Avertissement Cette page Web a été archivée dans le Web.

Contenu archivé

Information archivée dans le Web à des fins de consultation, de recherche ou de tenue de documents. Cette dernière n'a aucunement été modifiée ni mise à jour depuis sa date de mise en archive. Les pages archivées dans le Web ne sont pas assujetties aux normes qui s'appliquent aux sites Web du gouvernement du Canada. Conformément à la Politique sur les communications et l'image de marque.

Sauter l'index du livret et aller au contenu de la page

Évaluation et Rapport du COSEPAC sur la situation de la physe du lac Winnipeg (Physa sp.) au Canada

Habitat

Besoins en matière d’habitat

Le P. gyrina est le Physidé le plus abondant du Sud et du Centre du Manitoba ainsi qu’au sein du lac Winnipeg. Dans la présente étude, cette espèce a été observée à 23 des 90 stations (tableau IV). Elle a une grande capacité d’adaptation, peut occuper une grande variété d’habitats et privilégie particulièrement les zones à faible hydrodynamisme et à grande richesse spécifique en macrophytes (Pip, 1988a, 1992). Dans les zones tranquilles, sa taille peut dépasser les 25 mm. Toutefois, dans la majeure partie du lac Winnipeg, la turbulence, la faible teneur en matière organique et le caractère épars de la végétation submergée rendent les milieux moins propices pour les individus de cette espèce, qui sont alors beaucoup plus petits (< 15 mm).

Le P. integra est moins commun : on ne l’a trouvé qu’à 7 des 90 stations. Dans le lac Winnipeg, le P. integra cohabite couramment avec le P. gyrina au sein des mêmes communautés. On trouve habituellement le P. integra et le P. gyrina ensemble dans le lac (sites 15, 18, 28, 41, 61 et 77). Cette association a été confirmée (p << 0,05) par des tests du chi carré auxquels a été appliquée la correction de continuité de Yates (Sokal et Rohlf, 1981).

La physe du lac Winnipeg est un gastéropode lacustre phycophage qui vit principalement sur des roches moyennes à grosses, couvertes d’algues et installées à des profondeurs de moins de 1 m, dans des zones à découvert et battues par les vagues (figure 6). Toutes les stations où on a observé cette espèce (en 2001 et avant) se trouvaient sur des plages exposées. Le substrat du fond de tous les sites, sauf un, était constitué d’un mélange de sable, de gravier et de roches. L’exception (à la baie Fisher) était une plage de galets calcaires. En dépit du milieu rude dans lequel vit le Physa sp., sa coquille est très mince. Des tests du chi carré ont montré que ce mollusque était, de façon significative (p << 0,05), associé positivement au P. gyrina et au P. integra dans le lac. Dans le lac Winnipeg, les trois espèces du genre Physa occupent donc des milieux semblables.

Les fréquences relatives des trois espèces du genre Physa aux 5 stations où on a observé le Physa sp. en 2001 sont indiquées dans le tableau III. Le Physa sp. vit souvent avec le P. gyrina ou le P. integra, ou avec les deux; on ne l’a jamais trouvé seul. Par ailleurs, le P. gyrina était le seul Physidé trouvé aux sites 1, 14, 32, 39, 50, 58, 60, 62, 63, 66, 67, 83, 84 et 86.

Les échantillons de fond prélevés loin des rivages dans les bassins nord et sud du lac Winnipeg en 1999 par le ministère des Pêches et des Océans au moyen du navire NAMAO de la Garde côtière contenaient très peu de mollusques; il n’y avait aucun Physa sp. (Pip, inédit). Ce dernier semble donc se limiter aux habitats littoraux.

Tableau IV.  Nombre de cooccurrences du Physa sp. avec d’autres espèces de mollusques et nombre total de sites où chaque espèce a été observée.
ESPÈCENbre de cooccurrences avec le Physa sp .Nbre total d’occurrences
(max. 90)
Valvata tricarinata213
V. sincera02
Amnicola limosa06
Probythinella lacustris17
Cincinnatia cincinnatiensis25
Lymnaea stagnalis15
Stagnicola elodes212
S. catascopium03
Fossaria modicella13
F. exigua11
F. dalli23
F. parva01
F. decampi01
Pseudosuccinea columella03 (subfossiles)
Planorbula armigera114
Helisoma anceps14
H. campanulatum01
H. trivolvis212 (Déformé au site 57)
Gyraulus parvus18
G. circumstriatus09
G. deflectus03
Aplexa hypnorum14
Physa gyrina523
P. integra37
P. jennessi skinneri01
Physa sp.--5
Pyganodon grandis420
Lampsilis radiata siliquoidea429
L. ventricosa02
Strophitus rugosus18
Proptera alata02
Sphaerium nitidum01
S. rhomboideum04
S. lacustre410
S. striatinum01
Pisidium spp.01
Total de 26 espèces de gastéropodes et de 11 taxons de bivalves 

Total de 90 sites étudiés

Mollusques trouvés
à 52 sites


Figure 6. Un Physa sp. in situ, dans le lac Winnipeg.

Figure 6. Un Physa sp. in situ, dans le lac Winnipeg.

Le nombre de cooccurrences du Physa sp. avec d’autres espèces de mollusques, de même que le nombre total d’occurrences de chacune des espèces dans les 90 sites étudiés, est donné dans le tableau IV. La richesse spécifique moyenne des gastéropodes aux sites où se trouvaient des Physa sp. était de 6,2, contre 3,9 aux sites où se trouvaient des gastéropodes autres que les Physa sp. La physe du lac Winnipeg semblait donc vivre au sein des communautés les plus riches.

D’après les tests du chi carré, on trouvait le Physa sp. significativement (p < 0,05) plus souvent dans des sites où le Cincinnatia cincinnatiensis et le Fossaria dalli étaient également présents.

En ce qui concerne les paramètres chimiques de l’eau, une analyse de variance n’a révélé aucune différence significative pour les MTD, le nitrate et la matière organique dissoute entre les sites où vivaient des Physa sp. et ceux dont ils semblaient absents. Toutefois, des différences significatives ont été notées pour les 3 métaux examinés : l’eau des endroits où a été observée cette physe contenait marginalement moins de cadmium et de cuivre (p < 0,05) et substantiellement moins de plomb (p = 0,005) que l’eau des endroits où l’espèce n’a pas été mentionnée. Par conséquent, le Physa sp. semble être vulnérable à la contamination par les métaux. Les concentrations moyennes de plomb étaient de 4,4 + 0,9 écart-type mg/L aux sites habités par des Physa sp. et de 8,5 + 0,7 mg/L à ceux d’où ils en étaient apparemment absents. Comme la plupart des 90 sites échantillonnés présentaient des teneurs en plomb supérieures à 5 mg/L, on peut dire que ce paramètre a peut-être contribué à limiter la répartition de la physe dans le lac. Il est pratiquement certain que d’autres paramètres (non contrôlés) sont aussi à considérer.

 

Tendances

Les habitats riverains fréquentés par le Physa sp. (dans un passé récent ou actuellement) sont remaniés au fur et à mesure de l’augmentation des activités récréatives. En outre, dans le bassin du lac Winnipeg, qui entoure ces habitats, on mène de plus en plus d’activités d’exploitation forestière, ce qui envoie des nutriments, des particules et de la matière organique dans le lac. L’agriculture intensive, particulièrement dans le secteur porcin, apporte de l’azote, du phosphore, des sels, des métaux lourds et de la matière organique dissoute dans les eaux de surface, qui s’écoulent ensuite vers le lac. De plus, l’extension des programmes municipaux de drainage favorise l’acheminement rapide des eaux de fonte et de ruissellement, qui transportent non seulement des nutriments mais aussi des pesticides, depuis les zones agricoles jusqu’au lac.

On s’attend à ce que le nombre de résidents saisonniers et permanents autour du lac continue de croître et que les effets négatifs continuent à se multiplier. La valeur des propriétés riveraines augmente régulièrement, et les zones de forêts intactes et les terres agricoles qui appartenaient autrefois à des spéculateurs sont continuellement subdivisées et aménagées. La construction d’une route le long du rivage oriental du lac favorisera les coupes à blanc et les activités récréatives. Au Manitoba, l’industrie de l’élevage intensif est en expansion rapide, voire incontrôlable, et il y a un grand nombre d’exploitations agricoles dans l’interlac manitobain (région entre le lac Winnipeg et le lac Manitoba) ainsi que dans le bassin (au sud et au sud-ouest). L’élevage porcin à lui seul a augmenté de 30 p. 100 de 1999 à 2001, avec 6,5 millions de porcs élevés en 2001.

 

Protection et propriété des terrains

Les rivages, jusqu’à la marque de crue, font principalement partie du domaine public. Bien que plusieurs aires récréatives et parcs provinciaux existent autour du lac, il n’y a pas moins d’habitats perturbés ou altérés dans ce secteur que dans les zones adjacentes à des chalets privés ou à des centres de villégiature. En effet, ce genre de secteur est souvent formé de plages publiques intensément utilisées pouvant accueillir beaucoup plus de visiteurs que les zones de chalets, où les usagers sont principalement les propriétaires des chalets. L’altération des rivages peut également être plus considérable dans les parcs, où on utilise souvent des bulldozers pour enlever les roches submergées en vue d’améliorer et d’agrandir les plages, et où de grands quais, des digues et des brise-lames sont construits pour retenir le sable.

Le site 6 se trouve dans une zone très dense en chalets et en commerces, alors que le site 21 est un petit parc appartenant à une association récréative locale. Le site 28 se trouve près d’un club champêtre et d’une zone dans laquelle on construit actuellement de nombreuses résidences secondaires. Le site 57, même s’il fait partie d’une réserve autochtone, abrite une marina de pêche commerciale. Enfin, au site 77, une rampe publique de mise à l’eau des embarcations se trouve à côté de chalets.