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Lampsile fasciolé

Menaces

La lampsile fasciolée fait face à une vaste panoplie de menaces dans toute son aire de répartition. Les huit catégories indiquées dans le tableau 2 représentent les menaces les plus probables aux populations canadiennes de lampsile fasciolée.

Tableau 2 : Menaces à la lampsile fasciolée.
MenaceImpact relatif Spatial/Temporel Certitude
Envasement/Solides en suspension prédominantrépandue / chroniqueprobable
Espèces exotiques prédominantlocale / chroniqueprobable
Retenues contribuantlocale / chroniqueprobable
Qualité de l’eau – contaminants et nutriments contribuantrépandue / chroniqueprobable
Rupture de la relation avec le poisson hôte contribuantlocale / chroniquespéculative
Prédationcontribuantlocale / éphémère spéculative
Urbanisationcontribuantlocale / chroniquespéculative
Activité récréative contribuantlocale / éphémère inconnue

Envasement :Des apports élevés de vase peuvent étouffer les moules en bouchant les structures des branchies et peuvent également perturber les fonctions de reproduction en diminuant la probabilité de rencontrer un poisson hôte convenable (un prédateur visuel). La vulnérabilité à l’envasement varie d’une espèce à l’autre et il a été démontré que la lampsile fasciolée tolère légèrement les conditions d’envasement élevé durant les périodes de faible débit (Dennis 1984). Cependant, de récentes études effectuées dans le sud de l’Ontario révèlent que la lampsile fasciolée est associée à des zones à faibles charges de limon. La clarté des eaux ordinaires est plus élevée dans les zones où l’on retrouve la lampsile fasciolée que dans les zones où elle est absente et où la capture par unité d’effort est en corrélation positive avec la clarté de l’eau (Metcalfe-Smith et McGoldrick 2003). 

Espèces exotiques : Les moules zébrées (Dreissena polymorpha) ont décimé les populations de moules d’eau douce dans les Grands Lacs inférieurs en éliminant pratiquement les habitats historiques dans le lac St. Clair (Nalepa et coll. 1996) et dans la partie ouest du lac Érié (Schloesser et Nalepa 1994). Bien que la lampsile fasciolée soit principalement une espèce fluviale, et donc moins à risque de subir une infestation par les moules zébrées, la présence de retenues peut augmenter le risque (se reporter à la section sur les retenues ci-dessous). Les moules zébrées posent un risque beaucoup plus grand pour la population du delta St. Clair : la dernière population de lac connue au Canada.

D’autres espèces exotiques peuvent nuire indirectement à la lampsile fasciolée en perturbant la relation avec le poisson hôte. Par exemple, dans le cas du chabot tacheté, on a observé un échec de recrutement et de fortes baisses dl’abondance dans le bassin des Grands Lacs depuis l’introduction du gobie arrondi exotique (Neogobius melanostomus) (Dubs et Corkum 1996, Jannsen et Jude 2001).

Retenues :Il a été démontré que la construction de barrage dans le lit d’un cours d’eau nuit aux moules de bien des façons. Les réservoirs modifient les courbes de débit en aval et perturbent le profil thermique naturel du cours d’eau, tandis que les retenues agissent comme des barrières physiques qui pourraient séparer les moules de leur poisson hôte. Les retenues servent aussi à augmenter les périodes de rétention de l’eau, ce qui fait en sorte que les rivières sont plus vulnérables à l’invasion des espèces exotiques comme la moule zébrée. Les réservoirs dont les périodes de rétention dépassent 20 à 30 jours donnent le temps aux larves véligères de s’installer et d’agir comme populations de semences pour les sites en aval (Metcalfe-Smith et coll. 2000). On a signalé la présence de moules zébrées depuis le réservoir Fanshawe (UTRCA 2003) et le réservoir Springbank (comm. pers., S. Hohn, UTRCA, juin 2003) sur la rivière Thames durant 2003 (UTRCA 2003). À l’heure actuelle, ces deux infestations de moules zébrées sont en aval de la plupart des sections où l’on retrouve la lampsile fasciolée. Des infestations semblables, si elles devaient se produire dans les réservoirs de Wildwood ou Pittock, situés plus haut dans le réseau, pourraient s’avérer très néfastes pour les populations de lampsile fasciolée dans les rivières North et South Thames. La rivière Grand est fortement endiguée avec 34 barrages ou déversoirs (GRCA 1998) et l’établissement de la moule zébrée dans les réservoirs de Luther, de Belwood, de Guelph ou de Conestogo pourrait avoir une grave incidence sur le tronçon où l’on retrouve la lampsile fasciolée. 

Qualité de l’eau

Contaminants : Tout porte à croire que les moules sont sensibles aux BPC, au DDT, au Malathion et au Rotenone qui peuvent inhiber la respiration et s’accumuler dans le tissu des moules (USFWS 1994). On a détecté des BPC dans le tissu des moules dans la rivière Middle Maitland (comm. pers. D. Kenny, MVCA, juillet 2003). Le stade de glochidie semble particulièrement sensible aux métaux lourds (Kellar et Zam 1990), à l’ammoniac (Goudreau et coll. 1993; Mummert et coll. 2003)), à l’acidité (Huebner et Pynnonen 1992) et à la salinité (Liquori et Insler, tel qu’il est cité dans USFWS 1994). Les glochidies de la lampsile fasciolée étaient les plus sensibles au cuivre parmi les cinq espèces testées par Jacobson et coll. (1997).  Les niveaux de cuivre dépassaient ceux précisés dans les directives fédérales dans plusieurs sous-bassins de la rivière Copper dans lesquels on retrouve encore la lampsile fasciolée. Seuls les tronçons supérieurs de la rivière Grand ont des niveaux de cuivre qui ne dépassent pas les niveaux précisés dans les directives fédérales et ceux-ci correspondent aux seules parties du bassin versant où l’on retrouve la lampsile fasciolée (Metcalfe-Smith et coll. 2000). Les niveaux de cuivre dépassent ceux précisés dans les directives fédérales dans la rivière Middle Maitland également (comm. pers. D. Kenny, MVCA, juillet 2003).

Nutriments :L’agriculture représente la principale utilisation des terres dans les bassins des rivières Ausable et Sydenham. La culture en rangs (maïs, haricots) prédomine dans le bassin versant de la rivière Ausable, tandis que la culture commerciale domine dans le bassin versant de la rivière Sydenham (Nelson 2000). La qualité de l’eau dans la rivière Ausable est généralement considérée comme étant médiocre à cause du lessivage des terres cultivées et de l’infiltration de fumier (ABCA 1995, ARRT 2003).  Dans la rivière Grand, l’enlèvement de la végétation riveraine et le fait de laisser le bétail accéder à la rivière ont donné lieu à une mauvaise qualité de l’eau et à des charges solides accrues (WQB 1989a). On s’attend à ce que l’activité agricole s’accroisse dans le bassin de la rivière Grand au cours des 25 prochaines années, ce qui entraînera une augmentation potentielle du ruissellement des sédiments, des pesticides, des engrais et du fumier. La qualité de l’eau dans le bassin de la rivière Thames a toujours grandement souffert des activités agricoles. Le drainage par tuyaux enterrés, les égouts, l’entreposage et l’épandage de fumier et l’insuffisante conservation du sol ont tous concouru à la qualité médiocre de l’eau au sein du bassin de la rivière Thames (Metcalfe-Smith et coll. 2000). Les charges en phosphore et en azote ont augmenté régulièrement et on a signalé certaines des charges en bétail les plus élevées de tout le bassin des Grands Lacs dans le bassin versant de la rivière Thames (WQB 1989b).  Les concentrations moyennes en ammoniac dans tous les sous-bassins de la rivière Thames dépassent celles précisées dans les recommandations fédérales relatives à la vie dulcicole (Metcalfe-Smith et coll. 2000).  On a signalé récemment que les moules d’eau douce juvéniles comptent parmi les organismes aquatiques les plus sensibles à la toxicité par l’ammoniaque (en NH3), celles-ci montrant généralement des réactions indésirables à des niveaux bien en-deçà de ceux utilisés comme lignes directrices pour la sécurité aquatique dans les voies d’eau aux États-Unis (Newton 2003; Newton et coll. 2003). La population de la rivière Maitland découverte récemment fait face à des menaces découlant du lessivage des terres cultivées, 75 % des échantillons d’azote sur la rivière Middle Maitland dépassant les niveaux des recommandations fédérales pour ce qui est des effets négatifs sur la santé aquatique tandis que 56 % des niveaux de phosphore total dépassent ceux indiquant une forte probabilité de fleurs d’eau (comm. pers. D. Kenny, MVCA, juillet 2003).

Perturbation de la relation avec le poisson hôte :Tout facteur qui a une incidence directe ou indirecte sur la répartition des poissons hôtes aura un effet sur la répartition de la lampsile fasciolée. L’achigan à petite bouche, l’espèce hôte probable, est très rare dans le bassin hydrologique de la rivière Sydenham (M. Poos, Université de Guelph, cité dans Metcalfe-Smith et McGoldrick 2003), ce qui peut expliquer la disparition de la lampsile fasciolée dans ce bassin versant.  Les populations d’achigan à petite bouche ont également été réduites dans la rivière Grand entre Cambridge et West Montrose, probablement par suite de la pression de la pêche à la ligne (Cooke et coll. 1998).   

Urbanisation : Le bassin versant de la rivière Grand a une population d’environ 780 000 habitants et on s’attend à ce que celle-ci augmente de près de 40 % au cours des 20 prochaines années (GRCA 1998; Krause et coll. 2001). Plus de 80 % de la population occupe moins de 7 % de cette zone. Les décharges d’eaux usées constituent un apport important dans ces zones urbaines qui ne fera que s’accroître avec l’accroissement de la population. Au sein du bassin de la rivière Thames, tous les émissaires industriels et 70 % des émissaires municipaux sont situés au sein des tronçons supérieurs fortement peuplés où l’on retrouve la lampsile fasciolée. 

Activités récréatives : Les tronçons de la rivière Grand où se trouve la lampsile fasciolée sont des endroits très prisés par les canoéistes. Metcalfe-Smith et coll.  (2000) ont observé que les pagayeurs en eau peu profonde ont souvent perturbé le lit du cours d’eau, créant ainsi la possibilité de déloger les moules et favorisant le transport en aval.  La popularité croissante des activités récréatives comme le canotage pourrait accroître davantage le stress imposé aux populations instables.

Prédation :La prédation par des prédateurs terrestres tels que les rats musqués (Ondatra zibethicus) et les ratons laveurs (Procyon lotor) s’est avérée un facteur contraignant important pour certaines populations (Neves et Odom 1989). Neves et Odom (1989) ont signalé que les rats musqués sont des prédateurs à la fois spécifiques à la taille et à l’espèce et qu’ils choisissent activement la lampsile fasciolée lorsqu’elle est disponible. Metcalfe-Smith et McGoldrick (2003) ont déclaré avoir observé la prédation des moules par des ratons laveurs dans les eaux de l’Ontario. Les activités humaines, telles que l’adoption de pratiques aratoires antiérosives, ont donné lieu à des augmentations subites des populations de prédateurs, ce qui risque d’accroître l’importance des menaces liées à la prédation dans l’avenir (Metcalfe-Smith et McGoldrick 2003).  Des agriculteurs du sud-ouest de l’Ontario ont signalé une augmentation subite de la population de ratons laveurs ces dernières années qui pourrait correspondre à l’adoption des pratiques aratoires antiérosives (Metcalfe-Smith et McGoldrick 2003). Cette observation anecdotique a besoin d’être vérifiée afin de quantifier les effets des activités humaines sur les populations de prédateurs.

Tableau 3: Menaces prédominantes pour la lampsile fasciolée dans chaque localité présentement ou historiquement occupée
LocalitéMenace prédominante
Rivière AusableEnvasement, qualité de l’eau
Rivière GrandPoisson hôte, urbanisation
Delta du lac St. ClairEspèces exotiques (moules dreissenas)
Rivière MaitlandInconnue
Rivière ThamesQualité de l’eau; envasement, espèces exotiques
Grands Lacs (espèce disparue au Canada)Espèces exotiques (moules dreissenas)
Rivière Sydenham  (espèce disparue au Canada)Envasement (perturbation du cycle de reproduction); perte de l’hôte