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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le Collomia délicat (Collomia tenella) au Canada

Répartition

Répartition mondiale

L’aire du Collomia tenella s’étend depuis le sud-ouest de la Colombie-Britannique jusqu’à l’Oregon, au Nevada, à l’Utah et au Wyoming (Hitchcock et al., 1959; figure 2). La population américaine la plus proche de celle de Colombie-Britannique se trouve à environ 140 km, dans le comté de Chelan, dans l’État du Washington (University of Washington Vascular Plant Database, 2003). On ne connaît pas la capacité de dispersion de l’espèce sur de longues distances; on ne peut donc pas compter sur un rétablissement de la population canadienne à partir de populations des États-Unis.

Figure 2. Répartition du Collomia tenella en Amérique du Nord.

Figure 2. Répartition du Collomia tenella en Amérique du Nord.

Répartition canadienne

Au Canada, le collomia délicat est répertorié uniquement pour la région de Princeton, dans le sud-ouest de la Colombie-Britannique (figure 3; Pojar, 1999; Douglas et al., 1998a, 2002a, b).

L’espèce a été découverte en Colombie-Britannique en 1997. Il y a plusieurs raisons de croire qu’il s’agit d’une espèce indigène. D’abord, le collomia délicat pousse en milieu naturel, sur les crêtes de sable érodées d’un secteur non aménagé, avec d’autres espèces indigènes, ce qui donne à penser qu’il n’y a pas été introduit. Sa découverte récente s’explique peut-être par le fait que la région a été peu explorée par les botanistes. Une seule des dix autres espèces rares présentes dans la région a été récoltée (en une occasion) avant 1996. Princeton se trouve entre la côte et la rivière Okanagan, et on peut penser que la région a été négligée par les nombreux herborisateurs qui l’ont traversée en se rendant dans la vallée de l’Okanagan, région d’une grande richesse biologique. De plus, il existe ungrand nombre d’espèces indigènes du nord-ouest de l’Amérique du Nord qui ont une répartition semblable à celle du collomia délicat et qui comme lui se trouvent, dans le sud de la Colombie-Britannique, à la limite nord de leur aire de répartition. La steppe arbustive et les forêts claires du sud de la province font partie d’un vaste ensemble écologique s’étendant vers le sud jusque dans l’État du Washington, à l’Oregon et aux États intramontagnards.

Par ailleurs, le paragraphe 2(2) de la Loi sur les espèces en péril précise que « dans la définition d’ « espèce sauvage » au paragraphe (1), une espèce, une sous-espèce, une variété ou une population géographiquement ou génétiquement distincte est, sauf preuve contraire, réputée être présente au Canada depuis au moins cinquante ans. » (Gouvernement du Canada, 2003). Par conséquent, comme rien n’indique qu’il puisse s’agir d’une espèce non indigène, il faut présumer que le collomia délicat est indigène.

Frank Lomer a été le premier herborisateur à explorer intensivement la région de Princeton. Depuis qu’il y a découvert le collomia délicat, en 1997, il cherche d’autres sites de l’espèce (Lomer, comm. pers., 2003). Il parcourt régulièrement les milieux uniques ou prometteurs de l’intérieur de la province à la recherche de nouvelles espèces et de nouvelles populations d’espèces rares, dont le Collomia tenella. Depuis 1997, il n’a trouvé aucun autre site de collomia délicat. En 2002 et en 2003, ses services ont été retenus pour rechercher de nouveaux sites des espèces rares déjà signalées dans la région de Princeton. Il a exploré la rive est de la rivière Similkameen, vis-à-vis les sites connus, ainsi que les régions de Grand Forks, de Midway et du mont Anarchist, près de la frontière canado-américaine. Ses recherches ont toutefois été vaines.

Figure 3. Répartition du Collomia tenella en Colombie-Britannique.

Figure 3. Répartition du Collomia tenella en Colombie-Britannique.