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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur l’hespérie de Poweshiek (Oarisma poweshiek) au Canada

Taille et tendances des populations

À l’heure actuelle, au Canada, l’hespérie de Poweshiek se rencontre uniquement dans quelques sites répartis à l’intérieur d’une petite région. Ces sites se trouvent près de Tolstoi, à l’intérieur ou à proximité de la Réserve de prairie d’herbes longues du Manitoba. On ne dispose d’aucune estimation précise de la taille de ces populations, ou de donnée sur les tendances à long terme de ces mêmes populations.

En 2002, la taille des populations a été estimée de façon très approximative dans la plupart des sites où l’espèce est présente au Canada. Ces estimations ont été réalisées selon la méthode décrite dans le texte qui suit. Des relevés préliminaires ont permis de constater que l’hespérie de Poweshiek est la plus commune dans les sections mésiques des prairies dégagées et peu commune dans les sections plus marécageuses, soumises à des inondations périodiques. On estime que les sections humides et mésiques occupent entre 10 et 25 p. 100 de la superficie de chaque prairie. Un dénombrement des hespéries de Poweshiek adultes a été effectué dans au moins 0,5 ha de section mésique à l’intérieur de chaque prairie étudiée. Il fallait habituellement 15 à 20 minutes pour compter les adultes dans une parcelle de 0,5 ha en traversant lentement cette dernière en zig-zag. En raison du nombre considérable de prairies et de leur superficie, seules quelques petites sections de chaque prairie ont été visitées en 2002. La superficie des prairies a été estimée visuellement à l’aide de repères terrestres et de cartes topographiques. Dans chaque site, pour estimer la taille de la population, les observateurs se sont fondés sur la densité d’adultes observée dans les sections mésiques et sur la superficie relative des sections mésiques par rapport à l’ensemble de la prairie : (nombre moyen d’adultes par hectare dans les sections mésiques de 0,5 hectare utilisées pour le dénombrement) X (proportion estimative de sections mésiques dans la prairie) X (superficie totale estimative de la prairie).

Dix-huit localités ont été visitées en 2002. Au total, 154 hespéries de Poweshiek adultes ont été dénombrées, réparties entre 15 de ces localités. La densité des adultes allait de 0 individu par hectare dans une section de prairie brûlée au printemps 2002 à 46 adultes par hectare dans une section n’ayant fait l’objet d’aucune intervention récente. La taille estimée des populations allait de 10 individus dans une parcelle de 0,8 ha à 600 individus dans une parcelle de 65 ha comportant de vastes zones mésiques et abritant des peuplements vigoureux de barbon de Gérard (Andropogon gerardii). Le nombre total d’hespéries de Poweshiek dans tous les sites étudiés se trouvant à l’intérieur ou à proximité de la Réserve de prairies d’herbes longues a été estimé à près de 3 000 aux dates où les dénombrements ont été effectués. Ces estimations doivent être interprétées avec une certaine prudence, car aucun site de prairie n’a été inventorié de façon exhaustive. Seulement la moitié des blocs de la Réserve ont été étudiés, et les dénombrements n’ont pas été réalisés durant le pic de la période de vol. La population totale d’adultes au cours d’une saison donnée est forcément supérieure aux estimations fondées sur les observations d’une seule journée, car les adultes n’émergent pas tous en même temps. En réalité, dans ce complexe de prairies, la population totale saisonnière oscillerait entre 5 000 et 10 000 individus. Pour obtenir une estimation plus précise des effectifs annuels totaux de l’espèce, il faudrait réaliser des relevés plus approfondis dans tous les sites de prairie se trouvant à l’intérieur ou à proximité de la Réserve.

Dans chacun des sites où la présence de l’hespérie a été confirmée, les tendances à long terme de la population demeurent à établir. En raison de leur sol peu profond, rocheux et très calcaire et de leur faible superficie, les prairies fréquentées par l’hespérie de Poweshiek ne se prêtent pas à la plupart des utilisations agricoles (Catling et Lafontaine, 1986). En conséquence, la flore de ces sites n’a pas été altérée de façon notable par l’agriculture, et les effectifs de l’hespérie semblent y être demeurés relativement stables. Le brûlage dirigé effectué au début du printemps, en rotation, a été la principale stratégie utilisée pour prévenir la croissance des plantes ligneuses et préserver la flore indigène de ces prairies (Borkowsky, comm. pers., 2002). Au printemps 2002, plus de 50 p. 100 de la Réserve a été brûlée. Ce pourcentage inclut une importante section qui a été balayée par un feu non planifié (Borkowsky, comm. pers., 2002). Quelques hespéries de Poweshiek ont été observées dans les blocs qui avaient brûlé au printemps 2002. Le brûlage dirigé, conjugué au feu non planifié, pourrait avoir réduit de manière significative la population totale de l’espèce dans la Réserve en 2002, mais l’incidence du brûlage dirigé sur les tendances à long terme des populations demeure méconnue.