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Description de la résidence du Courlis Esquimau

Description de la résidence du Courlis Esquimau (Numenius borealis) au Canada

L'article 33 de la Loi sur les espèces en péril (LEP) interdit d'endommager ou de détruire la résidence d’une espèce inscrite comme menacée, en voie de disparition ou disparue du pays. La LEP définit la résidence comme suit : « Gîte -- terrier, nid ou autre aire ou lieu semblable -- occupé ou habituellement occupé par un ou plusieurs individus pendant tout ou partie de leur vie, notamment pendant la reproduction, l'élevage, les haltes migratoires, l'hivernage, l'alimentation ou l'hibernation » [paragr. 2(1)].

L'interdiction relative à la résidence prend effet de différentes façons, selon la compétence responsable de l’espèce. Étant un oiseau migrateur protégé par la Loi de 1994 sur la convention concernant les oiseaux migrateurs (LCOM), le Courlis esquimau relève de la compétence fédérale. Cela signifie que les interdictions relatives à la résidence sont en vigueur sur tout le territoire canadien dès que l’espèce est ajoutée à la liste officielle des espèces en péril.

La description ci-après de la résidence du Courlis esquimau (Numenius borealis) a été produite afin d’accroître la sensibilisation publique et d’aider à l'application de l'interdiction mentionnée précédemment. On sait que les Courlis esquimaux ont une résidence : leur nid.

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Information sur l'espèce

Nom commun -- Courlis esquimau

Nom scientifique -- Numenius borealis

Statut COSEPAC actuel et année de désignation -- En voie de disparition (1978, 1999)

Présence au Canada-- On sait qu'au Canada, le Courlis esquimau ne se reproduit que dans les Territoires du Nord-Ouest et au Nunavut, mais il peut aussi s’être reproduit dans le Territoire du Yukon1 (figure 1). Leur présence a également été enregistrée à Terre-Neuve/Labrador, en Nouvelle-Écosse, au Nouveau-Brunswick, à l'Île-du-Prince-Édouard, au Québec, en Ontario, au Manitoba, en Saskatchewan, en Alberta et, peut-être, en Colombie-Britannique pendant les migrations du printemps et de l'automne.

Justification de la désignation --Déclin énorme dans les années 1870 à 1980; des spécimens ont possiblement été observés à l’occasion, la plus récente observation datant du milieu des années 1990.1

Figure 1. Aires de reproduction historiques connues et possibles du Courlis esquimau

Figure 1. Aires de reproduction historiques connues et possibles du Courlis esquimau

1) Le nid

Aspect physique et contexte

Tout endroit utilisé comme nid par les Courlis esquimaux est considéré comme une résidence. La nidification n’a été vérifiée qu’à deux endroits dans les Territoires du Nord-Ouest et au Nunavut : la base de la péninsule de Bathurst dans la région de la rivière Anderson et la région du golfe Amundsen, du golfe Coronation et de la rivière Coppermine. Il est probable que ces oiseaux se reproduisent aussi dans les Barren Grounds, sur une grande partie des Territoires du Nord-Ouest, possiblement au Yukon et en Alaska, et peut-être dans la péninsule Chutchi en Russie2,3,4. Aucune preuve de nidification n'a été vérifiée depuis 136 années5.

Comme dans le cas de la plupart des oiseaux de rivage, les nids des courlis esquimaux sont de simples coupes (dépressions en forme de bol) creusées dans le sol1. La couvée comprend normalement quatre oeufs, et les oisillons sont sans doute des nidifuges précoces (capables de se déplacer quelques heures après l’éclosion), comme chez les autres oiseaux de rivage nord-américains. On pense que ces oiseaux sont monogames, à l’instar d’autres Numeniini, l'incubation étant assumée par les deux sexes3. Comme pour les autres oiseaux de rivage boréaux, les nids sont probablement rarement réutilisés et une seule couvée est élevée par saison. L'âge de la première reproduction est inconnu, mais elle est probablement retardée, peut-être à trois ans, comme chez le Courlis corlieu2,6.

Les habitats de reproduction connus se composent de toundras en milieu sec, d'arbustes nains et de complexes de toundras graminoïdes des Territoires du Nord-Ouest et du Nunavut et de prairies herbeuses (arctagrostis à larges feuilles, pâturin arctique, bouleau, carex, linaigrette et dryade)2,4.

Fonction

La fonction du nid résidence est d’offrir abri, protection et les conditions propices à la ponte, à l’incubation et à l’éclosion.

Endommagement et destruction de la résidence

Toute activité qui détruit la fonction du nid constituerait un acte d’endommagement ou de destruction de la résidence. Les exemples comprennent, entre autres, empêcher l'accès au nid, déplacer, prendre ou déranger autrement les oeufs, détruire le nid, ou modifier le microclimat du nid (par exemple en changeant l’éclairage ou la température interne).

Période et fréquence d’occupation

Le nid devrait être considéré comme une résidence depuis sa construction jusqu'à ce l’éclosion des oeufs et l’envol des jeunes. La nidification commence apparemment entre mi et fin juin et les oeufs éclosent du début à la mi-juillet1. Les oisillons quittent le nid sans doute un jour ou deux après l’éclosion.

Renseignements supplémentaires

Pour obtenir d’autres renseignements sur le Courlis esquimau

Pour de plus amples renseignements sur la LEP

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Bibliographie

1 Gratto-Trevor, C. 1999. Rapport de situation sur le Courlis esquimau Numenius borealis au Canada, Comité sur la situation des espèces en péril au Canada, Ottawa.

2 Gill, R. E., J.P Canevari et E.H. Iversen.1998. Eskimo Curlew (Numenius borealis). « Birds of North America », numéro 347, dans The Birds of North America, numéro 219, A. Poole et F. Gill, éditeurs., The Academy of Natural Sciences, Philadelphia et la American Ornithologists’ Union, Washington, D C, 28 pages.

3 Gollop, J.B. et C.E.P. Shier. 1978. Rapport de situation sur le Courlis esquimau Numenius borealis au Canada, Comité sur la situation des espèces en péril au Canada, Fédération canadienne de la faune, 75, rue Albert, Ottawa (Ont.)  K1P 6G1, 53 pages.

4 Gollop, J.B., T.W. Barry et E.H. Iversen. 1986.« Eskimo Curlew: a vanishing species », publication spéciale numéro 17 de la Saskatchewan Natural History Society, B.P. 1121, Regina (Sask)  S4P 3B4. 

5 Bond, M.W. 1965. « Did a Barbados hunter shoot the last Eskimo Curlew?  », Audubon Magazine 67: 314-316.

6 Skeel, M.A. et E.P. Mallory. 1996. « Whimbrel (Numenius phaeopus) », dans The Birds of North America, Number 219, A. Poole et F. Gill, éditeurs, The Academy of Natural Sciences, Philadelphia et la American Ornithologists’ Union, Washington, DC, 28 pages.

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