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Petit polatouche (Glaucomys volans)

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COSEPAC
Résumé

Petit polatouche
Glaucomys volans

Population de l'Atlantique (Nouvelle-Écosse)
Population des plaines des Grands Lacs

Information sur l’espèce

Le petit polatouche est un petit écureuil arboricole au pelage doux, gris-brun sur le dos et les côtés et blanc sur le ventre. Le petit polatouche peut être distingué du grand polatouche (Glaucomys sabrinus) en observant de près des spécimens vivants ou à l’aide de bonnes photographies. Il n’existe aucune preuve de croisement entre ces deux espèces. Les populations de petits polatouches de l’Ontario montrent peu de signes de structuration génétique. Les analyses génétiques indiquent que la population isolée de la Nouvelle-Écosse diverge des populations du centre du Canada.

Répartition

L’aire de répartition du G. volans s’étend depuis le Minnesota jusqu’en Nouvelle-Écosse en passant par la Nouvelle-Angleterre, puis vers le sud jusqu’au Golfe du Mexique. On trouve des populations isolées au Mexique et en Amérique centrale jusqu’au Honduras. Au Canada, le G. volans occupe le sud et le centre de l’Ontario, le sud-ouest du Québec et le sud de la Nouvelle-Écosse. L’espèce n’est pas signalée au Nouveau-Brunswick.

Au Canada, la population des plaines des Grands Lacs s’étend le long de la rive nord des lacs Érié et Ontario, vers l’est jusque dans le sud-ouest du Québec. Vers le nord, on trouve l’espèce dans une grande partie du centre de l’Ontario. À la suite de travaux récents, on a étendu vers le nord la limite de l’aire de répartition de l’espèce, depuis approximativement une ligne reliant la région de Muskoka et Petawawa à une ligne reliant Temagami et le parc provincial de Killarney. Cependant, la limite nord de l’aire de répartition de l’espèce fluctue d’une année à l’autre; en 2004, celle-ci avait reculé de plus de 200 km vers le sud par rapport à 2003. Aucune activité de recherche systématique de l’espèce n’a été menée au Québec. La zone d’occurrence de la population des plaines des Grands Lacs est d’environ 160 000 km2. La population de l’Atlantique occupe le sud de la Nouvelle-Écosse, entre Kentville et l’aire de nature sauvage Tobeatic. Sa zone d’occurrence est d’environ 6 500 km2.

Habitat

Les besoins en matière d’habitat de l’espèce sont principalement comblés par la présence d’arbres produisant des noix dont le petit polatouche s’alimente et par des cavités de nidification dans des arbres. Les petits polatouches élisent domicile dans les peuplements forestiers anciens, mais il n’est pas unanimement reconnu que les peuplements anciens soient absolument nécessaires à l’espèce. Dans la partie nord de son aire de répartition, le petit polatouche occupe des forêts dominées par des feuillus produisant des graines dont il s’alimente, et comptant quelques conifères. Le petit polatouche est un nicheur secondaire des cavités; il occupe des trous excavés par des pics-bois, laissés par des branches cassées ou creusés par la maladie sur des arbres morts ou vivants. L’aire de répartition canadienne de l’espèce renferme plusieurs aires protégées.

Biologie

Le G. volans est un animal polyœstrien et peut atteindre la maturité sexuelle dès l’âge de 6 mois (bien que cela soit inhabituel). Au Canada, l’espèce a généralement une portée par année, occasionnellement 2. La taille moyenne des portées est de 2,75 aux États-Unis et de 3,5 au Canada. Le peu de données disponibles sur la survie du G. volans indiquent que l’animal dépasse rarement l’âge de 3 ans. La durée d’une génération est estimée à environ 1,5 année. La parturition s’étend de la fin d’avril au mois d’août.

Le régime alimentaire du petit polatouche est varié. L’espèce se nourrit des noix de feuillus, en particulier le caryer (Carya spp.), le chêne (Quercus spp.) et le hêtre à grandes feuilles (Fagus grandifolia), bien qu’elle consomme également des insectes, des œufs, des oisillons et d’autres aliments lorsque ceux-ci sont disponibles. Les prédateurs du G. volans sont les chats domestiques, des hiboux, des couleuvres du genre Elaphe et les ratons laveurs. Les chats féraux et domestiques ont probablement contribué à la disparition du G. volans dans le parc national de la Pointe-Pelée et pourraient limiter les polatouches aux zones rurales.

Les habitudes de dispersion du petit polatouche sont relativement méconnues. Les adultes sont capables de couvrir de grandes distances en peu de temps. On a observé des individus se déplaçant plus de 2 km en une nuit.

Taille et tendances des populations

Il n’existe aucune estimation de l’abondance de la population des plaines des Grands Lacs ni de la population de l’Atlantique. L’estimation de la taille des populations de petits polatouches est limitée par de faibles taux de capture et par une capture non uniforme des individus. En outre, les populations de G. volans varient beaucoup d’une année à l’autre; toute estimation ponctuelle est donc à interpréter avec prudence. Chez les deux populations, les déclins historiques sont probablement attribuables à une importante perte d’habitat, en particulier dans le sud de l’Ontario. On ignore si les populations ont subi un déclin au cours des dernières années. Ni l’une ni l’autre ne semble en position de bénéficier d’une immigration des États-Unis. La population de l’Atlantique est complètement isolée, se situant à quelque 500 km par voie terrestre de la population la plus proche, au Maine. Le seul tronçon de frontière terrestre adjacent à la population des plaines des Grands Lacs est celui bordant le nord-est de l’État de New York, le Vermont et peut-être le New Hampshire. La situation du petit polatouche dans ces régions frontalières est inconnue. Les polatouches sont de mauvais nageurs; les Grands Lacs et leurs cours d’eau isolent la population de l’Ontario de celle des États-Unis.

Facteurs limitatifs et menaces

Le taux de survie à l’hiver dépend probablement principalement de la disponibilité de nourriture emmagasinée, tandis que les froids extrêmes en hiver peuvent accroître le taux de mortalité. On ignore les seuils d’autres facteurs limitant les populations de petits polatouches, par exemple la densité minimale de cavités de nidification et la taille et la connectivité minimales des terrains boisés.

La principale menace pesant sur le petit polatouche est la perte d’habitat. Les activités qui réduisent le couvert forestier global (p. ex. la transformation de terrains boisés en aménagements urbains) ou qui modifient la structure forestière au sein d’un peuplement (p. ex. la coupe d’arbres utilisés par le petit polatouche pour la nidification ou la coupe de feuillus matures producteurs de nourriture pour l’espèce) constituent les principales menaces à la survie du petit polatouche, tant pour les individus que pour la population en général. La fragmentation de l’habitat peut également nuire à l’écologie du petit polatouche. Le G. volans parcourt les corridors « verts » entre de plus grands fragments d’habitat, et la densité de certaines populations a diminué en Arkansas à la suite de récoltes forestières, alors que les populations des peuplements mûrs adjacents ont augmenté.

Le piégeage et les chats domestiques sont responsables d’une mortalité directe. Les petits polatouches sont capturés dans des pièges visant d’autres espèces. Les chats domestiques sont d’excellents prédateurs des polatouches et représentent un grand risque de prédation pour le petit polatouche dans l’ensemble de son aire de répartition.

Protection actuelle

En 1988, le G. volans a été désigné espèce préoccupante au Canada par le CSEMDC (ancien nom du COSEPAC). En Nouvelle-Écosse, le G. volans figure sur la liste jaune, indiquant que l’espèce est sensible aux activités humaines ou à certains phénomènes naturels. En Ontario, le petit polatouche est désigné espèce préoccupante. Au Québec, il figure sur la liste des espèces susceptibles d’être désignées menacées ou vulnérables. Les cotes de conservation de NatureServe dans les États américains adjacents sont S5, sauf au Vermont (S4) et au Maine (SU).