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Lampsile fasciolé

Sommaire

La lampsile fasciolée (Lampsilis fasciola, Rafinesque 1820) est une petite moule

dimorphique qui se distingue par une coquille ronde de couleur jaune ou vert jaunâtre, marquée de nombreuses rayures vertes, fines et sinueuses. Ces rayures peuvent être étroites ou séparées ou se joindre pour former des rayures plus larges chez certains exemplaires. Quelle que soit leur taille, les rayures sont toujours sinueuses et discontinues, d’où le nom commun de cette moule. On trouve généralement cette espèce sur les substrats de sable et de gravier propres des rivières de taille petite à moyenne, à forte stabilité hydrologique, où l’eau est claire, dans et autour des radiers peu profonds. La lampsile fasciolée est considérée en sécurité au plan mondial (G4). Elle est en sécurité au plan national (N4) aux États-Unis, bien qu’elle connaisse un déclin dans toute son aire de répartition, notamment dans le nord où elle est considérée comme une espèce en voie de disparition dans l’Illinois, une espèce menacée au Michigan et à New York et une espèce préoccupante en Indiana. Au Canada, cette espèce est considérée en péril (N1) et elle est inscrite comme étant en voie de disparition par le COSEPAC. La répartition canadienne se limite à l’Ontario où elle a probablement toujours été une espèce rare. L’aire de répartition canadienne historique comprenait la partie ouest du lac Érié, le lac St. Clair et les rivières Maitland, Ausable, St. Clair, Sydenham, Thames, Detroit et Grand. Les répartitions actuelles se limitent toutefois à une petite portion du delta du lac St. Clair et des rivières Ausable, Grand, Thames et Maitland, et on croit que seules les populations des rivières Grand, Thames et Maitland sont en santé.  

            Les menaces pour la lampsile fasciolée sont nombreuses et variées. La principale raison du déclin des populations des lacs, et la grande menace actuelle pour la population du lac St. Clair, est la présence de la moule zébrée exotique (Dreissena polymorpha). Les moules zébrées se fixent au coquillage des moules indigènes et agissent pour inhiber l’alimentation, la respiration, l’excrétion et la locomotion. Les populations riveraines de lampsile fasciolée font l’objet de menaces différentes de celles des populations des lacs, les principales menaces étant la dégradation de la qualité de l’eau et la perte d’habitat. La plupart des bassins versants où l’on trouve encore la lampsile fasciolée sont surtout agricoles, avec un important apport de nutriments et de sédiments dans les cours d’eau des terres adjacentes. La nature parasitique obligatoire du cycle de reproduction de la lampsile fasciolée nécessite une considération des menaces aux espèces de poissons hôtes ainsi que des menaces directes à la moule.  

Cette stratégie de rétablissement a été préparée par l’Ontario Freshwater Mussel Recovery Team (équipe de rétablissement des moules d’eau douce de l’Ontario) composée de membres de Pêches et Océans Canada, d’Environnement Canada, du ministère des Richesses naturelles de l’Ontario, de l’Université de Guelph, de l’Université de Toronto/Musée royal de l’Ontario, de l’Université McMaster, de l’Office de protection de la nature d’Ausable-Bayfield, de l’Office de protection de la nature de la rivière Grand, de l’Office de protection de la nature de la vallée Maitland, de l’Office de protection de la nature de la région St. Clair, de l’Office de protection de la nature de la rivière Thames supérieure et du Walpole Island Heritage Centre.

            L’objectif à long terme de la stratégie est d’empêcher la disparition au Canada de la lampsile fasciolée et de promouvoir son inscription à une catégorie de moindre risque ou sa radiation de la liste en :

  1. protégeant les populations actuelles pour empêcher d’autres déclins,
  2. restaurant les populations dégradées à des niveaux sains de stabilité en améliorant l’étendue et la qualité de l’habitat,
  3. réintroduisant la lampsile fasciolée dans les zones où elle existait autrefois, dans la mesure du possible.

Les objectifs à court terme suivants ont été retenus pour aider à atteindre l’objectif à long terme :

  1. Déterminer l’étendue, l’abondance et la démographie des populations existantes;
  2. Déterminer ou confirmer les poissons hôtes, leur répartition et leur abondance;
  3. Définir les principaux besoins d’habitat pour déterminer l’habitat essentiel;
  4. Établir un programme de surveillance à long terme des populations de lampsile fasciolée, de leur habitat et de celui de leurs hôtes;
  5. Déterminer les menaces, évaluer leur importance relative et mettre en œuvre des mesures correctives pour minimiser leurs effets;
  6. Examiner la faisabilité des réinstallations, des réintroductions et de la multiplication artificielle;
  7. Accroître la sensibilisation à l’importance de la lampsile fasciolée et à son statut d’espèce en péril canadienne.

L’équipe de rétablissement a déterminé diverses approches nécessaires pour réaliser les objectifs du rétablissement. Ces approches ont été organisées en quatre catégories : recherche et surveillance, gestion, intendance et sensibilisation.

            Cette stratégie de rétablissement représente un élément d’une approche à multiples facettes pour préserver cette moule en voie de disparition. Les besoins de la lampsile fasciolée ont été directement envisagés dans l’élaboration des stratégies de rétablissement des écosystèmes aquatiques des rivières Sydenham, Ausable et Thames; par conséquent, les buts, objectifs et approches décrits dans ces stratégies profiteront à la lampsile fasciolée. Bien qu’elles ne soient pas directement envisagées dans la stratégie de rétablissement des poissons de la rivière Grand ou la stratégie de rétablissement de l’écosystème de Walpole Island, l’équipe de rétablissement est d’avis que les mesures proposées par ces équipes axées sur l’écosystème seront susceptibles de profiter à la lampsile fasciolée par l’amélioration globale de l’habitat aquatique.

En plus de ces efforts de planification du rétablissement de l’écosystème, plusieurs programmes de recherche en cours aideront à réaliser les objectifs de cette stratégie. Une équipe de l’Université de Guelph a établi une installation de recherche pour étudier les espèces hôtes potentielles de la lampsile fasciolée et d’autres espèces de moules en péril, tandis qu’un laboratoire de l’Université de Toronto/Musée royal de l’Ontario a commencé récemment à examiner la génétique de préservation des espèces de moules en péril en se concentrant sur la lampsile fasciolée. Des chercheurs de Pêches et Océans Canada et de l’Institut national de recherche sur les eaux d’Environnement Canada entreprennent des relevés constants des espèces de moules en péril dans le sud-ouest de l’Ontario et examinent la faisabilité d’établir des sites de refuge gérés dans la région du delta du lac St. Clair.

            La spécification de l’habitat essentiel est un élément crucial du rétablissement des espèces en voie de disparition en vertu de la Loi sur les espèces en péril et nécessite une connaissance approfondie des besoins des espèces durant tous les stades de la vie ainsi qu’une compréhension de la répartition, de la quantité et de la qualité de l’habitat dans toute l’aire de répartition de l’espèce. Ces renseignements ne sont présentement pas disponibles pour la lampsile fasciolée; par conséquent,l’Ontario Freshwater Mussel Recovery Team (équipe de rétablissement des moules d’eau douce de l’Ontario)a défini une série de tâches qui aideront à recueillir l’information requise pour caractériser l’habitat essentiel pour l’espèce. En attendant de pouvoir définir l’habitat essentiel, l’équipe de rétablissement a repéré des habitats qui ont besoin d’une protection, notamment :

  • une section de 60 km de la rivière Grand supérieure entre Inverhaugh et Cambridge;
  • une section de 30 km de la rivière North Thames au-dessus de London, y compris les ruisseaux Medway et Fish. Une section de 25 km de la rivière Middle Thames de London à Dorchester, ainsi que les tronçons inférieurs de la rivière Middle Thames depuis Thamesford jusqu’à son confluent avec la rivière South Thames;
  • un segment de 45 km de la rivière Maitland depuis le confluent avec la rivière South Maitland en amont jusqu’à Wingham et les tronçons inférieurs des rivières South Maitland, Middle Maitland et Little Maitland;
  • la section inférieure de la rivière Little Ausable, un segment de 12 km du chenal principal de la rivière Ausable en amont de Nairn;
  • une région de 12 km2 du delta St. Clair.

            L’Ontario Freshwater Mussel Recovery Team (équipe de rétablissement des moules d’eau douce de l’Ontario) croit que les approches soulignées dans cette stratégie pour arriver au rétablissement de la lampsile fasciolée sont réalisables par la coopération avec les équipes actuelles de rétablissement de l’écosystème. Dans les bassins versants où ces équipes sont présentes, la mise en œuvre des mesures de rétablissement devrait être coordonnées pour confirmer que les activités sont bénéfiques pour toutes les espèces en péril et éliminer le dédoublement possible des efforts. Lorsqu’il n’existe pas d’équipe de rétablissement de l’écosystème, des groupes de mise en œuvre du rétablissement peuvent être formés pour faciliter les mesures de rétablissement. L’évaluation du succès des mesures de rétablissement se fera principalement par des programmes de surveillance régulière établis pour suivre les changements dans la démographie et l’habitat, mais ces groupes intégreront également des étapes spécifiques dans les plans d’action du rétablissement. L’ensemble de la stratégie de rétablissement sera réévalué après 5 ans pour évaluer les progrès réalisés en vue des buts et objectifs et intégrer la nouvelle information.