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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le meunier tacheté (Minytrema melanops) au Canada

Taille et tendances des populations

Aucune étude sur la taille ou les tendances des populations canadiennes n’a été menée. Entre 1962 et 1992, au moins 24 meuniers tachetés ont été capturés dans les eaux canadiennes. Depuis 1992, plus de 67 spécimens y ont été capturés, dont 54 en 2002 et en 2003. Presque tous les spécimens capturés étaient des adultes. Des meuniers tachetés ont été capturés dans de nouveaux sites depuis le dernier rapport de situation, mais l’aire de répartition de l’espèce demeure inchangée au sud-ouest de l’Ontario alors que les relevés récents mentionnés aux paragraphes suivants ont été effectués à l’intérieur de l’aire de répartition canadienne décrite précédemment pour cette espèce. On a toutefois noté d’importants changements dans la répartition dans les limites de cette aire, comme en témoignent les nombreuses captures effectuées depuis 1990.

On estime que le nombre relativement élevé d’individus capturés au cours des deux dernières années est attribuable à l’intensification des travaux d’échantillonnage à l’utilisation d’embarquations pour l’échantillonnage et à l’utilisation de matériel de pêche électrique portable. Le recours à la pêche électrique a permis de recueillir de précieux renseignements sur la répartition de certaines espèces rares de Catostomidés (M. carinatum et M. valenciennesi) dans les rivières Ohio (Yoder et Beaumier, 1986) et Illinois (Retzer et Kowalik, 2002). Le manque d’intérêt de la part des gestionnaires des ressources ou les lacunes dans l’identification des espèces pourraient expliquer le faible nombre de meuniers tachetés mentionné dans les rapports de situation précédents. Par exemple, les rapports historiques des pêches commerciales concernant toutes les espèces de Catostomidés dans les lacs Érié et Sainte-Claire portent uniquement la mention « suckers » (Baldwin et al., 2000).

La répartition du meunier tacheté dans les bassins des rivières Détroit, Sainte-Claire, Sydenham et Thames s’est étendue depuis 1990. En juin 1996, un spécimen a été capturé à la senne dans le ruisseau Maxwell (bassin du lac Sainte-Claire), ce qui représente une nouvelle occurrence de l’espèce. En 1997, un juvénile a été capturé dans le ruisseau Bear, dans le bassin de la rivière Sydenham Nord (Dextrase et Holm, 2001). Bien qu’on ait capturé des spécimens dans des tributaires de la rivière Sydenham Nord pendant les années 1980, il s’agissait de la première occurrence du meunier tacheté dans la partie de ce bassin située au ruisseau Bear. En 2002 et en 2003, 27 meuniers tachetés ont été capturés dans 14 endroits de la rivière Sydenham, et neuf autres dans six endroits de la rivière Détroit. En 2002, on en a capturé neuf dans deux nouveaux sites de la rivière aux Canards. En 2003, on en a capturé dans trois sites du bassin de la rivière Thames, jusqu’à 75 km en amont des occurrences historiques. Des individus ont également été capturés pour la première fois en 2003 dans le rigolet Whitebread, un tributaire de la rivière Sainte-Claire.

Un meunier tacheté a été capturé au filet maillant à l’automne 2000 dans le centre-ouest du lac Érié (MRNO, 2001). Il s’agissait de la seule occurrence du meunier tacheté sur plus de 187 000 poissons échantillonnés en 11 ans (de 1990 à 2001). Aucun meunier tacheté n’a été signalé récemment dans le lac Sainte-Claire (la dernière mention remonte à 1984).

La possibilité d’une immigration de source externe provenant des populations voisines des États-Unis est considérée comme modérée. Il y a bien quelques populations sources dans l’ouest du lac Érié et le corridor Huron-Érié, mais l’espèce y est peu commune. Le statut du meunier tacheté dans le Michigan voisin est vulnérable (vulnerable, S3), alors qu’en Pennsylvanie l’espèce est considérée comme en péril (imperiled, S2) (NatureServe, 2004). L’espèce n’a pas été classée en Ohio. Son abondance dans le lac Érié et ses tributaires est estimée à une fraction de l’abondance historique (Trautman, 1981).