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Lampsile fasciolé

Description de l’habitat

On retrouve généralement la lampsile fasciolée dans les rivières et cours d’eau à forte stabilité hydrologique, où l’eau est claire. Clarke (1981) et Cummings et Mayer (1992) ont signalé la présence de l’espèce sur les fonds de gravier ou sablonneux des radiers dans les cours d’eau de taille moyenne. Strayer (1983) a signalé la présence de la lampsile fasciolée au Michigan dans les cours d’eau de taille moyenne et de grande taille se caractérisant par de faibles pentes, des eaux claires, des écoulements constants et des substrats de sable et de gravier. Dennis (1984) a examiné les préférences d’habitat de 72 espèces dans le bassin de la rivière Tennessee et a signalé la présence de la L. fasciola dans les cours d’eau de petite taille (ruisseaux des ordres 2 à 4) et de taille moyenne (ordres 5 à 7). Dennis (1984) a déclaré que l’habitat le plus productif consistait en des substrats stables composés d’un mélange de particules fines, de gravier et de roches. Dans les eaux ontariennes, on retrouve habituellement l’espèce dans les substrats de sable ou de gravier des radiers peu profonds (< 1 m). Dans les Grands Lacs, on l’a retrouvée sur les hauts-fonds peu profonds lavés par les vagues (Metcalfe-Smith et McGoldrick 2003).

Habitat occupé actuellement

Description géospatiale :

L’habitat ayant besoin de conservation pour la lampsile fasciolée a été situé au plan géospatial à l’aide des méthodes élaborées par McGoldrick et coll. (sous presse) (figures 5 à 8), qui recommandent d’utiliser le logiciel d’inventaire des paysages aquatiques du ministère des Richesses naturelles de l’Ontario (ALIS version 1) (Stanfield et Kuyvenhoven 2005) comme unité de base pour la définition de l’habitat important dans les systèmes fluviaux. Le système ALIS emploie une approche de classification des vallées pour définir les segments de rivière ayant un habitat semblable et une continuité en fonction de l’hydrographie, de la géologie des dépôts meubles, de la pente, de la position, de la zone de drainage en amont, du climat, du couvert paysager et de la présence d’obstacles dans les cours d’eau. Pour les populations des Grands Lacs, lorsque les segments du système ALIS ne peuvent être employés, McGoldrick et coll. (sous presse) recommandent de déterminer l’habitat essentiel à l’aide d’un tampon de 5 km autour de la présence d’espèces connues. Le tampon de 5 km a été choisi à la lumière de l’étendue spatiale de l’échantillonnage historique dans le lac St. Clair. Dans tous les segments fluviaux identifiés, la largeur de la zone d’habitat essentiel qui a besoin d’une protection est définie comme la zone allant du milieu du chenal à la largeur de toute la rive pour les rives de droite et de gauche.

On peut ainsi résumer l’habitat occupé actuellement par la lampsile fasciolée:

  • Une section de 60 km du cours supérieur de la rivière Grand entre Inverhaugh et Cambridge (Metcalfe-Smith et McGoldrick 2003).
  • Une section de 30 km de la rivière North Thames au-dessus de London, y compris les ruisseaux Medway et Fish. Une section de 25 km de la rivière Middle Thames de London à Dorchester, ainsi que les tronçons inférieurs de la rivière Middle Thames depuis Thamesford jusqu’à son confluent avec la rivière Middle Thames; (T. Morris, Pêches et Océans Canada, Burlington, données non publiées).
  • Les tronçons inférieurs des rivières Middle, Little et South Maitland et la section de 45 km de l’embranchement principal de la rivière Maitland depuis Wingham jusqu’au confluent avec la rivière South Maitland.
  • La section inférieure de la rivière Little Ausable et un segment de 12 km du chenal principal de la rivière Ausable en amont de Nairn (Metcalfe-Smith et coll. 1999).
  • Une région de 12 km2 du delta St. Clair. (Zanatta et coll. 2002).

Description fonctionnelle:

Dans l’aire définie sous Description géospatiale, seules les zones satisfaisant aux caractéristiques décrites ci-après sont considérées comme représentant l’habitat nécessitant des mesures de conservation :

  • Zone inondée en permanence et
  • d’un ordre de courant supérieur à 2 (populations fluviales seulement) et
  • ayant des substrats de sable/gravier propres, parfois stabilisés par de plus grosses matières (pierres, rochers ou fond rocheux) et
  • habitat dans les radiers/rapides (populations fluviales seulement) ou
  • platins de sable peu profonds (populations des Grands Lacs) et
  • offrant l’accès à des exemplaires hôtes convenables durant la période de gravidité (du 1er juin au 15 octobre).

Activités susceptibles de perturber l’habitat occupé actuellement

Diverses activités pourraient avoir un effet négatif sur l’habitat occupé actuellement. La destruction directe de l’habitat pourrait découler d’activités dans l’eau comme le dragage, les traversées routières, la construction de pipelines ou de barrages. Les activités terrestres qui nuisent à la qualité de l’eau ou à la quantité d’eau pourraient également avoir une incidence négative sur l’habitat occupé actuellement. Ces activités pourraient comprendre, entre autres, l’apport de nutriments, de sédiments et de substances toxiques transportés par des eaux pluviales non traitées, la culture des terres riveraines, l’accès libre du bétail à la rivière, les ouvrages de canalisation et de dragage, les prises d’eau, l’extraction des agrégats et le rejet des eaux usées traitées incorrectement.

McGoldrick et coll. (sous presse) ont déterminé plus tôt un certain nombre de valeurs-seuils que l’on peut utiliser pour évaluer la probabilité qu’une activité exerce une influence négative sur l’habitat occupé actuellement ou le détruise. Toute activité qui dépasse les valeurs-seuils précisées au tableau 4 doit être considérée comme étant susceptible de détruire l’habitat occupé actuellement.

Tableau 4 : Valeurs-seuils pour déterminer la probabilité qu’une activité exerce une influence négative sur l’habitat occupé actuellement.
VariableSeuil
Ammoniaque (en NH3)0,21 mg/L
Ammoniaque total1,7 mg/L
Cuivre4,7 µg/L
Phosphore total0,05 mg/L
Rapport nitrate-nitrite2,0 mg/L
Turbidité8 u.T.J.
Potassium6 mg/L

            Dans le cas des moules d’eau douce, il est nécessaire de considérer non seulement les composantes physiques et chimiques de l’habitat mais également les éléments biologiques. Toute activité qui perturbe la connectivité entre les populations de lampsiles fasciolées et leurs espèces hôtes (voir la section sur le cycle biologique et la reproduction) peut entraîner la destruction de l’habitat occupé actuellement. Les activités qui peuvent perturber la relation moule-hôte comprennent, entre autres, les barrages, l’assèchement et la pêche sportive ou commerciale. Il est à noter que les activités se déroulant à l’extérieur de la zone d’habitat occupé actuellement peuvent avoir une incidence sur la population hôte dans la zone (p. ex. les activités de construction de barrage en aval peuvent empêcher le mouvement du poisson dans la zone durant la période de reproduction des moules (du 1er juin au 15 octobre). Toute activité qui a une incidence sur une population hôte dans une aire d’habitat occupé actuellement devrait être évaluée pour s’assurer que le cycle de reproduction n’est pas perturbé.

Habitat actuelle dans les Grands Lacs

Figure 5 : Habitat occupé actuellement par la lampsile fasciolée (Lampsilis fasciola) dans les Grands Lacs et les voies interlacustres.

Habitat actuel dans la rivière Thames supérieur et la rivière Ausable

Figure 6 : Habitat occupé actuellement par la lampsile fasciolée (Lampsilis fasciola) dans la rivière Thames supérieure et la rivière Ausable.

Habitat actuel dans la rivière Maitland

Figure 7 : Habitat occupé actuellement par la lampsile fasciolée (Lampsilis fasciola) dans la rivière Maitland.

Habitat actuel dans la rivière Grande supérieur

Figure 8 : Habitat occupé actuellement par la lampsile fasciolée (Lampsilis fasciola) dans la rivière Grand supérieure.

Habitat occupé historiquement :L’habitat occupé historiquement comprend un segment de 40 km de la rivière Sydenham est et un petit segment de la rivière Grand inférieure près de York. Bien que les rivières St. Clair et Detroit, le lac St. Clair (sauf le delta) et le bassin ouest du lac Érié représentent l’habitat occupé historiquement, ce sont des sites de faible priorité pour le rétablissement en raison de la forte abondance de moules dreissenas en ces endroits.

 Habitat essentiel :La détermination de l’habitat essentiel nécessite une connaissance approfondie des besoins des espèces durant tous les stades de la vie ainsi qu’une compréhension de la répartition, de la quantité et de la qualité de l’habitat dans toute l’aire de l’espèce. À l’heure actuelle, cette information n’est pas disponible pour la lampsile fasciolée, bien que le tableau 5 présente des activités qui pourraient aider à obtenir l’information requise. Les activités figurant dans le tableau 5 ne sont pas exhaustives mais soulignent la portée des mesures déterminées par l’OFMRT comme étant nécessaires pour déterminer l’habitat essentiel de la lampsile fasciolée. Il est probable que le processus d’étude des mesures du tableau 5 conduira à la découverte d’autres lacunes des connaissances qui devront être comblées. Jusqu’à ce que l’habitat essentiel puisse être défini, l’équipe de rétablissement a désigné les zones figurant dans la section sur l’habitat occupé actuellement comme des zones nécessitant des mesures de conservation.

Tableau 5 : Calendriers des activités de détermination de l’habitat essentiel
ActivitéDélai approximatif1
Entreprendre des relevés des populations de moules 2006-2008
Évaluer les conditions de l’habitat dans les zones occupées (p. ex. débit, substrat, clarté et qualité de l’eau)2006-2008
Déterminer les différences d’utilisation de l’habitat selon les stades de vie  2007-2009
Arpenter et cartographier les zones d’habitat approprié mais inutilisé dans l’aire historique 2008-2010
Évaluer la structure génétique des populations 2006-2008
Déterminer les espèces de poissons hôtes 2006
Entreprendre des relevés des populations de poissons hôtes 2006-2008
Évaluer l’utilisation de l’habitat par les espèces hôtes 2006-2008
Déterminer les zones de chevauchement entre l’habitat des moules et celui des hôtes 2009-2010

Tendances des habitats :La plus grande partie du lac St. Clair (sauf le delta), la rivière Detroit et le bassin ouest du lac Érié ne constituent plus un habitat convenable pour la lampsile fasciolée à cause de l’infestation par les moules dreissenas. Il existe de fortes indications montrant que le manque de clarté de l’eau limite la répartition de la lampsile fasciolée (Metcalfe-Smith et McGoldrick, 2003). Les niveaux élevés de turbidité et de solides en suspension dans les rivières Sydenham et Ausable ont rendu impropres de grandes parties de l’habitat. La clarté de l’eau dans les tronçons occupés des rivières Grand et Maitland ne semblent pas poser de problème.

Protection de l’habitat : La Loi sur les espèces en péril (LEP) fédérale a été proclamée en juin 2003. En vertu de la LEP, il y a des interdictions générales de tuer, blesser, prendre, posséder, capturer et collectionner la lampsile fasciolée, et d’endommager ou de détruire les résidences des individus de ces espèces, ainsi que des interdictions relatives à la destruction de l’habitat essentiel. La Loi sur les pêches représente un outil important pour la protection de l’habitat et, de concert avec d’autres lois fédérales sur l’environnement, elle est complémentaire à Loi sur les espèces en péril. En vertu de la Loi sur les pêches fédérale, les moules sont considérées comme des mollusques et crustacés, entrant dans la définition de « poisson », et leur habitat est donc protégé contre la détérioration, la destruction ou la perturbation à moins d’y être autorisé par le ministre des Pêches et des Océans ou son fondé de pouvoir. Les autorités chargées de la planification urbaine doivent être d’accord avec l’énoncé de principe provincial en vertu de l’article 3 de la Loi sur l’aménagement du territoire de l’Ontario’s, qui interdit l’aménagement et la modification des sites dans les habitats importants des espèces en péril. La Loi sur l’aménagement des lacs et des rivières de l’Ontario interdit la retenue ou la dérivation d’un cours d’eau si elle conduit à l’envasement, tandis que le programme d’aménagement des terres II volontaire du ministère de l’Agriculture, de l’Alimentation et des Affaires rurales de l’Ontario vise à réduire l’érosion sur les terres agricoles. L’aménagement des dérivations en Ontario est géré par la réglementation sur la plaine inondable appliquée par les offices de protection de la nature locaux.

La plupart des terres adjacentes aux rivières où la lampsile fasciolée est présente sont de propriété privée; cependant, le fond de la rivière appartient généralement à la Couronne. La municipalité de Southwestern Middlesex (anciennement canton de Mosa) possède une section de forêt de 20 ha le long du tronçon de la rivière Sydenham où l’on a trouvé des coquilles de lampsile fasciolée en 1997 (Muriel Andreae, Office de protection de la nature de la région St. Clair (SCRCA), cité dans Metcalfe-Smith et coll. 2000) et le SCRCA possède environ 1 816 ha de propriété dans le bassin versant. L’Office de protection de la nature d’Ausable Bayfield (ABCA) possède environ 1 830 ha de propriété partagés entre un certain nombre d’emplacements dans le bassin de la rivière Ausable (K. Vader, ABCA, cité dans Metcalfe-Smith et coll. 2000) et l’Office de protection de la nature de la vallée Maitland possède 28 propriétés couvrant 1 800 ha au sein du bassin versant de la rivière Maitland, y compris un site où l’on a trouvé la lampsiole fasciolée (Office de protection de la nature de Wawanosh). Une grande partie des terres adjacentes au site de refuge identifié dans le delta du lac St. Clair relèvent de la juridiction de la Première Nation de Walpole Island (Zanatta et coll. 2002).