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Petit polatouche (Glaucomys volans)

Répartition

Aire de répartition mondiale

L’aire de répartition du G. volanss’étend depuis le centre du Minnesota jusqu’au Golfe du Mexique (figure 1). La limite ouest de l’aire de répartition suit approximativement la ligne des arbres bordant les Prairies, et l’aire de répartition englobe l’est du Nebraska, du Kansas, de l’Oklahoma et du Texas (Stabb, 1988). Des populations isolées se trouvent en Nouvelle-Écosse (figure 1), au Mexique et en Amérique centrale jusqu’au Honduras (Dolan et Carter, 1977; Diersing, 1980).

Il existe une mention de petit polatouche pour Eastport, au Maine, sur la côte près de la frontière avec le Nouveau-Brunswick (Cameron, 1976; Godin, 1977 dans Stabb, 1988). La modélisation de l’habitat du petit polatouche au Maine (Krohn et al., 2001) indique que l’espèce pourrait y être présente le long de la côte seulement. Cependant, l’espèce est rarement signalée dans cet État. Cameron (1976) ne rapporte que six mentions de petits polatouches pour le Maine, y compris celle d’Eastport. O’Connell et al. (2001) n’ont capturé que des grands polatouches sur l’île du Mont-Désert (parc national Acadia, É.-U.), malgré l’existence de mentions historiques de petits polatouches pour cet endroit.


Figure 1 : Aire de répartition mondiale du Glaucomys volans

Figure 1 : Aire de répartition mondiale du Glaucomys volans.

La carte est fondée sur des données tirées de Bowman et al. (données inédites), Lavers (2004), NatureServe (2004), Dobbyn (1994) et Dolan et Carter (1977). Les points d’interrogation indiquent les limites de l’aire de répartition canadienne qui sont incertaines.


Aire de répartition canadienne

Des relevés récents laissent penser que la limite nord de la population des plaines des Grands Lacs pourrait atteindre Temagami et le parc national Killarney, en Ontario (J. Bowman, comm. pers., 2004). La population de l’Atlantique se trouve à au moins 500 km par voie terrestre de la population de G. volans du Maine (Lavers, 2004).

Il n’existe aucune mention de petit polatouche pour le Nouveau-Brunswick. Des études sur le grand polatouche (voir p. ex. Vernes [2004], Gerrow [1996]) réalisées dans le parc national Acadia n’ont relevé la présence d’aucun petit polatouche, malgré des activités de recherche à cet égard (D. Sabine, comm. pers., 2004; M. Smith, comm. pers., 2004). L’actuelle carte de l’aire de répartition de NatureServe (2004) indique erronément la présence du G. volans dans le sud du Nouveau-Brunswick et dans l’ensemble de la partie continentale de la Nouvelle-Écosse.


Aire de répartition de la population des plaines des Grands Lacs

Le petit polatouche occupe la rive nord des lacs Érié et Ontario jusqu’au sud-ouest du Québec. Vers le nord, l’espèce est présente dans une grande partie du centre de l’Ontario, à l’exception notable d’une région au nord et à l’ouest de Guelph et d’Orangeville, y compris les hautes terres de Dundalk (Ontario Island), et de l’escarpement du Niagara, y compris la péninsule de Bruce et l’île Manitoulin, où l’espèce est absente ou quasi absente (J. Bowman. comm. pers., 2004; figure 2).

Dans le centre de l’Ontario, l’aire de répartition du G. volans s’étend vers le nord dans le comté de Haliburton, le district de Muskoka, le comté de Renfrew et les districts de Nipissing et de Parry, pour atteindre sa limite nord dans la partie est du district de Sudbury (parc provincial Killarney) et la partie nord du district de Nipissing (Temagami).

La population des plaines des Grands Lacs semble ne pas présenter de discontinuité dans les forêts contiguës du centre de l’Ontario (J. Bowman, comm. pers., 2004). On ignore s’il existe une discontinuité dans l’occurrence du petit polatouche entre Toronto et Hamilton (J. Bowman, comm. pers., 2004). Si cette discontinuité existe, la population des plaines des Grands Lacs serait, de fait, disjointe entre le sud-ouest de l’Ontario et l’est et le centre de l’Ontario. Dans le sud-ouest de l’Ontario, les petits polatouches persistent principalement en sous-populations isolées; on ne trouve de grandes étendues d’habitat convenable bien reliées entre elles que dans le comté de Norfolk.

Aucune activité de recherche systématique de l’espèce n’a été menée au Québec. Dans la région de l’Outaouais, sa répartition confirmée se trouve entre Pointe-aux-Chênes (à l’est) et Fort-Coulonge (à l’ouest); la mention la plus septentrionale est pour le lac Sandall (46°08’ N; 76°28’ O), à l’ouest de la municipalité de Lac‑Cayamant, à 50 km au nord de Gatineau (D. St.‑Hilaire, comm. pers., 2004). Il est probable que le G. volans se trouve à d’autres endroits du sud de la province renfermant de l’habitat convenable, notamment le côté nord de la rivière des Outaouais et les Cantons-de-l’Est, jusqu’à Sherbrooke ou au mont Mégantic (tableau 3). La présence de l’espèce dans le nord de l’État de New York, du Vermont et du New Hampshire est également incertaine (J. Litvaitis, comm. pers., 2004). Au Maine, les observations et l’habitat potentiel se limitent aux régions côtières.

La zone d’occurrence de la population des plaines des Grands Lacs est estimée à 160 000 km2. La zone d’occupation est inconnue, mais probablement d’une superficie largement inférieure.


Figure 2 : Aire de répartition de la population de petit polatouche des plaines des Grands Lacs

Figure 2 : Aire de répartition de la population de petit polatouche des plaines des Grands Lacs.

Les cercles noirs représentent les localités où la présence du petit polatouche est documentée, d’après J. Bowman (données inédites), G. Holloway (données inédites), Bednarczuk (2003), Pasma et Dobbyn (2003), Bednarczuk et Judge (2002), Adams (1995) et le parc national des Îles-du-Saint-Laurent (1985). Les cercles blancs représentent les localités fouillées par J. Bowman et al. (données inédites) de 2002 à 2004 et par le ministère des Richesses naturelles (MRN), district d’Aurora, en 2004, et dans lesquelles le petit polatouche n’a pas été observé. Les carrés noirs représentent des mentions historiques choisies tirées de Dobbyn (1994) pour indiquer la zone d’occurrence estimée. La répartition au Québec est tirée des données du ministère des Ressources naturelles de la Faune et des Parcs (MRNFP) du Québec (2004). Lors de travaux sur le terrain menés en 2004, l’observation de petits polatouches la plus septentrionale dans le centre de l’Ontario a été faite dans la réserve forestière et faunique de Haliburton.

Tableau 3 : Information sur la présence de Glaucomys spp. dans les aires protégées du sud-ouest du Québec
Aire protégéeEspèces présentesSource
Parc national du Mont-Mégantic (13)G. sabrinus; présence du G. volans non établie, mais possible.P. Gaillon, comm. pers., 2004
Parc national du Mont-Orford (14)Glaucomys présents, mais identité de l’espèce incertaine.C. Lascelles, comm. pers., 2004
Réserve faunique de Papineau-Labelle (12)Un des 36 polatouches capturés par des trappeurs enregistrés en 1999 était un G. volansfemelle capturé dans la région de Val-des-Monts.C. Genest, comm. pers., 2004
Parc national du Mont-Saint-Bruno (15)G. sabrinusD. Henri, comm. pers., 2004
Parc national du Mont-Tremblant (16)Présence de Glaucomys. Identité de l’espèce incertaine, mais on croit qu’il s’agit de G. sabrinus.L. Cadieux, comm. pers., 2004

Les chiffres entre parenthèses suivant le nom de l’aire protégée correspondent aux localités de la figure 4.

La limite nord de l’aire de répartition de la population des plaines des Grands Lacs semble fluctuer considérablement. En 2003, on a observé des petits polatouches au nord jusqu’à Temagami, en Ontario. En 2004, avec des efforts de piégeage semblables à tous les endroits, aucun petit polatouche n’a été signalé au nord de la réserve forestière et faunique de Haliburton (au nord de Haliburton, Ontario) et dans les environs du Leslie Frost Centre (au sud de Dorset, Ontario), soit plus de 200 km au sud de la limite nord de 2003 (G. Holloway, comm. pers., 2004; J. Bowman, comm. pers., 2004). Le Leslie Frost Centre était la limite de l’aire de répartition auparavant acceptée (Stabb, 1988). Bowman et al. (données inédites) ont mené des recherches intensives en 2004 (13 259 nuits-pièges), au nord de cette latitude, et n’y ont capturé aucun individu.

Ces résultats indiquent un déclin considérable de la population en 2004, en particulier dans la partie nord de l’aire de répartition. Bowman et al. (comm. pers., 2004) attribuent ce déclin à une pénurie des sources d’énergie durant l’hiver 2004, qui a été causée par un hiver froid et un échec bien documenté de la production de graines en automne 2003. Les petits polatouches avaient donc peu de nourriture à leur disposition pour mettre en réserve en prévision de l’hiver 2004 et n’ont probablement pas réussi à survivre durant les mois de grand froid. La saison de reproduction printanière aurait également été un échec, mais cela aurait eu peu d’importance, puisque aucun adulte n’a été détecté durant les relevés de 2004.


Aire de répartition de la population de l’Atlantique (Nouvelle-Écosse)

On ignorait la présence du petit polatouche en Nouvelle-Écosse avant 1971 (Wood et Tessier, 1974). L’isolement de cette population par rapport aux autres populations de petits polatouches (figure 1) exclut la possibilité d’une récente migration pour expliquer sa présence en Nouvelle-Écosse. En raison de leur nature nocturne, les polatouches passent souvent inaperçus, et les pièges installés au sol ou à une hauteur inférieure à 1 m ont de très faibles chances de capturer de petits polatouches (Risch et Brady, 1996). En outre, plusieurs autres vertébrés ont été récemment découverts en Nouvelle-Écosse, notamment le Microtus chrotorrhinus, le Lasionycteris noctivagans, le Pipistrellus subflavus, le Sorex dispar et le Sorex gaspensis. La plupart de ces mammifères dont on ignorait jusqu’à tout récemment la présence sont de nature nocturne, hautement cryptiques, isolés géographiquement ou requièrent des méthodes d’inventaire spécialisées pour en déterminer la présence ou l’absence (M. Elderkin, comm. pers., 2004).

Le G. volans occupe dans le sud de la Nouvelle-Écosse une aire délimitée approximativement par les South Mountains au nord, la vallée de la Gaspereau (Kentville) à l’ouest, la région de New Ross dans le nord-est du comté de Lunenburg au sud et le parc national Kejimkujik à l’ouest.

Avant 2001, on n’avait relevé le petit polatouche que dans sept localités en Nouvelle-Écosse : cinq dans le parc national Kejimkujik et deux près de Kentville, dans le comté de Kings (Lavers, 2004). On croyait auparavant que le G. volans formait en Nouvelle-Écosse deux populations isolées, l’une centrée sur le parc national Kejimkujik et l’autre sur Kentville (Stabb, 1988). Lavers (2004) a recueilli des mentions (individus vivants ou spécimens) pour 32 nouvelles localités du sud-ouest de la Nouvelle-Écosse, pour un total de 60 individus, ce qui révèle l’existence d’une seule population continue (figure 3). Il est possible que le petit polatouche soit présent au sud de la limite actuelle de son aire de répartition connue (vers Yarmouth et Shelburne), notamment dans l’aire de nature sauvage Tobeatic. La zone d’occurrence estimée de la population est de 6 500 km2, d’après une analyse fondée sur les endroits des observations.


Figure 3 : Aire de répartition de la population de petit polatouche de l'Atlantique

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Les cercles noirs représentent les lieux des mentions.

D’après l’analyse génétique de l’espèce (Petersen, 2004; voir Description génétique), le petit polatouche serait indigène de la Nouvelle-Écosse et non récemment introduit par l’humain. Les documents historiques ne font état que de la présence du grand polatouche dans la province (voir p. ex. Smith, 1940; Banfield, 1974).