Sauter l'index du livret et aller au contenu de la page

Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le crapet rouge (Lepomis auritus) au Canada – Mise à jour

Mise à jour
Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC
sur le
Crapet rouge
Lepomis auritus
au Canada

Crapet rouge  (Lepomis auritus)

Données insuffsantes - 2008

COSEWIC
Committee on the Status of Endangered Wildlife in Canada



COSEPAC
Comité sur la situation des espèces en péril au Canada

Les rapports de situation du COSEPAC sont des documents de travail servant à déterminer le statut des espèces sauvages que l’on croit en péril. On peut citer le présent rapport de la façon suivante :

COSEPAC. 2008. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le crapet rouge (Lepomis auritus) au Canada – Mise à jour. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada.Ottawa. vii + 35 p.

Rapports précédents

Houston, J. 1989. COSEWIC status report on the redbreast sunfish Lepomis auritus in Canada. Committee on the Status of Endangered Wildlife in Canada. 14 pp.

Note de production

Le COSEPAC aimerait remercier Allen Curry et Mark Gautreau qui ont rédigé la mise à jour du rapport de situation sur le crapet rouge (Lepomis auritus), en vertu d'un contrat avec Environnement Canada. Robert R. Campbell et Claude Renaud, coprésidents du Sous-comité de spécialistes des poissons d'eau douce du COSEPAC, ont supervisé le présent rapport et ont fait la révision.

Pour obtenir des exemplaires supplémentaires, s’adresser au :

Secrétariat du COSEPAC
a/s Service canadien de la faune
Environnement Canada
Ottawa (Ontario)
K1A 0H3

Tél. : 819-953-3215
Téléc. : 819-994-3684
 Courriel du COSEPAC
Site web du COSEPAC

Also available in English under the title COSEWIC Assessment and Update Status Report on the Redbreast sunfish Lepomis auritus in Canada.

Illustration de la couverture

Crapet rouge -- Illustration par Peter Buershcaper, de Scott et Crossman (1998, avec permission).

©Sa Majesté la Reine du chef du Canada, 2008.
de catalogue CW69-14/521-2008F-PDF
ISBN 978-0-662-04147-4

Retournez à la table des matières

Sommaire de l’évaluation

Sommaire de l’évaluation – Avril 2008

Nom commun: Crapet rouge

Nom scientifique: Lepomis auritus

Statut: Données insuffisantes

Justification de la désignation: Données insuffisantes pour établir la répartition actuelle, le nombre de localités ainsi que la taille et les tendances des populations.

Répartition: Nouveau-Brunswick

Historique du statut: Espèce désignée « préoccupante » en avril 1989. Espèce étudiée en avril 2008 et classée dans la catégorie « données insuffisantes ». Dernière évaluation fondée sur une mise à jour d'un rapport de situation.

Retournez à la table des matières

Résumé

Crapet rouge
Lepomis auritus

Information sur l’espèce

Le crapet rouge est un poisson relativement petit au corps haut et latéralement comprimé, de couleur variant du brun doré à l’olive, plus foncé sur le dos et plus pâle sur les flancs. Les flancs présentent souvent des taches rougeâtres peu distinctes et des rayures bleuâtres, lesquelles sont plus marquées sur la tête. La surface ventrale, varie d’une teinte jaunâtre à rouge orange brillant, d’où le nom commun du poisson. On distingue facilement le crapet rouge des autres crapets par ses volets operculaires longs et étroits, entièrement noirs, qui ne présentent pas la bordure colorée que l’on trouve chez d’autres espèces. Il mesure en moyenne de 130 à 180 mm (longueur totale).

Répartition

Historiquement, l’aire de répartition indigène de l’espèce se trouvait à l’est des Appalaches, depuis le Nouveau-Brunswick au nord jusqu’en Floride au sud. On l’a introduite à l’ouest jusqu’au Mexique, ainsi qu’en Italie et à Porto Rico. Au Canada, sa présence n’a été signalée que dans le sud-ouest du Nouveau-Brunswick, soit dans huit lacs et sept cours d’eau faisant tous partie du réseau hydrographique de la rivière Saint-Jean.

Habitat

Cette espèce fréquente des eaux lentes de rivières et des herbiers littoraux de lacs, aux substrats divers. Elle semble préférer des milieux d’eau claire qui lui offrent beaucoup d’abris. En hiver, les crapets rouges se rassemblent en eau profonde où ils restent inactifs sous la glace jusqu’au printemps.

Biologie

Le crapet rouge fraie au printemps lorsque la température de l’eau s’approche de 20 °C. Le mâle creuse un nid, qui mesure jusqu’à 102 cm de diamètre, à une profondeur allant jusqu’à 43 cm. On présume que la femelle pond rapidement ses œufs dans le nid; le mâle défend les œufs et les larves jusqu’à ce qu’elles se dispersent 1 ou 2 semaines après l’éclosion. Les juvéniles se nourrissent surtout de minuscules invertébrés aquatiques, tandis que les adultes mangent divers invertébrés, végétaux aquatiques et petits poissons.

Taille et tendances des populations

Il n’existe des données d’abondance que pour une seule population de crapets, soit une population estimée de 810 ± 15 individus dans le lac Yoho en 2005. Toutefois, les échantillonnages réalisés à différentes années portent à croire que des populations persistent dans certains lacs et rivières, mais la présence d’une population n’a pas été confirmée récemment dans au moins 3 lacs et 2 rivières.

Facteurs limitatifs et menaces 

Au Nouveau-Brunswick, le crapet rouge se trouve à la limite nord de son aire de répartition. Bien qu’on puisse le trouver dans d’autres sites, sa répartition discontinue porte à croire qu’il n’est pas largement répandu. En raison de sa mobilité apparemment limitée, il est peu susceptible de s’étendre rapidement dans des habitats disponibles, même dans un même réseau hydrographique.

Les activités humaines, notamment les pratiques urbaines, agricoles, industrielles et forestières, peuvent avoir un effet sur les écosystèmes aquatiques en général.

Importance de l’espèce 

En général, les pêcheurs à la ligne ne considèrent pas les crapets comme des poissons de sport ou de consommation, et le crapet rouge est probablement un des moins importants de la famille en raison de sa petite taille. Toutefois, les crapets peuvent mordre à des appâts vivants et ils peuvent être intéressants à pêcher à l’aide d’agrès légers, particulièrement pour les jeunes pêcheurs. Les crapets survivent bien en captivité et se prêtent bien aux essais en laboratoire. Le crapet rouge revêt une importance particulière en raison de son aire de répartition restreinte au Canada : on ne le trouve que dans le sud du Nouveau-Brunswick.

Protection actuelle ou autres désignations du statut

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a évalué le crapet rouge en 1989 et l’a désigné « espèce préoccupante ». L’espèce figure actuellement à l’annexe 3 de la Loi sur les espèces en péril (LEP) et doit donc être réévaluée avant qu’on envisage de l’inscrire en vertu de la LEP. Les articles de la Loi sur les pêches concernant la protection du poisson et de son habitat offrent une protection générale. Les règlements de pêche sportive du Nouveau-Brunswick n’accordent aucun statut particulier à l’espèce, car les pêcheurs ne la visent généralement pas.

Historique du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le Comité a été créé pour satisfaire au besoin d’une classification nationale des espèces sauvages en péril qui soit unique et officielle et qui repose sur un fondement scientifique solide. En 1978, le COSEPAC (alors appelé Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) promulguée le 5 juin 2003, le COSEPAC est un comité consultatif qui doit faire en sorte que les espèces continuent d’être évaluées selon un processus scientifique rigoureux et indépendant.

Mandat du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) évalue la situation, au niveau national, des espèces, des sous-espèces, des variétés ou d’autres unités désignables qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées aux espèces indigènes comprises dans les groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, arthropodes, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

Composition du COSEPAC

Le COSEPAC est composé de membres de chacun des organismes responsable des espèces sauvages des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (le Service canadien de la faune, l’Agence Parcs Canada, le ministère des Pêches et des Océans et le Partenariat fédéral d’information sur la biodiversité, lequel est présidé par le Musée canadien de la nature), de trois membres scientifiques non gouvernementaux et des coprésidents des sous-comités de spécialistes des espèces et du sous-comité des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit au moins une fois par année pour étudier les rapports de situation des espèces candidates.

Définitions (2008)

Espèce sauvage
Espèce, sous-espèce, variété ou population géographiquement ou génétiquement distincte d'animal, de plante ou d'une autre organisme d'origine sauvage (sauf une bactérie ou un virus) qui est soit indigène du Canada ou qui s'est propagée au Canada sans intervention humaine et y est présente depuis au moins cinquante ans.

Disparue (D)
Espèce sauvage qui n'existe plus.

Disparue du pays (DP)
Espèce sauvage qui n'existe plus à l'état sauvage au Canada, mais qui est présente ailleurs.

En voie de disparition (VD)Note de bas de pagea
Espèce sauvage exposée à une disparition de la planète ou à une disparition du pays imminente.

Menacée (M)
Espèce sauvage susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitants ne sont pas renversés.

Préoccupante (P)Note de bas de pageb
Espèce sauvage qui peut devenir une espèce menacée ou en voie de disparition en raison de l'effet cumulatif de ses caractéristiques biologiques et des menaces reconnues qui pèsent sur elle.

Non en péril (NEP)Note de bas de pagec
Espèce sauvage qui a été évaluée et jugée comme ne risquant pas de disparaître étant donné les circonstances actuelles.

Données insuffisantes (DI)Note de bas de paged, Note de bas de pagee
Une catégorie qui s'applique lorsque l'information disponible est insuffisante (a) pour déterminer l'admissibilité d'une espèce àl'évaluation ou (b) pour permettre une évaluation du risque de disparition de l'espèce.

 

Service canadien de la faune

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.

 

Note de bas de page a

Appelée « espèce disparue du Canada » jusqu'en 2003.

Retour à la référence de la note de bas de pagea

Note de bas de page b

Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu'en 2000.

Retour à la référence de la note de bas de pageb

Note de bas de page c

Appelée « espèce rare » jusqu'en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.

Retour à la référence de la note de bas de pagec

Note de bas de page d

Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».

Retour à la référence de la note de bas de paged

Note de bas de page e

Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu'en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999. Définition de la catégorie (DI) révisée en 2006.

Retour à la référence de la note de bas de pagee

Retournez à la table des matières

Information sur l'espèce

Nom et classification

Classe

Actinopterygii

Ordre

Perciformes

Famille

Centrarchidae

Genre

Lepomis

Espèce

Lepomis auritus (Linnaeus, 1758)

Nom commun

Français

crapet rouge (Scott et Crossman, 1998)

Anglais

redbreast sunfish (Nelson et al., 2004)

Autres noms

Yellowbelly sunfish, longear sunfish, redbreast bream

Description morphologique

Le crapet rouge (figure 1) est un poisson relativement petit au corps haut et latéralement comprimé. Selon Scott et Crossman (1998), sa longueur totale (LT) varie de 130 à 180 mm.

Figure 1. Crapet rouge (Lepomis auritus) mâle adulte du lac Oromocto (N.-B.), 2005. Canadian Rivers Institute (CRI) - Freshwater Fishes of New Brunswick; en anglais seulement.

Figure 1. Crapet rouge (Lepomis auritus) mâle adulte du lac Oromocto (N.B.), 2005.www.unb.ca/cri - Freshwater Fishes of New Brunswick; en anglais seulement.

Sa couleur varie de l’olive foncé au brun-bronze sur le dos, pâlit sur les flancs et devient jaune ou rouge sur le ventre, d’où le nom crapet rouge. Les flancs présentent habituellement des taches rougeâtres et des rayures bleuâtres (McClane, 1978; Scott et Crossman, 1998; Schultz, 2004). Le crapet rouge possède deux nageoires dorsales unies, la première à rayons épineux et la seconde à rayons mous. Les nageoires pectorales sont hautes sur les flancs, sont courtes et présentent des bords arrondis (Schultz, 2004; Scott et Crossman, 1998). Il se distingue des autres crapets par ses volets operculaires longs et étroits (pas plus larges que les yeux) sans bordure colorée. Cette apparence est caractéristique des adultes, mais il est souvent impossible de distinguer les jeunes de moins de 5 cm de longueur (habituellement les jeunes de l’année ou d’un an, voir figure 6) des crapets-soleil (Lepomisgibbosus) de la même taille (Scott et Crossman, 1998; Schultz, 2004).

Description génétique

On ignore la structure génétique des populations du crapet-soleil au Canada.

Unités désignables 

Au Canada, les seules populations de crapets rouges se trouvent dans le sud-ouest du Nouveau-Brunswick. On ignore la structure des populations, et aucune observation n’appuie l’identification d’une unité désignable de niveau inférieur à l’espèce.

Admissibilité 

Selon Gilbert (rapport inédit du United States Geological Survey), l’aire de répartition naturelle du crapet rouge se restreint essentiellement à la côte atlantique, depuis la rivière Penobscot, au Maine, jusqu’à la péninsule de la Floride, et l’espèce aurait été introduite au Nouveau-Brunswick. Nelson et al. (2004) ont aussi soulevé la possibilité que l’espèce ne soit pas indigène au Nouveau-Brunswick, mais sans présenter de données ou de références à l’appui, ni se pencher davantage sur la question. À cet égard, l’argumentation de Gilbert repose sur les points suivants : 1) Kendall (1914) a donné comme limite nord de l’aire de répartition les réseaux hydrographiques des rivières Penobscot, Kennebec et Androscoggin, au Maine, 2) il y a confusion quant à l’identité du crapet dans le rapport de Cox (1896), et 3) l’espèce n’a pas été trouvée en Nouvelle-Écosse (Livingstone, 1953) – si l’espèce était indigène au Nouveau-Brunswick, on pourrait s’attendre à la trouver en Nouvelle-Écosse.

Gilbert, toutefois, se trompe en affirmant que l’ouvrage de Kendall (1914) donne le Maine comme limite nord de l’aire de répartition de l’espèce. En effet, l’ouvrage indique clairement « du Nouveau-Brunswick à la Floride et à la Louisiane, abondant à l’est des montagnes Allegheny »[traduction]) (Kendall, 1915: 50). Selon Scott et Crossman (1959 et 1998), l’enregistrement de l’espèce au Nouveau-Brunswick effectué par Cox (1896) pourrait être erroné et correspondre plutôt au Lepomis gibbosus plus commun. Ils considèrent un individu capturé dans la rivière Canaan en 1948 comme le premier enregistrement fiable, sans préciser s’il s’agit de la limite nord de l’aire de répartition indigène ou si l’espèce a été introduite au Nouveau-Brunswick. Houston (1990) considérait apparemment l’espèce comme indigène au Nouveau-Brunswick; la question a été soulevée lorsque le COSEPAC a évalué l’espèce à sa réunion d’évaluation des espèces en avril 1989 et l’a acceptée comme indigène au Nouveau-Brunswick (R. Campbell, coprésident du Sous‑comité de spécialistes des poissons d'eau douce du COSEPAC, Ottawa, comm. pers.). Enfin, il n’y a aucune raison de s’attendre à ce qu’une espèce soit présente en Nouvelle-Écosse simplement parce qu’elle l’est au Nouveau-Brunswick.

La question de l’origine des populations à la périphérie de l’aire de répartition de l’espèce est difficile à résoudre. Dans l’est du pays, très peu de campagnes d’échantillonnage ont été menées dans les premières décennies du XXe siècle pour vérifier l’exactitude des premiers enregistrements notés par des scientifiques comme Cox (1896) ou Kendall (1914). Il n’est donc pas surprenant de ne pas avoir d’enregistrement du crapet rouge ayant fait l’objet d’une vérification, au Nouveau-Brunswick, avant 1948 (Scott et Crossman, 1959 et 1998). S’ajoutent à la confusion, la rareté naturelle de l’espèce, le manque d’intérêt qu’elle suscite et sa confusion possible avec le crapet-soleil plus commun (Houston, 1990). La réponse à la question à savoir si la population canadienne est indigène ou introduite dépend de son aire de répartition indigène dans les États américains adjacents, surtout le Maine. Schmidt (1986), dans sa synthèse de la zoogéographie des poissons d’eau douce du nord des Appalaches, a traité l’espèce comme étant indigène jusque dans le réseau fluvial de la rivière Saint-Jean au nord, ce qui correspond à l’étude de Kendall (1914). Cette répartition est logique au plan zoogéographique étant donné l’existence d’un refuge côtier dans le nord-est (Schmidt, 1986), laquelle explique la présence dans la région d’un certain nombre d’espèces de poissons qui n’auraient pu s’y établir par dispersion (D. E. McPhail, University of British Columbia, Vancouver, C.-B., comm. pers.).

En conclusion, le crapet rouge est une espèce reconnue (Nelson et al., 2004), et rien n’indique qu’il aurait été introduit au Nouveau-Brunswick où il forme des populations reproductrices connues à au moins 15 endroits éloignés les uns des autres.

Retournez à la table des matières

Répartition

Aire de répartition mondiale

On trouve le crapet rouge à l’est des Appalaches, depuis le Nouveau-Brunswick jusqu’en Floride, et on l’a introduit à l’ouest au Texas, en Oklahoma et au Kentucky, y compris dans le réseau fluvial du Mississippi (figure 2). On l’a aussi introduit dans certaines régions du Mexique, de Porto Rico et de l’Italie où il s’est établi (Page et Burr, 1991; Maitland, 2000; Schultz, 2004; Scott et Crossman, 1998).

Figure 2. Répartition (en noir) du crapet rouge (Lepomis auritus) en Amérique du Nord(Etnier et Starnes, 1993).

Figure 2. Répartition (en noir) du crapet rouge (Lepomis auritus) en Amérique du Nord (Etnier et Starnes, 1993).

Aire de répartition canadienne

Au Canada, le crapet rouge n’est présent que dans le sud du Nouveau-Brunswick, où il se trouve à la limite nord de son aire de répartition (figure 3). On a documenté sa présence dans 8 lacs et 7 cours d’eau, tous situés dans la partie inférieure du réseau fluvial de la rivière Saint-Jean, où la superficie de sa zone d’occurrence est estimée à environ 25 000 km².

Figure 3. Répartition du crapet rouge dans l’est du Canada (les symboles numérotés indiquent les plans d’eau où l’on a constaté sa présence, non les endroits précis où il a été capturé).

Figure 3. Répartition du crapet rouge dans l’est du Canada (les symboles numérotés indiquent les plans d’eau où l’on a constaté sa présence, non les endroits précis où il a été capturé).

Les populations principales pourraient être celles du réseau fluvial de la rivière Oromocto, soit dans les lacs Oromocto et Yoho, ainsi que dans les rivières Oromocto, Oromocto Sud et Rusagonis (tableau 1). La présence du crapet rouge a été confirmée dans la basse rivière Saint-Jean, en aval de l’Oromocto, à Gagetown (Houston, 1989, Scott et Crossman, 1998, Gautreau et Curry, 2006), et dans les lacs Swan Creek (ministère de la Défense nationale [MDN], 2002) et Oram (ministère des Ressources naturelles du Nouveau-Brunswick [MRNNB], données inédites). On l’a également signalé dans le lac Anne (aussi appelé lac Mary Ann) et dans les rivières Canaan et Kennebecasis, qui se trouvent tous dans le réseau fluvial inférieur de la rivière Saint-Jean (figure 3).

Tableau 1. Enregistrements mis à jour du crapet rouge, Lepomis auritus, au Nouveau-Brunswick (Canada) jusqu’en 2005. Sources : Musée royal de l'Ontario (MRO), Musée du Nouveau-Brunswick (MNB), Musée national des sciences naturelles(ancien nom du Musée canadien de la nature [MCN]), système de données du ministère des Ressources naturelles du Nouveau-Brunswick (New Brunswick Department of Natural Resources Data System - NBNRDS), ministère des Ressources naturelles du Nouveau-Brunswick (MRNNB), New Brunswick Cooperative Fish and Wildlife Research Unit (NBCFWRU) et AMEC Earth and Environmental (AMEC).
Source
( d’échantillon)
LieuRéseau fluvial
(superficie en km²)
ComtéLatitudeLongitudeDateNbre d’individus prélevés ou observés
MCN 67-0015lac Annerivière Saint-Jean (0,17)Kings45,4-66,22juillet 19664
MCN 67-0072lac Anne    juillet 19673
MCN 67-0322lac Anne    août 196711
MNB 0119lac Anne    mai 19661
MNB 0155lac Anne    juillet 19661
MNB 2100lac Anne    juillet 200011
Scott et Crossman, 1998rivière Canaanrivière Saint-JeanQueens  sept. 1948Présent
MNB 1075rivière Canaanrivière Saint-JeanQueens  été 19683
Scott et Crossman, 1998rivière Kennebecasisrivière Saint-JeanKings   Présent
MRNNBlac Oram Kings45,4-66,12août 1999Abondant
NBNRDSlac Oromoctorivière Saint-JeanYork  aucuneNote de tableauaPrésent
NBCFWRUlac Oromoctorivière Oromocto (40,43) 45,6-66,57juillet 199916
NBCFWRUlac Oromocto    juillet 199812
NBCFWRUlac Oromocto    juillet 200515
MRNNBlac Oromocto    oct. 19987
MRNNBlac Oromocto    sept. 199614
MRNNBlac Oromocto    oct. 20057
MRNNBlac Oromocto    oct. 200410
MRNNBlac Oromocto    oct. 200213
MRNNBlac Oromocto    sept. 20015
MNB 1068lac Oromocto    19797
MRO 22085rivière Oromoctorivière Saint-JeanSunbury45,6-66,57juin 19622
MNB 0001rivière Oromocto Sudrivière Saint-JeanSunbury45,6-66,5719601
MNB 0011rivière Oromocto Sunbury45,6-66,5719601
MRO 22087rivière Oromocto Sunbury45,6-66,57août 1961-
MNB 0397rivière Rusagonisrivière OromoctoSunbury45,8-66,53juillet 19671
MNB 0399rivière Rusagonisrivière OromoctoSunbury45,8-66,53juillet 196714
MNB 0494rivière Rusagonisrivière OromoctoSunbury45,8-66,66mai 196815
NBCFWRUrivière Saint-Jeanrivière Saint-JeanQueens45,77-66,3août 20055
AMECruisseau Swanrivière Saint-JeanSunbury45,86-66,26juin 20011
NBCFWRUlac Yohorivière Oromocto (1,23)York45,85-66,86sept. 199821
NBCFWRUlac Yoho    sept. 19977
NBCFWRUlac Yoho    juillet 200516
NBCFWRUlac Yoho    sept. 2005114
NBCFWRUlac Yoho    sept. 200248
NBCFWRUlac Yoho    sept. 200122
NBNRDSlac Yohorivière Saint-Jean   aucuneNote de tableauaPrésent
MRNNBlac Yoho    mai 19981
MRNNBlac Yoho    mai 19961
MRNNBlac Yoho    sept. 199512
MRNNBlac Yoho    oct. 20033
MNB 1918lac Yoho    juillet 19931
NBNRDSlac Modsleyrivière Sainte-CroixYork  aucuneNote de tableauaPrésent
NBNDRSlac Knockdrinrivière Musquash EstSt. John  aucuneNote de tableauaPrésent
NBNDRSlac Shadowrivière Musquash Est   aucuneNote de tableauaPrésent
Note de tableau a

Aucune date précisée, mais avant 1989 (voir Houston, 1989).

Retour à la référence de la note de tableaua

On a présumé que le crapet-soleil était présent dans un sixième lac, soit le lac George, puisqu’on y a trouvé des hybrides de crapet rouge et de crapet-soleil, en plus de crapets-soleil purs durant un échantillonnage de deux nuits (deux verveux et trois pièges Windermere) en 2001 (MDN, 2002).

La présence du crapet rouge a également été signalée dans le lac Modsley, dans le réseau fluvial de la Sainte-Croix et dans des lacs s’écoulant vers la rivière Musquash Est, près de la ville de Saint-Jean (N.-B.) (voir Houston, 1989). Comme il n’existe pas de spécimen-type pour vérifier ces collectes de données, et qu’aucun autre individu n’a été capturé depuis à ces endroits, ces enregistrements sont considérés comme douteux. Par contre, on a confirmé la présence de l’espèce dans la partie américaine du réseau fluvial de la rivière Sainte-Croix (lac Big, Maine), mais on ne l’a pas observée ailleurs dans la partie du réseau fluvial de la Sainte-Croix adjacente au Nouveau-Brunswick.

Le crapet rouge est essentiellement sédentaire, se déplaçant rarement plus de quelques mètres de son lieu de capture durant des périodes de six mois ou plus (Gatz et Adams, 1994). Les occurrences sont fondées sur des preuves de sa présence historique et actuelle à un endroit donné. Les barrages, les chutes infranchissables et les habitats terrestres constituent des barrières de séparation; la distance entre les occurrences d’éléments est fixée à 10 km peu importe la qualité de l’habitat (NatureServe, 2007). En général, chaque tronçon de rivière sans barrière, occupé par une espèce, est considéré comme une seule occurrence, peu importe la distance entre les sites d’observation ou d’échantillonnage, et peut donc inclure plusieurs affluents (Hammerson, 2001, cité dans NatureServe, 2007).

Étant donné les incertitudes concernant l’étendue de la répartition du crapet rouge dans la province et sa persistance dans certains endroits où l’on avait déjà documenté sa présence (voir la section Taille et Tendances des populations), il est impossible de déterminer avec certitude la superficie de la zone d’occupation actuelle. D’après ses besoins en matière d’habitat (voir la section Habitat) et nos connaissances sur ses déplacements et sa dispersion, on estime à moins de 1 500 km² la superficie actuelle d’habitat aquatique propice à l’espèce (somme de la largeur des cours d’eau multipliée par la distance, superficie des lacs) calculée au moyen de cartes topographiques 1/50 000 appropriées. En superposant sur les cartes une grille à maillage de 1 km² et en comptant le nombre de cellules recoupant des plans d’eau propices, on calcule une zone d’occupation totale de 2 800 km² (en supposant que l’espèce se maintient à tous les endroits où on l’a trouvée par le passé).

Comme l’a fait remarquer Houston (1989), le crapet rouge est parfois confondu avec le crapet-soleil : il faut donc interpréter les signalements historiques avec prudence, et il est possible que certains relevés de poissons aient omis des crapets rouges erronément identifiés comme des crapets-soleil. L’occurrence d’hybrides naturels de crapet rouge et de crapet-soleil (ce dernier étant une espèce plus commune dans le sud du Nouveau-Brunswick) complique davantage l’identification.

Retournez à la table des matières

Habitat

Besoins en matière d’habitat

La documentation sur le crapet rouge ne décrit son habitat que de façon générale. Houston (1989) indique que l’espèce pourrait être adaptée à un large éventail d’habitats. Dans les cours d’eau, il semble occuper des zones de courant lent, des fosses et des bras abandonnés, habituellement où le substrat est rocheux ou graveleux (Scott et Crossman, 1998). Dans les lacs, il fréquente des herbiers au substrat vaseux ou sableux (Scott et Crossman, 1998). Les résultats de l’échantillonnage d’automne dans le lac Yoho (N.-B.) cadrent bien avec cette description générale de l’habitat lacustre de l’espèce, les plus forts taux de capture ayant été obtenus près de gros débris ligneux, de digues de castors et de denses herbiers submergés ou émergés (Gautreau et Curry, 2006). Des données plus précises sur le comportement de reproduction du crapet rouge semblent indiquer qu’il a besoin de zones dégagées, souvent à proximité d’une structure d’abri quelconque (Gautreau et Curry, 2006). D’après Richmond (1940), il pourrait aussi frayer dans des eaux à marée saumâtres.

Whittier et al. (1999) ont trouvé le crapet rouge dans 14 p. 100 des 203 lacs (d’une superficie allant de 1 ha à près de 1 000 ha) aléatoirement choisis pour leur relevé dans le nord-est des États­-Unis. Bien qu’ils aient plutôt trouvé l’espèce dans les lacs les plus grands et les plus profonds du relevé, 4 des 5 du Nouveau-Brunswick que l’on sait abriter le poisson sont relativement petits (< 200 ha; tableau 2).

Tableau 2a. Description des lacs du Nouveau-Brunswick abritant le crapet rouge. Les dates d’échantillonnage dans la colonne « Notes sur la population » renvoient aux enregistrements dans le tableau 1. Les dimensions des lacs sont tirées de Lake summary surveys, New Brunswick Aquatic Data Warehouse ou directement des relevés de terrain (MRNNB, données inédites). Les données plus détaillées sur le lac Yoho proviennent du ministère de l’Environnement du Nouveau-Brunswick (MENB) (1991), et celles pour le lac George du MDN (1992). Les utilisations des terres environnantes ont été déterminées par l’interprétation d’orthophotos aériennes prises en 2002 (échelle de 1/10 000).
SiteNotes sur la populationDescription du lacÉtat trophique/qualité de l’eauPérimètre et paysage environnant
Lac Yoho

Présente sur plusieurs années d’échantillonnage :

  • 1993
  • 1995-1998
  • 2001-2003
  • 2005

Estimation de la population en 2005 = 810±115

Superficie = 123,4 ha
Volume = 4,8 millions de m³
Taux de renouvel. = 1,9/an
Superf. du bassin versant = 9,73 km²
Profondeur moyenne = 3,66 m Profondeur maximale = 11,3 m
Mésotrophe
Aucune évolution de la qualité de l’eau observée de 1975 à 1991; propice à la vie aquatique, mais faible productivité (voir aussi le tableau 3)
Périmètre du lac presque entièrement aménagé : chalets et résidences permanentes
Paysage environnant surtout forestier
Lac Oromocto

Présente sur plusieurs années d’échantillonnage :

  • 1979
  • 1996
  • 1998-1999
  • 2001-2002
  • 2004-2005
Superficie = 4042,9 ha
Profondeur max. = 13,4 m
Profondeur moy. = 5,6 m
Mésotrophe
pH = 6,5
Alcalinité = 3,5 mg/L
(1969)

65 % du périmètre est boisé.
Utilisation des terres environnantes :

  • lots résidentiels : 33 %
  • forêt : > 50 %
  • agriculture : 10 %
  • terres humides/autres : 10 %

Divers secteurs du paysage environnant ont connu différentes périodes d’exploitation forestière.

Lac Anne

Présente sur plusieurs années d’échantillonnage :

  • 1966-1967
  • 2000

Selon les observations faites durant l’échantillonnage de 2000, la population serait importante.

Superficie = 17,1 haAucune donnée disponiblePérimètre et paysage forestiers. L’exploitation forestière à différentes périodes a touché 40 % des terres environnantes, peut-être près de la rive dans quelques petits secteurs. Un camp.
Lac OramDécrite comme abondante dans le relevé de 1999Superficie = 36,0 haAucune donnée disponiblePérimètre et paysage forestiers. L’exploitation forestière à différentes périodes a touché 30 % des terres environnantes, mais il semble y avoir une zone tampon boisée autour du lac.
Lac Swan CreekPrésence signalée en 2001Superficie = 164,2 haAucune donnée disponiblePérimètre forestier : 90 %, Aménagement du rivage : 10 %, notamment un pont-jetée près de la décharge.
Lac GeorgeCapture (2001) d’hybrides (L. gibbosusxL. auritis)Superficie = 77,4 ha
Bassin versant : 21 390 ha
Vol. = 4 870 353 m³
Débit = 159 960 492 m³/an;
Temps de séjour = 0,03 an
Prof. max. = 18 m
pH = 6,3
Alcalinité = 1,5
Phosphore total = 0,023 mg/L
Matière en suspension = 10,0 mg/L
Propriété du MDN. Beaucoup d’exploitation forestière dans les environs, mais il resterait une zone tampon boisée autour du lac.

 

Tableau 2b. Description des sites fluviaux du Nouveau-Brunswick abritant le crapet rouge. Les dates d’échantillonnage dans la colonne « Notes sur la population » renvoient aux enregistrements dans le tableau 1. Les utilisations des terres environnantes ont été déterminées par l’interprétation d’orthophotos aériennes prises en 2002 (échelle de 1/10 000).
SiteNotes sur la populationDescription de la rivièreQualité de l’eauPérimètre et paysage environnant
Rivière RusagonisSignalée en 1967-1968.
Aucune donnée récente
Longueur = 22,1 km
Superficie du bassin versant = 280 km²
Aucune donnée disponible

Rivière évaluée sur toute sa longueur
Pour les 10 km en aval :

  • forêt/terres humides : 90 %
  • agriculture/autre : 10 %

Partie amont :

  • forêt/terres humides : 10 %
  • aagriculture/autre : 90 %
Rivière Oromocto SudSignalée à Mill Settlement en 1960
Aucune donnée récente
Longueur = 38 km
Bassin versant : 710 km²
Aucune donnée disponible

Rivière évaluée sur 4 km
Rives boisées : 90 %
Utilisation des terres environnantes

  • forêt : 50 %
  • agriculture : 40 %
  • autre : 5 %

Exploitation forestière ayant touché 35 % de ces terres à différentes périodes.

Rivière OromoctoSignalée à Pride’s Landing en 1960
Aucune donnée récente
Longueur = 36 km
Bassin versant : 2 000 km²
Aucune donnée disponible

Rivière évaluée sur 4 km
Rives boisées : 100 %
Utilisation des terres environnantes

  • forêt (plaine d’inondation) : 99 %
  • autre : 1 %
Rivière Canaan à l’île ColesSignalée en 1968
Aucune donnée récente
Longueur = 110 km
Bassin versant : 2 100 km²

Relevée de 1996 à 2006 à 18 sites :

  • 1 = excellente
  • 12 = bonne
  • 5 = passable

% d’échantillons respectant les normes pour les principaux indicateurs :

  • Oxygène dissous : 100 %
  • E. coli : 5 %
  • Nitrate : 100 %
  • pH :
  • 78 %

Rivière évaluée sur 4 km
Rives boisées : 90 %
Utilisation des terres

  • forêt/terres humides : 85 %
  • agriculture/autre : 15 %

Utilisation des terres à l’échelle du bassin versant (MENB), 2007)

  • forêt : 86,6 %
  • agriculture : 3,2 %
  • terres humides : 6,7 %
  • occupation humaine : 0,4 %
  • eau : 2,0 %
  • autre : 1,1 %
Rivière Saint-Jean à GagetownSignalée à 200-300 m en aval du traversier en 2005Longueur totale = 660 km
Bassin versant : 55 268 km²
Longueur en aval du barrage = 190 km
Bassin versant : 14 810 km²

Relevée à l’échelle du bassin versant de 2003 à 2006 à 30 sites (entre parenthèses = nbre de sites en aval du barrage Mactaquac; la plupart de ces sites se trouvent dans des affluents) :

  • 2 (2) = excellente
  • 23 (11) = bonne
  • 4 (1) = passable
  • 1 (1) = médiocre

% d’échantillons respectant les normes pour les principaux indicateurs :

  • Oxygène dissous : 100 %
  • E. coli : 98 %
  • Nitrate : 100 %
  • pH : 96 %

Rivière évaluée sur 4 km
Rives boisées : 80 % (mais une seule rangée d’arbres)
Utilisation des terres environnantes

  • agriculture : 80 %
  • terres humides/réservoirs artificiels : 20 %

Utilisation des terres à l’échelle du bassin versant (MENB, 2007)

  • forêt : 83 %
  • agriculture : 6 %
  • terres humides : 5 %
  • occupation humaine : 2 %
  • eau : 2 %
  • autre : 2 %
Rivière KennebecasisAucune donnée récenteLongueur de la rivière = 118 km
Bassin versant : 2 090 km²

Relevée de 1999 à 2006 à 18 sites :

  • 2 = excellente
  • 20 = bonne
  • 5 = passable

% d’échantillons respectant les normes pour les principaux indicateurs :

  • Oxygène dissous : 100 %
  • E. coli : 74 %
  • Nitrate : 100 %
  • pH : 100 %

Utilisation des terres à l’échelle du bassin versant (MENB, 2007)

  • forêt : 78,5 %
  • agriculture : 15,4 %
  • terres humides : 2,0 %
  • occupation humaine : 1,8 %
  • eau : 0,3 %
  • autre : 2,0 %

Selon Whittier et al. (1999), le crapet rouge pourrait être moins tolérant des conditions acides et eutrophes que les autres centrarchidés (achigan et crapet) de la région. Les habitats occupés par le crapet rouge présentent une plage de pH allant de 7,0 à 7,5 (2e et 3e quartiles, valeurs extrêmes d’environ 5,5 et 8,5). Toutefois, en Georgie, il semble que l’espèce fréquente des cours d’eau de pH allant de 4,5 à 6,0 (Coomeret al., 1977). Au Nouveau-Brunswick, on ne dispose de données de qualité de l’eau détaillées que pour 1 des 5 lacs contenant du crapet rouge, soit le lac Yoho qui couvre une superficie de 131 ha et qui est décrit comme mésotrophe. Les échantillons d’eau recueillis à différents intervalles entre 1975 et 1991 ont présenté un pH médian constant d’environ 6,6 (médiane variant de 6,5 à 6,81 et valeurs individuelles de 6,1 à 7,0).

Les rares données sur la concentration d’éléments nutritifs sont plus uniformes : les concentrations de phosphore total des échantillons de Whittier et al. (1999) dans le nord-est des États-Unis (valeurs variant de moins de 5 µg/l à plus de 10 µg/l) et celles dans le lac Yoho (moins de 10 µg/l, tableau 3) sont comparables.

Tableau 3. Données de qualité de l’eau du lac Yoho (Nouveau-Brunswick) : comparaison des variables mesurées en 1975 et en 1991. Données du ministère de l’Environnement du Nouveau-Brunswick (1991).
AnnéepHAlcalinité totale (mg/l)Conductivité (us/cm)Phosphore total (mg/l)Chlorophyllea(mg/m³)Disque de Secchi
1975 (*1976)6,1-7,0
Méd. = 6,6
(N = 40)
0,71-5,89
Méd. = 2,34
(N = 40)
21,9-30,2 Méd.=23,9
(N = 40)
< 0,01-0,01
Méd. = 0,01
(N = 6)
0,1-1,5
Méd. = 0,55
(N = 30)
*3,5-5,0
Méd. = 4,0
(N =11)
1991 (*1990)6,5-6,7
Méd. = 6,6
(N = 15)
3,9-20
Méd. = 4,1
(N = 15)
32-33
Méd. = 33
(N = 15)
0,0-0,004
Méd. = 0,0
(N = 15)
*2,881-8,277
Méd. = 5,264
(N = 6)
4,0-5,0
Méd. = 5,0
(N = 15)
Tableau 4. Contenus stomacaux de crapets rouges échantillonnés dans le lac Yoho en septembre 2005 (Gautreau et Curry, 2006).
FamilleOrganismes ingérésNombre%
Trichoptères, larvesPhryganéidés177,4
Trichoptères, larvesDipseudopsidés167,0
Trichoptères, larvesLépidostomatidés41,7
Trichoptères, larvesPolycentropodidés10,4
Trichoptères, larvesNon identifiés73,1
TotalTrichoptères, larves 4519,7
Odonates, nymphes (libellules)Coenagrionidés31,3
Odonates, nymphes (libellules)Non identifiés31,3
TotalOdonates, nymphes (libellules) 62,6
Éphéméroptères, nymphes (éphémères)Leptophlébiidés31,3
Éphéméroptères, nymphes (éphémères)Non identifiés20,9
TotalÉphéméroptères, nymphes (éphémères) 52,2
ChironomidésChironomidés208,7
AmphipodesAmphipodes11449,8
ColéoptèresGyrinidés10,4
ColéoptèresCérambycidés31,3
ColéoptèresNon identifiés20,9
TotalColéoptères 62,6
NématodesNématodes2510,9
HyménoptèresFormicidés (fourmis)41,7
DiptèresNon identifiés20,9
Poissons, jeunes de l’annéeCentrarchidés20,9
Total des organismes ingérés 229100

Au Nouveau-Brunswick, la présence du crapet rouge a aussi été signalée dans des cours d’eau de tailles différentes, allant de la petite rivière Rusagonis au cours principal de la rivière Saint-Jean.

Tendances en matière d’habitat

Il est actuellement impossible de mesurer directement les tendances en matière d’habitat du crapet rouge, étant donné la nature générale de la description de son habitat et le manque de données sur la répartition de l’espèce dans la plupart des lacs et des rivières où on l’a signalée au Nouveau-Brunswick. L’étude récente de Gautreau et Curry (2006) sur l’espèce dans les lacs Yoho et Oromocto est la première à fournir des données de référence sur l’habitat du crapet rouge dans la province. Toutefois, l’analyse sommaire d’orthophotos aériennes (prises en 2002 à l’échelle de 1/10 000) a permis de déterminer les sites qui ont été ou continuent d’être les plus susceptibles à la perte d’habitat (tableau 2).

Le lac Yoho se distingue des autres lacs du Nouveau-Brunswick abritant le crapet rouge par l’ampleur de l’aménagement résidentiel de ses rives : des chalets et des résidences permanentes occupent presque tout le pourtour du lac. Ce développement a incité le ministère de l’Environnement du Nouveau-Brunswick à y surveiller la qualité de l’eau de 1975 à 1991. Les variables suivantes ont été mesurées sur cette période : pH, alcalinité, conductivité, dureté, densité des bactéries, productivité, phosphore total, sodium, potassium, nitrates et nitrites, matières en suspension et plusieurs métaux, soit Fe, Mn, Cu, Pb, Zn, Cd et Al (MENB, 1991). Cette étude a également comparé les profils de température et d’oxygène dissous à quatre intervalles. Aucune de ces séries chronologiques n’a présenté de tendance significative, mais on a observé de légères hausses du phosphore total (tableau 3). L’aménagement des rives et les autres pressions anthropiques touchant les quatre autres lacs étaient beaucoup moindres que ceux observés au lac Yoho (tableau 2).

On a également analysé des orthophotos des cours d’eau abritant le crapet rouge : on en a caractérisé les rives sur une distance de quatre kilomètres, soit deux en amont et deux en aval du site où la collecte de l’espèce a probablement eu lieu (tableau 2). Par contre, on a analysé la rivière Rusagonis sur presque toute sa longueur, mais on n’a pas analysé la rivière Kennebecasis du tout, parce que les sites de capture ne sont pas précisés pour ces cours d’eau. La rivière Rusagonis est le plus menacé ou altéré des cours d’eau étudiés. La Kennebecasis aussi serait vulnérable au développement et à l’agriculture dans sa vallée. Malheureusement, il est impossible de déterminer si les activités humaines ont nui au crapet rouge dans ces rivières parce qu’il n’y a pas de données récentes sur l’espèce dans ces milieux.

Protection et propriété

Les rives de la plupart des lacs et rivières abritant le crapet rouge appartiennent à de nombreux propriétaires, y compris la Couronne. Par contre, une bonne partie des terres bordant la rivière Oromocto et le lac Swan Creek appartiennent au ministère de la Défense nationale (MDN). En effet, la base des Forces canadiennes de Gagetown couvre en grande partie la rivière Oromocto et le lac Swan Creek, et il englobe le site potentiel du lac George.

Les occurrences signalées dans les lacs de la Musquash Est se trouvent dans l’aire protégée Loch Alva et font partie des réserves d’eau protégées de la ville de Saint-Jean.

Les habitats aquatiques du Nouveau-Brunswick sont protégés en vertu de la Loi sur les pêches du gouvernement fédéral et des lois provinciales suivantes : Loi sur l'assainissement de l'environnement, Loi sur les terres et forêts de la Couronne et la Loi sur l'assainissement de l’eau.

Retournez à la table des matières

Biologie

Cycle vital et reproduction

Dans son aire de répartition, le crapet rouge fraie du printemps à l’été, sa reproduction culminant lorsque la température de l’eau varie ente 16,7 et 27,8 °C (Scott et Crossman, 1998). Les mâles arrivent aux frayères avant les femelles et y occupent et défendent un territoire. Le mâle creuse un nid d’un diamètre de 61 à 102 cm à une profondeur de l’eau variant entre 15 et 40 cm (Scott et Crossman, 1998). Gautreau et Curry (2006) ont observé la fraie dans les lacs Yoho et Oromocto de la fin de juin au début de juillet, à des températures de l’eau près de 20 °C. Les nids dans les lacs Yoho (n = 43) et Oromocto (n = 20) avaient un diamètre moyen de 50,9 ± 10,1 cm et une profondeur creusée de 7,1 ± 2,5 cm, et se trouvaient à une profondeur de l’eau de 43,2 ± 8,4 cm. La majorité des nids avaient été creusés dans un dense tapis végétal jusqu’à un substrat de sable grossier ou de fin gravier. Dans le lac Yoho, 72 p. 100 des nids se trouvaient sur des fonds à la végétation clairsemée et sans structures d’abri, alors que, dans le lac Oromocto, 85 p. 100 des nids se trouvaient à 1 m ou moins d’une roche ou d’un billot de bois, et 13 des structures d’abri se trouvaient en bordure des nids. Les nids n’étaient pas rapprochés les uns des autres : 58 p. 100 d’entre eux se trouvaient à plus de 5 m d’un autre nid, et les autres étaient séparés d’environ 2 m les uns des autres (Gautreau et Curry, 2006).

Dans les rivières, les nids sont creusés dans des zones de faible courant ou sont abrités du courant par une structure (Lukas et Orth, 1993; Scott et Crossman, 1998). La femelle pénètre dans le nid sans parade nuptiale du mâle. La fraie se produit rapidement : la femelle pond de petits (~ 2 mm) œufs adhérents de couleur ambre, puis le mâle la chasse du nid et commence à défendre et à aérer les œufs (Lukas et Orth, 1993; Scott et Crossman, 1998). Selon Scott et Crossman (1998), le crapet rouge utilise parfois le nid délaissé par un autre centrarchidé et, ce qui n’est pas surprenant, d’après Carlander (1977), il s’hybride couramment avec d’autres espèces qui lui sont étroitement apparentées, soit le crapet arlequin (Lepomis macrochirus), le crapet Lepomis microlophus, le crapet vert (Lepomis cyanellus), le crapet sac-à-lait (Lepomis gulosus) et le crapet-soleil.

Il n’existe pas de données sur l’âge à maturité, la durée d’une génération et la fécondité du crapet rouge au Canada. Carlander (1977) a observé qu’il atteint la maturité à un poids de 23 g ou dans sa deuxième année. On ignore sa longévité, mais Carlander (1977) a observé des individus de 8 ans, ce qui indiquerait une durée de génération de 4 ans.

La longueur à la fourche moyenne des mâles gardant un nid dans le lac Yoho était de 16,6 cm en 2005 (n = 18) et de 15,7 cm en 2006 (n = 32) (Gautreau et Curry, 2005; Gautreau et Curry, 2006, données inédites). Dans deux rivières du sud-est de la Caroline du Nord, Davis (1972) a mesuré des fécondités de 963 à 8 250 œufs chez des crapets rouges de 139 à 235 mm de longueur totale. Dans la rivière Santa Fe, en Floride, la fécondité a varié de 1 396 à 4 138 œufs chez des individus de 100 à 175 mm de longueur totale (Bass et Hitt, 1974). Buynak et Mohr (1978) ont observé que les larves de crapet rouge mesuraient en moyenne 4,9 mm (longueur totale) à l’éclosion. Selon DeWoody et al. (1998), les larves restent dans le nid une ou deux semaines avant de se disperser.

Alimentation

Le crapet rouge adulte se nourrit principalement de petits insectes aquatiques, d’invertébrés benthiques, y compris des mollusques, et de petits poissons (Sandow et al., 1974; Coomer et al., 1977; Scott et Crossman, 1998, Schultz, 2004). Les jeunes de moins de 1 an se nourrissent surtout de cladocères et de copépodes (Johnson et Johnson, 1984). Dans le sud-est des États-Unis, le crapet rouge adulte préfère activement les chironomides toute l’année, mais il est opportuniste et mange n’importe quoi de taille convenable (Coomer et al., 1977). Il peut ingérer de la végétation et des débris, ainsi que des œufs d’un nid non gardé (Scott et Crossman, 1998). Bass et Hitt (1974) ont étudié le régime alimentaire du crapet rouge dans les rivières Suwannee et Santa Fe (Floride) : il était constitué de 32,2 à 36,2 p. 100 de végétation et de débris. Le reste était composé d’invertébrés, surtout des larves de chironomidés, de trichoptères, d’éphémères et de libellules.

Les estomacs de crapets rouges capturés dans le lac Yoho (N.-B.) contenaient des invertébrés aquatiques (tableau 4), surtout des trichoptères, mais aussi des fourmis, des coléoptères et deux jeunes crapets de l’année d’une espèce non identifiable (Gautreau et Curry, 2006).

Prédation

Les poissons piscivores de grande taille sont les principaux prédateurs du crapet rouge. Au Nouveau-Brunswick, ses prédateurs seraient le brochet maillé (Esox niger), l’achigan à petite bouche (Micropterus dolomieu), la barbotte brune (Ameiurus nebulosus) et l’anguille d’Amérique (Anguilla rostrata), qui fréquentent tous les mêmes eaux que le crapet rouge. Gautreau et Curry (2006) ont signalé du cannibalisme dans la population du lac Yoho. Les œufs du crapet rouge peuvent être la proie de nombreuses espèces de cyprinidés et d’autres crapets (Scott et Crossman, 1998). Il est peu recherché des pêcheurs récréatifs du Nouveau-Brunswick en raison de sa petite taille. Hoffman (1967) a énuméré les infestations de parasites, qui ne semblent pas limiter l’espèce.

Croissance

Gautreau et Curry (2006) ont été les premiers à mesurer la croissance du crapet rouge au lac Yoho, au Canada. Leurs distributions des fréquences des longueurs des crapets rouges capturés présentent 2 classes d’âge distinctes, 2+ et 3+, correspondant à des individus de longueur totale de 91 et de 117 mm, respectivement (figure 4). Ces chercheurs ont déterminé l’âge de 27 crapets rouges par analyse d’écailles. Ils ont mesuré les écailles et ont estimé, par rétrocalcul proportionnel direct, les longueurs des autres classes d’âge à la fin de la saison de croissance (figure 5). Ils ont ainsi estimé des longueurs totales moyennes de 36,2, 64,4, 87,8, 110,6, 127,2 et 140,9 mm pour les poissons de 0+ à 5+ respectivement (Gautreau et Curry, 2006). Davis (1972) a obtenu des données de longueur et d’âge du crapet rouge dans 3 rivières du sud-est de la Caroline du Nord : pour ses 17 échantillons, la longueur totale était de 139 à 142 mm à l’âge 2+, de 150 à 155 mm à 3+, de 171 à 184 mm à 4+, de 184 à 203 mm à 5+ et de 229 à 235 mm à 6+. Ainsi, le crapet rouge du lac Yoho serait plus petit que celui de la Caroline du Nord. Cet écart n’est pas surprenant, car le Nouveau-Brunswick constitue la limite nord de l’aire de répartition de l’espèce, et la saison de croissance y est plus courte. Dans les lacs Yoho et Oromocto (figure 6), l’espèce présente une longueur totale de 126 ± 26 mm (moyenne + 1 écart-type) et de 143 ± 33 mm, et un poids moyen de 42,4 ± 24,8 g et de 80,9 ± 52,5 g, respectivement (Gautreau et Curry, 2006).

Figure 4. Histogramme des fréquences des longueurs des crapets rouges échantillonnés dans le lac Yoho en septembre 2005 (Gautreau et Curry, 2006).

Figure 4.  Histogramme des fréquences des longueurs des crapets rouges échantillonnés dans le lac Yoho en septembre 2005 (Gautreau et Curry, 2006).

Figure 5. Croissance rétrocalculée à partir des mesures d’écailles de 27 crapets rouges capturés dans le lac Yoho en 2005 (les losanges indiquent la longueur totale (LT) moyenne à la fin de chaque saison de croissance (Gautreau et Curry, 2006).

Figure 5. Croissance rétrocalculée à partir des mesures d’écailles de 27 crapets rouges capturés dans le lac Yoho en 2005 (les losanges indiquent la longueur totale (LT) moyenne à la fin de chaque saison de croissance (Gautreau et Curry, 2006).

Figure 6. Relation longueur-poids des crapets rouges capturés dans les lacs Yoho et Oromocto en 2005 (Gautreau et Curry, 2006).

Figure 6.  Relation longueur-poids des crapets rouges capturés dans les lacs Yoho et Oromocto en 2005 (Gautreau et Curry, 2006).

Déplacements et dispersion

Gatz et Adams (1994) ont suivi les déplacements de crapets rouges individuellement marqués sur une période de 3 ans au Tennessee. Leurs observations portent à croire que l’espèce est plutôt sédentaire, car certains individus marqués sont restés à moins de 50 m de leur site de capture durant 6 mois ou plus, et les deux tiers ne se sont pas déplacés sur plus de 100 m. Quelques individus se sont déplacés sur 4 à 9 km, mais on les a par la suite capturés près de leur site de marquage (première capture). Freeman (1995) a marqué de jeunes crapets rouges selon leur site de capture et les a suivis durant 18 mois : la plupart des recaptures ont été faites à 33 m ou moins du site de capture initial, et très peu d’individus (n = 3) ont été capturés à plus de 100 m, ce qui semble indiquer une forte fidélité au site.

Le crapet rouge effectuerait de petites migrations en fonction de la température de l’eau. Il semble se regrouper en eaux profondes pour y passer l’hiver lorsque la température de l’eau baisse sous 5 ºC (Breder et Nigrelli, 1935; Scott et Crossman, 1998). Au printemps, lorsque la température de l’eau dépasse 16,7 ºC, on trouve les crapets rouges dans les zones peu profondes (de 15 à 46 cm) des lacs ou en aval de rapides dans les cours d’eau, où ils se reproduisent, puis ils se dispersent l’été après la fraie (Houston, 1989).

Relations interspécifiques

On sait que différentes espèces de Lepomispeuvent s’hybrider (Hartel et al., 2002), et cela pourrait être le cas au Nouveau-Brunswick entre le crapet-soleil et le crapet rouge qui fréquentent les mêmes eaux et sont souvent échantillonnés ensemble. Dans certains États américains, on élève des Lepomis hybrides pour soutenir la pêche sportive dans des lacs et des rivières (Bronson et Morris, 2000).

Adaptabilité

Le crapet rouge a été introduit dans quelques régions à l’extérieur de son aire de répartition indigène en Amérique du Nord (y compris dans d’autres pays) et s’y est établi au sein de la communauté de poissons (Page et Burr, 1991; Scott et Crossman, 1998; Maitland, 2000; Schultz, 2004).

Contrairement à d’autres crapets, lorsqu’il est dérangé, le crapet rouge s’élance se cacher sous une roche ou un autre type d’abri au fond, comme le fait le crapet de roche (Scott et Crossman, 1998).

Retournez à la table des matières

Taille et tendances des populations

Activités de recherche

On connaît l’existence de cette espèce au Nouveau-Brunswick depuis au moins 1896 (Cox, 1896; Scott et Crossman, 1998), mais le premier enregistrement fiable remonte à 1948 (Scott et Crossman, 1998). Houston (1989) estime que la rareté des enregistrements de l’espèce (tableau 1) serait attribuable à sa rareté naturelle, à la difficulté de la distinguer du crapet-soleil, au peu d’intérêt qu’elle suscite ou à la combinaison de ces facteurs, ce que les récents travaux d’échantillonnage semblent d’ailleurs indiquer.

L’aire générale de répartition du crapet rouge au Nouveau-Brunswick (superficie totale de 24 742 km²) compte environ 796 lacs ou étangs d’une superficie de plus de 1 ha. Le ministère des Ressources naturelles du Nouveau-Brunswick (MRNNB) et la New Brunswick Cooperative Fish and Wildlife Research Unit (NBFWRU) ont des données sur les populations de poissons dans 227 de ces plans d’eau; le crapet rouge n’a été observé que dans 8 de ces lacs (tableau 1 et figure 3). Il faut remarquer que l’absence d’enregistrement documenté ne signifie pas nécessairement l’absence de l’espèce dans ces 227 plans d’eau. Les biologistes du MRNNB estiment que les engins de pêche utilisés pour l’échantillonnage (p. ex. les filets maillants à maillage varié et les verveux) devraient capturer le crapet rouge s’il est présent dans la zone échantillonnée. Il est toutefois également important de souligner qu’au lac Oromocto, le crapet rouge peut être présent ou absent à divers sites d’échantillonnage qui sont rapprochés les uns des autres (à moins de 1 km) et qui présentent des habitats semblables, ce qui indique que les populations peuvent être très localisées.

On a beaucoup échantillonné les espèces visées par la pêche récréative dans la rivière Saint-Jean, mais le crapet rouge n’a été observé dans le cours principal de la rivière qu’au cours d’une récente compagne d’échantillonnage visant cette espèce. Étant donné le caractère localisé présumé des populations de crapets, il est possible que d’autres populations présentes dans la rivière n’aient pas été détectées. Les campagnes d’échantillonnage ont permis de capturer des crapets rouges à deux sites du cours principal de la rivière Saint-Jean, en aval de Fredericton, et dans le réseau hydrographique de la rivière Oromocto (tableau 1 et figure 3). Les enregistrements de l’espèce dans quatre autres affluents de la basse Saint-Jean (tableau 1), le lac Modsley (rivière Sainte-Croix) ainsi que les lacs Knockdrin et Shadow (rivière Musquash Est) n’ont pas été confirmés récemment.

Abondance

La population de crapets rouges du lac Yoho est la seule au Nouveau-Brunswick dont on a estimé l’abondance. En effet, une étude de marquage-recapture réalisée en septembre 2005 a donné, selon la méthode Schnabel, une estimation de la population de 325 individus (intervalles de confiance [I.C.] : 186-630) en 2005 (Gautreau et Curry, 2006) et de 447 (I.C. : 235-1 006) en 2006 (Gautreau et Curry, données inédites). En 2007, Gautreau et Curry (données inédites) ont appliqué la méthode Peterson aux poissons marqués en 2006 pour estimer la population à 743 (I.C. 253-1 233). La superficie visée par les estimations couvre environ 8,9 ha. Bien qu’il ne soit pas possible de déterminer si la population a diminué durant cette période, les estimations de l’abondance faites par Gautreau et Curry (2006, donnéesinédites) indiquent que le lac abrite une population assez importante de crapets rouges.

D’autres observations portent à croire que le crapet rouge est abondant dans le lac Oram (MRNNB, données inédites) et commun dans le lac Anne (NBFWRU, données inédites). De plus, on a observé des crapets rouges dans le lac Oromocto sur plusieurs années de relevé, ce qui indiquerait la présence d’une bonne population.

Dans la rivière Saint-Jean, en aval de Gagetown, on a capturé cinq crapets rouges dans le cadre d’un échantillonnage de deux jours visant toutes les espèces au moyen d’engins susceptibles de capturer du crapet rouge.

Fluctuations et tendances

Il n’existe pas de données sur les tendances à long terme des effectifs des populations. L’échantillonnage de 2005 a constitué la première étude visant expressément le crapet rouge au Canada. Dans les lacs Oromocto et Yoho, l’espèce est facilement capturée dans les habitats favorables lorsqu’on se sert d’engins de pêche convenables. La persistance de l’espèce dans les rivières Canaan et Kennebecasis et dans les lacs Modsley, Knockdrin et Shadow reste à confirmer.

Immigration de source externe

Comme l’espèce a réussi à s’établir hors de son aire de répartition indigène, il serait possible de la réintroduire ou d’augmenter une population en transplantant des individus provenant d’une autre population, pourvu que le milieu récepteur contienne de l’habitat convenable. L’immigration naturelle provenant de l’extérieur du Canada est peu probable pour cette espèce non migratrice.

Retournez à la table des matières

Facteurs limitatifs et menaces

La documentation sur le crapet rouge comprend peu d’information sur les facteurs limitatifs pour l’espèce, qui semble pouvoir s’adapter à une large gamme de conditions écologiques. Bien que le crapet rouge préfère des eaux claires et propres, on signale qu’il se porte bien dans des eaux de pH variant de 4,8 à 8,4, de salinité allant jusqu’à 8 parties par mille ou de température pouvant atteindre 37 ºC (Carlander, 1977). Selon Houston (1989), l’espèce se porterait mieux lorsque sa densité n’est pas trop forte et que peu de prédateurs sont présents.

Les menaces les plus évidentes pour les espèces aquatiques au Nouveau-Brunswick sont l’aménagement résidentiel des rives (tableau 2), l’exploitation forestière, les activités agricoles et la modification de cours d’eau. Bien que la modification des rives ou la coupe forestière en bordure de plans d’eau puissent directement nuire à l’habitat, leurs plus grands impacts toucheraient sans doute la qualité de l’eau.

Pour évaluer les menaces pesant sur l’espèce, deux approches ont été combinées. Premièrement, on a classé le niveau de pression sur l’habitat en analysant des orthophotos des terres entourant les lacs ou les tronçons de cours d’eau où le crapet a été signalé.

Deuxièmement, on a examiné des données ou indices de qualité de l’eau, en particulier à la lumière des pressions attribuables aux utilisations des terres environnantes. On dispose de données sur la qualité de l’eau du lac Yoho, lesquelles ont été obtenues dans le cadre du programme de surveillance réalisé par le ministère de l’Environnement du Nouveau-Brunswick de 1975 à 1991 (tableau 3). Les variables suivantes ont été mesurées : pH, alcalinité, conductivité, dureté, densité des bactéries, productivité, phosphore total, sodium, potassium, nitrates et nitrites, matières en suspension et plusieurs métaux (Fe, Mn, Cu, Pb, Zn, Cd et Al) (ministère de l’Environnement du Nouveau-Brunswick, 1991). Cette étude a également permis de comparer les profils de température et d’oxygène dissous à quatre intervalles.

Des données de qualité de l’eau, présentées sous deux formes, sur un certain nombre de rivières du Nouveau-Brunswick ont récemment été rendues disponibles. Des moyennes pondérées ont servi à classer chaque site dans une de cinq catégories de qualité de l’eau (excellente, bonne, passable, médiocre ou mauvaise) définies par rapport à l’indice de qualité de l’eau du Conseil canadien des ministres de l’Environnement (CCME). De plus, on a calculé le pourcentage des échantillons respectant les normes du CCME pour quatre indicateurs importants (oxygène dissous, E. coli, nitrate et pH). On dispose de résultats pour trois rivières où la présence du crapet rouge a été signalée, soit les rivières Saint-Jean, Canaan et Kennebecasis.

Facteurs limitatifs et menaces – Lacs 

Le lac Yoho se démarque des quatre autres lacs du Nouveau­Brunswick où l’on a récemment signalé la présence du crapet rouge par l’ampleur de l’aménagement de ses rives : presque tout son rivage est occupé par des chalets et des résidences permanentes (tableau 2a). La qualité de l’eau dans ce lac n’a présenté aucune tendance temporelle significative, même si l’on a observé de légères hausses du phosphore total (tableau 3). Bien qu’il ne soit pas possible de déterminer si la population de crapets rouges a diminué durant cette période, les estimations de l’abondance faites par Gautreau et Curry (2006) indiquent que le lac abrite une population assez importante de l’espèce.

La pression attribuable aux activités humaines est beaucoup plus faible dans les quatre autres lacs inclus dans l’analyse (tableau 2a). Les captures répétées de crapets rouges dans les campagnes d’échantillonnages ou les observations de populations assez importantes semblent indiquer qu’aucune menace appréciable ne pèse sur ces populations.

Facteurs limitatifs et menaces – Cours d’eau 

Dans le cas des cours d’eau où l’on a signalé la présence du crapet rouge, on en a caractérisé les rives sur une distance de quatre kilomètres, soit deux en amont et deux en aval du site présumé des enregistrements de l’espèce (tableau 2b). Par contre, on a analysé la rivière Rusagonis sur presque toute sa longueur et on n’a pas analysé la rivière Kennebecasis du tout, parce que les sites de capture ne sont pas précisés pour ces cours d’eau. La rivière Rusagonis est le plus menacé ou altéré des cours d’eau étudiés. La Kennebecasis aussi serait vulnérable au développement et à l’agriculture dans sa vallée.

Les relevés de la qualité de l’eau de la rivière Saint-Jean réalisés de 2003 à 2006 montrent que, pour les 30 sites évalués, la qualité de l’eau était excellente ou bonne à 25 sites, passable à 4 sites et médiocre à seulement 1 site en aval de Fredericton. Bien que tous les indicateurs, y compris les teneurs en oxygène dissous et en nitrate, aient été acceptables, les densités d’E. coli et les valeurs de pH dépassaient les normes reconnues (ministère de l’Environnement du Nouveau-Brunswick, 2007). La qualité de l’eau passable ou médiocre pourrait être attribuable à des rejets industriels ponctuels à divers endroits dans le réseau hydrographique, soit un certain nombre d’usines de transformation alimentaire et d’usines de pâtes et papiers, ainsi qu’à de nombreux effluents d’eaux usées municipales ou non et au ruissellement sur des zones urbanisées. L’élimination de la végétation riveraine, laquelle cause une érosion accrue, pourrait aussi contribuer à réduire la qualité de l’eau.

Des relevés semblables ont été réalisés dans les rivières Canaan et Kennebecasis de 1996 à 2006. Pour les 28 sites évalués dans la Kennebecasis, la qualité de l’eau était excellente ou bonne à 23 sites et passable à 4 sites en raison de fortes densités d’E. coli liées à l’élimination de la végétation riveraine et des apports d’éléments nutritifs provenant des activités agricoles et municipales (ministère de l’Environnement du Nouveau-Brunswick, 2007). Pour les 25 sites évalués dans la rivière Canaan, la qualité de l’eau était excellente ou bonne à 16 sites, et passable à 9 sites. Dans ces 9 sites, la densité d’E. coli et le pH dépassaient les normes, présumément en raison de l’élimination de la végétation riveraine et des pratiques agricoles de gestion du fumier et d’accès du bétail aux cours d’eau (ministère de l’Environnement du Nouveau-Brunswick, 2007).

En résumé, même s’il existe peu de données récentes sur le crapet rouge dans les rivières Canaan et Kennebecasis, la qualité de l’eau de ces milieux ne semble pas être limitative, sauf dans certaines zones localisées. Les populations dans ces zones problématiques pourraient être particulièrement vulnérables en raison des déplacements apparemment restreints de l’espèce, mais ces endroits ne constituent qu’un faible pourcentage de la superficie totale d’habitat disponible.

Autres facteurs limitatifs et menaces 

Étant donné que le crapet rouge ne serait présent que dans le sud-est ou le sud du Nouveau-Brunswick, le barrage Mactaquac, construit en 1968, environ 18 km en amont de Fredericton, est le seul barrage hydroélectrique sur la rivière Saint-Jean ayant pu influer sur l’espèce. Il n’existe pas de données sur la répartition historique du crapet rouge dans la rivière Saint-Jean, et nos connaissances actuelles à cet égard sont sans doute incomplètes compte tenu du caractère localisé des populations. Le seul enregistrement récent de l’espèce, à Gagetown, quelque 45 km en aval de Fredericton, montre au moins qu’elle existe encore dans la rivière.

Il faut cependant remarquer que la capacité limitée de déplacement ou de dispersion de l’espèce réduirait son potentiel d’expansion dans d’autres habitats propices à l’intérieur d’un même réseau hydrographique et empêcherait essentiellement sa migration vers un autre réseau fluvial.

Retournez à la table des matières

Importance de l'espèce

Le crapet rouge revêt une importance particulière en raison de sa répartition restreinte au Canada : on ne le trouve que dans le sud du Nouveau-Brunswick. Les populations à la périphérie de l’aire de répartition de l’espèce sont importantes en raison des aspects génétiques, évolutionnaires ainsi que de ceux liés à la biodiversité de leur répartition, même si l’on ne sait rien de précis sur l’espèce. N’étant pas ciblé par les pêcheurs récréatifs ou commerciaux, le crapet rouge a été très peu étudié. En général, les pêcheurs à la ligne ne considèrent pas les crapets comme des poissons de sport ou de consommation, et le crapet rouge est probablement un des moins importants de la famille en raison de sa petite taille. Toutefois, les crapets peuvent mordre à des appâts vivants et ils peuvent être intéressants à pêcher à l’aide d’agrès légers, particulièrement pour les jeunes pêcheurs. Les crapets survivent bien en captivité et se prêtent bien aux essais en laboratoire.

Retournez à la table des matières

Protection actuelle ou autres désignations de statut

L’espèce n’est visée par aucune mesure de protection particulière, mais certains articles de la Loi sur les pêches assurent une protection générale de toutes les espèces de poissons et leur habitat. Certains règlements et normes protègent les eaux contre les impacts d’activités d’industries ou de particuliers en vertu de la Loi sur les terres et forêts de la Couronne et de la Loi sur l'assainissement de l’eau administrées par les ministères des Ressources naturelles et de l’Environnement du Nouveau-Brunswick.

Le COSEPAC a évalué le crapet rouge en 1989 et l’a désigné « espèce préoccupante ». L’espèce figure actuellement à l’annexe 3 de la Loi sur les espèces en péril (LEP) et doit donc être réévaluée avant qu’on envisage la désigner « espèce en péril » en vertu de la LEP. Aucun programme de conservation de l’espèce n’est établi. Les règlements de pêche sportive du Nouveau-Brunswick n’accordent aucun statut particulier à l’espèce, car les pêcheurs ne la visent généralement pas.

Le crapet rouge du Nouveau-Brunswick est classé « en sécurité » (secure) dans la province et à l’échelle nationale (Conseil canadien pour la conservation des espèces en péril, 2006). NatureServe (2007) lui donne la cote G5 (espèce commune, très répandue et abondante) à l’échelle mondiale, et la cote N5 (commune) aux États-Unis, mais ne l’a pas classé pour le Maine, ni pour le Canada, même si la cote provinciale est S4 (non en péril) au Nouveau-Brunswick.

Retournez à la table des matières

Résumé technique

Lepomis auritus

Crapet rouge – Redbreast sunfish

Répartition au Canada :

Nouveau-Brunswick

Information sur la répartition

Superficie de la zone d'occurrence (km²) au Canada [selon la méthode des polygones et la figure 3

~ 25 000 km²

Préciser la tendance (en déclin, stable, en croissance, inconnue)

Stable

Y a-t-il des fluctuations extrêmes dans la zone d’occurrence (ordre de grandeur > 1)?

Non

Superficie de la zone d'occupation (km²) [voir les méthodes d’estimation à la section Aire de répartition canadienne]

Inconnue, mais entre 1 450 et 2 800 km²

Préciser la tendance (en déclin, stable, en croissance, inconnue)

Inconnue, mais déclin possible

Y a-t-il des fluctuations extrêmes dans la zone d’occupation (ordre de grandeur > 1)?

Nombre d’emplacements actuels connus ou inférés

15

Préciser la tendance du nombre d'emplacements (en déclin, stable, en croissance, inconnue)

On l’a trouvé dans 2 nouveaux sites depuis1989, maissa présence dans 4 sites où il a été observé avant 1989 n’est pas confirmée; il n’y a pas de spécimen-type pour 3 sites qui ont été échantillonnés de nouveau depuis les années 1970. Incertaine, mais déclin possible

Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre d’emplacements (ordre de grandeur > 1)?

Non

Tendances en matière d’habitat : préciser la tendance de l’aire, de l’étendue ou de la qualité de l’habitat (en déclin, stable, en croissance ou inconnue)

Stable

Information sur la population

Durée d’une génération (âge moyen des parents dans la population : indiquer en années, en mois, en jours, etc.)

4 ans

Nombre d’individus matures (reproducteurs) au Canada (ou préciser une gamme de valeurs plausibles)

Inconnu

Tendance de la population quant au nombre d’individus matures en déclin, stable, en croissance ou inconnue:

Inconnue

S’il y a déclin, % du déclin au cours des dernières/prochaines dix années ou trois générations, selon la plus élevée des deux valeurs (ou préciser s’il s’agit d’une période plus courte).

Inconnu

Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre d’individus matures (ordre de grandeur > 1)?

Inconnu

La population totale est-elle très fragmentée (la plupart des individus se trouvent dans de petites populations, relativement isolées?

Oui

Préciser la tendance du nombre de populations (en déclin, stable, en croissance, inconnue)

Inconnue

Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre de populations (ordre de grandeur > 1)?

 

Énumérer les populations et donner le nombre d’individus matures dans chacune :

  • lac Yoho (N.-B.) - 743 (2007)
  • lac Anne (inconnu)
  • lac Oram (abondant, 1999)
  • lac Oromocto (inconnu)
  • rivière Oromocto Sud (persistance de la population non confirmée)
  • rivière Oromocto (inconnu)
  • lac Swan Creek (inconnu)
  • rivière Saint-Jean (inconnu)
  • lac George (inconnu)
  • rivière Kennebecasis (persistance de la population non confirmée)
  • rivière Canaan (persistance de la population non confirmée)
  • rivière Rusagonis (persistance de la population non confirmée)
  • lac Modsley (enregistrement douteux, non confirmé)
  • lac Knockdrin (enregistrement douteux, non confirmé)
  • lac Shadow (enregistrement douteux, non confirmé)

Menaces (réelles ou imminentes pour les populations ou les habitats)

Aménagement résidentiel des rives pour des chalets et résidences permanentes ainsi que pratiques urbaines, industrielles, agricoles et forestières entraînant la perte et la dégradation de l’habitat.

Immigration de source externe

Peu probable

L’espèce existe-t-elle ailleurs (au Canada ou à l’extérieur)? [autres compétences ou organismes]

États-Unis : espèce commune et bien répandue dans son aire de répartition.

Une immigration a-t-elle été constatée ou est-elle possible?

Immigration naturelle peu probable

Des individus immigrants seraient-ils adaptés pour survivre au Canada?

Oui

Y a-t-il suffisamment d’habitat disponible au Canada pour les individus immigrants?

Oui

La possibilité d’une immigration de populations externes existe-t-elle?

Inconnu

Analyse quantitative

Sans objet

Statut existant

  • Cotes de Nature Conservancy (NatureServe, 2006)
    • Classement mondialG5
    • Classement national
      • États-Unis – N5
      • Canada – NNR
    • Classement régional – États–Unis
      • ALS5
      • ARS4?
      • CT – S5
      • DE – S4
      • DC – S5
      • FLSNR
      • GA – S5
      • KYSNA
      • LA – SNA
      • MESU
      • MD – S5
      • MAS3
      • MI – SNA
      • NH – S4
      • NJ – S5
      • NY – S3
      • NC – S5
      • OK – SNA
      • PA – S5
      • RI – S3
      • SC – SNR
      • TN – S5
      • TX – SNA
      • VT – S4
      • VA – S5
      • WV – S5
    • Canada : N.- B. –S4
  • Espèces sauvages 2005 (Conseil canadien pour la conservation des espèces en péril, 2006)
    • Canada – 4
    • N.- B. – 4 (non en péril)
  • COSEPAC
    • Espèce préoccupante - 1989
    • Données insuffisantes - 2008

Statut et justification de la désignation

Statut : Données insuffisantes
Code alphanumérique : Sans objet
Justification de la désignation : Données insuffisantes pour déterminer la répartition, le nombre d’emplacements ainsi que la taille et les tendances des populations.

Applicabilité des critères

Critère A (Population globale en déclin) : Sans objet - population totale inconnue et données insuffisantes pour en déterminer les tendances.
Critère B (Petite aire de répartition, et déclin ou fluctuation) : Sans objet - population totale inconnue et données insuffisantes pour en déterminer les tendances et la zone d’occupation.
Critère C (Petite population globale et déclin) : Sans objet - population totale inconnue et données insuffisantes pour en déterminer les tendances.
Critère D (Très petite population ou aire de répartition limitée) : Sans objet – le nombre d’individus matures est inconnu, mais il dépasserait 1 000, la zone d’occupation couvre une superficie beaucoup plus grande que 20 km², et l’espèce est présente à plus de cinq emplacements connus.
Critère E (Analyse quantitative) : Sans objet – aucune donnée.

Retournez à la table des matières

Remerciements et experts contactés

Nous tenons à remercier les personnes suivantes : S. Currie, P. Seymour et M. Sabine (ministère des Ressources naturelles du Nouveau-Brunswick), qui ont vérifié les enregistrements provinciaux, fourni d’autres données sur les sites et effectué récemment de l’échantillonnage pour déterminer la répartition de l’espèce; S. Blaney et K. Bredin (Centre de données sur la conservation du Canada atlantique), J. Bagnall (AMEC Earth and Environmental, Inc. - Fredericton, N.-B.), R. Jordan (Maine Inland Fish and Wildlife) et M. Sollows (Musée du Nouveau-Brunswick), qui ont fourni des renseignements sur la répartition de l’espèce et son statut; Gloria Goulet, coordinatrice des connaissances traditionnelles autochtoneset membre du Secrétariat du COSEPAC.

Mark Gautreau et Allen Curry, de la New Brunswick Cooperative Fish and Wildlife Research Unit, Canadian Rivers Institute, Université du Nouveau-Brunswick, Fredericton (N.-B.), ont rédigé les versions préliminaires du présent rapport.

Retournez à la table des matières

Sources d'information

Bass, Jr. D.G., V.G. et Hitt. 1974. Ecological aspects of the redbreast sunfish, Lepomis auritus, in Florida, Proc. Annu. Conf. Southeast. Assoc. Game and Fish Comm. 28, p. 296-307.

Breder, C.M. Jr., et R.F. Nigrelli. 1935. The influence of temperature and other factors on the winter aggregation of the sunfish, Lepomis auritus, with critical remarks on the social behavior of fishes, Ecology 16:33-47.

Bronson, M.W., et J.E. Morris. 2000. Species Profile: Sunfish, Southern Regional Aquaculture Center, 724, p. 5.

Buynak, G.L, et H.W. Jr Mohr. 1978. Larval Development of the redbreast sunfish (Lepomis auritus) from the Susquehanna River, Transactions of the American Fisheries Society, 107:600-604.

Carlander, K.D. 1977. Hand Book of Freshwater Fishery Biology - Life History Data on the Centrarchid Fishes of the United States and Canada, The Iowa State University Press, Ames (Iowa), Vol. 2, 431 p.

Coomer, C.E. Jr., D.R. Holder et C.D. Swanson. 1977. A comparison of diets of redbreast sunfish and spotted suckers in a coastal stream, Proceedings of the Annual Conference of the Southeastern Association of Fish and Wildlife Agencies 31: 587-596.

Conseil canadien pour la conservation des espèces en péril, 2006. La situation des espèces au Canada, Ottawa : Travaux publics et Services gouvernementaux Canada.

COSEPAC. 2006. Manuel des opérations et des procédures du COSEPAC, Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC), Service canadien de la faune, Ottawa.

Cox, P. 1896. Catalogue of the marine and freshwater fishes of New Brunswick, Bulletin of the Natural History Society of New Brunswick 13: 62-75.

Curry, R.A. 2004. Freshwater Fishes of Eastern Canada, Assessment of Species Diversity in the Atlantic Maritime Ecozone - in review.

Davis, J. R. 1972. The spawning behavior, fecundity rates, and food habits of the redbreast sunfish in southeastern North Carolina, Proc. Annu. Conf. Southeast. Assoc. Game and Fish Comm. 25, p. 556-560.

Ministère de la Défense nationale. 2002. Final report: species at risk literature review and field investigation results, préparé par AMEC Earth and Environmental Limited for Defense Construction Canada, Ministère de la Défense nationale (MDN), Gagetown (Nouveau-Brunswick).

DeWoody, J.A., D.E. Fletcher, S.D. Wilkins, W.S. Nelson et J.C. Avise. 1998. Molecular genetic dissection of spawning, parentage, and reproductive tactics in a population of redbreast sunfish, Lepomis auritus, Evolution 52: 1802-1810.

Etnier, David A., et Wayne C. Starnes.1993. The Fishes of Tennessee, University of Tennessee Press, Knoxville (Tennessee).

Freeman, M.C. 1995. Movements by two small fishes in a large stream, Copeia 2: 361-367.

Gatz, A.J., et S.M. Adams. 1994. Patterns of movement of centrarchids in two warmwater streams in eastern Tennessee, Ecology of Freshwater Fish 3: 35-48.

Gautreau, M., et R.A. Curry. 2006. Ecology of the redbreast sunfish, Lepomis auritus, in Yoho and Oromocto Lakes, New Brunswick Cooperative Fish and Wildlife Research Unit Report # 01 – 06, 17 p.

Gilbert, C. Inédit. Determination of native ranges for a number of North American freshwater species, Report for the US Geological Survey Laboratory, Gainesville (Floride).

Hammerson, G. 2001. Lepomis auritusminimal criteria for an occurrence, Cited in NatureServe 2007 Version 6.2, NatureServe, Arlington (Virginie). Disponible en anglais seulement (consulté le 25 septembre 2007).

Hartel, K.E., D.B. Halliwell et A. Launer. 2002. Inland Fishes of Massachusetts, Massachusetts Audubon Society, Lincoln (Massachusetts), 328 p.

Hoffman, G.L. 1967. Parasites of North American freshwater fishes, University of California Press, Los Angeles (Californie), 486 p.

Houston, J. 1989. Status Report on the Redbreast Sunfish, Lepomis auritus, Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada, Ottawa, 14 p.

Houston, J. 1990. Status of the Redbreast Sunfish, Lepomis auritus, in Canada, Canadian Field-Naturalist 104(1): 64-68.

Johnson, J.H., et E.Z. Johnson. 1984. Comparative diets of subyearling redbreast sunfish and subyearling northern redbelly dace in an Adirondack lake, Journal of Freshwater Ecology 2: 587-591.

Kendall, W.C. 1914. An annotated catalogue of the fishes of Maine, Proceedings of the Portland Society of Natural History 3(1): 1-198.

Livingstone, D.A. 1953. The freshwater fishes of Nova Scotia, Proceedings Nova Scotian Institute Science 23(1): 90 p.

Lukas, J.A., et D.J. Orth. 1993. Reproductive Ecology of Redbreast Sunfish Lepomis auritus in a Virginia Stream, Journal of Freshwater Ecology 8: 235-244.

Maitland, P.S. 2000. Guide to Freshwater Fish of Britain and Europe, Octopus Publishing Group Limited, London, 256 p.

McClane, A.J. 1978. McClane’s Field Guide to Freshwater Fishes of North America, Henry Holt and Company, New York, 212 p.

McPhail, D.E. 2007. Comm. pers. Professor Emeritus, University of British Columbia, Vancouver (Colombie-Britannique) V6S 1G1.

NatureServe. 2007. NatureServe Explorer: An online encyclopedia of life [application Web], version 6.2, NatureServe, Arlington (Virginie). Disponible en anglais seulement (consulté le 25 septembre 2007).

Nelson, J.S., E.J. Crossman, H. Espinosa-Perez, L.T. Findley, C.R. Gilbert, R.N. Lea et J.D. Williams. 2004. Common and Scientific Names of Fishes from the United States, Canada, and Mexico. 6e édition, American Fisheries Society Special Publication 29, Bethesda (Maryland), 386 p.

Ministère de l’Environnement du Nouveau-Brunswick. 2007. Ministère de l’Environnement du Nouveau-Brunswick, Environmental Reporting Series 2007. Série de rapports disponible en ligne à l’adresse suivante : http://www.gnb.ca/0009/0371/0013/index-f.asp (consulté le 07/03/2007).

Page, L.M., et B.M. Burr. 1991. A Field Guide to Freshwater Fishes of North America north of Mexico, Houghton Mifflin Company, New York, 432 p.

Richmond, N.D. 1940. Nesting of the sunfish, Lepomis auritus (Linnaeus), in tidal water, Zoologica 23(3): 329-331.

Sandow, Jr, J.T., D.R. Holder et L.E. McSwain. 1974. Life history of the redbreast sunfish in the Satilla River, Georgia, Proc. Annu. Conf. Southeast. Assoc. Game and Fish Comm. 28, p. 279-285.

Schmidt, R.E. Zoogeography of the Northern Appalachians, 1986. Zoogeography of freshwater fishes of the Hudson Bay drainage, Ungava Bay and the Arctic Archipelago, p. 137-160, in C.H. Hocutt et E.O. Wiley, The zoogeography of North American freshwater fishes, John Wiley and Sons, New York.

Schultz, K. 2004. Field Guide to Freshwater Fish, John Wiley and Sons, Inc., Hoboken (New Jersey), 257 p.

Scott, W.B., et E.J. Crossman. 1959. The freshwater fishes of New Brunswick: a checklist with distributional notes, Contributions Royal Ontario Museum Division Zoology Paleontology 51, 37 p.

Scott, W.B., et E.J. Crossman. 1998. Freshwater fishes of Canada, Fisheries Research Board of Canada, Ottawa, 966 p.

Toner, M. 2005. Comm. pers., ministère des Ressources naturelles du Nouveau-Brunswick, Fredericton (Nouveau-Brunswick).

Whittier, T.R., D.B. Halliwell et R.A. Daniels. 1999. Distribution of Lake Fishes in the Northeast - I: Centrarchidae, Percidae, Esocidae and Moronidae, Northeastern Naturalist 6: 283-304.

Retournez à la table des matières

Sommaire biographique des rédacteurs du rapport

Allen Curry, Ph.D. (zoologie), University of Guelph. Il est directeur du Canadian Rivers Institute, directeur adjoint responsable des pêches de la New Brunswick Cooperative Fish and Wildlife Research Unit, professeur de biologie et de foresterie à l’Université du Nouveau-Brunswick. Depuis 11 ans, il étudie de nombreux aspects de l’écologie des poissons d’eau douce de la région, notamment leur répartition, leur abondance et la pêche récréative.

Mark Gautreau, B.Sc. (biologie), Université du Nouveau-Brunswick, et études en technologie environnementale, Collège communautaire du Nouveau-Brunswick (Miramichi). À titre d’employé de la NBFWRU depuis 1997, il a participé à de nombreux projets d’étude sur la répartition et l’état des populations de poissons d’eau douce au Nouveau-Brunswick.

Retournez à la table des matières

Collections examinées

  1. New Brunswick Cooperative Fish and Wildlife Research Unit

Retournez à la table des matières