS 2000). Les nombreux parasites des plages de nidification (c.-à-d. les insectes tels les larves d'insectes et les grillons) constituent par ailleurs une menace naturelle.

L'accroissement de la présence humaine 

Les activités anthropiques sur les plages de nidification peuvent déranger les femelles et leurs œufs. Les femelles peuvent avorter leurs tentatives de nidification, changer d'endroit de nidification, reporter la ponte et choisir des sites médiocres. La compaction du sable par les promeneurs marchant au-dessus des nids peut ralentir l'éclosion des œufs. 

Les sources de lumière, notamment les lampes de poche et les feux de camp, peuvent désorienter les femelles et leurs petits, qui ont plus de difficultés à s'orienter vers la mer. Les véhicules en circulation sur la plage tapent le sable et les nids, déterrent les nids et créent des sillons dans lesquels les nouveau-nés demeurent piégés dans leur migration vers la mer.

La perte de l'habitat

Une variété d'activités produit une élimination ou une dégradation de l'habitat. Ils comprennent :

§        La construction et l'exploitation minière : Édifices, digues, jetées, etc. sont tous des obstacles pour les tortues et peuvent accroître l'érosion naturelle. Le sable et l'enlèvement des coraux et autres exploitations des sables de plages perturbent gravement une plage de nidification.

§        Le blindage des plages :Les remparts de cordon littoral, les murs de soutènement, les perrés, les sacs de sable, les épis et les jetées, tous ces remparts entre la plage et la mer ont des répercussions sur les lieux de nidification et peuvent piéger ou reporter le retour à la mer des nouveau-nés et des femelles, accroissant leur vulnérabilité face aux prédateurs. Le blindage peut également augmenter l'érosion de la plage.

§        La plage d'accumulation:Des tentatives de remplacer la plage perdue par l'érosion peuvent causer des problèmes pour les nids des tortues luths.  Les nids peuvent se retrouver enfouis trop profondément. Le nouveau sable peut ne pas être convenable pour la nidification. La machinerie lourde utilisée pour nettoyer et râteler les plages peut détruire les nids. La machinerie utilisée pour remorquer et répartir le sable compacte la plage, détruit les nids et crée des difficultés pour en creuser de nouveaux.

Éclairage artificiel

Les nouveau-nés et les adultes, une fois sur terre, se fient à la lumière pour s'orienter vers la mer. L'éclairage provenant des immeubles, des rues et des véhicules peuvent amener les tortues luths à migrer vers l'intérieur des terres plutôt que la mer.  Whitherington (1992) a découvert que la lumière à vapeur  de mercure blanche (MV) et d'autres lumières à large spectre pouvaient déranger la nidification des tortues luths et des tortues vertes et a recommandé d'utiliser un éclairage à la vapeur de sodium à basse pression (LPS) comme solution de rechange. Ces mêmes recommandations s'appliquent aux tortues luths.

Végétation exotique

Des plantes exotiques peuvent déloger la végétation naturelle et proliférer sur les plages à nidification. L'ombre grandissante de ces nouvelles plantes peut faire chuter les températures à l'intérieur des nids et provoquer une modification de la proportion des sexes des nouveau-nés (voir Section 2.4.2). Les racines peuvent entremêler les œufs et les nouveau-nés. Les femelles couvant peuvent également être prises par la végétation, ralentissant ou empêchant leur retour à la mer.

Contamination et pollution

Les plages ont tendance à concentrer les mêmes types de débris et de pollution que les dangers en pleine mer. Les exemples comprennent le plastique, les filets abandonnés et les hydrocarbures.

Sharma (2000) a fait état dans un récent exposé de la destruction d'un habitat de nidification dans la péninsule de Malaisie, incluant la roquerie jadis importante à Rantau Abang.

2.12 Les lacunes du savoir

À l'intérieur de l'aire de répartition de la tortue luth dans le Canada du Pacifique, les principales lacunes du savoir touchent l'observation de la tortue, sa répartition, son comportement et sa vulnérabilité face à des menaces précises. Un modèle de prévision devrait produire un résultat important de la recherche, qui comblera les lacunes et aidera à établir les objectifs de gestion et à en établir les priorités (Chaloupka 2003, comm. pers.).

2.12.1 Les exigences de l'enquête

Les rapports sur les tortues luths en Colombie-Britannique sont peu nombreux et relèvent souvent de l'anecdote. Les rapports existants doivent être réunis et analysés et les nouveaux rapports doivent être systématiquement rassemblés (se reporter à la Section 3, Rétablissement). Il nous faut collaborer à la recherche au plan international pour confirmer ou infirmer l'hypothèse voulant que la plupart des tortues luths au large des côtes de la Colombie-Britannique proviennent des roqueries de l'Ouest du Pacifique. Un des résultats d'une telle recherche pourrait générer un modèle de prévision de l'observation de la tortue luth. Voici les questions portant sur l'abondance et la migration :

·       Où, quand et pendant combien de temps les tortues luths peuvent-elles se retrouver dans le Canada du Pacifique?

·       Combien de tortues luths utilisent les eaux canadiennes du Pacifique et quelle proportion de la population totale cela représente-t-il?

·       Quelles voies de migration les tortues luths empruntent-elles pour entrer et quitter le Canada du Pacifique?

·       Est-ce que les tortues luths du Canada du Pacifique contribuent de manière importante à la pérennité des populations auxquelles elles appartiennent?

2.12.2 Les exigences de la recherche biologique et écologique

C'est à partir d'hypothèses sur la répartition des âges et du cycle biologique que reposent les conclusions sur le taux de mortalité, l'importance relative de la nidification par rapport aux dangers marins et les prédictions touchant les tendances de la population. Des conclusions sur des éléments aussi fondamentaux que le cycle biologique sont présentement entravées par une pénurie de données.  Voici les lacunes de notre savoir sur le cycle biologique de la population :

·       l'espérance de vie;

·       le potentiel de reproduction durant le cycle de vie (l'âge de la première nidification, la fréquence de la nidification, la fécondité et la survie des œufs);

·       l'évaluation de la pérennité de la population : Combien d'individus une population peut-elle perdre et malgré tout être en mesure de se rétablir?

Pour déterminer l'habitat essentiel de la tortue luth dans les eaux canadiennes, nous devons enquêter sur :

·       les endroits où se produit l'activité d'approvisionnement;

·       la vitesse de son métabolisme et les besoins alimentaires;

·       les rapports avec les principales proies de l'espèce : répartition, les espèces dévorées et leur valeur calorique;

·       la qualité de l'eau dans les secteurs d'alimentation.

2.12.3 Les exigences de la recherche pour cibler les menaces

La collecte systématique et l'analyse des observations serviront à définir l'habitat essentiel de la tortue luth, à clarifier les menaces à l'espèce dans les eaux canadiennes et contribuer à une compréhension globale du cycle biologique de cette population.  À l'heure actuelle, il y a très peu d'information sur les observations ou des prises accidentelles de tortues de mer au large des côtes de la Colombie-Britannique. Des études doivent être réalisées pour déterminer :

·       le nombre et le type d'interactions avec les pêches et les activités maritimes dans le Canada du Pacifique;

·       le taux de mortalité provoquée par l'interaction avec les pêches et les activités maritimes;

·       la possibilité de collisions avec les bateaux et les dommages qui en résultent;

·       les répercussions potentielles de la pollution du pétrole et du gaz (déversements, fuites, etc.);

·       les menaces de maladies (information provenant des autopsies);

·       le potentiel d'interaction avec l'exploitation de l'aquaculture.

2.12.4 L'habitat essentiel

 Se reporter à la Section 2,7, Habitat, et à l'Annexe I.



[1]La LEP exige que le programme de rétablissement désigne « …des menaces à son habitat qui soit compatible avec les renseignements fournis par le COSEPAC ». [LEP p.41(1) (b)].

[2]La LEP  exige que le programme de rétablissement fasse « un énoncé sur l'opportunité de fournir des renseignements supplémentaires concernant l'espèce » [LEP p.41(1) (f)’].