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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur l’hespérie de Poweshiek (Oarisma poweshiek) au Canada

Résumé

Hespérie de Poweshiek
Oarisma poweshiek

Information sur l’espèce

L’hespérie de Poweshiek appartient à la famille des Hesperiidés (hespéries) et à l’ordre des Lépidoptères (papillons). Aucune sous-espèce n’est reconnue. Les adultes ont une envergure de 24 à 30 mm. La coloration diffère très peu entre les deux sexes. Le dessus des ailes est brun très foncé, avec les régions costale et basale de l’aile antérieure suffusées d’orange. Le dessous des ailes est très distinctif. L’aile antérieure est brun foncé, avec le bord costal orange. Les nervures traversant la portion antérieure de l’aile postérieure sont blanches, et le fond de l’aile entre ces nervures est saupoudré d’écailles blanches. Cette aire pâle contraste fortement avec le bord interne brun très foncé de l’aile postérieure.

L’œuf est vert jaunâtre pâle, légèrement elliptique, et il mesure environ 0,7 mm de diamètre. La chenille est vert pâle, avec une rayure dorsale vert foncé lisérée de blanc de chaque côté et six rayures latérales blanches ou crème. À maturité, elle mesure environ 24 mm de longueur.

Répartition

L’hespérie de Poweshiek a été découverte au Canada en 1985. Elle y occupe un territoire de seulement 2 300 ha, près de Tolstoi, Stuartburn et Gardenton, dans le sud-est du Manitoba, près de la frontière canado-américaine. Cette hespérie présente une aire de répartition très restreinte et très fragmentée en Amérique du Nord. Elle se rencontre dans une seule région au Michigan et en Iowa et dans un certain nombre de sites isolés de l’ouest du Minnesota, de l’est des Dakotas et du sud-est du Manitoba.

Habitat

L’hespérie de Poweshiek se rencontre uniquement dans les prairies humides à grandes graminées au Canada et dans la majeure partie de son aire de répartition aux États-Unis.

Biologie

Comme les autres papillons diurnes, l’hespérie de Poweshiek exploite des ressources différentes aux diverses étapes de son cycle vital. Elle connaît une seule génération par année. Les adultes se rencontrent pendant seulement trois ou quatre semaines, habituellement entre la fin de juin et le milieu ou la fin de juillet, et ils atteignent généralement leur abondance maximale durant la deuxième semaine de juillet.

Une fois fécondées, les femelles déposent leurs œufs sur le dessus de la portion apicale des feuilles de la plante hôte. L’éléocharide elliptique est tenue pour la plante hôte de l’espèce au Canada, mais d’autres cypéracées pourraient également être utilisées. La vie larvaire comporte sept stades. L’espèce hiberne au cinquième stade larvaire, probablement dans la litière à la base de la plante hôte. Les chenilles recommencent à se nourrir au printemps, poursuivent leur développement en juin, puis se nymphosent. L’émergence des adultes débute à la fin de juin ou en juillet, selon les conditions météorologiques.

Taille et tendances des populations

Depuis les années 1850, plus de 99 p. 100 des prairies à grandes graminées pouvant servir d’habitat à l’hespérie de Poweshiek ont été converties en terres agricoles en Amérique du Nord. Au Canada, la superficie occupée par cet habitat est passé d’environ 6 000 km² à seulement 50 km². Le déclin des populations d’hespérie de Poweshiek aurait été proportionnel à la perte de cet habitat. À l’heure actuelle, l’hespérie de Poweshiek se rencontre au Canada dans une seule petite région, près de Tolstoi, au Manitoba.

Facteurs limitatifs et menaces

L’hespérie de Poweshiek se rencontre uniquement dans la prairie à grandes graminées. Elle est extrêmement vulnérable aux perturbations, dont le pâturage, le brûlage dirigé et les cultures en rangs, qui modifient les caractéristiques floristiques et structurales de son habitat. La survie à long terme de cet insecte dépend de la présence des ressources nutritives essentielles pour les adultes et les chenilles. Le nectar est une ressource extrêmement importante pour les adultes. Il constitue une source d’eau et d’énergie pour les adultes et permet aux femelles d’atteindre leur fécondité maximale. Les plantes nectarifères préférées par les adultes et les cypéracées consommées par les chenilles sont des éléments caractéristiques de la flore des prairies indigènes. L’hespérie de Poweshiek est incapable de survivre dans les milieux agricoles, car ces plantes y sont rarement présentes.

Importance de l’espèce

L’hespérie de Poweshiek appartient à un très petit groupe de papillons diurnes spécialistes qui se rencontrent au Canada uniquement dans les prairies indigènes à grandes graminées. Elle forme une série de populations isolées aux États-Unis et n’est présente que dans une petite région au Canada. Sa disparition du Canada marquerait la perte d’un élément important de l’écosystème des prairies, lui-même en voie de disparition.

Protection actuelle ou autres désignations

L’hespérie de Poweshiek ne bénéficie d’aucune protection juridique au Canada aux échelons national ou provincial. La majeure partie de l’habitat de cette hespérie se trouve dans la Réserve de prairie d’herbes longues du Manitoba, d’une superficie de 2 200 ha, qui est protégée en vertu du Programme des habitats fauniques essentiels (Critical Wildlife Habitat Program). L’hespérie de Poweshiek est également présente dans quelques autres sites se trouvant sur des terrains privés, à l’extérieur de la Réserve. En dépit de la protection accordée à l’habitat de l’hespérie dans la Réserve, les pratiques de gestion actuelles pourraient constituer une menace importante pour la survie à long terme de l’espèce au Canada.

Historique du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le Comité a été créé  pour satisfaire au besoin d’une classification nationale des espèces sauvages en péril qui soit unique et officielle et qui repose sur un fondement scientifique solide. En 1978, le COSEPAC (alors appelé Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) promulguée le 5 juin 2003, le COSEPAC est un comité consultatif qui doit faire en sorte que les espèces continuent d’être évaluées selon un processus scientifique rigoureux et indépendant.

Mandat du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) évalue la situation, à l’échelle nationale, des espèces, sous-espèces, variétés ou autres unités désignables qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées aux espèces indigènes et incluant les groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, arthropodes, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

Composition du COSEPAC

Le COSEPAC est formé de membres de chacun des organismes provinciaux et territoriaux responsables des espèces sauvages, de quatre organismes fédéraux (Service canadien de la faune, Agence Parcs Canada, ministère des Pêches et des Océans et Partenariat fédéral en biosystématique, présidé par le Musée canadien de la nature) et de trois membres ne relevant pas de compétence, ainsi que des coprésidents des sous-comités de spécialistes des espèces et du sous-comité de connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit pour examiner les rapports de situation sur les espèces candidates.

Définitions (depuis mai 2003)

Espèce
Toute espèce, sous-espèce, variété ou population indigène de faune ou de flore sauvage géographiquement ou génétiquement distincte.

Espèce disparue (D)
Toute espèce qui n'existe plus.

Espèce disparue du pays (DP)Note de bas de pagea
Toute espèce qui n'est plus présente au Canada à l'état sauvage, mais qui est présente ailleurs.

Espèce en voie de disparition (VD)Note de bas de pageb
Toute espèce exposée à une disparition ou à une extinction imminente.

Espèce menacée (M)
Toute espèce susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitatifs auxquels elle est exposée ne sont pas inversés.

Espèce préoccupante (P)Note de bas de pagec
Toute espèce qui est préoccupante à cause de caractéristiques qui la rendent particulièrement sensible aux activités humaines ou à certains phénomènes naturels.

Espèce non en péril (NEP)Note de bas de paged
Toute espèce qui, après évaluation, est jugée non en péril.

Données insuffisantes (DI)Note de bas de pagee
Toute espèce dont le statut ne peut être précisé à cause d'un manque de données scientifiques.

 

Service canadien de la faune

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.

 

Note de bas de page a

Appelée « espèce disparue du Canada » jusqu'en 2003.

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Note de bas de page b

Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu'en 2000.

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Note de bas de page c

Appelée « espèce rare » jusqu'en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.

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Note de bas de page d

Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».

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Note de bas de page e

Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu'en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999.

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