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Lampsile fasciolé

1.Contexte

Information sur l’espèce

Nom scientifique :  Lampsilis fasciola

Nom usuel :  Lampsile fasciolée

Situation actuelle selon le COSEPAC et année de la désignation :  En voie de disparition (1999)

Aire de répartition au Canada (provinces et territoires où on a observé sa présence) :  Ontario

Raison de la désignation : La lampsile fasciolée a connu un déclin considérable ces dernières années dans toute son aire de répartition historique. La population dans les Grands Lacs a été réduite par la moule zébrée tandis que les populations dans les rivières Thames, Sydenham et Ausable disparaissent ou se sont perdues principalement à cause des effets de l’agriculture.

Répartition

Répartition nord-américaine de la lampsile fasciolée

Figure 2 : Répartition nord-américaine de la lampsile fasciolée (modifiée à partir de Parmalee et Bogan 1998)

Aire globale de répartition :Aux États-Unis, la lampsile fasciolée est considérée en sécurité au plan national et se trouve présentement dans l’Alabama, l’Indiana, l’Illinois, le Kentucky, le Michigan, l’État de New York, la Caroline du Nord, la Pennsylvanie, le Tennessee, la Virginie occidentale et la Virginie (figure 2); on a toutefois observé des déclins récents dans toute son aire de répartition (Parmalee et Bogan 1998). Elle se trouvait historiquement dans la Georgie et l’Ohio, mais la situation de l’espèce dans ces États est présentement inconnue. Au Canada, la lampsile fasciolée est considérée en péril de façon critique et se trouve seulement dans le sud-ouest de l’Ontario (figure 3; tableau 1) (Metcalfe-Smith et coll. 1998).

Répartition actuelle et historique de la lampsile asciolée au Canada

Aire canadienne de répartition :La répartition canadienne actuelle de la lampsile fasciolée se limite au cours supérieur de la rivière Grand et ses affluents (Metcalfe-Smith et McGoldrick 2003), le cours supérieur de la rivière Thames (T. Morris, Pêches et Océans, Burlington, données non publiées), les quatre embranchements de la rivière Maitland (Janice Metcalfe-Smith, INRE, Burlington, comm. pers. octobre 2003), une petite section de la rivière Ausable (Metcalfe-Smith et McGoldrick 2003) et les eaux canadiennes du delta du lac St. Clair (Zanatta et coll. 2002) (Figure 3).

Pourcentage de l’abondance globale au Canada: Moins de 5 % de la répartition globale de l’espèce se trouve au Canada.

Tendance de la répartition :L’aire de répartition de la lampsile fasciolée a été considérablement réduite, celle-ci ayant disparue de son aire historique dans le bassin ouest du lac Érié, la plus grande partie du lac St. Clair, la rivière Detroit et la rivière Sydenham. Sa répartition dans les rivières Ausable et Grand a été réduite, tandis que l’aire historique semble encore occupée dans toute son étendue dans la rivière Thames. On ne peut pas évaluer la tendance dans la rivière Maitland, car aucun relevé historique n’existe. Les plus importantes populations de cette espèce occupent un segment de 60 km du cours supérieur de la rivière Grand, un segment de 45 km de la rivière Maitland, une section de 65 km dans le bassin versant supérieur de la rivière Thames divisée entre les rivières North, Middle et South Thames et une zone d’environ 12 km2 dans le delta du lac St. Clair (Metcalfe-Smith et McGoldrick 2003). 

Tableau 1 : Cotes nationales et provinciales/des États - Canada et États-Unis (NatureServe 2004).
 
  
Canada (N1)ON (S1)
États-Unis (N4)AL (S1S2), GA (S2?), IL (S2), IN (S2), KY (S4S5), MI (S2), NY (S1), NC (S1), OH (S?), PA (S4), TN (S4), VA (S4), WV (S2)

Abondance de la population

Aire globale :La lampsile fasciolée est en sécurité au plan mondial (G4), mais c’est une espèce peu commune dans toute son aire de répartition qui constitue habituellement moins de 2 % de la communauté de moules là où elle est présente (Metcalfe-Smith et McGoldrick 2003).

Aire canadienne : La rivière Maitland, les tronçons supérieurs de la rivière Grand et le cours supérieur de la rivière Thames soutiennent les plus importantes populations de cette espèce au Canada tandis qu’une plus petite population existe dans le delta du lac St. Clair. La lampsile fasciolée se trouve également dans la rivière Ausable, mais est représentée seulement par des individus de grande taille sans aucune preuve de succès reproducteur. Un seul exemplaire vivant a été trouvé lors d’une récente étude sur les invertébrés benthiques à un seul emplacement de la rivière St. Clair. 

Pourcentage de l’abondance globale au Canada :Moins de 1 %

Tendance de la population :Le taux de mouvement de la population de lampsile fasciolée est inconnu. La seule population stable de cette espèce au Canada  se trouve dans le cours supérieur de la rivière Grand, tandis que le statut de la  deuxième plus importante population (Maitland R.) est inconnu en raison d’un manque d’information historique. La population de la rivière Grand semble s’être rétablie des conditions de mauvaise qualité de l’eau qui étaient présentes dans les années 1970 et au début des années 1980.  Les densités globales de toutes les espèces de moules dans le delta St. Clair semblent décliner au fil du temps, mais le petit nombre de lampsiles fasciolées rend difficile l’interprétation des résultats pour cette espèce en particulier (Metcalfe-Smith et coll. 2004). Toutes les autres populations canadiennes ont nettement diminué, à tel point qu’il ne reste que quelques individus, ou ont disparu du pays.

Facteurs biologiques contraignants

Attributs reproductifs :La lampsile fasciolée, à l’instar de tous les unionidés, a un cycle reproducteur complexe qui se caractérise par une période de parasitisme obligatoire. Cette phase parasitaire rend la lampsile fasciolée particulièrement vulnérable aux facteurs externes qui peuvent indirectement lui nuire par l’intermédiaire de son hôte (Bogan 1993). La lampsile fasciolée est une espèce de taille moyenne à dimorphisme sexuel, dont la durée de vie est moyenne. Durant l’époque du frai, les mâles libèrent du sperme dans la colonne d’eau et les femelles situées en aval le recueille par leurs siphons branchiaux. Les femelles couvent les œufs jusqu’au stade larvaire dans les parties postérieures des branchies extérieures. Les coquilles qui se gonflent sur les bords ventraux postérieurs pour faire de la place aux sacs branchiaux expansés (Metcalfe-Smith et coll. 2000) caractérisent les lampsiles fasciolées femelles adultes.  Chez les lampsiles fasciolées, la période de couvaison est longue (bradytictic), le frai se produisant en août et la libération des glochidies l’année suivante (de mai à août en Virginie (Zale et Neves 1982), de juin à août au Canada (Woolnough 2002)).  

Trois morphologie de leurre de la lampsile fasciolée

Les larves adultes sont libérées par la femelle et doivent subir une période d’enkystement sur les branchies d’un hôte convenable. Deux espèces hôtes ont été reconnues pour la lampsile fasciolée aux États-Unis. Zale et Neves (1982) ont signalé des expériences réussies d’infestations en laboratoire d’achigan à petite bouche (Micropterus dolomieu) par des glochidies de lampsile fasciolée, tandis que G.T. Watters (Université de l’État d’Ohio, cité dans Metcalfe-Smith et coll. 2000), a signalé une réussite avec l’achigan à grande bouche (M. salmoides). L’achigan à grande bouche et l’achigan à petite bouche ont récemment été confirmés comme hôtes pour la lampsile fasciolée au Canada (McNichols et coll. 2005). Des chercheurs de l’Université de Guelph ont également infecté avec succès le chabot tacheté (Cottus bairdi) et l’épinoche à cinq épines (Culaea inconstans)de glochidies de lampsile fasciolée; on ne sait toutefois pas vraiment si ces espèces agissent comme hôtes dans des conditions naturelles (K. McNichols, Université de Guelph, comm. pers., septembre 2003).

Pour augmenter la probabilité de rencontrer un hôte approprié et faciliter l’enkystement, les lampsiles fasciolées femelles ont développé un manteau spécial qui agit comme un leurre (Strayer et Jirka 1997). On a observé trois morphologies concomitantes de leurres du manteau sur des lampsiles fasciolées femelles qui les ont déployés lors d’études sur le terrain des rivières Grand, Thames, Ausable et Maitland.  Ces trois morphologies consistent en un leurre noir, un leurre rouge vif et un leurre pisciforme (Figure 4). On ne sait pas si les trois morphologies de leurre constituent des espèces jumelles ou si elles sont écoformes. Une analyse phylogénique moléculaire est requise pour résoudre cette lacune.

Lorsqu’un hôte convenable touche au leurre du manteau, les rabats du manteau se rétractent dans la coquille, ce qui exerce une pression sur le marsupium et cause la libération des larves adultes (glochidies). La structure du leurre (p. ex. taches oculaires et pigmentation compatibles avec un petit poisson en forme de méné dans la morphologie de leurre pisciforme) et la méthode de libération des glochidies sont compatibles avec une espèce hôte qui est une prédatrice visuelle. Cela indique que la clarté de l’eau joue un rôle essentiel au bon déroulement du cycle de reproduction de la lampsile fasciolée.

Dispersion Les lampsiles fasciolées adultes ont des capacités de dispersion très limitées. Bien que le mouvement des adultes puisse se diriger en amont ou en aval, les études ont permis de constater un net mouvement en aval au fil du temps (Balfour et Smock 1995; Villella et coll. 2004). Le principal moyen de dispersion à grande échelle, le mouvement en amont et l’invasion d’un nouvel habitat ou l’évasion d’un habitat détérioré, est limité au stade de glochidie enkysté sur le poisson hôte.