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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le potamot de Hill (Potamogeton Hillii) au Canada - Mise à jour

Mise à jour
Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC
sur le
Potamot de Hill
Potamogeton hillii
au Canada

potamot de Hill (Potamogeton hillii)

Espèce préoccupante 2005


COSEPAC
Comité sur la situation des espèces en péril au Canada


COSEWIC

Committee on the Status of Endangered Wildlife in Canada

Les rapports de situation du COSEPAC sont des documents de travail servant à déterminer le statut des espèces sauvages que l’on croit en péril. On peut citer le présent rapport de la façon suivante :

COSEPAC. 2005. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le potamot de Hill (Potamogeton hillii) au Canada – Mise à jour. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa . vi + 21 p.

Rapport précédent

Brownell, V.R. 1986. COSEWIC status report on the Hill's Pondweed Potamogeton hillii in Canada. Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada. Ottawa. 34 p.

Note de production

Le COSEPAC aimerait remercier Kristina Makkay qui a rédigé le rapport de situation sur le potamot de Hill (Potamogeton hillii). Erich Haber, coprésident (plantes vasculaires) du Sous-comité de spécialistes des plantes et lichens du COSEPAC, a supervisé le présent rapport et en a fait la révision.

Pour obtenir des exemplaires supplémentaires, s’adresser au :

Secrétariat du COSEPAC
a/s Service canadien de la faune
Environnement Canada
Ottawa (Ontario)
K1A 0H3

Tél. : (819) 997-4991 / (819) 953-3215
Téléc. : (819) 994-3684
Courriel du COSEPAC
Site web du COSEPAC

Also available in English under the title COSEWIC assessment and update status report on the Hill's pondweed Potamogeton hillii in Canada.

Photo de la couverture

Potamot de Hill – illustration reproduite avec la permission d'Agriculture et Agroalimentaire Canada

©Sa Majesté la Reine du chef du Canada, 2005.
PDF : CW69-14/446-2005F-PDF
ISBN 0-662-74253-2
HTML : CW69-14/446-2005F-HTML
ISBN 0-662-74254-0

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Sommaire de l’évaluation

Sommaire de l’évaluation – Mai 2005

Nom commun : Potamot de Hill

Nom scientifique : Potamogeton hillii

Statut : Préoccupante

Justification de la désignation : Il s'agit d'une plante aquatique non apparente à racines dont on connaît actuellement moins de 20 populations canadiennes. L'espèce occupe une très petite aire totale d'habitat. On n'a défini aucun facteur limitatif imminent qui aurait d'importantes répercussions sur cette espèce rare à l'échelle mondiale, mais les plantes exotiques envahissantes pourraient avoir une incidence sur certaines populations.

Répartition : Ontario

Historique du statut : Espèce désignée « préoccupante » en avril 1986. Réexamen et confirmation du statut en mai 2005. Dernière évaluation fondée sur une mise à jour d'un rapport de situation.

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Résumé

Potamot de Hill
Potamogeton Hillii

Information sur l’espèce

Le potamot de Hill (Potamogeton hillii) est un potamot complètement submergé qui mesure de 30 à 60 cm de longueur. Les feuilles, étroites et linéaires, possèdent une pointe sétacée et mesurent de 2 à 6 cm de longueur et de 1 à 2,5 cm de largeur. Le fruit brun, pouvant atteindre jusqu’à 4 mm de longueur, est porté par un pédicelle recourbé. Dans l’ensemble, il ressemble aux autres potamots à feuilles linéaires.

Répartition

Au Canada, on trouve du potamot de Hill principalement en Ontario, sur l’île Manitoulin et dans la péninsule Bruce. D’autres occurrences ont été signalées dans les comtés d’Elgin et de Wellington et dans la municipalité régionale de Peel. Sa zone d’occurrence est d’environ 1 300 km². Aux États-Unis, l’espèce a été observée dans les États du Michigan, du Wisconsin, de l’Ohio, de New York, de la Pennsylvanie, du Connecticut, du Massachusetts et du Vermont.

Habitat

On trouve le potamot de Hill dans les ruisseaux, les étangs et les fossés aux eaux claires, froides et calcaires dont l’alcalinité oscille entre 53,0 et 316,7 mg/l HCO3-, habituellement là où il y a du calcaire dolomitique. On ne connaît pas les tendances en matière d’habitat. Cinq des vingt populations existantes sont situées dans des zones protégées.

Biologie

La reproduction se fait par les graines et par voie végétative par les bourgeons hivernants. La floraison a lieu en juillet et les graines se forment entre août et septembre. Les graines sont dispersées par l’eau ou par la sauvagine. On n’a guère étudié le rôle écologique du potamot de Hill, mais il se rapproche vraisemblablement de celui des autres potamots.

Taille et tendances des populations

Au Canada, le potamot de Hill a été observé dans 24 sites. L’espèce a disparu de deux de ceux-ci. Vingt sites ont été visités et une espèce qui ressemble au potamot de Hill a été trouvée dans douze d’entre eux. En 2003, on n’a trouvé aucun fruit dans sept sites, ce qui a diminué la certitude de l’identification. Selon les sites où la présence de fruits a permis d’identifier l’espèce de façon certaine, la zone d’occupation minimale s’étendrait sur environ 25 ha et compterait 55 000 + plantes. Si l’identification était juste dans tous les cas, la zone d’occupation s’étendrait sur environ 27 ha, incluant les données supplémentaires fournies par le ministère des Richesses naturelles de l’Ontario, et compterait approximativement 119 600 individus.

Facteurs limitatifs et menaces

La dégradation et la destruction de l’habitat représentent les principales menaces pour le potamot de Hill.

Importance de l’espèce

Comme c’est le cas pour les autres potamots, l’espèce sert probablement de nourriture pour la sauvagine et peut-être certains mammifères. Aucune mention d’une utilisation autochtone n’a été trouvée dans la documentation.

Protection actuelle et autres désignations

Le COSEPAC a désigné le potamot de Hill comme une espèce préoccupante en 1986. En Ontario, l’espèce figure parmi les espèces menacées de la liste récemment approuvée des espèces en péril (voir http://www.ontarioparks.com/saro-list.pdf). Elle est considérée comme en péril (endangered) au Connecticut, en Ohio et en Pennsylvanie, menacée (threatened) au Michigan et préoccupante (special concern) au Massachusetts. À l’échelle mondiale, NatureServe l’a classée comme vulnérable (vulnerable) (G3).

Historique du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le Comité a été créé  pour satisfaire au besoin d’une classification nationale des espèces sauvages en péril qui soit unique et officielle et qui repose sur un fondement scientifique solide. En 1978, le COSEPAC (alors appelé Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) promulguée le 5 juin 2003, le COSEPAC est un comité consultatif qui doit faire en sorte que les espèces continuent d’être évaluées selon un processus scientifique rigoureux et indépendant.

Mandat du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) évalue la situation, au niveau national, des espèces, des sous-espèces, des variétés ou d’autres unités désignables qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées aux espèces indigènes comprises dans les groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, arthropodes, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

Composition du COSEPAC

Le COSEPAC est composé de membres de chacun des organismes responsables des espèces sauvages des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (le Service canadien de la faune, l’Agence Parcs Canada, le ministère des Pêches et des Océans et le Partenariat fédéral d’information sur la biodiversité, présidé par le Musée canadien de la nature), de trois membres ne relevant pas de compétences, ainsi que des coprésident(e)s des sous-comités de spécialistes des espèces et des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit au moins une fois par année pour étudier les rapports de situation des espèces candidates.

Définitions (Novembre 2004)

Espèce sauvage
Espèce, sous-espèce, variété ou population géographiquement ou génétiquement distincte d'animal, de plante ou d'une autre organisme d'origine sauvage (sauf une bactérie ou un virus) qui est soit indigène du Canada ou qui s'est propagée au Canada sans intervention humaine et y est présente depuis au moins cinquante ans.

Disparue (D)
Espèce sauvage qui n'existe plus.

Disparue du pays (DP
Espèce sauvage qui n'existe plus à l'état sauvage au Canada, mais qui est présente ailleurs.

En voie de disparition (VD)Note de bas de pagea
Espèce sauvage exposée à une disparition de la planète ou à une disparition du pays imminente.

Menacée (M)
Espèce sauvage susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitants ne sont pas renversés.

Préoccupante (P)Note de bas de pageb
Espèce sauvage qui peut devenir une espèce menacée ou en voie de disparition en raison de l'effet cumulatif de ses caractéristiques biologiques et des menaces reconnues qui pèsent sur elle.

Non en péril (NEP)Note de bas de pagec
Espèce sauvage qui a été évaluée et jugée comme ne risquant pas de disparaître étant donné les circonstances actuelles.

Données insuffisantes DI)Note de bas de paged, Note de bas de pagee
Espèce sauvage pour laquelle l'information est insuffisante pour évaluer directement ou indirectement son risque de disparition.

 

Service canadien de la faune

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.

 

Note de bas de page a

Appelée « espèce disparue du Canada » jusqu'en 2003.

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Note de bas de page b

Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu'en 2000.

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Note de bas de page c

Appelée « espèce rare » jusqu'en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.

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Note de bas de page d

Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».

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Note de bas de page e

Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu'en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999.

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Information sur l'espèce

Nom et classification

Nom scientifique :

Potamogeton hillii Morong

Synonyme :

Potamogeton porteri Fern.

Noms communs :

potamot de Hill en français et Hill’s Pondweed en anglais

Famille :

Potamogétonacées (famille des potamots)

Grand groupe végétal :

Plantes monocotylédones

Le spécimen type de Potamogeton hillii a été récolté par le révérend Ellsworth J. Hill dans le comté de Manistee au Michigan, le 5 août 1880.

À l’origine, l’espèce Potamogeton porteri était considérée comme une espèce distincte, se différenciant du P. hillii par ses feuilles plus larges. Une étude plus détaillée des spécimens de l’herbier et des récoltes effectuées sur le terrain, menée par Haynes (1974), a révélé qu’il y avait une variation considérable de la morphologie des feuilles de l’espèce et que le P. porteri était une variation morphologique extrême du P. hillii. Cette opinion a été largement acceptée dans les traitements subséquents.

Description

Le potamot de Hill est une plante aquatique submergée aux tiges vertes ou olive qui mesurent de 30 à 60 cm de longueur et de 0,5 à 1 mm de diamètre, et qui portent des feuilles linéaires également vertes ou olive. Ces dernières possèdent trois nervures et une pointe soyeuse, et mesurent de 2 à 6 cm de longueur et de 1 à 2,5 mm de largeur (parfois jusqu’à 4 mm). On peut aussi observer de une à deux rangées de lacunes aérifères le long de la nervure médiane. Les stipules, qui ressemblent à des feuilles, sont sans attache, délicates, rarement dentées à la pointe, et mesurent de 7 à 16 mm de longueur. Les grappes de fleurs (épis) mesurent de 4 à 7 mm de longueur et sont maintenues au-dessus de la surface de l’eau sur des tiges recourbées (pédicelles) de 0,6 à 1,4 cm de longueur. Les fruits sont bruns et portent trois carènes; ils mesurent de 2,3 à 4 mm de longueur. On trouve un bon dessin dans Crow et Hellquist (2000). La figure 1 est reproduite avec la permission d’Agriculture et Agroalimentaire Canada.

La sous-section Pusilli du genre Potamogeton regroupe les espèces de potamot submergé à feuilles linéaires, reconnues comme étant difficiles à différencier les unes des autres en raison de la ressemblance de leurs parties végétales et de leur plasticité morphologique (Haynes, 1974). Selon Haynes, il est nécessaire d’observer les fleurs ou les fruits pour pouvoir différencier les espèces de cette sous-section, tout comme c’est le cas pour les espèces d’Aster ou de Solidago.

Le Potamogeton hillii peut être confondu avec le P. pusillus, le P. foliosus, le P. friesii, le P. strictifolius ou le P. ogdenii, surtout lorsque la plante ne porte aucun fruit. Les feuilles à pointe soyeuse du Potamogeton hillii sont utiles pour le différencier du P. obtusifolius, du P. pusillus et du P. foliosus. On peut aussi distinguer le P. hillii du P. foliosus par ses fruits à trois carènes et ses feuilles plus longues. Un élément d’identification clé comme celui indiqué dans Crow et Hellquist (2000) représente le meilleur moyen de différencier les potamots à feuilles étroites semblables. Aucun marqueur génétique relatif à l’espèce n’a été documenté.

Figure 1. Plante entière du Potamogeton hillii et détails de certaines parties de la plante : (illustration reproduite avec la permission d’Agriculture et Agroalimentaire Canada).

  1. port
  2. partie terminale de la feuille
  3. fleurs vues du haut
  4. fruits
Figure 1. Plante entière du Potamogeton hillii et détails de certaines parties de la plante : A, port; B, partie terminale de la feuille; C, fleurs vues du haut; D, fruits (illustration reproduite avec la permission d’Agriculture et Agroalimentaire Canada).

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Répartition

Aire de répartition mondiale

On a trouvé des potamots de Hill dans des ruisseaux, des étangs, des fossés et des terres humides dispersés dans le sud de l’Ontario et dans les États du Michigan, du Wisconsin, de l’Ohio, de la Pennsylvanie, de New York, du Connecticut, du Massachusetts et du Vermont (figure 2).

Figure 2. Répartition nord-américaine du potamot de Hill (selon Hellquist (1984) et des atlas de plantes rares classées par État).

Figure 2. Répartition nord-américaine du potamot de Hill (selon Hellquist (1984) et des atlas de plantes rares classées par État).

Aire de répartition canadienne

Au Canada, on ne trouve le potamot de Hill qu’en Ontario. La première récolte enregistrée date de 1901 (annexe 1). L’espèce se trouve principalement dans une zone de 400 km² sur l’île Manitoulin, dans une zone d’environ 700 km² dans le comté de Bruce et dans des zones de 100 km² chacune dans le comté de Wellington et dans la région de Peel, pour une zone d’occurrence totale estimée de manière fort prudente à environ 1 300 km² (figure 3). La plupart des mentions proviennent du comté de Bruce et du district de Manitoulin. Si toutefois tous les sites connus et existants sont compris dans deux polygones convexes, un pour la partie continentale du sud de l’Ontario et un pour l’île de Manitoulin, alors, selon un calcul réalisé grâce au système d’information géographique (SIG), la zone d’occurrence totale est de l’ordre de < 20 000 km². Si le site 3, qui a aujourd’hui disparu, est soustrait de cette estimation, la zone d’occupation s’élève à < 10 000 km². Ce chiffre est probablement plus représentatif de la zone d’occurrence possible de l’espèce (E. Haber, calculs de la zone d’occurrence par SIG).

Comme son apparence n’a rien de remarquable, le potamot de Hill est vraisemblablement longtemps passé inaperçu et pourrait être aujourd’hui plus répandu qu’on ne le croit. Étant donné que l’espèce est associée au calcaire dolomitique (Hellquist, 1984), il est possible que l’on trouve un habitat potentiel le long de l’escarpement Niagara et de la chaîne précambrienne (Brownell, 1986). D’autres relevés seraient nécessaires pour déterminer l’étendue complète de la répartition.

Figure 3. Répartition canadienne du potamot de Hill. Les cercles pleins représentent les populations existantes ou qui sont peut-être existantes, tandis que les cercles vides (03 et 22) représentent les populations connues qui ont disparu.

Figure 3. Répartition canadienne du potamot de Hill. Les cercles pleins représentent les populations existantes ou qui sont peut-être existantes, tandis que les cercles vides (03 et 22) représentent les populations connues qui ont disparu.

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Habitat

Besoins en matière d’habitat

On trouve des potamots de Hill dans les ruisseaux, les étangs et les fossés au substrat boueux et aux eaux claires, froides, calmes et calcaires. L’espèce pousse rarement dans les eaux troubles ou polluées, les lacs ouverts (Hellquist, 1984) ou les ruisseaux à débit rapide (observation personnelle de la reedactrice). On la trouve souvent du côté amont des ponceaux, parmi des souches et des arbres tombés, ou dans des eaux peu profondes, parmi des joncs et des carex (Hellquist, 1984). Lors des visites sur le terrain, on a en général observé l’espèce dans les chenaux peu profonds de marais ouverts dominés par des graminées ou du carex (du Phalaris arundinacea dans la plupart des cas) [figure 4]. On associe le potamot de Hill au P. foliosus, au P. natans, au P. pusillus, au P. amplifolius et au P. gramineus (Hellquist, 1984). Il pousse en communautés de transition et ne semble pas demeurer longtemps au même endroit (Mitchell et Sheviak, 1981; Brownell, 1986).

Figure 4. Habitat typique du potamot de Hill (photo de Kristina Makkay, site  17).

Figure 4. Habitat typique du potamot de Hill (photo de Kristina Makkay, site no 17).

On associe également le potamot de Hill à une alcalinité élevée. L’espèce a été observée dans des eaux affichant une alcalinité de 53,0 à 316,7 mg/l HCO3- (Hellquist, 1980, 1984). On trouve du calcaire dolomitique dans environ 79 p. 100 des sites connus de potamot de Hill (Hellquist, 1984).

Tendances en matière d’habitat

C’est seulement récemment que l’on a mieux compris les paramètres relatifs à l’habitat du potamot de Hill. Il s’avère donc difficile de dégager les tendances en matière d’habitat. On sait que l’espèce pousse dans des eaux alcalines calcaires, mais on n’a trouvé aucune information au sujet des changements dans le nombre ou la qualité des ruisseaux ou des terres humides calcaires en Ontario. Dans le sud de cette province, environ les deux tiers des terres humides ont disparu. Cela a toutefois eu une incidence moins grande dans la péninsule Bruce, où l’on trouve la plupart des sites de potamot de Hill (Snell, 1988).

Protection et propriété

Cinq des vingt-deux sites existants qui sont mentionnés dans la base de données du Centre d’information sur le patrimoine naturel (CIPN) de l’Ontario se trouvent sur des terres protégées (parc national) ou dans des régions connues pour inclure des zones naturelles importantes. On trouve deux sites dans le parc national de la péninsule Bruce et trois dans les zones d’intérêt naturel et scientifique du cap Cabot, de la pointe de Scott et de la forêt du lac Caledon. Les sites situés dans les zones d’intérêt naturel et scientifique ne sont toutefois pas automatiquement protégés, à moins que le terrain soit protégé par une loi précise. On trouve aussi un site sur le territoire de la Première Nation Saugeen. On pense que toutes les autres populations sont situées sur des terrains privés (base de données du CIPN).

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Biologie

Reproduction

La reproduction du potamot de Hill se fait par les graines et par voie végétative par les bourgeons hivernants qui sont produits à l’automne. L’espèce fleurit à la fin juillet et produit des fruits à partir de la fin août jusqu’en septembre. Fernald (1932) a affirmé que le potamot de Hill ne produisait pas de bourgeons d’hiver, mais Haynes (1974) et Hellquist (1984) ont tous deux signalé leur présence. Aucune étude n’a été publiée sur la viabilité des graines et des bourgeons d’hiver.

L’espèce peut aussi produire une structure semblable à un rhizome lorsque la tige devient décombante et est recouverte par la suite de débris (Haynes, 1974). Cela entraîne un racinement à partir des nœuds et les pousses qui en résultent peuvent s’établir comme des plantes indépendantes. Des touffes de clones sont produites en raison de la façon dont l’espèce hiverne en utilisant les bourgeons d’hiver et d’autres moyens asexués de reproduction (NatureServe, 2005).

On peut croiser le potamot de Hill avec le Potamogeton zosteriformis. Certains auteurs ont suggéré que l’espèce P. ogdenii est née d’un tel croisement (Hellquist et Hilton, 1983).

Survie

Bien qu’aucune étude n’ait été publiée sur la consommation de cette espèce en particulier, la sauvagine et les mammifères se nourrissent de potamots. On n’a trouvé aucun renseignement sur la survie des descendants, la structure d’âge des populations ni le taux de reproduction ou de recrutement.

Physiologie

Le potamot de Hill est étroitement associé à des eaux alcalines calcaires affichant des taux de 53,0 à 316,7 mg/l HCO3- (Hellquist, 1980, 1984). L’espèce semble ne pas tolérer la pollution et la turbidité (Hellquist, 1984). Aucune information relative aux restrictions climatiques ou aux autres intolérances n’a été trouvée. 

Déplacements et dispersion

La pollinisation de la plupart des espèces de Potamogeton se fait par le vent, tandis que la dispersion se fait par l’eau ou par la sauvagine (Sculthorpe, 1967). Les bourgeons d’hiver sont également dispersés par l’eau et peut-être aussi par la sauvagine. Il est possible que des graines soient dispersées par les tubes digestifs de cette dernière (Haynes, 1974).

D’après un résumé des données sur le potamot de Hill de NatureServe (2005), la dispersion des graines dans les habitats adéquats serait la principale cause de la rareté apparente de l’espèce.

Étant donné que l’espèce est considérée comme en péril (« endangered ») ou menacée (« threatened ») dans des États voisins de l’Ontario et que dans l’ensemble, elle est plutôt rare aux États-Unis, il est peu probable que les populations de l’Ontario puissent être repeuplées par des propagules provenant de l’extérieur de la province.

Alimentation et relations interspécifiques

Les potamots, comme les autres plantes aquatiques, offrent un habitat aux invertébrés aquatiques, de la nourriture à la sauvagine et aux mammifères, et un abri aux amphibiens et aux poissons. Aucune information n’a été publiée sur le rôle écologique particulier du potamot de Hill. Cependant, sa fonction écologique est sans doute semblable à celle des autres potamots à feuilles étroites.

Comportement et adaptabilité

On n’a trouvé aucune information sur la sensibilité de l’espèce au stress, aux perturbations et autres changements environnementaux. 

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Taille et tendances des populations

Selon le Natural Heritage Information Centre (CIPN) de l’Ontario, le potamot de Hill a été observé dans vingt-quatre sites (annexe 1), dont neuf nouveaux, depuis la publication du dernier rapport de situation (Brownell, 1986). On pense que l’espèce a disparu de deux sites : Little Eagle Harbour (site  22) sur la péninsule Bruce et St. Thomas (site nº 03) dans le comté d’Elgin. Une visite à Little Eagle Harbour a permis de confirmer l’absence d’habitat adéquat dans la région.

Une mention erronée provenait du lac Fish dans les comtés de Lennox et d’Addington. L’espèce a d’abord été identifiée comme Potamogeton hillii par M. Bristow en 1979, puis comme P. pusillus var. pusillus par Brownell et Catling en 1982 (Brownell, 1986).

Les 20 sites mentionnés dans la base de données du CIPN ont été visités durant une période de cinq jours, soit du 18 au 23 août 2003. Chacun a été prospectés pendant une demi-heure ou une heure, selon la taille du marais ou du ruisseau. Une espèce qui semblait être du potamot de Hill a été trouvée dans 12 sites. Des échantillons ont été récoltés, mais huit d’entre eux n’ont pas produit de fruit, ce qui a diminué la certitude concernant l’identification. Le Dr Paul Catling d’Agriculture et Agroalimentaire Canada (DAO) a examiné les échantillons et ceux qui ont produit des fruits ont été placés dans l’Herbier des plantes vasculaires d’Agriculture et Agroalimentaire Canada à Ottawa (dont l’acronyme officiel est DAO).

Tout comme de nombreuses plantes aquatiques, le potamot de Hill pousse en touffes épaisses d’individus entrelacés, ce qui rend le dénombrement extrêmement difficile en l’absence d’un échantillonnage destructif. Comme l’indique le site Web de NatureServe (2005) :

Les populations peuvent être difficiles à surveiller en raison de leur habitat aquatique, surtout si elles sont grandes. Des clones individuels peuvent couvrir une surface de 0,5 mètre de diamètre et, s’ils sont nombreux, la distinction peut se révéler difficile, voire impossible.

Les chiffres fournis au sujet des populations ne représentent donc que des estimations du nombre d’individus, surtout si l’on tient compte que seul un échantillon in situ était disponible dans une petite touffe de 10 x 10 cm, dans laquelle on peut compter 20 individus différents (site nº 06). L’extrapolation de ce chiffre donnerait 2 000 individus par touffe de 1 m². Dans tous les autres sites où l’espèce a été trouvée, la taille de la population a été calculée en estimant le nombre de mètres carrés de la zone. Les estimations constituent donc des chiffres grossiers, puisqu’il pourrait y avoir un écart de densité de plus ou moins 30 à 50 p. 100. Le fait que l’espèce pousse en relation avec d’autres potamots semblables, qu’il serait difficile de différencier à moins que chaque spécimen porte des fruits, peut aussi expliquer l’incertitude des chiffres avancés.

Comme aucune plante fructifère n’a été trouvée dans certains sites, les chiffres relatifs aux populations confirmées, c’est-à-dire dont l’identification est certaine, sont présentés séparément de ceux des populations soupçonnées, c’est-à-dire dont l’identification est incertaine en raison de l’absence de fruits. On a avancé un chiffre de 55 000 individus confirmés de potamot de Hill dans quatre sites (selon les collectes de Makkay), occupant une superficie de 17,7 ha, et de 64 600 individus soupçonnés, occupant une superficie de 2 ha. La population totale de tous les sites s’élève à 119 600 individus, qui occupent environ 19,7 ha de marais, de ruisseaux et d’étangs. On pourra consulter l’annexe 1 pour obtenir les chiffres propres à chaque site. De l’information supplémentaire au sujet du site nº 04 est devenue disponible après la rédaction de ce rapport en raison d’une visite effectuée sur le terrain le 2 octobre 2003 par un employé du ministère des Richesses naturelles de l’Ontario : un grand nombre de plantes fructifères ont été observées dans la partie est du lac, mais aucune tentative de dénombrement n’a été faite comme telle. On comptait donc cinq sites connus en 2003. La superficie supplémentaire du site nº 04 dans lequel l’employé du Ministère a observé les plantes fructifères vient ajouter 7,5 ha à la zone d’occupation totale, qui passe à environ 27 ha.

Parmi les huit sites où l’espèce n’a pas été trouvée, on doutait, dans trois cas (15, 20, 21), que l’endroit prospecté était bien celui où l’espèce avait été signalée auparavant. Dans les cinq autres sites (01, 05, 08, 12, 13), les rapports précédents dataient tous d’au moins 20 ans. Les causes du déclin ou de la disparition peuvent inclure la concurrence d’autres espèces, particulièrement l’Elodea canadensis, des modifications à l’habitat ou la perte de celui-ci. On ne connaît pas les facteurs qui pourraient avoir une incidence sur la population, puisqu’on sait peu de chose à propos de la biologie de l’espèce.

Il est difficile de dégager des tendances générales à long terme des populations de potamot de Hill. L’espèce a longtemps passée inaperçue, comme c’est le cas de nombreuses plantes aquatiques, et la plupart des activités de documentation de son occurrence remontent à plusieurs décennies. À part la récolte réalisée par Macoun en 1901, la première mention provient du comté d’Elgin en 1951 (site nº 03). Vingt-et-un sites ont été découverts depuis 1974; peu d’entre eux ont depuis été visités de façon régulière.

En 1983, C. B. Hellquist a entamé une recherche systématique du potamot de Hill (spécimens cités dans Brownell, 1986) et trouvé 10 sites sur la péninsule Bruce et l’île Manitoulin (sites nos 01, 02, 04, 05, 07, 09, 10, 11, 12, 13). Tous ces sites ont été visités en 2003. On a confirmé la présence de l’espèce dans l’un d’entre eux (nº 10) et récolté des spécimens stériles dans quatre autres (nos 02, 04, 07, 09). On a trouvé un habitat adéquat dans tous les sites sauf un, qui semblait avoir été dégradé par du bétail (nº 12).

Selon les résultats obtenus lors des recherches sur le terrain, il semble évident que le potamot de Hill connaît un déclin, malgré le peu de changements survenus dans son habitat. La répartition des espèces aquatiques tend toutefois à être dynamique (données inédites provenant d’un projet de cinq ans réalisé par l’auteur Lynn Gillespie du Musée canadien de la nature, qui avait pour but de surveiller les lots permanents de plantes aquatiques dans la rivière Rideau à Ottawa). On ignore au juste si les populations de potamots de Hill ont tendance à fluctuer. Une surveillance régulière à long terme serait nécessaire pour répondre à cette question.

D’autres sites qui semblaient être des habitats adéquats pour l’espèce ont aussi été prospectés, surtout le long de l’escarpement du Niagara. Deux récoltes d’une espèce de potamot semblable au Potamogeton hillii ont été faites, mais aucune n’a produit de fruit, ce qui a rendu l’identification impossible à confirmer. La première récolte provenait de la rivière Styx, à l’est de l’autoroute 6, et la seconde de la rivière Mallet, au nord de l’autoroute 9.

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Facteurs limitatifs et menaces

Les menaces potentielles pour le potamot de Hill résulteraient de la destruction de l’habitat, causée par le drainage des étangs et des terres humides, ou d’une dégradation de la qualité de l’eau, causée notamment par la pollution chimique et thermique. On ne peut que spéculer au sujet des autres facteurs limitatifs, puisqu’on connaît peu de chose à propose de la biologie de l’espèce. Un site semble avoir connu une dégradation en raison de la présence de bétail, mais aucun autre ne semble exposé à une menace imminente.

Il se peut que des plantes exotiques aient eu une incidence sur certaines populations. Le potamot crépu (Potamogeton crispus), une espèce exotique répandue, était abondant au site  08, où on n’a pas trouvé de potamot de Hill, et pourrait avoir joué un rôle clé dans le remplacement de ce dernier. L’alpiste roseau (Phalaris arundinacea), une espèce présente en Ontario sous forme de variétés indigènes et introduites, était dominant dans les marais des sites nos 02, 17 et 20, où il est possible qu’il ait été introduit et qu’il ait modifié les caractéristiques des marais.

 

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Importance de l'espèce

Aucune mention d’une utilisation précise du potamot de Hill, y compris une utilisation autochtone, n’a été trouvée dans la documentation. Cela pourrait être en partie attribuable au fait que l’espèce est difficile à distinguer.

On ne semble trouver le potamot de Hill que dans le nord-est de l’Amérique du Nord, autour du bassin des Grands Lacs, mais il est possible que la répartition totale de l’espèce n’ait pas encore été délimitée.

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Protection actuelle ou autres désignations de statut

Le COSEPAC a désigné le potamot de Hill comme une espèce « préoccupante » en 1986 et il est coté N2 (en péril) à l’échelle nationale. Il est considéré comme une espèce menacée par le ministère des Richesses naturelles de l’Ontario et est coté S2 (en péril) à l’échelle provinciale. Aux États-Unis, l’espèce est considérée comme en péril (endangered) au Connecticut, en Ohio et en Pennsylvanie, menacée (threatened) au Michigan et dans l’État de New York, et préoccupante (special concern) au Massachusetts (USDA, NRCS, 2002). À l’échelle mondiale, NatureServe lui a attribué la cote G3 (vulnérable [vulnerable]), étant donné qu’elle est peu courante dans son aire de répartition et qu’elle est sensible aux modifications à la qualité de l’eau. Les classements dans les États américains qui suivent proviennent de NatureServe (2005) : Connecticut (S1), Massachusetts (S3), Michigan (S2), New York (S2), Ohio (S1), Pennsylvanie (S1), Vermont (S3), Virginie (S1), Wisconsin (S1).

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Résumé technique

Potamogeton hillii

Potamot de Hill – Hill’s pondweed

Population canadienne :

Ontario

Information sur la répartition

Superficie de la zone d’occurrence (km²)

Environ 20 000 km², comprenant le site  3 disparu; < 10 000 km² à l’exception du site nº 3 (1 300 km² si la zone d’occurrence comprend 3 zones restreintes seulement autour des sites existants – évalué par K. Makkay). [Note : évaluation révisée du système d’information géographique (SIG) des polygones pour le continent du sud de l’Ontario et de l’île Manitoulin par E. Haber]

Préciser la tendance dans la zone d’occurrence (en déclin, stable, en expansion, inconnue).

Inconnue

Y a-t-il des fluctuations extrêmes dans la zone d’occurrence (ordre de grandeur > 1)?

Non

Superficie de la zone d’occupation (km²)

< 1 km² (19,7 ha) [total des habitats aquatiques dans les sites existants]

Préciser la tendance dans la zone d’occupation (en déclin, stable, en expansion, inconnue).

Inconnue, déclin possible

Y a-t-il des fluctuations extrêmes dans la zone d’occupation (ordre de grandeur > 1)?

Inconnues

Nombre d’emplacements existants (connus ou supposés).

De 12 à 18

Préciser la tendance du nombre d’emplacements (en déclin, stable, en croissance, inconnue).

Inconnue,déclin possible

Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre d’emplacements (ordre de grandeur > 1)?

Non

Tendance de l’habitat : préciser la tendance de l’aire, de l’étendue ou de la qualité de l’habitat (en déclin, stable, en croissance ou inconnue).

Inconnue

Information sur la population

Durée d’une génération (âge moyen des parents dans la population : indiquer en années, en mois, en jours, etc.).

Inconnue

Nombre d’individus matures (reproducteurs) au Canada (ou préciser une gamme de valeurs plausibles).

Évalué à 55 000 dans les sites où l’on a constaté la présence de fruits, plus de 64 600 y compris les sites où l’identification est fondée sur les caractères végétatifs seulement. [Note : l’évaluation est très rudimentaire étant donné les difficultés à obtenir des évaluations en abondance dans un habitat aquatique dans lequel il aurait fallu avoir recours à un échantillonnage destructif afin d’obtenir des chiffres plus précis; les plantes sont entrelacées, le dénombrement des plantes est  difficile en raison des conditions en eaux vives ou stagnantes et de la présence d’autres potamots semblables. E. Haber]

Tendance de la population quant au nombre d’individus matures en déclin, stable, en croissance ou inconnue.

Inconnue, déclin possible

S’il y a déclin, % du déclin au cours des dernières/prochaines dix années ou trois générations, selon la plus élevée des deux valeurs (ou préciser s’il s’agit d’une période plus courte).

Inconnu

Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre d’individus matures (ordre de grandeur > 1)?

Inconnues

La population totale est-elle très fragmentée (la plupart des individus se trouvent dans de petites populations, relativement isolées [géographiquement ou autrement] entre lesquelles il y a peu d’échanges, c.-à-d. migration réussie de < 1 individu/année)?

Relativement fragmentée

Préciser la tendance du nombre de populations (en déclin, stable, en croissance, inconnue).

Inconnue, déclin possible

Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre de populations (ordre de grandeur > 1)?

Non

Énumérer les populations et donner le nombre de populations dans chacune.

Voir l’annexe 1

Menaces (réelles ou imminentes pour les populations ou les habitats)

Dégradation de l’habitat observée sur un site; en général, les menaces à l’habitat sont surtout possibles.

Effet d’une immigration de source externe

Statut ou situation des populations de l’extérieur?

États-Unis : les classifications dans les États limitrophes sont : Michigan (S2), État de New York (S2), Ohio (S1), Pennsylvanie (S1)

Une immigration a-t-elle été constatée ou est-elle possible?

Peu probable

Des individus immigrants seraient-ils adaptés pour survivre au Canada?

Oui

Y a-t-il suffisamment d’habitat disponible au Canada pour les individus immigrants?

Oui

Peut-il y avoir sauvetage par des populations de l’extérieur?

Non

Analyse quantitative

S.O.

Statut actuel

COSEPAC : espèce préoccupante (mai 2005)

Statut et justification de la désignation

Statut : Préoccupante

Code alphanumérique : S.O.

Justification de la désignation : Il s’agit d’une plante aquatique non apparente à racines dont on connaît actuellement moins de 20 populations canadiennes. L’espèce occupe une très petite aire totale d’habitat. On n’a défini aucun facteur limitatif imminent qui aurait d’importantes répercussions sur cette espèce rare à l’échelle mondiale, mais les plantes exotiques envahissantes pourraient avoir une incidence sur certaines populations.

Application des critères

  • Critère A (Population globale en déclin) : Données insuffisantes.
  • Critère B (Petite aire de répartition, et déclin ou fluctuation) : La zone d’occurrence révisée à la hausse tient compte du fait qu’il est possible que l’espèce soit plus répandue que la documentation ne l’indique. Elle demeure toutefois au-dessous du niveau critique pour se qualifier comme « menacée » et la zone d’occupation est inférieure aux valeurs critiques relatives aux classements « en voie de disparition » et « menacée ». L’espèce ne correspond pas au critère, puisqu’on trouve > 10 endroits et qu’ils ne sont pas considérés somme étant gravement fragmentés en raison de la possibilité de dispersion des propagules par la sauvagine ou de dispersion naturelle au sein d’un système riverain donné. On possède peu d’information sur le déclin des populations en raison du manque de surveillance. On a remarqué une certaine dégradation de l’habitat qui pourrait se poursuivre dans l’avenir. Aucune fluctuation extrême n’a été observée.
  • Critère C (Petite population globale et déclin) : On a déterminé que la taille de la population était supérieure à 10 000 plantes, mais les incertitudes liées à l’extrapolation faite à partir d’un seul petit échantillon, la présence possible de populations mélangées de potamots d’apparence semblable et l’occurrence de reproduction asexuée rendent les données peu fiables pour déterminer le nombre d’individus matures et le niveau de risque relatif à ce critère.
  • Critère D (Très petite population ou aire de répartition limitée) : Il est possible que l’espèce corresponde au critère D2, « espèce menacée », en raison de sa zone d’occupation de < 1 km². On trouve aussi certaines indications d’une dégradation de l’habitat, mais, dans l’ensemble, il semble exister peu de menaces documentées en ce qui concerne les 12 à 18 populations signalées actuellement. L’espèce pourrait être mieux qualifiée de « préoccupante ». Il est difficile de la différencier des espèces semblables et il se peut que l’on en trouve dans d’autres sites si une enquête plus détaillée est effectuée. L’auteur du rapport a fait vérifier par un botaniste hautement compétent les spécimens fructifères collectés en vue de la présente étude.
  • Critère E (Analyse quantitative) : Sans objet.

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Remerciements et experts contactés

Remerciements

J’aimerais remercier Mike Oldham et Kelly Ramster pour l’assistance que j’ai reçu au Natural Heritage Information Centre de l’Ontario, et le Dr Paul Catling d’avoir confirmé l’identification des mes échantillons.

Le financement pour la préparation du présent rapport de situation a été fourni par le Service canadien de la faune d’Environnement Canada.

Experts contactés

  • Frank G. Burrows. Spécialiste de la gestion des ressources, parc national du Canada de la Péninsule-Bruce, parc marin national du Canada Fathom Five, C.P. 189, 248 Big Tub Road, Tobermory (Ontario)  N0H 2R0.
  • Joan et Walter Crowe. Bruce-Grey Plant Committee, Owen Sound Field Naturalists, Owen Sound.
  • Joe Johnson. Consultant en environnement, Wiarton (Ontario).
  • Michael Oldham. Botaniste/herpétologiste, Centre d'information sur le patrimoine naturel, ministère des Richesses naturelles, C.P. 7000, 300, rue Water, Peterborough (Ontario)  K9J 8M5.
  • Kelly Ramster. Botaniste/herpétologiste interne, Centre d'information sur le patrimoine naturel (CIPN), 300, rue Water, Peterborough (Ontario)  K9J 8M5.
  • Darlene Upton. Parcs Canada, Bureau d’unité de gestion, 20 promenade Centennial, C.P. 189, Tobermory (Ontario), N0H 2R0.

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Sources d'information

Brownell, V.R. 1986. Status report on the Hill’s Pondweed Potamogeton hillii in Canada, COSEPAC, Ottawa, Canada.

Crow, G.E., et C.B. Hellquist. 2000. Aquatic and Wetland Plants of Northeastern North America, University of Wisconsin Press, Madison (Wisconsin).

Fernald, M.L. 1932. The linear-leaved North American species of Potamogeton section Axillaries, Mem. Am. Acad. Arts. Sci. 17:1-183.

Haynes, R.R. 1974. A revision of North American Potamogeton subsection pusilli (Potamogetonaceae), Rhodora 76:564-649

Hellquist, C.B. 1980. Correlation of alkalinity and the distribution of Potamogeton in New England, Rhodora 82:331-344.

Hellquist, C.B. 1984. Observations of Potamogeton hillii Morong in North America, Rhodora 86:101-111.

Hellquist, C.B., et R.L. Hilton, 1983. A new species of Potamogeton (Potamogetonaceae) from Northeastern United States, Systematic Botany 8:86-92.

Mitchell, R.S., et C.J. Sheviak. 1981. Rare plants of New York State, New York State Museum Bulletin 445, Albany (État de New York), 96 p.

NatureServe. 2005. NatureServe Explorer: An online encyclopedia of life [application Web], version 4.2, NatureServe, Arlington (Virginie). (consulté le 16 février 2005 ).

Sculthorpe, C.D. 1967. The biology of aquatic vascular plants, Edward Arnold Publishers Ltd., Londres.

Snell, E.A. 1988. Recent Wetland Loss Trends in Southern Ontario. Chapter in Wetlands: Inertia or Momentum, Don Mills, Ontario: Federation of Ontario Naturalists, p.183-197.

USDA, NRCS. 2002. The PLANTS Database, version 3.5 (site disponible en anglais seulement) United States Department of Agriculture, National Plant Data Center, Baton Rouge (Louisiane), 70874-4490, ÉTATS-UNIS.

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Sommaire biographique du rédacteur du rapport

Kristina Makkay est une écologiste qui se spécialise dans la botanique sur le terrain. Durant les sept années où elle a travaillé comme consultante, elle a réalisé, pour le gouvernement, l’industrie et des propriétaires fonciers de partout en Ontario, un certain nombre d’enquêtes qui portaient sur de la végétation terrestre et de la végétation poussant en terres humides. Elle a aussi réalisé des enquêtes approfondies sur le terrain dans le cadre du Projet sur la biodiversité de la rivière Rideau du Musée canadien de la nature et d’une étude sur la biodiversité des terres humides à l’Université d’Ottawa, en compagnie de Jeff Houlihan (Ph.D.).

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Collections examinées

  • Musée canadien de la nature (MCN), chemin Pink, Gatineau (secteur Aylmer), Québec.
  • Herbier des plantes vasculaires (DAO), Agriculture Canada, Ferme expérimentale centrale, Ottawa (Ontario).

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Annexe 1. Résultats des relevés sur le terrain concernant le Potamogeton hillii

Résultats des relevés sur le terrain concernant le Potamogeton hillii
Nº de la zoneLieuDernière observationPopulation estiméeZone d’occupationNotesÉchantillon récolté?
001Ruisseau Albemarle, comté de Bruce1983  L’espèce n’a pas été trouvée. Bon habitat. Abondance d’Elodea canadensis. Impossible de réaliser une relevé approfondi en raison de la présence de graminées coupantes et de grande ortie. 
002Lac Miller, comté de BruceAoût 20034 000marais de ~ 1 haOn trouve aussi du Chara vulgaris dans les chenaux des terres humides dominés par les alpistes. Estimation de population fournie par Makkay.Stérile
003St. Thomas, comté d’Elgin1951  Pas visité le site. On pense qu’il s’agit d’une population historique qui a disparu. 
004Rivière Credit
lac Green, région de Peel
Août 2003
Octobre 2003
100 Petite quantité trouvée dans la partie nord du lac. Estimation de population fournie par Makkay.
Un employé du MRN de l’Ontario a observé des plantes fructifères réparties dans la partie est du lac, une superficie d’environ 500 m X 150 m (M.J. Oldham, comm. pers., février 2005, à Haber Est). Aucune estimation de population n’a été fournie.
Stérile
En fruits le 2 octobre
005Mindemoya, île Manitoulin1983  L’espèce n’a pas été trouvée. Principalement un marais de massettes. 
006Rivière Smoky/rivière Mallet, comté de WellingtonAoût 20034 000rivière de ~ 0,1 haDans une rivière paresseuse en amont du pont. Estimation de population fournie par Makkay.Stérile
007Rivière Crane (rivière Willow), comté de BruceAoût 200332 000Rivière/fossé de ~ 0,1 haDans un fossé du côté nord-est de l’autoroute 6. Estimation de la population fournie par Makkay.Stérile
008Rivière Bethel, comté de Wellington1978  L’espèce n’a pas été trouvée. Abondance d’Elodea canadensis, de Potamogeton crispus. Ce dernier est une espèce exotique. 
009À l’ouest du lac Cameron, comté de BruceAoût 2003500Marais de ~ 0,6  haAvec du Chara vulgaris et du Potamogeton natans. Estimation de population fournie par Makkay.Stérile
010South Baymouth, île ManitoulinAoût 20031 000Étang de ~ 01 haDans un étang à l’ouest d’un quai d’accostage de petits bateaux, poussant avec le P. natans, l’Utricularia vulgaris, le Chara vulgaris. Estimation de population fournie par Makkay.Oui, identification confirmée
011Baie South, île ManitoulinAoût 20036 000Rivière peu profonde de ~ 0,1 haDu côté est du pont, poussant avec l’Elodea canadensis, le Ceratophyllum demersum et le Nuphar varigatum. Estimation de population fournie par Makkay.Stérile
012Rivière Black, île Manitoulin1983  L’espèce n’a pas été trouvée. Le niveau d’eau était très bas et l’eau était embrouillée à cause de la présence de bétail. 
013Providence Bay Road, île Manitoulin1983  L’espèce n’a pas été trouvée.Habitat adéquat. 
014Baie Srigley, île Manitoulin   Le site n’était pas accessible. Cette mention repose sur un rapport de 1995 du MRN de l’Ontario rédigé par Nobel. On ne trouve aucune date relative à la dernière observation dans le rapport. 
015Zone d’intérêt naturel et scientifique de la forêt du lac Caledon, région de Peel1986  Le site n’était pas accessible. L’espèce n’a pas été trouvée dans le ruisseau. 
016Pointe de Scott, comté de BruceAoût 200310 000Marais de ~ 0,1 haEn aval du ponceau dans le ruisseau. Estimation de population fournie par Makkay.Oui, identification confirmée
017Marécage McVicar, comté de BruceAoût 20034 000Marais de ~ 5 haDans une rivière dans un marais dominé par des massettes, poussant avec le Potamogeton natans, le Sparganium. Estimation de population fournie par Makkay.Oui, identification confirmée
018Zone d’intérêt naturel et scientifique de la forêt de la baie Hope, comté de Bruce1992  Le site n’a pas été trouvé. 
019Cap Cabot, comté de Bruce1991  Le site n’était pas accessible. 
020Lac Crane, comté de BruceAoût 200340 000Marais de ~ 12,5 haDans les chenaux profonds de marais dominés de massettes. Espèce très abondante. Estimation de population fournie par Makkay.Oui, identification confirmée
021Terre humide de la rivière Spring, comté de Bruce1990  L’espèce n’a pas été trouvée. Habitat inadéquat : le débit d’eau est trop rapide et on trouve peu de végétation aquatique. Pas certain d’avoir trouvé le bon site. 
022Little Eagle Harbour, comté de Bruce1901  L’espèce n’a pas été trouvée. On a trouvé peu de plantes aquatiques dans le ruisseau. Ne semblait pas un habitat adéquat : le débit d’eau est trop rapide. Population probablement disparue. 
023Marais Shingle, comté de BruceAoût 20032 000 Poussant avec l’Utricularia vulgaris, le Chara vulgaris. Estimation de population fournie par Makkay.Stérile
024Marais McLander, comté de BruceAoût 200316 000Marais et étang de ~ 0,1 haDu côté aval de la route, poussant avec le P. natans, le Chara vulgaris et l‘Utricularia vulgaris.Estimation de population fournie par Makkay.En fleurs, pas de fruits matures

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