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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le Collomia délicat (Collomia tenella) au Canada

Résumé

Collomia délicat
Collomia tenella

Information sur l’espèce

Le collomia délicat est une herbacée annuelle à racine pivotante et à tige très ramifiée, ascendante à étalée, pouvant atteindre 15 cm de hauteur. Les feuilles sont alternes, linéaires, longues de 1 à 5 cm, larges de 1,5 mm et entières. Les fleurs, isolées ou en paires, sont portées à la fourche des ramifications, à l’extrémité des rameaux ou à l’aisselle des feuilles. La corolle, roseâtre à blanche, comprend cinq lobes. Le calice, évasé, est pourvu de dents triangulaires longues de 1 à 2 mm et présente souvent des bosses violacées dans les sinus. Les graines mouillées sont collantes.

Répartition

L’aire du collomia délicat s’étend depuis le sud-ouest de la Colombie-Britannique jusqu’à l’Oregon, au Nevada, à l’Utah et au Wyoming. Au Canada, l’espèce est répertoriée uniquement pour la région de Princeton, dans le sud-ouest de la Colombie-Britannique; elle pousse dans la vallée de la rivière Similkameen, dans la zone biogéoclimatique intérieure à douglas.

Habitat

La région où pousse le collomia délicat possède un climat de type continental, caractérisé par des étés secs et très chauds, une saison de végétation assez longue et des hivers frais.

Le site de collomia délicat s’étale sur les fortes pentes érodées, orientées au sud-est, d’une crête de sable fin. Le recouvrement végétal est faible, d’environ 20 p. 100. La végétation se compose de plusieurs herbacées et arbustes, dont le Balsamorhizasagittata, l’Astragalus miser, le Bromus tectorumet le Pseudoroegneria spicata, avec des sujets épars de douglas (Pseudotsuga menziesii) et de pin ponderosa (Pinus ponderosa).

Biologie

Aucune donnée écrite n’est disponible le collomia délicat. Comme il s’agit d’une annuelle, la plante n’apparaît pas chaque année si les conditions du milieu ne sont pas favorables. D’autres espèces annuelles de Collomia sont autocompatibles et autogames. Les graines, collantes lorsqu’elles sont mouillées, sont probablement dispersées par des animaux.

Taille et tendances des populations

En 2003, l’unique population canadienne de collomia délicat comptait seulement 127 individus. Elle a été découverte en 1997, dans la vallée de la rivière Similkameen. La population comptait alors 10 individus. En 2000, on en a recensé un seul. En 2002, George W. Douglas et Jenifer L. Penny n’en ont trouvé aucun.

Facteurs limitatifs et menaces

Les principales menaces pour la survie du collomia délicat en Colombie-Britannique sont le lotissement résidentiel, la construction de routes, la circulation de véhicules tout-terrain et l’envahissement de l’habitat par les mauvaises herbes, qui ont déjà envahi des types d’habitats voisins.

Importance de l’espèce

Les fortes pentes de sable orientées au sud-est où pousse le collomia délicat sont relativement rares dans la région de Princeton, et les espèces exotiques y sont peu présentes. La population de collomia délicat de Colombie-Britannique se trouve à la limite nord de l’aire de l’espèce et possède peut-être des attributs morphologiques et génétiques qui la rendent importante pour l’écologie et l’évolution de l’espèce. La protection des populations limitrophes génétiquement distinctes peut être importante pour la survie à long terme des espèces.

Protection actuelle et autres désignations

À l’échelle de la Colombie-Britannique, le Conservation Data Centre a inscrit le C. tenella sur la « liste rouge » d’espèces menacées du Ministry of Sustainable Resource Management et lui a attribué la cote S1, qui correspond au niveau de risque le plus élevé.

En Colombie-Britannique, aucune loi provinciale ne protège les plantes vasculaires rares ou en péril. La population de collomia délicat se trouve toutefois sur un terrain privé faisant partie de la Réserve de terres agricoles (RTA) et, de ce fait, est à l’abri de certaines catégories d’aménagement. Cependant, les terres de la RTA ne sont pas soustraites à toute utilisation intensive. Les terres de la RTA sont assujetties à la Soil Conservation Act(loi sur la conservation des sols) de la province, laquelle interdit toute extraction de terre et tout remblayage sur les terres de la RTA. Cependant, la loi n’est pas rigoureusement appliquée. À moins que des mesures actives d'intendance soient adoptées, les populations de plantes rares se trouvant sur ces terrains privés demeurent menacées.

Historique du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le Comité a été créé  pour satisfaire au besoin d’une classification nationale des espèces sauvages en péril qui soit unique et officielle et qui repose sur un fondement scientifique solide. En 1978, le COSEPAC (alors appelé Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) promulguée le 5 juin 2003, le COSEPAC est un comité consultatif qui doit faire en sorte que les espèces continuent d’être évaluées selon un processus scientifique rigoureux et indépendant.

Mandat du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) évalue la situation, à l’échelle nationale, des espèces, sous-espèces, variétés ou autres unités désignables qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées aux espèces indigènes et incluant les groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, arthropodes, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

Composition du COSEPAC

Le COSEPAC est formé de membres de chacun des organismes provinciaux et territoriaux responsables des espèces sauvages, de quatre organismes fédéraux (Service canadien de la faune, Agence Parcs Canada, ministère des Pêches et des Océans et Partenariat fédéral en biosystématique, présidé par le Musée canadien de la nature) et de trois membres ne relevant pas de compétence, ainsi que des coprésidents des sous-comités de spécialistes des espèces et du sous-comité de connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit pour examiner les rapports de situation sur les espèces candidates.

Définitions (depuis mai 2003)

Espèce
Toute espèce, sous-espèce, variété ou population indigène de faune ou de flore sauvage géographiquement ou génétiquement distincte.

Espèce disparue du pays (DP)Note de bas de page1
Toute espèce qui n'est plus présente au Canada à l'état sauvage, mais qui est présente ailleurs.

Espèce en voie de disparition (VD)Note de bas de page2
Toute espèce exposée à une disparition ou à une extinction imminente.

Espèce menacée (M)
Toute espèce susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitatifs auxquels elle est exposée ne sont pas inversés.

Espèce préoccupante (P)Note de bas de page3
Toute espèce qui est préoccupante à cause de caractéristiques qui la rendent particulièrement sensible aux activités humaines ou à certains phénomènes naturels.

Espèce non en péril (NEP)Note de bas de page4
Toute espèce qui, après évaluation, est jugée non en péril.

Données insuffisantes (DI)Note de bas de page5
Toute espèce dont le statut ne peut être précisé à cause d'un manque de données scientifiques.

Service canadien de la faune

Le Service canadien de la faune d'Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.

Notes de bas de page

Note de bas de page 1

Appelée « espèce disparue du Canada » jusqu'en 2003.

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Note de bas de page 2

Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu'en 2000.

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Note de bas de page 3

Appelée « espèce rare » jusqu'en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.

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Note de bas de page 4

Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».

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Note de bas de page 5

Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu'en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999.

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