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Programme de rétablissement de la tortue luth

3. Rétablissement

 Il est important de savoir qu'en raison des lacunes en information sur la tortue luth dans les eaux canadiennes du Pacifique, le rétablissement de cette espèce suivra au départ une approche adaptive, en plusieurs temps. Par exemple, les mesures d'atténuation devront être taillées à la mesure de notre compréhension nouvelle des menaces. Donc, il est irréaliste au départ de s'attendre à ce que tous les objectifs du rétablissement produisent des résultats quantifiables; au contraire, ces résultats surviendront au fur et à mesure des progrès de la recherche. 

Les objectifs du rétablissement sont présentement ciblés sur l'obtention d'information fondamentale sur la biologie de base et la répartition de la tortue luth dans les eaux canadiennes du Pacifique et les menaces auxquelles l'espèce est confrontée. Au fur et à mesure que ces renseignements deviendront disponibles, le Programme de rétablissement sera mis à jour avec des objectifs précis de rétablissement quantifiables au cours des cinq prochaines années.  De plus, parce que les tortues luths se trouvant dans les eaux canadiennes du Pacifique appartiennent au même stock génétique que celles qui fréquentent les eaux américaines du Pacifique, le Canada envisagera de rendre ses objectifs quantifiables de rétablissement cohérents avec les Critères de rétablissement décrits dans le Plan de rétablissement  des populations du Pacifique de la tortue luth des États-Unis (NMFS et  FWS 1998 et les révisions ultérieures; se reporter à l'Objective 1 ci-dessous).

 3.1 But

Le but de ce programme de rétablissement vise la pérennité à long terme des populations de tortues luths qui fréquentent les eaux canadiennes du Pacifique.

3.2 Les objectifs du rétablissement

L'objectif ultime du Programme de rétablissement sera atteint par l'entremise de cinq objectifs individuels. Objectif no 1 : Combler les lacunes du savoir par des recherches canadiennes indépendantes et par la contribution canadienne à des recherches effectuées à l'étranger. Objectif no 2 : Résumer nos connaissances sur les observations des tortues luths au large des côtes de la Colombie-Britannique et leurs interactions avec les gens. Objectif no 3 : Atténuer les menaces dans les eaux de la Colombie-Britannique. Objectif no 4 : Promouvoir l'atténuation dans toutes les autres parties de l'aire de répartition de la tortue luth. Objectif no 5 : Sensibiliser le public et les professionnels au besoin du rétablissement.

Les Canadiens possèdent une expertise qui sera valable non seulement dans l'aire de répartition de la tortue luth qui se trouve au Canada mais également dans les secteurs « à l'étranger ». Ainsi, il y aura certains chevauchements dans les activités parce que l'intendance pour un animal qui migre sur 15 000 km ne connaît clairement pas de frontière internationale. 

Les cinq objectifs sont :

Objectif no 1 :Favoriser les recherches qui rendent possible l'élaboration de critères mesurables du rétablissement, dans les cinq ans, pour les tortues luths qui fréquentent les eaux canadiennes du Pacifique.

Objectif no 2: Repérer et comprendre les menaces que les activités de l'être humain dans les eaux canadiennes du Pacifique font peser sur cette espèce et sur son habitat

 Objectif no 3: Atténuer les menaces que fait peser l'être humain sur cette espèce dans les eaux canadiennes du Pacifique et protéger ses habitats essentiels d'alimentation et de migration

 Objectif no 4: Appuyer les activités des autres pays qui favorisent le rétablissement des tortues luths qui fréquentent les eaux canadiennes du Pacifique

Objectif no 5: Faire connaître davantage la tortue luth dans la région du Pacifique et faire participer les Canadiennes et les Canadiens à des projets d'intendance.

3.3 Les programmes pour atteindre le rétablissement

Objectif no 1: la recherche  

 Favoriser les recherches sur cinq ans, qui rendent possible l'élaboration de critères mesurables du rétablissement des tortues luths fréquentant les eaux canadiennes du Pacifique;

Programme :

  1. Effectuer des recherches au Canada pour repérer l'habitat essentiel qui est important pour le rétablissement des tortues luths dans les eaux du Pacifique;
  2. Contribuer et collaborer à des projets dont le but est d'identifier la où les populations de tortues luths trouvées dans les eaux canadiennes du Pacifique et en faire la distinction avec les autres populations du Pacifique;
  3. Participer à des projets fondés sur des paramètres démographiques fondamentaux pour les tortures luths afin de prédire l'efficacité des actions visant à promouvoir le rétablissement de l'espèce;
  4. Collaborer aux projets fondés sur la biologie fondamentale, la physiologie et le comportement des tortues luths du Pacifique.

Objectif no 2: La clarification des menaces

 Repérer et comprendre les menaces que les activités anthropiques dans les eaux canadiennes du Pacifique font peser sur cette espèce et sur son habitat;

 Programme :

  1. Faire la synthèse des données existantes sur les activités qui pourraient causer préjudice aux tortues luths qui fréquentent les eaux canadiennes du Pacifique;
  2. Mettre en vigueur des programmes pour recueillir de l'information sur les observations de tortues luths dans les eaux canadiennes du Pacifique;

Objectif no 3: L'atténuation  

 Atténuer les menaces anthropiques sur cette espèce dans les eaux canadiennes du Pacifique et protéger ses habitats essentiels d'alimentation et de migration;

Les programmes suivants sont vastes alors que leur élaboration ultérieure dépend étroitement des menaces qui n'ont pas encore été cernées. Alors que l'information issue des résultats de l'objectif no 1 devient disponible, le programme de rétablissement des tortues luths dans les eaux canadiennes du Pacifique sera mis à jour pour définir des programmes plus spécifiques et des actions associées aux termes de l'objectif no 2, comportant des résultats quantifiables. L'Équipe du rétablissement croit que les croisements entre les tortues luths et les activités de pêche dans les eaux canadiennes du Pacifique sont rares et ne justifient pas à l'heure actuelle d'imposer des restrictions à la pêche.  Le rétablissement de la tortue luth sera plus vraisemblablement facilité par la sorte d'activités citées par après, incluant le travail en collaboration avec l'industrie maritime et le grand public pour recueillir des données si précieuses dont on a besoin sur les observations et les interactions avec les humains au Canada et faire en sorte de faciliter la recherche internationale et les efforts de conservation qui ciblent les plages de nidification.  

À l'heure actuelle, les programmes globaux incluent mais ne se limitent pas à : 

  1. En consultation avec l'industrie maritime, mettre en place des mesures d'atténuation pour réduire les menaces aux tortues luths dans les eaux canadiennes du Pacifique une fois qu'on les aura mieux comprises (les menaces telles qu'identifiées grâce aux programmes mis en œuvre aux termes de l'objectif no 2);
  2. Une fois les menaces repérées, protéger les habitats essentiels des tortues luths dans les eaux canadiennes du Pacifique (se reporter à l'objectif no 1 pour déterminer l'habitat essentiel);
  3. Mettre au point et mettre en œuvre des procédures pour éviter les échouements et les emmêlements et, au besoin, d'autres procédures de planification et de mesures d'urgence (c.-à-d. relatives aux déversements de pétrole).

 Objectif no 4: La coopération internationale  

Appuyer les activités des autres pays qui favorisent le rétablissement des tortues luths qui fréquentent les eaux canadiennes du Pacifique;

 Programme :

  1. Ratifier, respecter et contribuer aux instruments internationaux  (conventions, traités, protocoles d'entente, codes de conduite) qui favorisent la protection et le rétablissement des tortues luths;
  2. Amorcer des ententes et des projets de collaboration avec des pays qui partagent des populations de tortues luths qui fréquentent les eaux canadiennes du Pacifique;
  3. Utiliser les programmes bilatéraux existants de dons, par exemple l'ACDI et le CRDI, pour appuyer des recherches communes, la formation et la sensibilisation, y compris la participation de la collectivité dans le rétablissement de la tortue luth;
  4. Fournir l'expertise canadienne et autres formes de soutien pour protéger la nidification des tortues luths, leurs œufs et les plages de nidification (p. ex., l'éducation du public, l'application de la loi, le contrôle de la construction côtière, la modification ou la réduction de l'éclairage artificiel, des mesures pour améliorer le succès de l'éclosion);
  5. Faciliter la participation des Canadiens et des Canadiennes (les gouvernements, les universités, l'industrie et les ONG) à des programmes internationaux de recherche et de rétablissement (p. ex., par l'entremise de lettres de recommandation, de permis, de visas, de stages et de détachements).

Objectif no 5: L'intendance et la sensibilisation

 Mettre en relief la sensibilisation aux tortues luths et encourager les Canadiens et les Canadiennes à des activités d'intendance en appui au rétablissement de la tortue luth au Canada.

Programme :

  1. Mettre au point une campagne de sensibilisation auprès du grand public sur la tortue luth qui porterait sur l'identification, le cycle biologique, la biologie, les menaces, les efforts canadiens de rétablissement et les gestes que pourraient poser les citoyens désireux d'atténuer les menaces ici et à l'étranger;
  2. Faire la promotion de la sensibilisation professionnelle des enjeux entourant la tortue luth du Pacifique dans les ministères gouvernementaux;
  3. Favoriser la participation des Canadiens et des Canadiennes aux projets d'intendance sur toute l'aire de répartition de la tortue luth dans le Pacifique.

3.4 Les facteurs du rétablissement

3.4.1 La faisabilité du rétablissement

Le présent programme de rétablissement adopte une approche prudente et opine que le rétablissement des tortues luths du Pacifique est réalisable en l'absence d'information qui tenterait à démontrer le contraire. 

L'aire de répartition des tortues luths du Pacifique est vaste et son rétablissement exige un effort international.  La faisabilité écologique et technique du rétablissement peut être élevée mais elle ne sera pas réalisée sans une coopération internationale. Le présent programme se veut un complément à celui du rétablissement des tortues luths des eaux canadiennes de l'Atlantique (Draft National Recovery Strategy for the Leatherback Turtle in Atlantic Canadian Waters, 2003) ainsi que des programmes existants pour les populations de tortues luths du Pacifique qui fréquentent  les eaux américaines (National Marine Fisheries Service et US Fish and Wildlife Service 1998). En raison des lacunes du savoir à propos de la tortue luth, de sa migration et de la structure de sa population, le présent programme contient une composante de recherche importante.

Il est difficile de prédire la probabilité d'un retour à la pérennité de la tortue luth fréquentant les eaux canadiennes du Pacifique tant que nous ne connaîtrons pas le cycle biologique de l'espèce et son statut. La capacité de l'espèce d'amorcer une remontée dépend de sa faculté de reproduction durant sa durée de vie, qui demeure par ailleurs une inconnue.  La disponibilité d'un habitat d'alimentation de qualité au large des côtes de la Colombie-Britannique ne semble pas être limitée; de plus, la faculté du Canada d'atténuer les principales menaces connues dans nos eaux est élevée. Cependant, les progrès exigeront un niveau élevé d'efforts en raison de la somme de travail pour recueillir les faits et effectuer d'autres recherches nécessaires, en plus du besoin de collaborer avec des gouvernements et des organismes dans d'autres parties de l'aire de répartition de la tortue luth.

Comme il a déjà été énoncé dans le présent programme, le sort de la tortue luth du Pacifique représente pour le Canada une importance qui transcende de beaucoup son passage transitoire dans les eaux de la  Colombie-Britannique. Les principaux obstacles à l'atténuation du problème dans les eaux de la C.-B.  sont (1) une lacune du savoir et (2) la volonté politique et sociale de créer et de faire respecter de nouveaux règlements.   Les règlements sur la pêche en particulier doivent être élaborés en collaboration avec l'industrie. Les entraves à la réussite globale sont politiques et sociales et sont l'expression de la difficulté de convaincre tous les intervenants de s'entendre sur les mesures à prendre. Par exemple, la pêche pélagique à la palangre est considérée comme une menace importante mais les restrictions adoptées par un pays de pêcheurs peuvent être inefficace si d'autres nations ne suivent pas son exemple de sorte que les efforts marqués de bonnes intentions dans une région du monde peuvent être battues en brèche dans une autre partie de la planète. La cueillette d'œufs sur les plages de nidification nous fournit un autre exemple et les habitants n'abandonneront vraisemblablement pas une source de nourriture et de revenus à moins d'être consultés, motivés et contrôlés par les forces de l'ordre.

Il n'est présentement pas possible d'affirmer quantitativement si la mise en vigueur des mesures de rétablissement dictées par ce programme mènera au rétablissement des tortues luths.  La mise en vigueur des recommandations jointes aux présentes fourniront aux biologistes l'information dont ils ont besoin pour mieux comprendre la faisabilité du rétablissement des tortues luths dans la région du Pacifique.   

3.4.2 L'approche recommandée / l'échelle du rétablissement

Pour les tortues luths du Pacifique, les deux principales causes de mortalité au plan mondial sont : l'emmêlement des engins de pêche et la collecte des œufs sur les plages de nidification. Transcendant les deux problématiques se retrouve une vaste lacune de connaissances sur la biologie de cette espèce pélagique internationale. Donc, même si certaines actions de rétablissement immédiates sont possibles et, dans une conjoncture sociopolitique favorable, peuvent être très efficaces, la demande en faveur de « plus de recherches » ne peut rester lettre morte. Le programme recommandé aux présentes est le reflet d'occasions d'actions immédiates ainsi qu'un besoin urgent pour davantage de recherches, deux activités faisant appel à la coopération internationale.  Le Canada a un rôle à jouer, tant au pays qu'à l'étranger, pour le rétablissement de cette espèce.

Les activités de conservation dans le reste de l'aire de répartition de la tortue luth devraient vraisemblablement avantager les autres espèces de tortues de mer. Voilà également une excellente occasion de relier des actions de rétablissement de la tortue luth en Colombie-Britannique aux activités engagées pour les cétacés, en particulier dans la construction de réseaux de rapports d'observations et pour les observateurs des bateaux de pêche.

 3.5 Les actions terminées ou en cours

3.5.1 Les actions dans le Canada du Pacifique

L'Équipe de rétablissement de la tortue luth du Pacifique 

C'est en 2002 que l'Équipe de rétablissement a été mise sur pied et, en plus de produire le présent Programme et ses plans d'action, elle continuera à surveiller et à coordonner le programme de rétablissement de la tortue luth du Pacifique.   Coordonnée par Pêches et Océans Canada, l'équipe comprend des représentants de Pêches et Océans Canada, de l'Université de la Colombie-Britannique, de l'Université Dalhousie, du Vancouver Aquarium Marine Science Centre, du World Fisheries Trust, du secteur des pêches commerciales du Canada, du Hubbs Seaworld Research Institute, du U.S. National Marine Fisheries Service et de l’Université de l’Alaska.

La collecte et la gestion des données sur les observations  

Pour obtenir de l'information sur la répartition des tortues luths, son abondance et les menaces potentielles dans les eaux du Pacifique, Pêches et Océans Canada et le Vancouver Aquarium Marine Science Centre ont mis au point un réseau d'observations pour les tortues luths du Pacifique. L'information sur les observations des tortues sera reliée au Cetacean Sightings Network de la Colombie-Britannique (lancé en 1999) et soumise à la collaboration du public, de l'industrie et des organismes locaux. En 2002, Pêches et Océans Canada et le Vancouver Aquarium Marine Science Centre ont commencé à recenser les observations historiques et à monter une base de données pour mémoriser tant les observations historiques que nouvelles (25 000 $).

L'éducation et la sensibilisation 

Dans le cadre du projet sur l'intendance de l'habitat en 2002, le Vancouver Aquarium Marine Science Centre a mis en place des programmes de sensibilisation et d'intendance sur la tortue luth du Pacifique. Les activités comprennent l'édition sur le Web et des présentations interprétatives, dont un jeu informatique animé sur les lieux du Vancouver Aquarium et des expositions itinérantes, qui visent à transmettre des connaissances sur la biologie, le comportement, la physiologie et les menaces. Des présentations interactives ont été effectuées dans les écoles et au cours de festivals dans six collectivités côtières de l'Ouest de l'île de Vancouver; il s'agissait de faire connaître la présence des tortues luths, les menaces auxquelles elles sont confrontées et les activités de conservation bénéfiques auxquelles les collectivités peuvent participer. Un numéro sans frais pour les observations a été instauré, dont on a fait la promotion par la distribution de posters et d'autocollants pour accroître le nombre d'observations rapportées de tortues luths (45 000 $).

La recherche sur la biologie et le comportement 

Les chercheurs de l'Université de la Colombie-Britannique utiliseront ce financement de la CRSNG  et du NMFSR pour étudier l'énergétique et le comportement des femelles gestantes dans l'Est du Pacifique. L'évaluation des exigences en énergie constitue la première étape nécessaire à toute tentative visant à déterminer les conséquences du changement dans la répartition des proies et l'abondance des tortues luths.   L'évaluation du poids et de l'état corporel sera effectuée sur huit tortues luths afin de mesurer le champ énergétique. Ces animaux seront également utiles pour les enregistreurs de données qui surveilleront leurs plongeons et leur comportement dans leur quête de nourriture. Le portrait des plongeons fournira une idée de combien de temps est passé en apnée et à quelles profondeurs. Les mesures de la vitesse de la nage nous indiqueront combien de temps la tortue passe en pleine mer et les moments où elle se repose. En contrôlant la température de l'estomac, on pourra déterminer l'ingestion d'aliments et, de façon indirecte, la proportion du temps passé à la recherche de nourriture.

3.5.2 Les actions dans le Canada de l'Atlantique

Le MPO travaille à un programme de rétablissement pour la tortue luth de l'Atlantique.   Un programme de recherche sur la tortue luth de l'Atlantique a commencé en 1998 à l'Université de Dalhousie (James 2001). Le programme a étudié les menaces dans l'Atlantique du Canada, incluant le type et l'incidence des interactions avec les pêches et l'ingestion de plastique, et inclut les études télémétriques de satellites pour suivre les déplacements des tortues. D'autres projets de recherche, de gestion et de sensibilisation dans l'Atlantique du Canada comprennent :

  • une évaluation quantitative de pêche accessoire dans la pêche pélagique canadienne à la palangre par l'entremise d'une couverture accrue des observateurs et la mise en œuvre de nouveaux protocoles pour enregistrer les circonstances détaillées de captures accidentelles (fondés sur le protocole utilisé par le National Marine Fisheries Service);
  • une approche auprès des communautés côtières par des programmes d'éducation du public ciblant la collectivité des pêcheurs;
  • un programme d'observations des tortues marines;
  • la réponse aux échouements et les autopsies;
  • le programme de télémétrie par satellite

3.5.3 Actions internationales

Le présent Programme de rétablissement ne prétend pas être un examen exhaustif d'actions prises au nom des tortues luths du Pacifique pour tous les pays. Les résumés suivants fournissent un aperçu des activités dans certains pays choisis. Par exemple, nous n'avons pas retenu les mesures prises au Costa Rica et la surveillance et la protection des tortues luths en Papouasie, en Papouasie-Nouvelle-Guinée et aux Îles Salomon.

Les ententes internationales 

Une variété d'instruments, à savoir des conventions, des accords non contraignants et des codes de conduite sont pertinents à la conservation des tortues luths du Pacifique.  En vertu de la Conservation des espèces migratrices appartenant à la faune sauvage (CMS) signée à Bonn, la tortue luth est inscrite comme une espèce migratrice qui est menacée d'extinction et qui profitera de la coopération internationale. L'espèce est protégée par deux protocoles d'entente du CMS, le premier s'appliquant à l'océan Indien et au Sud-est asiatique et le second à la côte Atlantique de l'Afrique.  Les tortues luths sont également inscrites à la Convention interaméricaine pour la protection et la conservation des tortues marines. À l'heure actuelle, le Canada n'est pas signataire de l'une ou l'autre de ces conventions.

Les mesures prises aux États-Unis 

Aux États-Unis, un plan de rétablissement  a déjà été complété pour les tortues luths (NMFS et USFWS 1998). Les actions identifiées pour la conservation de l'espèce comprennent (sans ordre de priorité) :

  • Élimination des prises accidentelles de tortues luths aux États-Unis et dans les pêches commerciales dans les eaux internationales;
  • Soutien aux efforts entrepris au Mexique et en Amérique centrale pour recenser et protéger la nidification des tortues luths, leurs œufs  et les plages de nidification;
  • Découverte des habitudes migratoires, des besoins en habitat et des secteurs principaux d'alimentation pour ces espèces, de part et d'autre de l'aire de répartition;
  • Évaluation de la taille et du statut de la population dans les eaux américaines par l'entremise de survols aériens et marins réguliers ;
  • identification des domaines vitaux du stock en utilisant l'analyse à l'ADN.

Amorcé en 1990, le programme d'observation des filets maillants dans le Pacifique a d'abord ciblé les espadons et les renards marins mais a également fourni de l'information sur les tortues de mer (http://swr.ucsd.edu/pacdgobs.htm).

Un programme similaire en Hawaï, touchant cette fois-ci les palangres, l’Hawaii Longline Observer Program, a été instauré par le National Marine Fisheries Service pour attester des prises accidentelles des tortues de mer (http://swr.ucsd.edu/piao/).

Le National Marine Fisheries Service exige des pêcheurs au chalut qu'ils utilisent les dispositifs d'exclusion des tortues (TED) : (www.yoto98,noaa.gov/books/turtles/turtle2.htm).

Les États-Unis  ont fermé certaines pêches pour certaines périodes de temps ou dans certains secteurs dans une tentative de réduire les captures accidentelles de tortues luths et autres tortues de mer. Les secteurs couverts comprennent les eaux au large d'une partie de la Californie et de l'Oregon (NMFS 2000; 2001).

Les mesures prises au Mexique 

Les survols aériens des plages de nidification ont commencé en 1996 et comprennent aujourd'hui d'autres régions de l'Amérique centrale.  En 1986, les plages de nidification de Mexiquillo (Michoacan), Tierra Colorada (Guerrero) et de Chacahua (Oaxaca) ont été établies comme régions de réserve de la tortue luth (NMFS and USFWS 1998). Les mesures de conservation prises dans ces réserves comprennent le déplacement des œufs vers des secteurs protégés, la protection et le marquage des femelles couvant et la cueillette d'information biologique. Seule la plage de Mexiquillo a été surveillée en permanence depuis plus de 12 ans pour contrôler le nombre de nids et de femelles.   Ces données indiquent que la population de nidification a chuté (NMFS et USFWS 1998).

Les mesures en Malaisie 

La conservation des tortues luths en Malaisie a commencé en 1961 quand la Malayan Nature Society a proposé la création d'une écloserie à Rantau Abang (Balasingam 1965; Chan et Liew 1996). En 1967, le ministère des pêches de Trengganu a amorcé un programme de marquage des tortues luths (Chua 1988). En 1985, l'université Kolej Trengganu a entrepris un projet important de recherche et de conservation sur les tortues luths.   En 1987, les autorités locales ont organisé un séminaire national sur la conservation et la gestion des tortues luths. En 1987, la législature de Trengganu a modifié la loi de 1951 sur les tortues pour accroître la protection et la gestion des tortues luths.  

En 1988, la Réserve des tortues de Rantau Abang et le Conseil consultatif sur la Réserve des tortues ont été créés. Le gouvernement de l'État a interdit en 1988 la vente commerciale et la consommation des œufs de tortues luths au Trengganu à la suite de l'effondrement de l'abondance des tortues luths. En 1989, le World Wildlife Fund Malaysia a lancé la campagne « Sauvons les tortues de mer ». Les règlements sur les pêches ont été modifiés en 1989 pour interdire l'utilisation de filets dérivants à grandes mailles partout sur les eaux côtières de la Malaisie et, de nouveau en 1991, pour étendre la protection au large des côtes aux tortues luths pour la durée entre les périodes de nidification (Chan and Liew 1996).

Le ministère des pêches a réservé une partie de 10 kilomètres le long de la côte au sud de la plage de Rantau Abang. Les œufs qui sont pondus ici sont recueillis et enfouis de nouveau dans des écloseries à la réserve de tortues de Ma’Daerah. La réserve fournit également des activités éducatives et de sensibilisation du public à l'adresse Web (www.arbec.com.my/sea-turtles/turtleshaven.php).



[1]La LEP  exige que le programme de rétablissement fasse « un énoncé des objectifs en matière de population et de dissémination visant à favoriser la survie et le rétablissement de l'espèce » [LEP  p.41(1) (d)].

[2]La LEP  exige que le programme de rétablissement fasse état « des grandes lignes du plan à suivre pour y faire face » [LEP p.41(1) (b)] et « ... une description générale des activités de recherche et de gestion nécessaires à l'atteinte de ces objectifs » [LEP p.41(1) (d)].

[3]Comme les tortues luths des eaux canadiennes du Pacifique proviennent vraisemblablement des mêmes stocks que celles des eaux américaines du  Pacifique, le Canada élaborera des critères quantifiables du rétablissement qui tiennent compte (mais peuvent ne pas être identiques) des critères décrits dans le « Plan de rétablissement pour les populations de tortues luths du Pacifique des  Etats-Unis » (NMFS et FWS 1998, et toutes les révisions ultérieures). En particulier, les critères canadiens de rétablissement devront aborder la question de l'identification des plages sources, du minimum viable de l'effectif du stock et de la stabilité à long terme ou de la croissance des populations de nidification (U.S. Recovery Criteria 1, 2 et 3).

[4]La LEP  exige que « le ministre compétent vérifie si le rétablissement de l'espèce sauvage inscrite est réalisable au point de vue technique et biologique. Il fonde sa conclusion sur la meilleure information accessible, notamment les renseignements fournis par le COSEPAC » [LEP p.40].