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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le potamot de Hill (Potamogeton Hillii) au Canada - Mise à jour

Résumé

Potamot de Hill
Potamogeton Hillii

Information sur l’espèce

Le potamot de Hill (Potamogeton hillii) est un potamot complètement submergé qui mesure de 30 à 60 cm de longueur. Les feuilles, étroites et linéaires, possèdent une pointe sétacée et mesurent de 2 à 6 cm de longueur et de 1 à 2,5 cm de largeur. Le fruit brun, pouvant atteindre jusqu’à 4 mm de longueur, est porté par un pédicelle recourbé. Dans l’ensemble, il ressemble aux autres potamots à feuilles linéaires.

Répartition

Au Canada, on trouve du potamot de Hill principalement en Ontario, sur l’île Manitoulin et dans la péninsule Bruce. D’autres occurrences ont été signalées dans les comtés d’Elgin et de Wellington et dans la municipalité régionale de Peel. Sa zone d’occurrence est d’environ 1 300 km². Aux États-Unis, l’espèce a été observée dans les États du Michigan, du Wisconsin, de l’Ohio, de New York, de la Pennsylvanie, du Connecticut, du Massachusetts et du Vermont.

Habitat

On trouve le potamot de Hill dans les ruisseaux, les étangs et les fossés aux eaux claires, froides et calcaires dont l’alcalinité oscille entre 53,0 et 316,7 mg/l HCO3-, habituellement là où il y a du calcaire dolomitique. On ne connaît pas les tendances en matière d’habitat. Cinq des vingt populations existantes sont situées dans des zones protégées.

Biologie

La reproduction se fait par les graines et par voie végétative par les bourgeons hivernants. La floraison a lieu en juillet et les graines se forment entre août et septembre. Les graines sont dispersées par l’eau ou par la sauvagine. On n’a guère étudié le rôle écologique du potamot de Hill, mais il se rapproche vraisemblablement de celui des autres potamots.

Taille et tendances des populations

Au Canada, le potamot de Hill a été observé dans 24 sites. L’espèce a disparu de deux de ceux-ci. Vingt sites ont été visités et une espèce qui ressemble au potamot de Hill a été trouvée dans douze d’entre eux. En 2003, on n’a trouvé aucun fruit dans sept sites, ce qui a diminué la certitude de l’identification. Selon les sites où la présence de fruits a permis d’identifier l’espèce de façon certaine, la zone d’occupation minimale s’étendrait sur environ 25 ha et compterait 55 000 + plantes. Si l’identification était juste dans tous les cas, la zone d’occupation s’étendrait sur environ 27 ha, incluant les données supplémentaires fournies par le ministère des Richesses naturelles de l’Ontario, et compterait approximativement 119 600 individus.

Facteurs limitatifs et menaces

La dégradation et la destruction de l’habitat représentent les principales menaces pour le potamot de Hill.

Importance de l’espèce

Comme c’est le cas pour les autres potamots, l’espèce sert probablement de nourriture pour la sauvagine et peut-être certains mammifères. Aucune mention d’une utilisation autochtone n’a été trouvée dans la documentation.

Protection actuelle et autres désignations

Le COSEPAC a désigné le potamot de Hill comme une espèce préoccupante en 1986. En Ontario, l’espèce figure parmi les espèces menacées de la liste récemment approuvée des espèces en péril (voir http://www.ontarioparks.com/saro-list.pdf). Elle est considérée comme en péril (endangered) au Connecticut, en Ohio et en Pennsylvanie, menacée (threatened) au Michigan et préoccupante (special concern) au Massachusetts. À l’échelle mondiale, NatureServe l’a classée comme vulnérable (vulnerable) (G3).

Historique du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le Comité a été créé  pour satisfaire au besoin d’une classification nationale des espèces sauvages en péril qui soit unique et officielle et qui repose sur un fondement scientifique solide. En 1978, le COSEPAC (alors appelé Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) promulguée le 5 juin 2003, le COSEPAC est un comité consultatif qui doit faire en sorte que les espèces continuent d’être évaluées selon un processus scientifique rigoureux et indépendant.

Mandat du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) évalue la situation, au niveau national, des espèces, des sous-espèces, des variétés ou d’autres unités désignables qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées aux espèces indigènes comprises dans les groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, arthropodes, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

Composition du COSEPAC

Le COSEPAC est composé de membres de chacun des organismes responsables des espèces sauvages des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (le Service canadien de la faune, l’Agence Parcs Canada, le ministère des Pêches et des Océans et le Partenariat fédéral d’information sur la biodiversité, présidé par le Musée canadien de la nature), de trois membres ne relevant pas de compétences, ainsi que des coprésident(e)s des sous-comités de spécialistes des espèces et des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit au moins une fois par année pour étudier les rapports de situation des espèces candidates.

Définitions (Novembre 2004)

Espèce sauvage
Espèce, sous-espèce, variété ou population géographiquement ou génétiquement distincte d'animal, de plante ou d'une autre organisme d'origine sauvage (sauf une bactérie ou un virus) qui est soit indigène du Canada ou qui s'est propagée au Canada sans intervention humaine et y est présente depuis au moins cinquante ans.

Disparue (D)
Espèce sauvage qui n'existe plus.

Disparue du pays (DP
Espèce sauvage qui n'existe plus à l'état sauvage au Canada, mais qui est présente ailleurs.

En voie de disparition (VD)Note de bas de pagea
Espèce sauvage exposée à une disparition de la planète ou à une disparition du pays imminente.

Menacée (M)
Espèce sauvage susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitants ne sont pas renversés.

Préoccupante (P)Note de bas de pageb
Espèce sauvage qui peut devenir une espèce menacée ou en voie de disparition en raison de l'effet cumulatif de ses caractéristiques biologiques et des menaces reconnues qui pèsent sur elle.

Non en péril (NEP)Note de bas de pagec
Espèce sauvage qui a été évaluée et jugée comme ne risquant pas de disparaître étant donné les circonstances actuelles.

Données insuffisantes DI)Note de bas de paged, Note de bas de pagee
Espèce sauvage pour laquelle l'information est insuffisante pour évaluer directement ou indirectement son risque de disparition.

 

Service canadien de la faune

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.

 

Note de bas de page a

Appelée « espèce disparue du Canada » jusqu'en 2003.

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Note de bas de page b

Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu'en 2000.

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Note de bas de page c

Appelée « espèce rare » jusqu'en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.

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Note de bas de page d

Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».

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Note de bas de page e

Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu'en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999.

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