Sauter l'index du livret et aller au contenu de la page

Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le naseux de la Nooksack au Canada – Mise à jour

Taille et tendances des populations

Activités de recherche

Les activités de recherche visant les populations de R. cataractae ont été modérées dans la portion canadienne de l’aire de répartition. Les premiers enregistrements fiables de R. cataractae dans la vallée du Fraser datent des années 1950 (voir le tableau 2). McPhail (comm. pers., 2006) soutient que les échantillonnages intensifs (au moyen de la roténone) qui ont été effectués dans les cours d’eau de la vallée du fleuve Fraser dans les années 1960 n’ont pas révélé la présence de populations autres que celles qui figurent au tableau 2 (les échantillons ne sont pas catalogués). Au cours de l’été 1992, Inglis et al. (1994) ont tenté de capturer des naseaux de la Nooksack par la pêche à l’électricité dans 158 sites de 34 cours d’eau de la vallée du Fraser (un segment de 50 à 100 m par site). Ils n’ont enregistré aucun R. cataractae à l’extérieur des affluents de la rivière Nooksack, mais n’ont échantillonné aucun cours d’eau au nord du fleuve Fraser.

L’absence de méthodes d’échantillonnage à la fois efficaces et non destructrices retarde les estimations de la taille de la population. Pearson (2004) a utilisé les CPUE des nasses à ménés pour estimer l’abondance relative dans les affluents de la rivière Nooksack en 1999 et en 2000 (minimum de 10 échantillonnages dans chacun des 74 segments). Pearson a également tenté de déterminer la taille de la population du ruisseau Bertrand en employant une méthode de marquage et de recapture dans deux segments en 2000 et en 2001 (de 10 à 13 échantillons par segment, 32 pièges par segment), mais les taux de recapture étaient insuffisants pour permettre une estimation.


Abondance

Les données actuelles ne permettent pas d’estimer avec fiabilité les tailles des populations de naseux de la Nooksack, mais une limite supérieure plausible peut être calculée. Selon les deux estimations disponibles, les habitats de grande qualité du ruisseau Bertrand accueillaient en moyenne 1,9 naseux de la Nooksack par m2 (n=20, erreur-type = 0,35, Inglis et al., 1994) et 1,4 par m2 (n=5, erreur-type = 0,24, McPhail, 1997). La superficie des rapides dans le ruisseau Bertrand (figure 4) totalisait 3 000 m2 en 1999 (Pearson, 2004). Si tous les secteurs de rapides accueillaient 1,9 naseux par m2, la population du ruisseau Bertrand serait d’environ 5 700 individus. Ce chiffre doit être considéré comme une limite supérieure pour les populations reproductrices puisque la qualité de la majorité des habitats est inférieure à celle des habitats ayant servi aux estimations, et parce que les échantillons contenaient sans doute des juvéniles. En appliquant ces calculs aux ruisseaux Pepin et Fishtrap, on obtient une population totale de 14 000 individus pour les trois bassins hydrographiques. Toutefois, selon un modèle de l’abondance relative fondé sur les CPUE, les densités réelles dans les ruisseaux Pepin et Fishtrap sont beaucoup plus faibles que dans le ruisseau Bertrand (Pearson, 2004). En appliquant les ratios d’abondance relative aux chiffres des ruisseaux Pepin et Fishtrap, on obtient une estimation ajustée d’environ 6 800 individus (tableau 1). Il n’existe aucune donnée sur l’abondance actuelle ou historique dans la rivière Brunette, mais, en appliquant le calcul du ruisseau Bertrand, on obtient une estimation non ajustée de 38 295 individus.


Fluctuations et tendances

Il n’y a aucune donnée quantitative sur les fluctuations ni sur les tendances dans l’abondance des populations canadiennes. Dans la section du ruisseau Bertrand au sud de la 16e Avenue, la densité semble être demeurée élevée depuis les années 1960. Lors d’un relevé réalisé en 1993, McPhail (1997) a observé des populations « en santé » dans les ruisseaux Pepin et Fishtrap, mais les densités de ces mêmes populations étaient devenues très faibles dans la majorité des segments de ces ruisseaux en 1999 et 2000 (Pearson 2004). Cette baisse correspond à la disparition d’habitats de rapides au cours des dix dernières années dans ces ruisseaux (voir la section Tendances en matière d’habitat). La disparition apparente du naseux de la Nooksack des affluents d’amont des ruisseaux Fishtrap et Bertrand depuis les années 1960 est également un signe de déclin continu (McPhail, 1997).


Effet d’une immigration de source externe

Comme les trois populations des affluents de la rivière Nooksack chevauchent la frontière américaine, il est évident que les individus la franchissent, mais les mouvements vers l’aval sont plus probables. Une immigration de source externe bénéficiant aux populations canadiennes est hautement improbable en raison des trop rares habitats convenables dans les portions des ruisseaux situées dans l’État de Washington (McPhail, 1997) et parce que les populations américaines se trouvent en aval des habitats canadiens. Le naseux de la Nooksack est une espèce sédentaire : les individus ont un très petit domaine vital (inférieur à 1 km) et ne sont pas susceptibles de parcourir plus de 10 km d’habitat non convenable ni de franchir la ligne de partage des eaux entre les bassins hydrographiques du Fraser et de la Nooksack (voir la section Déplacements et dispersion). Une catastrophe (p. ex. déversement de substances chimiques) qui aurait pour effet d’exterminer les individus dans la portion canadienne d’un cours d’eau risquerait d’éliminer également la population américaine associée.