Sauter l'index du livret et aller au contenu de la page

Programme de rétablissement de la lamproie de Vancouver (Lampetra macrostoma) au Canada [version finale]


9. Approche axée sur l'atteinte des objectifs de rétablissement

Les approches générales recommandées dans le cadre du présent programme de rétablissement consistent :

  • à établir et à soutenir des initiatives d’intendance;
  • à entreprendre des activités de recherche précises pour combler les lacunes dans les connaissances et clarifier les menaces;
  • à délimiter et à protéger[2] les habitats clés;
  • à limiter les impacts de l’utilisation des terres et de l’eau;
  • à concevoir et à mettre en application des programmes de surveillance efficaces.

Le tableau 3 présente une description des stratégies et des approches recommandées. Ces approches seront exposées plus en détail dans un ou plusieurs plans d’action qui seront élaborés avec le concours d’un groupe de mise en œuvre du rétablissement. D’autres plans et d’autres décisions pourront être pris avec la participation de divers intervenants, y compris des organismes gouvernementaux, des Premières nations, des propriétaires de terres privées, l’industrie et des groupes d’intendance locaux.

Tableau 3. Stratégies prioritaires et approches recommandées pour le rétablissement de la lamproie de Vancouver.
Priorité[3]StratégieApprochesMesure du rendement[4]
NécessaireÉtablir et soutenir un groupe de mise en œuvre du rétablissement (GMOR) ou un autre groupe de travail pour la lamproie de Vancouver.
  1. Inviter les intervenants et les parties intéressées à participer à un GMOR.
  2. Inciter les administrations locales (p. ex. Ville de Lake Cowichan, District régional de la vallée de la Cowichan) à participer ou à être représentées au sein du GMOR afin de faciliter la communication et la mise en œuvre du plan d’action.
  3. Établir la structure dirigeante du GMOR (président, facilitateur, etc.), élaborer un mandat et obtenir le financement nécessaire pour soutenir les activités du groupe.
  4. Élaborer et mettre en œuvre un ou plusieurs plans d’action, lesquels doivent être orientés par le programme de rétablissement.
A-t-on mis sur pied un GMOR ou un groupe de travail?
Le GMOR bénéficie-t-il d’un financement approprié et d’une expertise technique suffisante?
A-t-on élaboré un plan d’action?
Le GMOR atteint-il les buts fixés dans le programme de rétablissement?
NécessaireCombler les lacunes au chapitre de l’information qui nous empêchent d’assurer la conservation de la lamproie de Vancouver.

Combler les principales lacunes en matière de données, y compris :

  1. synthèses et rapports sur l’information contenue dans des études antérieures;
  2. études phylogénétiques pour clarifier le statut taxonomique;
  3. utilisation de l’habitat et besoins en cette matière;
  4. information sur le cycle biologique;
  5. causes de mortalité (p. ex. température, polluants, prédation, prises accessoires);
  6. utilisation des affluents à l’échelle du bassin hydrographique à titre d’habitats;
  7. facteurs limitant la croissance de la population;
  8. ampleur du parasitisme et nombre de cicatrices sur les espèces-proies;
  9. savoir traditionnel des Autochtones.
Y a-t-il des lacunes importantes au chapitre des connaissances qui empêchent la conservation de la lamproie de Vancouver?
PrimaireClarifier les menaces qui pèsent sur la lamproie de Vancouver et en tenir compte.

Entreprendre des travaux de recherche appropriés pour clarifier les menaces, y compris :

  1. quantifier la relation entre l’abondance de la lamproie de Vancouver et ses proies;
  2. évaluer les effets de l’utilisation des terres et de l’eau sur la productivité des habitats de la lamproie;
  3. élaborer des lignes directrices qui serviront à atténuer les menaces potentielles liées à l’aménagement du territoire ou à l’utilisation de l’eau.
Les menaces ont-elles été clarifiées et évaluées?
Les menaces ont-elles été atténuées?
PrimaireMener des études pour contribuer à définir l’habitat essentiel de la lamproie de Vancouver.Entreprendre les travaux de recherche nécessaires pour définir les habitats essentiels et pour les délimiter dans le milieu. Voir la section 6.2. Pour une liste des activités de recherche nécessaires.L’habitat essentiel de la lamproie de Vancouver a-t-il été défini?
PrimaireÉlaborer et mettre en œuvre un programme de surveillance à long terme.

Le GMOR doit mettre en œuvre un programme desurveillance pour évaluer l’état de la population et sa réaction aux activités de gestion ou aux menaces. La surveillance peut porter notamment sur :

  • les tendances relatives à l’abondance de la lamproie de Vancouver et de ses proies ;
  • les tendances relatives à l’étendue et à la qualité de l’habitat;
  • la qualité de l’eau;
  • l’utilisation des terres;
  • l’utilisation de l’eau.
A-t-on mis en œuvre des programmes de surveillance? Depuis quand le programme de surveillance est-il en place? Est-il efficace?
Est-ce que le financement est assuré à long terme?
PrimaireÉtablir des objectifs en matière de qualité de l’eau et d’utilisation de l’eau pour les lacs Cowichan et Mesachie.
  1. Évaluer la nécessité d’objectifs propres à l’espèce en matière de qualité de l’eau ou de quantité d’eau.
  2. Travailler avec les organismes et les intervenants concernés au besoin pour atteindre les objectifs.
Est-ce que des objectifs en matière de qualité de l’eau et d’utilisation de l’eau ont été établis et communiqués aux responsables de la réglementation et aux intervenants concernés?
SecondaireÉlaborer un plan de gestion de l’eau exhaustif pour chaque bassin hydrographique.

Le GMOR travaillera avec la Division de l’intendance de l’eau (ministère de l’Environnement), les détenteurs de permis d’utilisation de l’eau ainsi que les intervenants pour :

  1. passer en revue les permis actuels;
  2. passer en revue les utilisations de l’eau actuelles;
  3. protéger les volumes d’eau non attribués à des fins de conservation, au besoin;
  4. évaluer l’efficacité du plan de gestion de l’eau de la vallée de la Cowichan en lien avec la conservation de la lamproie de Vancouver.
Le plan de gestion de l’eau couvre-t-il adéquatement les besoins de la lamproie de Vancouver?
A-t-il été mis en œuvre?
SecondaireInformer et éduquer les intervenants et le grand public concernant l’espèce et les valeurs relatives à la biodiversité en général.     

Le GMOR doit travailler avec des organismes gouvernementaux et les éducateurs pour élaborer :

  1. du matériel éducatif (p. ex. une brochure éducative, du matériel publié sur le Web) pour expliquer la biologie générale de l’espèce, sa valeur en matière de biodiversité et les menaces qui pèsent sur sa pérennité. Envisager l’élaboration de matériel pour le projet WILD <http://www.hctf.ca/index.html>;
  2. du matériel éducatif destiné aux écoles publiques, particulièrement aux écoles se trouvant à proximité des lacs Cowichan et Mesachie;
  3. du matériel éducatif et des affiches pour les pêcheurs à la ligne et autres utilisateurs des lacs (p. ex. dans les magasins d’articles de pêche, aux rampes de mise à l’eau des bateaux, dans les projets de mise en valeur de l’habitat, etc.).
A-t-on produit du matériel éducatif?
Combien de classes ont pu assister à des présentations éducatives?
Combien d’affiches éducatives ont été installées?
Est-ce que la perception et la sensibilisation du public ont changé?
SecondaireTravail avec les administrations locales, les promoteurs de terrains et d’autres intervenants pour améliorer et favoriser l’intendance du bassin hydrographique.Élaborer des critères pour évaluer les effets des travaux d’aménagement du territoire (y compris les récoltes forestières) sur les habitats de la lamproie, élaborer des lignes directrices en matière de bonne intendance, établir des zones d’habitat faunique au besoin et établir des zones spéciales d’aménagement du territoire au besoin. Dans le cas des terres privées, travailler avec les propriétaires afin de les inciter à assurer une bonne intendance des lieux. Élaborer et mettre en œuvre des pratiques de gestion optimales au besoin. Élaborer et utiliser des clauses restrictives en matière de conservation, au besoin.A-t-on élaboré des critères en matière de récolte forestière et de gestion des terres?
Est-ce que la récolte forestière et l’aménagement du territoire respectent les critères?
Est-ce que des pratiques de gestion optimales ont été élaborées et diffusées?
Respecte-t-on les pratiques de gestion optimales?
SecondaireÉlaboration de protocoles appropriés concernant les études scientifiques (p. ex. limiter le nombre de poissons prélevés chaque année).

L’équipe de rétablissement doit travailler avec les organismes gouvernementaux afin d’établir des limites pour les travaux expérimentaux et les activités de collecte.

Nota – Il faut détenir un permis délivré aux termes de la LEP pour pouvoir prélever de façon légale des individus d’une espèce sauvage inscrite ou effectuer des travaux de recherche sur celle-ci.

A-t-on établi et diffusé des protocoles d’étude scientifique?
Ont-ils été mis en œuvre?

[2] La protection peut être assurée par une variété de mécanismes, y compris : ententes volontaires d’intendance, clauses restrictives en matière de conservation, vente de terres privées par des vendeurs consentants, désignations pour l’utilisation des terres et zones protégées.

[3] L’ordre de priorité a été attribué en fonction des connaissances professionnelles selon l’un des trois groupes suivants, du plus élevé au plus bas : nécessaire, primaire, secondaire.

[4] Les mesures du rendement permettent de dresser un tableau des progrès accomplis vers l’atteinte des objectifs mentionnés. Les mesures du rendement sont présentées ici sous forme de questions; en représentant graphiquement les réponses à ces questions dans le temps, on peut suivre les progrès.