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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le meunier tacheté (Minytrema melanops) au Canada

Facteurs limitatifs et menaces

Comme l’ont noté Parker et McKee (1984) ainsi que Campbell (1994), les données sur les populations canadiennes sont insuffisantes pour connaître ces facteurs. On peut présumer que la permanence d’un habitat convenable est indispensable à la survie des populations de meuniers tachetés. Faute d’information suffisante sur la distribution et les caractéristiques de cet habitat, les gestionnaires ne peuvent le protéger adéquatement. La dégradation de l’habitat par l’envasement est la cause du déclin de quelques populations des États-Unis (Trautman, 1981). Selon Trautman (1981), le meunier tacheté ne tolérerait pas les eaux turbides, les polluants industriels et les lits de rivière couverts d’argile ou de limon floconneux. Dextrase et al. (2003) estiment que l’augmentation de l’érosion et de la turbidité constituent la plus lourde menace pour les populations de la rivière Sydenham. De nombreux auteurs sont d’avis que les barrages ont des impacts négatifs sur les Catostomidés. Kelly et al. (1981) ont signalé une diminution du nombre de meuniers tachetés après la construction de retenues le long du ruisseau Shoal, en Alabama. De grandes augmentations artificielles de débit ont également provoqué des réductions à court terme de l’abondance locale de populations de meuniers tachetés occupant des ruisseaux (Paller et al., 1992). La température de l’eau pourrait aussi jouer un rôle important dans la répartition de l’espèce au Canada, qui constitue l’extrémité nord de l’aire de répartition (Dextrase et al., 2003). Les meuniers tachetés sont essentiellement capturés par accident dans le bassin des Grands Lacs, en général dans des filets-trappes ou à la pêche à la ligne. Les spécimens capturés par les pêcheurs commerciaux de l’Ontario sont regroupés avec d’autres poissons communs, et vendus sous le nom anglais de « mullet » ou utilisés à des fins agricoles.

Les populations de l’intérieur des terres vivent en milieu agricole, avec les problèmes d’apport en nutriments et en sédiments qui y sont associés. Les populations des rivières Détroit et Sainte-Claire sont exposées à un risque de déversement de substances chimiques toxiques provenant de la « Chemical Valley ».